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Le jardin du 27 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 27 Juin

Le bruit des mouches c’est le bruit de l’été
Quand le soleil chauffe, que tout fleurit, mûrit, embaume
Et les rend folles

Les roseaux comme des gardes anglais
Ont des chapeaux de velours longs et immobiles
Faites-leur des grimaces comme il vous plaît
Ils ne bougeront pas d’un cil

Un petit insecte au corps de moire
S’est posé sur ma main qui écrit
Il avance, trébuchant sur ma peau
Et m’observe de ses yeux ronds et noirs 
Qui sont deux graines de pavot

Et le jardinier à genoux sous le chapeau de paille sème, sur une ligne creusée d’un doigt, des graines de salade

un souffle de poésie sur la terre à histoires...

la gaillarde conteuse

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Le jardin du 26 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 26 Juin

Ce matin le temps est gris, doux, paisible. Les abeilles œuvrent dans le sapin, les tourterelles se répondent d’un arbre à l’autre, un merle y mêle son chant fort et mélodieux. J’aime la paix particulière qui précède la pluie et le parfum de la brise qui porte déjà l’humidité. Le soleil est absent ? Oh que non, il est tombé dans une des serres du potager, dans l’or chaud d’une tomate jaune, la première tomate de l’été. 
Elle sera cueillie, admirée, considérée, remerciée, cuisinée, avant d’être dégustée. 
Cultiver un potager c’est connaître sa nourriture. C’est l’avoir vue naître, pousser, grandir, s’être soucié de son bien-être, de sa survie, lui avoir donné les soins, l’attention, afin qu’à son tour elle nous en donne. Le potager est le lieu de l’échange, je te donne, tu me donnes, je te mange, tu me manges.
Ce midi nous te mangeons, belle tomate, car jusque là tu t’es nourrie du travail attentionné du jardinier. Une pointe d’ail pressé, un filet d’huile d’olive, une tombée de vinaigre balsamique, une pincée de sel bleu de Perse. Oh la la ! mais que la vie est belle…

À demain

La gaillarde conteuse…

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Le jardin du 25 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Récolte de fèves...

Récolte de fèves...

Le jardin du 25 Juin

Il va nous falloir parler des fèves, sujet édifiant.
Semées fin mars, sur deux lignes de 4m, elles font très vite des pousses spectaculaires, puis des feuilles pointues, épaisses. Les pucerons noirs les adorent, donc de temps en temps une petite douche d’eau au savon noir. Les gousses arrivent en mai, charnues, vertes, prometteuses. 
Puis elles grossissent, grossissent, s’allongent, s’allongent… 

Aujourd’hui je les ai cueillies, écossées, blanchies puis épluchées. Voyez sur la photo le gros tas de cosses, le tas moyen des peaux et le tout petit tas de fèves. Et toute la récolte y est ! 
Conclusion : si vous avez beaucoup de temps, une grande patience et un petit appétit, semez des fèves ! 
Mais quand même c’est bon, c’est très fin et si joliment vert. En salade avec de l’ail, de la ciboulette et de l’huile d’olive, un vrai régal. Heu… mon époux n’aime pas.
Des fèves ? 
À vous de voir ;-)

À demain ! 

La gaillarde conteuse….
 

 

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Le jardin du 24 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

l’esprit des arbres d’ici
Celui qui veille la faune et de la flore du lieu
Celui qui vous accueille en musique
Celui qui garde le seuil et la terre

Tout jardin est habité, mais dans celui d’une conteuse certaines présences sont représentées, elles portent des visages, comme dans les récits fabuleux qui naissent dans l’imaginaire des hommes. Y a-t-il plus fécond que l’imaginaire ? Sans imaginaire l’horizon resterait à sa place sans élargissement possible vers le rêve. Sans imaginaire l’invisible demeurerait à jamais dans son coffre, tel un trésor caché au monde. Sans imaginaire, tant de rencontres et de découvertes seraient impossibles aux humains que nous sommes

à demain !

la gaillarde conteuse...

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Le jardin du 23 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 23 juin

Si vous pouviez entendre ce vrombissement dans le grand sapin tout le jour ! Ce sont les abeilles qui butinent comme des folles...

Depuis près de 30 ans une colonie d’abeilles vit dans un des murs de notre maison, ces murs ont 60 cm d’épaisseur de pierres, jointes au pisé, qui est aisé à creuser et à aménager pour des abeilles.  Comme le potager est entièrement biologique -  Monsanto n’a pas sa place ici – et que de nombreuses plantes mellifères poussent ça et là, elles trouvent de quoi satisfaire leurs besoins. Elles ont tout le domaine pour y travailler, elles font leur miel dans le mur et probablement s’en nourrissent. 
Il y a deux ans des frelons asiatiques sont arrivés, sans que nous ne les voyions au début. Quand nous les avons enfin remarqués, ils terminaient de décimer la colonie entière. Nous étions très attristés. Une de nos voisines, dans le haut du village, place des pièges à frelons asiatiques aux bonnes périodes et depuis nous n’en avons plus vus. Dans le mur de pierre, une nouvelle colonie d’abeilles s’est installée cette année, au moins de mai. Nous  sommes très heureux de les accueillir ici. On voit qu’elles sont nouvelles, elles n’ont pas les mêmes habitudes que les autres et elles ne sont pas physiquement identiques. Si les anciennes étaient petites, poilues et vives, celles-ci sont un peu plus grandes, moins poilues, plus posées. C’est tellement agréable de les revoir butiner de partout, se régaler de chaque petite fleur qui s’ouvre avec cette façon qu’elles ont de fouiller les pollens. Puis de s’envoler en zigzaguant, comme enivrées. Au temps où les abeilles sont menacées, il faut protéger à tout prix celles qui s’installent près de nous, les accueillir et savoir semer et planter en songeant à leurs besoins, autant qu’aux nôtres. 
C’est un honneur pour un jardin et pour des jardiniers d’abriter des abeilles.

À demain !

La gaillarde conteuse…

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Le jardin du 22 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 22 juin

Le figuier a aimé ce printemps, il a développé des feuilles nombreuses, larges et subtilement parfumées. Vishnou serait né dans un figuier et se serait nourri de ses fruits. 
Cet arbre est symbole de générosité et de désir de vivre et de survivre. Si vous vous installez dans son ombre odorante il vous inspirera l’intelligence et la volonté d’accomplir vos tâches terrestres.
Il me rappelle l’histoire de cet homme qui vit dans une toute petite cabane, près d’un figuier. Cet homme, chaque nuit, rêve qu’il quitte sa maison, qu’il traverse son pays, puis la mer, pour arriver dans une contrée lointaine jusqu’au pied d’un pont, où il creuse et découvre un trésor. Chaque nuit il rêve et chaque nuit le rêve est le même. Un jour il se décide, met des souliers, quelques figues dans un sac et s’en va suivre son rêve pour de bon. Il arrive un jour au pied du fameux pont et voit là, couché, un mendiant déguenillé qui le regarde avec ses yeux entrouverts et lui dit 
-    « Que veux-tu étranger ?
-    Creuser là où tu te trouves, car là est un trésor, je le rêve chaque nuit et je suis venu de loin pour le chercher. 
-    Pauvre fou dit l’autre, un rêve est un rêve, rien de plus. Moi que tu vois là, je rêve chaque nuit que dans une contrée lointaine je trouve un trésor à l’ombre d’un figuier près d’une petite cabane. Ai-je pour autant pris ce rêve au sérieux et suis-je parti à sa recherche ? Crois moi les rêves ne sont que des rêves rien de plus. »
Puis le mendiant simplement se tourne et se rendort…
Notre homme s’en revient chez lui, ôte ses souliers, pose son sac et creuse aussitôt sous son figuier où il découvre un trésor…
Je vous laisse à vos conclusions, elles vous appartiennent, les contes sont là pour les réveiller.
Que la douce pluie de ce matin vous bénisse, visiteurs, et fasse germer dans vos esprits d’heureuses pensées 

À demain

La gaillarde conteuse

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Le jardin du 21 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 21 Juin 

Le solstice d’été a eu lieu hier à 23h43. Nous entrons dans la saison d’été. Le soleil est au plus haut. 
Une taupe, probablement poète, a choisi ce moment pour passer par ici. Elle nous signale sa présence par quelques monticules de terre bien travaillée, dans des taches de soleil. Quelle force dans ce museau et dans ces courtes pattes, un mini-bulldozer ! Avec ces visiteuses, mon époux dans un premier temps, fait comme s’il ne voyait rien. Il va donc lui laisser sa chance. Si elle est fine elle s’en ira ailleurs au bout de quelques jours. Mais si elle persiste, la pauvre, elle terminera sa vie dans un piège rapide et fatal, car posé de main de maître. Ce n’est pas de gaieté de cœur bien sûr que nous optons pour cette triste  solution. Mais que voulez-vous, limaces, doryphores et taupes menacent l’intégrité potagère et sur cette terre chacun défend sa pitance ! 
Dites donc, voilà un récit qui commence par un solstice et qui termine par un taupicide... avec préméditation. 
Où est la conteuse ? Dans les aléas de la vie. Où est la poesie ? La voilà, en compagnie du rire, car dans un conte moqueur d’une région du nord, des villageois sont agacés par une taupe qui massacre leurs cultures depuis un certain temps. Ils décident d’aller ensemble trouver leur maire pour réclamer une solution. Celui-ci les entend, se gratte le menton, fait des promesses pour les apaiser et pour finir réunit ses conseillers le soir-même. Ils débattent longuement, jusqu’à tard dans la nuit, puis décident de condamner à mort cette bête coupable de tant de troubles. Je dois vous dire qu’ils ont choisi, à l'unanimité, d’enterrer la taupe vivante... ;-) 

À demain !

La gaillarde conteuse…

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Le jardin du 20 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 20 Juin 

Le jardin de rocaille est un petit lieu singulier. Il faut y jouer avec la forme des massifs,  la taille des plantes, la disposition des pierres, il y a une harmonie à trouver. Le jardin de rocaille est un monde à part. Les plantes tapissantes y sont heureuses et curieusement, certaines fleurs plutôt longues voisinent volontiers avec elles. Il faut savoir pratiquer à la fois la poésie et la géométrie, l’ordre et la sauvagerie. Aujourd’hui, travaillant dans cette rocaille, j’ai réalisé que les pots et jardinières ne se justifient pas quand on a un jardin. Mon époux me le disait depuis longtemps, mais je persistais, allez savoir pourquoi. Je vois maintenant à quel pont il est regrettable de maintenir des plants dans des prisons de terre cuite, voire de plastique, avec trop peu de terre pour y être valablement nourris, ce qui nécessite un apport inévitable et régulier d’engrais, alors qu’à quelques pas la terre est partout, profonde, humide, riche, protectrice. 
Et hop, les vivaces et les annuelles, toutes au jardin ! 
Il m’a semblé sentir derrière moi, en revenant vers la maison, des soupirs de soulagement.
C’est mon imagination, bien sûr.
N’empêche, une chose est sûre, la liberté est simplement nécessaire au vivant

À demain ! 

La gaillarde conteuse…

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Le jardin du 19 Juin

Publié le par Patricia Gaillard


Jardin du 19 Juin

La purée verte d’hier était carrément divine ! À retenir.

Les haricots arrivent. Leur germination a été précédée de fissures et de monticules comme ceux d’un petit tremblement de terre. Sous leurs dehors grêle et fragile, les plantes cachent une force herculéenne fascinante. Voyez comme parfois elles soulèvent et percent le macadam des routes pour surgir à l’indispensable  lumière. Si nous devions disparaître, nous les humains, les plantes auraient tôt fait de recouvrir bétons, plastiques, métaux, textiles et autres traces imputrescibles de notre passage et de les cacher durant le temps de leur lente décomposition, sous la patiente générosité de leur végétation. 
Les haricots sont les princes du potager et leurs pousses annoncent l’été et la chaleur. 
Si, si, ça vient, il n’y a qu’à voir la blondeur des blés derrière les bordures de coquelicots ! 
Il fera sûrement chaud d’un grand coup comme un diable qui surgit de sa boîte… 

Et les limaces n’aiment pas la chaleur… ha ha ! 

À demain

La gaillarde conteuse…

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Le jardin du 18 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 18 Juin

Je ne vous ai pas encore entretenus du potager dans l’assiette. Je viens de faire la cueillette des herbes qui vont entrer dans la purée verte de ce midi. Il y a là de jeunes feuilles de betteraves rouges, de carottes et de céleri branche. Des jeunes pousses d’oseille, de mélisse et de romarin, des fleurs d’origan, quelques petits pois et trois branchettes de livêche. Tout cela va rejoindre deux pommes de terre, deux caïeux d’ail nouveau, deux échalotes et un peu de sel rose… oui, je sais, ça vous donne faim, d’autant qu’il y aura aussi des aiguillettes de foie de génisse au Pineau des Charentes… ah oui, j’allais oublier, en entrée une betterave rouge crue râpée avec une lichette d’huile de colza et une autre de vinaigre de cidre.

On ne s’ennuie pas à cette table ni dans ce jardin. 
C’est fête de légumes chaque jour. 
Serviteurs du potager, certes, mais royalement nourris ! Petit secret : plus vous le servez, mieux vous mangerez...

À demain ! 

La gaillarde conteuse…

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