Une vision

Publié le par Patricia Gaillard

Voiteur, quelques miettes, du macvin et deux brins de doucette...
CIEL !

Avez-vous déjà vu dans le ciel, deux armées batailler au milieu des nuages ? Bien sûr c’est impossible. Pourtant en 1590, un homme a vu cela. Il venait de Baume et allait à la foire de Lons-le-Saunier, comme il faisait souvent. Il avançait tranquille quand au-dessus de lui, le ciel joliment bleu fut troublé brusquement par un fort bruit de roulement, qui résonnait sous les pieds, comme ces coups de tonnerre qui éclatent là-haut et qui pourtant font gronder le dessous de la terre. Dans de gros nuages soudains, gris et légers, qui semblaient de poussière, apparurent des chars, des chevaux, par centaines, portant les silhouettes puissantes de cavaliers armés. Puis un deuxième groupe en tous points identique, sortit de nulle part lui aussi. Les deux armées se livrèrent une terrible bataille sous les yeux consternés de notre voyageur. Une très curieuse brume rouge, qui palpitait comme le ferait un cœur, enroba, tel un voile de sang, cette scène cruelle maintenant singulièrement silencieuse. Puis aussi vite qu’un vent, le tout se démêla, une des troupes s’envola du côté d’Arlay, l’autre  vers Poligny…

Puis le bleu d’azur reprit le grand ciel clair et il ne resta rien de cette étrangeté qui laissa un long moment, notre homme très bouleversé.

Parfois il racontait cette rencontre aux veillées, parmi les récits noirs que l’on disait bien tard, quand les enfants dormaient vraiment. Il décrivait alors cette vision qu’il ne comprit jamais, mais dont on lui avait dit que d’autres gens, dans d’autres lieux, avaient vu la même chose.

C’était un homme sérieux qui ne croyait pas bien à toutes ces fantaisies que certains récitaient sur les apparitions. Mais quand il racontait celle-ci, ce qui était rare, sa voix s’étranglait et ses yeux se mouillaient. Ce qu’on conte le mieux, c’est ce qu’on a vécu. En l’entendant, personne ne doutait. 

 

C’est vous dire qu’ici le merveilleux et l’impossible sont dans l’air !

Notre bonhomme venait de Baume, la plus belle reculée du Jura. Baume-les-Messieurs. « Messieurs », car il y a plus de mille ans, on a construit ici, à l’endroit où mille ruisselets déferlant des falaises tombent dans la rivière, une abbaye dont les moines nombreux étaient presque toujours nobles, et qu’on appelait : « Messieurs »…

 

Une abbaye est un lieu protégé du monde. Dans les légendes le Diable la dispute souvent à Dieu. Et chacun  d’eux l’emporte tour à tour dans les histoires.
Nous verrons cela demain...


la gaillarde conteuse !

 

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ELISABETH 21/10/2019 14:19

Bon retour Patricia, tu as toujours la "plume" féconde. Bonne semaine ! bises.

Patricia Gaillard 27/10/2019 17:13

merci Élisabeth et bonnes bises