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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 10:01

L'hiver est là, avec son blanc, sa froidure, le rose timide des aubes, le soleil argenté.
Me reviennent des poèmes d'Émile Verhaeren, qui ont bercé mon jeune temps et qui me bercent encore.
La poésie nous ramène à nous-même, à cette essence qui nous fait frères de ce qui est.
La fréquenter nous ramène chez nous, dans cette humanité première.
Quand le trésor était ouvert...

Belle journée à vous...


 

Le sol trempé se gerce aux froidures premières,

La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs,

Et met, au bord des toits et des chaumes branlants,

Des coussinets de laine irisés de lumières.

Passent dans les champs nus les plaintes coutumières,

A travers le désert des silences dolents,

Où de grands corbeaux lourds abattent leurs vols lents

Et s’en viennent de faim rôder près des chaumières.


Mais depuis que le ciel de gris s’était couvert,

Dans la ferme riait une gaieté d’hiver,

On s’assemblait en rond autour du foyer rouge,


Et l’amour s’éveillait, le soir, de gars à gouge,

Au bouillonnement gras et siffleur, du brassin

Qui grouillait, comme un ventre, en son chaudron d’airain.


Émile Verhaeren

 

 

 

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publié par Patricia Gaillard
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