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Le jardin des trois commères - 20 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard

Dessin de Michaël Maréchal - éditions De Borée - 2007

Savez-vous que tout près de chez moi trois fées se retrouvent chaque année ? Personne ne le savait sauf moi. Et un jour je l’ai raconté...

Voyez plutôt...
 

Les trois commères

 

Dans ce bois de sapins, discret comme un caméléon, se trouve le logis où elles se retrouvent. Rien ne se voit des murs, du toit, de la cheminée où fuit tout au plus un toupet de brume. Quant à la porte, très fort serait celui qui verrait son bois d’ombre et son heurtoir de bronze, tête sombre de loup. Nul jamais n’a vu cette demeure, protégée de la curiosité humaine par mille parentés subtiles avec l’écorce, la terre, les roches et la rosée. Maison de Fées…

Arie arrive la première. Toujours. C’est une habitude vieille de plusieurs siècles. Même les Fées en ont. Elle vient des environs de Montbéliard, où elle est une espèce de mère Noël. De plus en plus frileuse, elle porte plusieurs jupes de grosse laine, l’une  sur l’autre et ses pieds (des pattes d’oie, paraît-il)  sont pris dans d’épaisses chaussettes tricotées « main » et fourrés dans des savates confortables. Toutes sortes de châles empilés enrobent sa tête et ses épaules. Ses dents sont-elles vraiment de fer ? En tout cas elle a un regard doux de vieille mère. Elle entre au logis,  elle en possède une des clefs, qui ne quitte jamais sa poche de tablier.

A peine entrée elle chante, heureuse de retrouver bientôt ses deux meilleures complices. Elle se cale tranquille, dans un fauteuil d’osier, cligne des yeux une fois ou deux, pour qu’un feu de saison naisse dans la cheminée. Puis elle pointe son bâton sur un balai debout qui se secoue et se met aussitôt à frotter ardemment, ramassant tout sur son passage, poussières, moisissures et toiles d’araignées. Pendant ce temps, Arie ôte ses pantoufles, ses chaussettes et déplie délicieusement ses pieds en éventail devant l’âtre brûlant. Elle rit toute seule des recettes neuves qu’elles vont s’échanger, comme elles font chaque année. Pour elle, sa recette précieuse est celle qui fait rétrécir. Elle n’a cessé de l’affiner depuis la nuit des temps et ces derniers mois elle arrive à rivaliser de petitesse avec des moustiques ou même des pucerons ! D’ailleurs elle sort de sa poche un animal gros comme un haricot. C’est son âne. Il était fatigué après sa tournée de Noël, elle l’a réduit pour l’emporter. Elle souffle sur lui et le voici tout regonflé sur le plancher. Arie le mène à l’écurie où un panier sans fond lui donne de l’avoine à foison… le plus heureux des ânes est un âne de Fée ! Dans un petit recoin de cette étable obscure, le lutin de Bellefontaine, sommeille profondément. Il a été longtemps le servant d’une demeure du village. Ceux qu’il a honorés de ses discrètes tâches nocturnes, ont toujours remercié sa bonté. Petits bonbons emballés de papiers brillants, miettes de gaufres et de crêpes, tasses de crème véritable et lait au chocolat… maintenant les hommes regardent très tard une espèce de caisse où sont enfermés plusieurs de leurs pareils, cette caisse est bruyante et les fait parfois rire, quand elle ne les endort pas, vautrés dans leurs fauteuils… et de plus les miettes qu’ils vous laissent alors, sont grasses et trop salées et trimballent des senteurs pas très sûres… difficile maintenant de travailler concentré, tranquille et heureux dans toutes ces maisons ! Il s’est retiré pour de bon. Les trois fées lui ont proposé de devenir gardien de leur demeure. Il en était content. Il a choisi ce coin, car c’est son préféré. Il a un grand amour pour le foin parfumé et tiède des écuries. Arie pousse la porte, doucement, pour ne pas le déranger.

En revenant elle secoue juste un peu ses jupes sur le devant de la maison. Aussitôt mille flocons tourbillonnent et saupoudrent le paysage. Ça l’enchante chaque fois. Dernière fille des druides, elle a hérité des éléments, la belle obéissance qu’ils avaient pour ses pères.

Berthe la fileuse vient d’arriver. Reine à son origine, l’âge n’arrive pas à la défaire de sa souveraine dignité et de ses longues robes. Depuis que les quenouilles restent en décoration dans les fermes « retapées », où les charrettes et les charrues deviennent des pots de fleurs, Berthe ne sort plus guère, sauf pour ce rendez-vous sacré. Les deux Fées s’embrassent joyeusement. Berthe brandit sa quenouille et croit que son amie a oublié la sienne. Arie, de sa poche, sort un bâtonnet petit et pointu comme un cure-dent, souffle dessus, sa quenouille précieuse est revenue ! La Fée des Tisanes, Sauge, frappe trois coups. On lui ouvre la porte. Elle entre dans des effluves printanières. Toujours ses fines robes vertes avec quelques fraisiers et des touffes de tilleul qui débordent des poches. Toujours ces sacs d’écorce au dos, remplis de bouquets serrés d’herbes sèches et toujours,  pendus à la ceinture de lierre, les fins ciseaux, les cuillères à thé, les bouilloires ventrues, le grimoire millénaire… elle n’a pas changé ! Tous les savants mélanges des herboristes, des naturopathes, des phytotérapeutes de la planète sortent de ce manuel des origines… Dernière descendante d’Isis, elle a hérité le très antique savoir de cette magicienne.

Et la porte se ferme.

Chacune a emporté de vieilles nourritures que depuis tant de temps elles aiment partager. Elles s’attablent et le premier soir elles ont mille nouvelles à se donner, quelques recettes à s’expliquer,  deux ou trois histoires à se dire. La nuit est là, elles ont le temps, ce sont des éternelles, simplement.

Comment l’imaginer…

Dès le lendemain elle prendront leurs quenouilles, et pendant que leurs doigts fileront doucement l’or de nos destinées, elles siroteront par instants, les philtres élaborés que Sauge leur aura préparé, pour huiler les articulations, éclaircir la vue, rafraîchir l’esprit, nettoyer les filtres de leurs corps mille et mille fois rajeunis.  Elle plaideront pour nous auprès des arbres, des rochers, des sources et des bêtes, convaincues sont-elles et c’est beau, que la sagesse est notre accomplissement prévu et qu’un jour  nous y arriverons.

Elles restent ainsi les trois, le temps nécessaire pour qu’au temple des jours elles puissent raccommoder de ce fil ténu et fort les trous amers qui déchirent le monde. Puis elles se quittent, sans regret, sans tristesse. Ce sont des Fées. Elle savent bien depuis toujours que pour toujours, dans ce coin de sapins, tout près des « trois commères », à Belles Fontaines, elles se reverront chaque année.

Je ne vous dirais pas où et quand exactement.

C’est mon secret.
         Il en faut !

(Patricia Gaillard - Contes et Légendes du Jura - éditions  De Borée - 2007)
 

 

La gaillarde conteuse

 

 

Le jardin sucré du 19 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin sucré du 19 octobre

 

Cet après-midi je fais de la confiture de figue–pomme–noix. Nous avons cueilli les figues tout à l’heure et ce sont probablement les dernières, mais quelle beauté ! Leur violet tire vers le bordeaux, elles sont satinées, leur peau est épaisse et leur chair de miel.

Pour faire cette confiture, on peut ôter la première peau, qui se décolle facilement, puis couper les fruits en petits dés, ainsi que quelques belles pommes et quelques noix grossièrement concassées.

Il faut approximativement le même poids de figues que de pommes et 500g de sucre pour 1kg de fruits. La quantité de noix est à l’appréciation de chacun. Bien mélanger et faire macérer pendant 24h dans un plat en porcelaine ou en faïence en remuant de temps en temps.

Le lendemain verser le tout dans une bassine à confiture et faire cuire d’abord à feu vif jusqu’aux gros bouillons, puis à feu doux, pendant tout le temps qu’il faut pour une consistance de confiture...

Remplir les pots sans tarder.

Pour les confitures je suis coquette, un petit chapeau fait avec le quart d’une serviette en papier, imprimée de feuilles d’automne.

Et une petite étiquette traditionnelle pour terminer !

 

Ne me dites pas que vous ne salivez pas

Même ceux qui n’aiment pas les figues fraîches

Apprécient ce merveilleux mélange

 

la gaillarde conteuse

Les Dimanches d’Alexandrine De Césure

Publié le par Patricia Gaillard

Je vous offre la cueillette de ce Dimanche matin


 

Aujourd’hui, Dimanche 18 Octobre

la parole bien sûr 

à Alexandrine de Césure...

 

 

Alexandrine de césure se trouve des chaussures...

 

Bonjour Madame,

Bonjour, qu’est-ce que vous désirez ?

Je voudrais des chaussures pour habiller mes pieds

Vous désirez en somme une paire de souliers

Vous ne savez pas comme je me trouve gênée

Car de souliers madame, il m’en faut bien six paires.

Vous êtes sûrement femme à en changer souvent !

Oh non c’est pour les mettre tous en même temps.

Il faut que je vous dise, je suis une rimeuse

Et je suis possédée par un esprit-chanteur

Qui me jette à la bouche les pieds par lot de douze

Ce qui me fait poète dans tout ce que je dis

Oh oui c’est bien ma tête, mais tous les pieds, c’est lui !

Donc si vous voulez bien, une douzaine de souliers.

Oh moi je le veux bien, quelle pointure vous avez !

Trente-six, trente-sept, enfin jusqu’à présent.

C’est un pied bien petit, un petit pied charmant !

Oh oui le pied ça va, c’est la cheville qui enfle

À être poétesse, comme ça, tout le temps

Que je parle de fesses, d’amour, de bêtises

Je dis tout en césure, c’est vraiment inquiétant.

Dites-moi, les chaussures, vous les voulez comment ?

Vraiment toutes pareilles ou toutes différentes ?

Différentes ! Quelle merveille je vais être pimpante

Avec douze souliers chacun d’une paroisse

Ça va être joyeux ma douzaine de godasses

Montrez-moi vite là tout ce que vous avez

Que je fasse mon choix, allez-y, proposez.

Peut-être - c’est très fille - un long talon aiguille

Avoir le pied coquin dans la rime c’est bien

Alléger un instant cette lourdeur du temps.

Donc j’opte pour l’aiguille, en voilà un choisi !

Mais noir j’aime autant, c’est bien plus inspirant.

Noir, oui, le voilà, il faudra mettre en bas...

Au deuxième je propose peut-être un soulier blanc

Le blanc oui, je suppose, c’est sacré en-dedans

C’est la couleur de Dieu et puis aussi des anges

Je parle parfois d’eux, l’esprit-chanteur étrange

Les connais mieux que moi, allons-y pour le blanc.

Au troisième, peut-être, un tout petit vernis

Élégant, habillé, presque aristocratique.

Aucun milieu doit n’être par ma rime banni

Bien que bassement née, voyez-vous je me pique

De servir la noblesse aussi bien que le gueux

Il me sont sympathiques, à vrai dire, tous les deux

Va donc pour le vernis, ça nous en fera trois.

–Un petit soulier vert, en fin cuir québécois ?

Chanter dame nature, ça me va bien je crois

Alors ni une ni deux, optons pour celui-là.

Et un petit tout rouge, comme un rubis profond ?

Oh oui un rouge, pour toutes les passions.

Qui prennent de la place partout dans nos maisons

Dans les Alexandrins, faisons-leur un lieu bon

Où leur feu souverain trouvera un giron.

 

Pour le sixième, je crois, il faudra essayer

Une jolie babouche, soulier pas ordinaire.

Oh la, à ma bouche montent des voluptés

Les tapis, les turbans, l’orient, les déserts

Acceptons la babouche, soulier pas ordinaire.

Et puis que pensez-vous d’une chaussure d’enfant ?

Mais vous pensez à tout et pour mes pieds vraiment

Vous êtes une marraine, vous prenez tant de peine

Pour les parer de dons, mais continuez donc

la chaussure d’enfants donnera à mes pieds

Cette fraîcheur qui fend les cœurs les plus fermés

Marraine pour le huitième que me proposez-vous ?

Une botte de Modène en beau cuir fin et mou

Des bottes vous croyez ? Pour la boue des fossés ?

Pour les combats menés ? Pour l’ogre du Poucet ?

Allons y pour la botte, moi je vous fais confiance…

L’inspiration me porte, pour faire un peu de danse

Ce soulier qui me semble être celui d’une fée.

Une fée dites-vous, voilà tout l’invisible

Qui va entrer du coup dans mes pieds enchantés !

Que mon esprit-chanteur se sent bien honoré

De recevoir ces dames dedans ses douze pieds !

Le dixième j’en ai peur est vraiment délabré

Une vieille sandale d’homme, qui a beaucoup marché.

Pourquoi peur ma bonne dame c’est le soulier affreux

Et du pauvre et du moine, un soulier courageux

C’est lui qui me dira les grands jours de désert

« Continue, marche, avance, ne pleure pas, tais-toi »

La sandale je la prends, il me la faut je crois

Pour les jours de silence, de mauvais savoir-faire.

L’avant-dernière, déjà ! À vrai dire je pensais

Qu’une simple pantoufle ne serait pas de trop.

Une pantoufle voilà ! Pour que mes douze pieds

Soient vraiment à leur aise et poussent un chant bien beau

À l’oreille de tous ceux qui écoutent mes fables

Et au cœur amoureux de qui les aimera.

Pour le douzième, voyez, je n’ai plus une idée…

Le douzième, marraine, ira très bien nu pied

Il portera la mort, le sans-rien, le maudit

Et qui vont, eux aussi, être chantés ici.

Car si il y a douze pieds de longueur dans ma rime

C’est une scène ouverte aux cieux comme aux abîmes

Chacun par son soulier y prendra la parole

Il pourra la garder, que ce soit triste drôle

Maintenant bonne dame, il me faut vous payer

Annoncez donc le drame à ma bourse trouée

Moi, marraine de vos pieds, vous me croyez capable

De tirer des deniers à cet art respectable ?

Vous êtes une rimeuse et moi je suis la vie

Que je sois votre muse, c’est tout ce que je dis

 

Et ne m’oubliez pas…

 

Alexandrine de césure

auteure unique et définitive 

des éditions « Le pied qui pense »

 

la gaillarde conteuse !

 

 

 

 

 

 

 

Le jardin dormant du 17 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin dormant du 17 Octobre

 

Nous entrons dans la saison de sommeil du jardin potager. Voilà pourquoi ce « potager dormant. »

Ce n’est pas qu’il ne s’y passe rien, mais à présent il n’y aura plus de semis ni de plantations. Les légumes racines, céleris, betteraves, persil tubéreux, navets, carottes, vont être recouverts d’une couche de feuilles, dès que celles-ci seront tombées. Ils seront ainsi protégés du gel et pourront être sortis de terre au fur et à mesure de l’hiver, selon nos besoins. Le persil lui, résiste bien et puis j’en ai fait sécher, car sec il conserve la quasi totalité de ses vitamines. Les tomates, dahlias et autres fleurs arrivent à leur fin, ils freinent des deux pieds, mais bon... Les tubercules des dahlias seront sortis de terre et resserrés dans notre cave voûtée, de terre battue... pas loin du vin... qui vieillit tranquillement en attendant des temps meilleurs.

La phacélie restera en place jusqu’au printemps et grâce à elle le sol ne restera pas nu, puis elle épousera la terre et l’enrichira de ses substances.
En novembre nous taillerons arbres, arbustes, vivaces et plantes aromatiques. 

La salade et la roquette sont encore belles, et bonnes, mais elles craignent le froid. La mâche, qui les remplacera, n’a pas bien germé cette année, il y en a peu. Tant pis. Nous mangerons d’autres choses. Les épinards sont clairsemés, mais il y en a. 

Aléatoire... voilà le mot qui définit bien un potager.

Aléatoire... il nous apprend ainsi à faire avec ce qu’il y a et à nous passer de ce qu’il n’y a pas.

Une leçon de vie en somme.

Le petit chêne pousse bien, bien qu’il soit encore malade. Avec ses taches blanches, il manque juste de vert et de brillant. Qu’importe, il est beau et vivant. 

 

Et le frêne Yggdrasil, immense et noble au bord de la rivière, veille, comme les gargouilles, sur le petit domaine qui lentement s’endort...

 

la gaillarde conteuse

 

Le jardin du 16 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 16 Octobre

 

L’horreur m’étreint car ici la pendule annonce dix huit heures trente

Et moi qui ai oublié de poster un article sur mon blog ! Et je me vante

d’être d’une fidélité que rien jamais ne saurait ébranler

Vite j’empoigne ma tablette, réfléchis trois minutes, très petites

Et soudain me revient la demande de Marinette, courgette préférée,

« Une couverture et un bonnet, jardiniers, et de laine brute 

Car je ne saurais survivre à une nouvelle nuit sévère

Sans perdre ma santé, ma rondeur et mon vert ! »

Et me voilà partie aussitôt sans manière la couvrir

Prendre une photo, ou deux, et très vite revenir

Et voilà que le post de ce vendredi va partir

Ouf !

 

la gaillarde conteuse

Le jardin du 15 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 15 Octobre

 

Le vent est frais, il fait cinq degrés le matin, sous sa triste housse de plastique notre table de jardin n’a pas accueilli nos repas depuis maintenant longtemps, il faut s’y faire, nous approchons plus de l’hiver que de l’été ! Mais au lieu de regretter ce qui n’est plus, considérons le charme de ce qui est... la chaleur délicieuse de nos demeures, la soupe de potiron aux châtaignes, la tarte de pommes fondantes parfumées de cannelle, la tisane d’automne, les physalis lumineux près de la fenêtre, le groupe de cyclamens sous un arbuste - droits comme des soldats mais rosés comme des fées - notre courgette Marinette qui troquerait volontiers ses lunettes de soleil et son chapeau contre une couverture de laine et un bonnet, la pauvre ne savait pas que le froid existait ! Eh bien la voilà renseignée. Du coup elle semble bougonne. Ses congénères les tomates, dans les serres, sont un peu protégées, la preuve en est qu’elles mûrissent encore, même si elles sont un peu moins savoureuses, nous les apprécions cependant car n’oubliez pas qu’une fois celles-ci passées, nous passons neuf mois sans la moindre tomate ! Pas question d’infidélité...

Il faudra songer à placer les deux citronniers sous une serre. Cet arbuste supporte jusqu’à -5 degrés, mais plus bas le risque est grand. Et bien que les serres ne soient pas chauffées, la température n’y descend pas trop bas, car le moindre rayon de soleil y dispense sa chaleur.

Au petit domaine, on tâche de respecter les besoins de chacun

C’est un petit monde heureux

 

la gaillarde conteuse

Le jardin du 14 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 14 Octobre

 

Tous les jardiniers sèment des radis roses au printemps, ils sont véritablement incontournables. Mais savez-vous que ces mêmes petits radis semés au début de Septembre et que nous mangeons dès le début du mois d’Octobre sont tout aussi délicieux ? Très doux, juteux, croquants, accompagnés d’un vrai pain et d’un bon beurre, c’est un grand plaisir. Et voyez leur si jolie couleur ! S’il leur arrive de devenir un peu trop gros - car nous ne consommons pas forcément très vite toute la ligne semée - je les râpe finement, avec de l’huile de noix, du vinaigre de cidre, du sel, du poivre et une lichette de crème, le tout parsemé de persil haché.

Je ne vous dis que cela...

 

la gaillarde conteuse

Le jardin du 13 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 13 Octobre

 

J’ai un faible pour une plante particulière, inattendue, qui pousse discrètement pendant l’été, avec des tiges d’une cinquantaine de centimètres et des feuilles d’un vert mat, très tendre. La plante arbore au mois de mai des fleurettes blanc-crème, discrètes, à la suite desquelles se forment peu à peu des baies et autour d’elles des enveloppes qui ressemblent à des petits lampions pointus de papier japonais. Ceux-ci sont d’abord verts et petits, puis ils grandissent et deviennent peu à peu orange bien vif. Cette plante, c’est l’Alkékenge. Celui-ci est souvent surnommé Physalis, Coqueret, Amour en cage ou Lanterne japonaise qui sont ses noms populaires. J’aime bien les noms populaires des plantes, car ils sont imagés. Je vous parlerai un de ces jours de ces noms-là.

L’Alkékenge est une plante un peu magique qui s’assortit merveilleusement aux fruits et aux légumes d’automne. Le plus souvent j’en cueille les petites lanternes début octobre et les place dans un joli récipient sur le bord d’une fenêtre de la cuisine où elles restent très belles jusqu’à l’été suivant. Si on les laisse dehors, sur leur pied, le fruit mûrit au cœur de la lanterne et celle-ci perd lentement sa consistance jusqu’à n’avoir plus que ses nervures, fines et découpées comme une vraie dentelle à travers laquelle on peut aisément apercevoir la baie enclose. Dans ce cas aussi ce petit lampion reste très esthétique. On peut manger la baie rouge à l’intérieur, mais il faut savoir qu’elle ne se distingue en rien, ni par la saveur, ni par la douceur. Vous avez sûrement eu l’occasion de voir, en restaurant par exemple, une de ces baies qui décore un plat. Il s’agit alors de la variété Coqueret du Pérou qui est cultivé pour sa grosse baie orange foncé, un peu beige, moins jolie par la couleur, mais moins acide que l’Alkékenge classique.

Dans le petit domaine l’Alkékenge ne figure pas pour ses baies, mais pour la vertu décorative de ses jolies lanternes orange.

 

Est-ce parce que les verts de la nature lentement s’éteignent

que l’automne nous offre des lumières qui s’étreignent ?

Ainsi suivez-moi chaque jour dans mes proses

Et dans ce très doux jardin qui repose

De tout ce qui vous semble morose

Et sur vous tous je pose

Un baiser

Léger

 

la gaillarde conteuse

 

 

 

 

 

 

si vous avez envie d’un instant de poésie potagère, suivez ce lien...

https://youtu.be/5gKXV8roJ5
 

 

Le jardin du 12 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 12 Octobre

 

Hier j’ai vu, avançant discrètement sur la table du jardin, un escargot qui devait faire deux centimètres tout compris. Son corps était translucide, sa coquille brune très joliment striée de jaune, et ses cornes étaient fines comme des épingles, un bijou ! 

hier au soir petite soupe verte

dont je vous donne ici la recette 

 

Une carotte, deux branches blanches et feuillues de céleri-branche, quelques brins de persil, une poignée de jeunes fanes de carottes, trois caïeux d’ail, un petit oignon rouge, une grosse pomme de terre et une petite courgette verte.

Cuite une demi-heure, passée au moulin à légumes avec sa grille moyenne, agrémentée de comté râpé, de sel aux herbes et accompagnée de quelques tranches de vrai pain, c’est le potager dans l’assiette.

Quel parfum

Quelles saveurs

Bonheur

 

la gaillarde conteuse

Les Dimanches d’Alexandrine de Césure

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 11 Octobre -
La parole à Alexandrine de Césure

JE VOUS LA PRÉSENTE :

Il y a, dans mon paysage intérieur, une femme singulière. Elle est vêtue de soie dans des verts mordorés et porte un grand chapeau orange foncé où flotte comme un fanion de fantaisie un ruban long de fourrure cuivrée. Elle est bavarde, précieuse dans ses manières, elle est pourtant légère, sa présence est…ingérable pour moi !

Elle est moi et ne l’est pas

D’où vient-elle ? De quand ? Est-elle un passé au parfum inaltérable ou est-elle à venir ?

Peut-être n’est-elle rien qu’un trop-plein…

Peut-être est-elle une vieille carcasse morte pleine de vers ? 
oui, mais ils ont douze pieds… ce n’est pas ordinaire

Bien sûr elle me susurre des phrases succulentes quand arpentant les routes je cherche mes histoires, c’est vrai. Mais elle exagère…

Lui donner la parole. Qu’elle la prenne et qu’elle la garde un moment pour s’éclater un grand coup !

Car tellement je la freine, tellement je lui dis « non », quand elle arrive fière avec ses tissages de mots, de pieds, de vers, que j’ai peur de la vexer

Cher lecteur permettez, j’ouvre la porte sur…

Alexandrine De Césure…

 

 

ELLE SE PRÉSENTE :

Je m’appelle Alexandrine de Césure. Je sais bien, ça parait impossible, mais c’est vrai. Je me suis longtemps demandé d’où pouvait sortir cette particule noble, vu que ma famille a été d’une grande banalité. 

Je m’appelle Alexandrine de Césure, mais on m’appelle Alex. Ça cadre mieux. Pour la particule j’ai trouvé, ou plutôt c’est un lointain cousin du côté de mon père qui a trouvé, nous descendons de François 1er. Alors bon, la particule, c’est un reste. Mais y doit rester que ça. Réflexion faite, ça me va bien, car je n’aime pas être comme les autres. Non, je me trompe, ce n’est pas que je n’aime pas être comme les autres, c’est que je ne suis pas comme les autres. C’est une constatation que j’ai mis longtemps à faire et ça m’a fait beaucoup de bien quand je l’ai enfin faite. Car c’est évident. Tout à fait évident. Les humains m’ont toujours semblé des êtres étranges et moi je me suis toujours sentie comme une extra terrestre qui avait débarqué ici par erreur. En fait au début je ne me disais pas ça. C’est très dur de ne pas se reconnaître dans les autres, car après tout nous sommes un peu des miroirs où les autres peuvent se voir, se reconnaître, se retrouver. Les penchants, les rêves, les sentiments de mes semblables n’étaient vraiment pas les miens, je trouvais ça très dur, j’avais la conviction d’être « anormale », selon l’expression consacrée à ce genre de choses. Et être anormale, dans un monde comme le nôtre, c’est hyper-inconfortable. Car être comme les autres, c’est discret, ça coule, ça passe inaperçu. Et puis ça rassure : je suis comme les autres, je suis donc dans la vérité. Et hop, on suit le mouvement, ça n’est pas compliqué. Mais ça n’est pas forcément simple non plus, car ne pas être soi, au bout d’un temps, ça n’est pas passionnant. Alors ma vie, passionnante depuis le début, c’est vrai, serait plutôt sauvage et solitaire.

Mais tout ce que j’ai pu faire pour m’efforcer d’être semblable à mes semblables. D’ailleurs ce mot me choque finalement : mes semblables. Ça entretient le malentendu. Longtemps j’ai cru que c’était mes semblables qui avaient raison et que j’étais un être marginal, j’en souffrais et surtout je n’entrevoyais même pas la possibilité de l’assumer. Je rêvais d’être semblable à mes semblables, tout en trouvant souvent inintéressantes leurs façons d’être. Mais je croyais que c’était la « norme, » proposée par je ne sais qui ou je ne sais  quoi. On met longtemps à oser penser, surtout quand on pense le contraire de ce que propose la « norme. »

Je m’appelle Alexandrine de Césure, mais vous pouvez m’appeler Alex. D’ailleurs ça aussi ça m’arrange, car ce n’est ni féminin, ni masculin et cette dualité m’agace. On en fait du foin autour de ça ! Chacun ses qualités, chacun ses réactions et puis aucun des deux ne commande, c’est pourtant simple. Mais bon, simple ne semble pas la plus grande qualité de mes semblables. Et plus ils avancent, plus il devient compliqué d’être simple. Le monde n’est pas sorti de l’auberge. Je vous le dis.
Je vais donc avoir le plaisir de vous retrouver chaque dimanche sur ce blog.

Voilà qui me va. 
à dimanche prochain !

 

Alexandrine de Césure

Alex pour les amis

 

 

Reçue par la gaillarde conteuse 

 

 

 

 

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