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Le jardin du 1er Août

Publié le par Patricia Gaillard


 

Je suis enfin arrivée à photographier un monstre poilu. Entendez par ce nom un insecte du genre gros bourdon, bleu marine et poilu que nos enfants, petits, avaient baptisé « monstre poilu. » Ce qui lui allait fort bien, car il est gros et que son bourdonnement est fort et grave. Mais aujourd’hui, pour vous en parler, j’ai fait quelque recherche et je peux vous dire que c’est un Xylocope, de l’ordre des hyménoptères (que l’on appelle aussi Abeille charpentière.) Quand je l’ai entendu, je lisais sur un banc à l’ombre, tout près d’une passiflore. Il s’est posé sur une de ses fleurs et sa teinte bleue, si joliment assortie à la fleur m’a enchantée. Ça y est, j’ai de lui un portrait, je suis contente !

 

Et voici la fin de l’histoire de Jack...

L’ogre était assis dans un fauteuil... il tenait sur ses genoux une guitare en or, décidément ! Et cet instrument tout en or avait une âme en or et il en sortait des mélodies et des paroles qui auraient enchanté les monstres les plus monstrueux de toutes les histoires, s’ils avaient été là.

L’ogre cette fois sentit l’odeur du garçon, il appela sa femme et tous les deux fouillèrent l’armoire, sûrs de le trouver dedans. Mais l’autre sortit de sous la bassine de cuivre, discrètement, vola cette guitare qui lui faisait envie et courut comme si sa vie en dépendait. Et de fait sa vie en dépendait, car les deux autres lui couraient derrière, le long de la route, ils se rapprochaient bien et en glissant sur la tige Jack les entendit se glisser après lui. Sa mère était à fendre du bois - quelle chance - Jack lui arracha la hache puis il coupa rageusement la tige filandreuse et là, dans le jardin minuscule, on vit s’écraser :

L’orgre de trois tonnes qui éclata comme un vulgaire sac de grains

La géante, molle comme une courge pourrie, qui s’étala sur le fumier

La route blanche qui tomba d’un coup sec en glissant comme un ruban de soie

Le palais, qui ressemblait soudain à une pièce-montée de mariage, tout en choux à la crème, avec des dessins de sucre rouges et bleus !

Ce gâteau-là Jack et sa mère le mangèrent, avec tous leurs voisins, il était délicieux.

J’étais à cette fête. Nous avons passé une soirée d’enfer et vous me croirez si vous voulez, la poule aux oeufs d’or est un vrai prodige, je l’ai vue, c’est vrai, mais si un jour vous avez l’occasion d’entendre la guitare de Jack, vous n’oublierez jamais, jamais ça. 


Le plus magique dans cette histoire

Je vous le dis, c’est cette guitare

Allez mes amis, si ce conte s’arrête là 

Pour Jack l’abondance ne s’arrêtera pas

Sachez que les paresseux 

Sont bien-aimés des dieux 

 

Behold a wonder here

Love hath receiv’d his sight

Which Many  hundred years

Hath not beheld the light

 

la gaillarde conteuse

 

Le jardin du 31 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


Chaud, chaud, il fait chaud. Le potager, très exposé, vit ses jours les plus durs. C’est là que la source prend tout son attrait. Pouvoir arroser autant qu’il faut est appréciable et si nos plantes souffrent de la chaleur, au moins ne souffrent-elles pas de la soif. L’étang, entouré d’arbres devient un merveilleux lieu ombragé qui retient, dans ses frondaisons, la fraîcheur de l’eau. Je vous rappelle que la source sort à 4 degrés, hiver comme été.


En vérité, je vous le dis

Le petit domaine, un paradis...

 

Nous allons y rejoindre notre Jack...

 

Un jour ils virent le fond du sac...

« Pas grave  dit Jack, les haricots au jardin ont gardé toute leur fraîcheur, je remonte. »

Il grimpa, grimpa, arriva à la route blanche, marcha, marcha, arriva au palais qui n’avait pas changé. Il frappa à la porte, la même géante lui ouvrit :

« Ah te voilà toi, moi je te nourris et toi pour me remercier tu me voles mon argent ! »

Mais il avait toujours son air sympathique, ce joli garçon. De trois phrases bien tournées il remit dans sa poche la naïve géante, qui recommença le coup des sandwichs trempés dans le seau et tout ça et tout ça… À nouveau l’immense mari arriva, chargé de deux-cents bêtes mortes, Jack fila dans l’armoire. En attendant le menu du jour, que sa femme mitonnait, l’ogre posa sur sa table une belle poule en or. Elle lâcha aussitôt un petit excrément, aussi précieux que son plumage (mais si !) L’ogre la regarda dans les yeux et lui dit poliment (avec l’accent anglais)

« oh, ma très chère petite poule, donne-moi un œuf, je t’en prie ! »

Alors elle fit un œuf, un œuf en or. L’ogre soupira d’aise, se leva, prit l’œuf et partit l’offrir à sa femme, dans la cuisine. Jack sortit de l’armoire, empoigna la poule, qui hurlait tout ce qu’elle pouvait et fila. L’ogre et la géante couraient derrière  lui, il eut juste le temps de remonter la route blanche et de glisser le long de la tige jusqu’à chez lui. Il les avait semés. Avec la poule l’aisance  ne prit pas fin. Mais Jack avait sa curiosité qui partait sans cesse vers là-haut. Quelle merveille pouvait encore s’y trouver ?

un matin n’y tenant plus, il grimpa, grimpa, arriva à la route blanche, marcha, marcha, arriva au palais, mais ne frappa pas à la porte car la géante maintenant risquait d’avoir compris. Il entra comme il put, se cacha cette fois sous une énorme bassine de cuivre qui servait aux confitures, car l’ogre adorait les confitures (en juin j’en ai fait une de merise au sucre roux avec une pincée de gingembre, houla! Celle de septembre sera de figues, de pommes et de noix...) où en étais-je ? Ah oui, Jack était caché sous la bassine de cuivre. 
l’ogre était assis dans un fauteuil...

 

la gaillarde conteuse 

Le jardin du 30 juillet

Publié le par Patricia Gaillard


 

D’après Cicéron, celui qui possède une bibliothèque et un jardin à tout. Et je suis bien d’accord. Pour moi les plantes sont aussi vivantes que moi et les livres aussi, d’une façon encore différente en ce qu’ils sont des espèces de messagers qui viennent nous visiter par signes. Qui n’a jamais reçu un ouvrage qui tombait pile-poil en accord avec ses questionnements du moment ? Soyez-y attentifs, vous verrez…

Mon époux vient de m’offrir deux ouvrages de chez Larousse. Le trésor des expressions et mots  savoureux de la francophonie, et Toute la saveur des mots du XIXème siècle aujourd’hui oubliés.

Que d’épices j’y puiserai pour assaisonner ce blog, chers visiteurs et je partagerai avec vous ces pépites notoires.

 

Et voici la suite des haricots rouges de notre cher Jack…

 

Jack, les joues en feu, le ventre creux, malheureux, s’endormit recroquevillé dans un petit coin sombre et crasseux de la cuisine...

Quand il ouvrit les yeux, le jour se levait, une ombre épaisse dansait devant la fenêtre.

Dehors, de grosses tiges vert foncé et rugueuses avec des feuilles comme des voiles de bateau sortaient de la terre du jardin est montaient si haut dans le ciel qu’on n’en voyait même pas le bout ! Il y avait de grosses fleurs, comme des jabots de velours rouge et des haricots pendaient de partout qui devaient faire chacun trois livres bien pesées. Quel spectacle admirable digne de tous les rêves de Jack. Le vieux avait donc raison !

« Jusqu’au ciel, Jack, jusqu’au ciel ! »

Jack grimpa, grimpa, arrivé tout là-haut il vit une route toute blanche, il marcha, marcha, au bout il y avait un palais immense, recouvert de fines mosaïques rouges et bleues. Il frappa à la porte, une géante lui ouvrit et lui dit aussitôt : « File mon garçon, décampe, mon époux est un ogre, il va bientôt rentrer, il aime pour son repas des jeunes gens comme toi, mijotés longuement dans une sauce à la menthe ! »

Jack rassembla toute son audace et dit en riant : « alors disons que bien nourri, je serai meilleur… » séduite, la géante, par le courage, le rire et l’air très sympathique de ce joli garçon. Dans sa vie elle n’avait pas l’occasion de faire des rencontres et encore moins de s’amuser. Elle le fit entrer, lui fit un sandwich gros comme un matelas, avec un seau de lait pour le tremper dedans. Puis ils roulèrent sur un matelas gros comme un sandwich. Mais on entendit un bruit de tonnerre :

« ciel, mon mari ! »

Jack sauta dans l’armoire (classique) et par une fente du bois il vit arriver l’ogre, un gros homme suant qui devait faire 3 tonnes, qui avait autour du ventre une ceinture large comme une route, où pendaient, par dizaines, des cochons, des vaches, des volailles, pour la terrine du repas. Il faut dire qu’au début de cette histoire, quand on a distribué les rôles, l’ogre, anglais - mais pas bête - voulait une géante française pour la cuisine. Une de par chez nous qui fait des terrines de canard au vin jaune. La géante justement se mit à faire la cuisine. L’ogre s’installa à sa table : « Ne trouvez-vous pas, Darling, que ces bêtes que nous avons aujourd’hui ont une odeur de jeune homme ?

–Si, si, dit la géante, je ne comprends pas, c’est étrange n’est-ce pas ? »

L’ogre, pour patienter, posa sur sa table de gros sac lourd et se mit à compter les pièces d’or qui étaient dedans. Les piles montaient, montaient, montaient, brillaient, brillaient, brillaient ! L’ogre comptait les pièces comme on compte les moutons et le rythme était si régulier, si régulier, il s’endormit.

Jack sortit de l’armoire, empoigna le deuxième sac qui était plein et fila par la porte qui ne grinça même pas. Il courut sur la route toute blanche, glissa comme un singe le long de la tige, arriva  chez lui.

« Tu vois, Mamy, le vieux avait raison, ces haricots rouges étaient magiques ! »

Elle l’embrassa.

Pendant très longtemps ils vécurent richement avec ce trésor. Mais comme plus on n’en a plus on n’en dépense - même dans les histoires, eh oui - un jour il virent le fond du sac…

 

À demain

 

la gaillarde Conteuse

Le jardin du 29 juillet

Publié le par Patricia Gaillard


Et voilà les haricots !! C’est toujours une merveille d’accueillir les haricots au jardin. Et cela me donne l’idée et l’envie de vous raconter une histoire si connue qu’on l’oublierait presque à force de chercher des contes exotiques. Il en est des contes comme des fruits, nous en oublions parfois nos bonnes vieilles variétés. Revenons donc à nos fondamentaux et voici, en quelques petits épisodes, le compte de Jack et de son haricot magique. Je vous présente là ma version, L’original étant un conte de Joseph Jacob dans english fairy tales publié à Londres en 1890.

La petite chanson est extraite de l’œuvre de John Dowland  (1562-1626)

 

My god, my god… Quel paresseux garçon ! Il s’appelait Jack, il vivait tout là-bas avec sa mère dans la campagne brumeuse autour de Londres, en Angleterre… Une maison misérable… Devant il y avait une vache, si on peut dire, une bête vieille, maigre, avec une mauvaise haleine et puis des pis tout secs. Et puis un bout de jardin, avec trois choux hirsutes.

Il était gentil, Jack, mais tellement paresseux… rêver, à ça, rêver il savait faire, des projets impossibles, des châteaux espagnols en plein cœur de l’Écosse. Un artiste peut-être, en attendant pas capable de rapporter trois sous, personne ne voulait l’engager. Le jour où commence mon histoire, il ne leur restait plus qu’une solution : vendre la vache.
« Demandes-en quand même quelques souverains d’or » dit la mère.

Jack partit au petit matin, la vache derrière lui. Ils allaient du même pas, n’ayant ni l’un ni l’autre très envie de marcher, mais les sous n’allaient pas tomber du ciel, quoique…

Au détour d’un chemin, un petit vieux racorni était assis sur une souche. Jack le salua, ils discutèrent un peu, le garçon parla de tirer quelques pièces d’or de sa vache au marché voisin. Alors le vieux, d’une voix tranquille comme si c’était parfaitement normal, lui proposa cinq haricots rouges contre sa vache.

« Cinq haricots, même rouges, contre une vache, même vieille, quand même, hoho faut pas exagérer ! »

Oui mais ces haricots, paraît-il, était magiques et plantés le soir, à la nuit tombante, au matin ils caressaient le ciel de leurs feuilles velues !

« Jusqu’au ciel Jack, jusqu’au ciel ! C’est comme je te dis ! »

Ah ce vieux, le savait-il ou pas, mais ces mots chatouillaient les rêves qui dormaient dans la tête de Jack. Jack tendit la main, le vieux y posa cinq haricots rouges bombés et luisants. Le garçon lui laissa la vache et s’en alla en chantant

 

Behold a wonder here

Love hath receiv’d His sight

Which Manu hundred years

Has not beheld thé light

 

Sa mère, l’entendant si joyeux, pensa qu’il avait fait une bonne affaire. Mais quand il lui conta son histoire, le vieux, les haricots rouges magiques et tout ça, quelle gifle elle lui retourna ! Elle ramassa les maudits haricots roulés au sol, ouvrir hargneusement la porte et les jeta dehors, dans le tout petit jardin misérable.

Jack, les joues en feu, le ventre creux, malheureux, s’endormit recroquevillé dans un coin sombre et crasseux de la cuisine.

 

À demain !

 

la gaillarde conteuse

 

Le jardin du 28 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Asplenium trichomanes(capillaire)
Polypode vulgaire


Je vous l’ai dit, je vais vous parler des fougères. Car ici la terre est argileuse, les vieilles pierres nombreuses, les rosées généreuses, la source ombreuse, une ambiance qui plaît aux Fougères. Une fougère choisit sa place, s’installe et reste... ou non. C’est une indépendante, une élégante. En compagnie de la linaire - dont il était question tantôt - elle surgit d’un trou entre les pierres où le vent et le ruissellement ont déposé un peu de terre. Elle est un exemple de sobriété et la petite humidité que garde sa mottelette de terre lui suffit longtemps.

Heureuse celle, qui peut comme elle, arriver à être belle, avec un tel minimum.

Je vous présente là les quatre variétés qui nous ont fait le plaisir de s’installer chez nous. Il en manque deux ou trois sortes, qu’on ne voit pas toujours, qui vont, qui viennent, des coquettes, que l’on admire quand elle daignent honorer notre lieu d’un séjour.

 

Les fougères sont les princesses du petit domaine…
 

Polystic - fougère mâle

 

Scolopendre -langue de cerf


la gaillarde conteuse

 

 

Le jardin du 27 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 27 Juillet

 

Nous voyons le végétal comme un organisme secondaire, nous utilisons même le mot légume pour évoquer un humain qui a perdu la majeure partie de lui-même.

Écoutons Stefano Mancuso dans son ouvrage l’intelligence des plantes :

« Il nous déplaît peut-être de nous rappeler que notre survie repose sur le règne végétal parce qu’une telle pensée nous donne une sensation de fragilité, nous oblige à reconnaître que nous ne sommes pas les maîtres du monde. Si les plantes disparaissaient l’homme mettrait quelques mois à s’éteindre. Si nous disparaissions, les plantes auraient vite fait de recouvrir entièrement les vestiges de notre civilisation.

Tout tournerait autour de l’homme ?

Il serait le plus important de tous les êtres vivants ?

Le règne végétal représente 99,5 à 99,9 %

Animaux et humains représentent 0,1 % à 0,5 %

Le botaniste russe Kliment Arkodievitch Timiriazev disait :

« la plante est l’anneau de conjonction entre la Terre et le soleil »

 

Mes amis, nous sommes peu

Mais ce peu sait créer...

 

la gaillarde conteuse

Le jardin du 26 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 26 Juillet 


La linaire cymbalaire, linaire des murs, ruine de Rome, une plante qui est, à mes yeux, le symbole de la simplicité et de la grâce. Elle s’installe d’elle-même dans les creux des vieux murs et développe ses nombreuses feuilles rondes et dentelées, petites et légères où sont disséminées des fleurettes mauves à la gorge jaune. Aucune autre plante de ma connaissance n’égale la grâce de la linaire et je me sens toujours très honorée quand l’une d’elle apparaît dans un bout  de mur. Parfois une trop grande sécheresse lui ôte toute consistance, elle semble alors sèche et perd les jolies boucles de ses tiges. Mais une pluie, ou l’arrosage d’une plante voisine suffisent à la requinquer et la voici pimpante.  
« même pas peur » ! 
Son surnom a forcément trouvé sa source dans les ruines de Rome 😄
Elle vit ici en compagnie des fougères, dont il faudra que je vous parle également un de ces jours… car elles sont elles aussi des mondes bien particuliers, qui me fascinent.

que ce dimanche vous soit paisible...

La gaillarde conteuse 

Le jardin du 25 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 25 juillet

 

Aïe aïe aïe, l’ail rose est minuscule. Autant l’ail blanc, planté en automne dans la serre, a donné dès le printemps des têtes aux caïeux joufflus et fermes, autant son frère rose donne des têtes petites. On pourrait même carrément dire « ridicules » mais n’allons pas vexer notre terre habituellement si généreuse. L’an passé cette récolte avait déjà été modeste. Peut-être que l’ail rose n’est pas rustique ici après tout. Et puis tout jardin, selon sa terre et le climat ambiant, développe un certain caractère. On apprend à le connaître seulement au fil du temps. C’est un compagnonnage, le jardinage…

n’empêche, le jardinier fait triste figure, il est habituellement mieux payé en échange de ses soins.


Le lait - presque maternel - semble avoir réussi au petit chêne. Je ne l’avais pas vu si joli depuis longtemps. Et puis depuis la taille ses feuilles se sont élargies, elles arborent un vert plus sombre et plus profond. C’est un convalescent à suivre de près et à visiter chaque jour, avec bienveillance. Je crois qu’il apprécie.

 

Le petit chêne couve

Des pousses invisibles

Je crois qu’il approuve

La douche comestible

Qu’il a reçue tantôt

Il revit et bientôt

Ouvrira le cœur clos

De sa jeunesse...

 

la gaillarde conteuse

Le jardin du 24 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


 

Vous aurez bien sûr remarqué que chez moi le visible et l’invisible se côtoient sans cesse et je ne peux me résoudre à ne considérer que ce qui se voit. Ici derrière chaque plante, chaque feuille, chaque fleur, chaque bête, il y a des mondes, inconnus certes et d’autant plus passionnants qu’ils offrent à mon imaginaire un terrain de jeu. Et ça, j’aime.

Aujourd’hui je vais vous offrir un petit dictionnaire que j’ai tricoté en m’inspirant des croyances populaires qui ne manquent pas de piquant. Je vous laisse le découvrir. Mais prenez-en bien note, car ces connaissances - démodées - pourraient vous sortir d’affaire plus d’une fois. Qu’on se le dise ! 
😄

 

Arbre : le couper est un crime contre les esprits de la nature qui vivent sous l’écorce. Ne prendre de ses branches que ce qui est nécessaire

Aubépine : sa branche sur la porte protège des orages. Ne jamais en faire un balai, il porterait malheur.

Avoine : crue elle rend l’âme joyeuse, l’intelligence vive et le teint clair

Bûche : les cendres de l’âtre au matin de Noël font dans la lessive un linge blanc sans pareil

Buis : fait fuir les serpents et les orages

Chêne : qui tue un chêne sain, se fâche avec Joseph le saint

Cosse : si on y trouve neuf pois, faire un vœu

Escargots : mettez à l’envers votre vêtement vous en prendrez des cents

Fiente : celle de la chèvre soigne les maladies d’oreilles. Celle du loup soigne les maladies de ventre. Celle du cochon soigne le mal des poumons. Celle de l’oie soigne la jaunisse.

Fougère : ses graines recueillies une nuit de St-Jean donne une vue surnaturelle

Gentiane jaune : source de jouvence. Boire la goutte de rosée au creux des feuilles. Elle ne doit contenir aucun insecte et le buveur ne doit avoir aucun ennemi

Hêtre : abrite dans son ombre les danses des fées. Jamais la foudre ne s’y risque. Celui qui s’y endort fait des songes délicieux

If : celui qui dort dessous ne saura plus son chemin

Jonquille : sept jonquilles ouvertes portent bonheur

Lézard : pour être heureux et riche, porter dans une chaussure une queue de lézard vert. La fiente de lézard rajeunit la peau

Luciole : « lumière du berger » Croisée la nuit de la St-Jean elle porte bonheur

Marguerite : effeuiller la marguerite n’a de sens que si le corps est face au soleil et qu’il est plus de midi

Mélisse : mettez un collier de Mélisse à un bœuf, il vous suivra sans corde

Noisette : les enfants qui en mangent beaucoup aimeront la géométrie

Noyer : somnoler près d’un noyer rend devin pour toute l’année. Ses feuilles cueillies à la St-Jean protègent de l’orage et du vent

Persil : pour une récolte serrée, l’enfant doit le semer

Pervenches : celui qui offre sept pervenches est un sorcier

Peuplier : trois feuilles de peuplier exaucent les rêves

Pivoine : sept racines de pivoines cueillies à la lune de minuit soignent la danse de saint Guy

Primevère : poudre de primevère rouge rend la virginité

Trèfle : deux amoureux qui en trouvent un à quatre feuilles, auront quatre filles et quatre garçons

Violette : manger la première violette du printemps met à l’abri des fièvres pour longtemps

 

Comment dites-vous ? Vous me trouvez de la mémoire… Je vais vous dire : pour bien la conserver, il faut porter une escarboucle en collier !

Vous voilà savants, chers visiteurs, ressortez de leurs livres de cuir ces antiques remèdes et vous résisterez quasiment à tout.
N’est-ce pas là une merveille ?

 

la gaillarde conteuse

Le jardin du 23 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 23 Juillet

 

Trois lignes de pommes de terre (sur vingt) ont été récoltées. Bonne surprise, les tubercules sont beaux. Une victoire lorsque l’on songe aux ingrates cueillettes de doryphores que mon jardinier préféré a effectué avec tant de patience. Et aussitôt il passe un petit coup de motoculteur, celui-ci est un modèle subtil car il peut labourer sur une faible profondeur, afin de ne pas trop troubler la vie du sol. Nous ne pouvons pas, chez nous, pratiquer la vraie permaculture, notre terre est trop lourde, trop argileuse, il nous faut la remuer un peu. On peut approuver des principes de culture, mais ceux-ci doivent être compatibles avec le sol où nous nous trouvons. À la place de ces pommes de terre les carottes d’hiver seront semées dans les jours à venir. Celles-ci demeureront en terre à maturité, l’automne venu, sous une couette de feuilles, jusqu’au seuil du printemps prochain. Bien sûr nous en sommes loin, mais les jardiniers ont toujours leur calendrier en tête et chaque saison prépare les suivantes. Nous avons récolté les échalotes. Il faut attendre pour les sortir que leurs tiges aient complètement séché et on les découvre alors - sous une première peau fine et friable - oblongues, brillantes, fermes et d’un joli brun-rose mordoré. L’oignon et l’ail gagneront à demeurer encore un peu dans la terre. Il est tombé hier une pluie paisible, après quelques grondements de tonnerre, sourds et lointains. Une pluie d’été est toujours un arrosage bienvenu et s’il est régulier, c’est une aubaine !

 

la gaillarde conteuse

 

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