Le jardin du 11 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Mon époux m’a offert un bouquet de cerises, comme elles sont belles. Un bouquet, allez-vous me dire, quand ce ne sont pas des roses ou des lys ? Ne soyez pas conventionnels... je vais vous raconter quelque chose...

une amie de la petite montagne me parlait un jour de ses parents. Ils étaient paysans avec des habitudes de paysans, ce qui ne veut pas dire des habitudes sans sentiments. Il est vrai qu’en ce temps-là, et surtout dans ce milieu, on ne se servait pas des « je t’aime » à tout-va, ou des « mon cœur »,  des « mon amour », des  « mamour ». Il y avait une sorte de pudeur, une timidité devant les mots. D’ailleurs des mots, on en disait bien moins. On ne disait que ce qui était nécessaire. Cependant les sentiments passaient par d’autres canaux, plus subtils, qu’il fallait sentir, qu’il fallait percevoir, qu’il fallait voir. Par exemple à chaque printemps quand le Bois joli  arrivait, lui qui était la première petite branche fleurie rose du printemps, son père en cueillait une branche et la rapportait à sa femme. Chaque printemps il faisait cela, jamais il ne l’oubliait, tout le temps qu’a duré leur vie. Bien sûr cette petite branche de Bois joli n’était pas qu’une petite branche de Bois joli. Et cette branche, sa femme la comprenait, elle la lisait, elle savait. Peut-être que cette petite branche de Bois joli était le seul « je t’aime » de leur vie, il a en tout cas existé, avec sa beauté délicate, son parfum et sa poésie. Les mots se disent souvent dans les silences. Ne sont-ils pas alors encore plus justes ? Les mots d’amour peuvent se dire de mille manières  et aussi avec une branche de Bois joli ou de cerises. Qu’on se le dise...

À demain !

la gaillarde conteuse...

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