Votre calendrier de l’Avent - 20 Décembre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Votre calendrier de l’Avent - 20 Décembre

 

Lorsque j’étais enfant, les guirlandes lumineuses n’existaient pas pour nos sapins mais ils étaient garnis de petits bougeoirs à pinces, dans lesquels on mettait des bougies blanches (les plus courantes) mais parfois elles pouvaient être rouges ou vertes. La veille de Noël, jamais avant, lorsque la famille était réunie, on allumait toutes les bougies du sapin. Les lueurs des flammèches, dans la pièce où il n’y avait pas d’autre éclairage, dansaient sur les boules en verre et les guirlandes argentées et c’était vraiment magnifique, enchanteur, inoubliable. Mais il fallait être bien prudent, car ces flammes, disséminées entre les branches d’un arbre qui commençait lentement à se dessécher, pouvait aisément mettre le feu. Je me souviens, comme si c’était hier, d’une veille de Noël où nous étions réunis autour du sapin, près de la fenêtre de la salle à manger. Je devais avoir 4 ou 5 ans tout au plus. J’étais toute prise dans ma contemplation, quand j’ai vu ma mère se précipiter sur l’arbre, l’empoigner par son pied, ouvrir la fenêtre et jeter dehors ce qui était déjà une torche, du haut de notre premier étage. J’entends encore le bruit fin et feuilleté des boules de verre s’écrasant au bas de notre petit immeuble, dans notre rue Voltaire, à Mulhouse. Oh comme je me souviens, j’ai crié, puis j’ai beaucoup pleuré. Puis-je vous confier qu’en vous racontant cela, je pleure encore quelques larmes que je n’ai sans doute pas terminé de pleurer ce jour-là. Nos souvenirs d’enfant demeurent parfois si vivants.

Le sapin en ce temps-là était le cœur de Noël. Bien sûr les adultes et les grands se sont vite consolés, le feu n’avait pas gagné les rideaux, les boiseries, l’appartement et c’était là l’essentiel. Je me souviens de la petite table ronde recouverte d’une nappe brodée, qui est restée là bêtement, sans son beau sapin. Nous avons pu récupérer quelques boules rescapées, mais j’ai beau harceler encore et toujours ma mémoire, elle ne m’a jamais rendu l’image de celles qui ont péri ce jour-là.

Les années qui ont suivi, nous avons toujours accroché aux branches bougeoirs et bougies, mais nous n’en avons plus jamais allumé les mèches.

À partir de ce jour-là, quelque chose de la magie de Noël avait définitivement quitté l’appartement.

L’enchantement tient parfois dans des choses fragiles...

 

la gaillarde conteuse

Demain nous entrons dans le solstice d’hiver à 10h 2mn 19s

 

 

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