L'ONDINE DE MORIMONT - 4ème partie

Publié le par Patricia

partie 4

Le lendemain dans son grenier Mathilde chuchota sa demande une seconde fois au fruit minuscule et ridé. Une robe apparut, toute différente, mais aussi remarquable. Du voile rouge grenat et des perles de pluie, du taffetas fripé et des boutons vernis, un peu de velours noir et des plumes de pie, de paon, de geai, d’oiseau de paradis,  je ne saurais tout dire… Elle fit son effet et c’est peu dire. Le chevalier lui offrit une bague, étrangement assortie à la robe et au doigt ! Encore une fois c’était du sur-mesure ! Ils dansèrent à nouveau, les bouches se taisaient, les pieds frôlaient à peine le sol, l’émotion était grande. A minuit on entendit tinter l’horloge. Le silence creva comme un songe… la belle avait disparu !

Le chevalier, cette fois inconsolable, tomba dans une langueur qui le fit malade à mourir. Tous les médecins, les guérisseurs, les charlatans coururent à son chevet, mais aucun ne possédait même l’ombre de la science qu’il fallait pour le guérir.

Mathilde dans sa chambre de grenier se faisait du mouron. Alors elle descendit dans les cuisines et fit une tisane (les filleules d’ondine ont un savoir inné de recettes très fines). Elle prit un gobelet de grès, posa la bague au fond et puis versa dessus la mixture chaude et dorée qu’elle fit porter au chevalier. En buvant la tisane, il trouva la bague, appela toutes les filles des cuisines, bien sûr Mathilde était là. Il vit le nez, les yeux, la bouche, même sans la robe il reconnaissait cela. Elle rougit et avoua. Il sourit et comme il se sentait soudain très bien, on le déclara guéri. Ils s’épousèrent.

À DEMAIN...

la gaillarde conteuse