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Le jardin du 26 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard

Oups, pas d’article du jour ??
Pas de photo ? 
Mais non...
Maintenant vous savez que
JE SUIS DISTRAITE !!!

à demain...

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Les Dimanches d’Alexandrine de Césure

Publié le par Patricia Gaillard


 

 

 

Vous retrouverez tous les épisodes de l’aventure d’Alexandrine de Césure par ici 
http://www.patricia-gaillard-conteusesauvagedumerveilleux.com/preview/4a22a5a7c19c819aeff16b6fb69fc7a7851c5be2

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Le jardin du 24 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 24 Octobre

 

La beauté est partout. Il faut simplement la regarder. Mais nous sommes ainsi faits que le négatif nous aimante. Gardons-nous d’en être atteints. Touchés, oui, mais pas atteints. Sentez la différence.

 

En ce début d’après midi nous sommes allés près des bois de chez nous, où les teintes se sont brusquement installées. Qu’est-ce qui les a décidées ? Allez savoir. Allez savoir aussi pourquoi ces couleurs sont réellement transcendantes, car elles le sont, du moins pour beaucoup d’entre nous, dont je vous souhaite de faire partie.

 

Alors, aujourd’hui, quelques prises de vue de cette transcendance

Pour vous

 

la gaillarde conteuse

 

Je tiens à préciser que ces photos n’ont nullement été retouchées, ou embellies, elles sont « nature » !

 

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Le jardin mouillé du 23 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin mouillé du 23 Octobre

 

Renoncer à aller marcher parce qu’il pleut ? Pas du tout ! Ce serait oublier que nous faisons partie intégrante de la nature. Mettre une veste imperméable, prendre son parapluie et partir respirer cette humidité fraîche. Bien sûr changer son pantalon et ses chaussettes au retour, mais avoir prouvé, une fois encore, que nous ne sommes pas en sucre...

Quelques fleurs d’hortensia, aux couleurs passées mais charmantes, sèchent au bout d’un fil, devant la fenêtre, au-dessus du radiateur. Elles se balancent imperceptiblement. Elles feront une jolie décoration de table de noël, piquées de quelques perles argentées ou rose irisé. Nous sommes loin encore de cette partie de l’hiver, mais je suis alsacienne et je plonge dans l’ambiance de noël dès le 29 Novembre... je vous expliquerai pourquoi le moment venu, car j’ai, sur cette période de l’année, mille cinq cents choses à vous dire ;-)

En attendant savourons l’automne et je réalise soudain que je n’ai pas encore fait de soupe de potimaron ou de butternut ! Je ne vais pas tarder à réparer cet inadmissible oubli.

 

Marinette est contente, elle adore les douches à volonté, elle est brillante comme une star hollywoodienne !

 

la gaillarde conteuse

 

 

 

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Le jardin du 22 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 22 Octobre

 

Dans bien des potagers vous trouverez des pieds de bettes ou blettes selon votre langage, les deux étant admis dans le dictionnaire. Cette plante se distingue par ses très grandes feuilles vert foncé dont les tiges sont des cardes blanches comestibles (celles-ci peuvent être rouges ou jaunes, elles sont à la mode !)

Mais il existe aussi la bette-feuille, moins connue et que nous apprécions car elle pousse sans cardes, puisqu’à celles-ci nous préférons le cardon, beaucoup plus savoureux. Dans notre jardin il y a donc des bettes-feuilles. Cette plante est merveilleuse. Jamais malade, toujours alerte, quels que soient la température et le temps, il lui faut un grand froid pour l’intimider et cela arrive désormais rarement dans nos hivers. Vous pourrez donc la semer au printemps et elle vous restera fidèle jusqu’au printemps suivant.  Qui dit mieux ! Bien sûr si elle compte rivaliser avec l’épinard, elle est un peu optimiste, car le goût de celui-ci est indéniablement plus fin. Oui mais l’épinard est plus capricieux, plus fragile et jaunit volontiers s’il n’est pas pleinement satisfait des conditions. Les feuilles de bettes nous font des épinards honorables, agrémentés d’un peu d’ail, d’une pointe de sel et d’une bonne cuillerée de vraie crème.


Que vive donc longtemps cette plante généreuse qui brave tout et si allègrement !

 

la gaillarde conteuse

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Le jardin du 21 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 21 Octobre

 

Quand on est jardinier il est bon de tendre à une autarcie du jardin, il convient ainsi de récolter les graines que les plantes produisent. Il faut attendre pour cela que la fleur fanée se dessèche totalement jusqu’à devenir brune ou presque noire. Pour les tomates c’est un peu différent, il faut couper en deux une belle tomate bien mûre et prélever les graines que l’on fera sécher sur un papier sulfurisé et quant aux haricots blancs ou rouges, ils sont leurs propres graines ! Les potirons portent leurs graines dans leur cœur et on les récolte quand on les prépare pour les cuisiner. Celles-ci nous les faisons sécher au four, à chaleur douce, légèrement salées et saupoudrées de paprika fumé, ou d’autres épices, pour les apéritifs. Il est difficile de semer les graines des cucurbitacées de l’année, car elles dégénèrent facilement et vous pouvez vous retrouver avec un potimaron au goût de concombre ou un melon qui sent la courge! Quant à certains légumes, qui sont plus délicats à faire monter en graines car cela se fait sur deux années, le jardinier cède donc et achète ces graines-là.

Nous sommes en octobre et chez nous le jardinier va faire sa récolte de graines. Il y du vent et celui-ci tombe bien, il va participer au séchage. Il faudra choisir pour la cueillette un jour de temps bien sec. Le jardinier récolte d’abord les fleurs sèches, les met dans une grande boîte et après complet dessèchement dans la grange il en sépare les graines qu’il range, par variété, dans des sachets de papier étiquetés. Chaque sachet en contient parfois des milliers, comme les œillets d’Inde par exemple, les zinnias ou les soucis ! C’est ˋtellement satisfaisant.

Puis les graines dormiront dans la maison jusqu’au printemps prochain, où elles se réveilleront, frissonnantes, dans une terre molle, parfumée et humide.

Puis tout recommencera
 

Le cycle fascinant de la vie

 

la gaillarde conteuse

 

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Le jardin des trois commères - 20 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard

Dessin de Michaël Maréchal - éditions De Borée - 2007

Savez-vous que tout près de chez moi trois fées se retrouvent chaque année ? Personne ne le savait sauf moi. Et un jour je l’ai raconté...

Voyez plutôt...
 

Les trois commères

 

Dans ce bois de sapins, discret comme un caméléon, se trouve le logis où elles se retrouvent. Rien ne se voit des murs, du toit, de la cheminée où fuit tout au plus un toupet de brume. Quant à la porte, très fort serait celui qui verrait son bois d’ombre et son heurtoir de bronze, tête sombre de loup. Nul jamais n’a vu cette demeure, protégée de la curiosité humaine par mille parentés subtiles avec l’écorce, la terre, les roches et la rosée. Maison de Fées…

Arie arrive la première. Toujours. C’est une habitude vieille de plusieurs siècles. Même les Fées en ont. Elle vient des environs de Montbéliard, où elle est une espèce de mère Noël. De plus en plus frileuse, elle porte plusieurs jupes de grosse laine, l’une  sur l’autre et ses pieds (des pattes d’oie, paraît-il)  sont pris dans d’épaisses chaussettes tricotées « main » et fourrés dans des savates confortables. Toutes sortes de châles empilés enrobent sa tête et ses épaules. Ses dents sont-elles vraiment de fer ? En tout cas elle a un regard doux de vieille mère. Elle entre au logis,  elle en possède une des clefs, qui ne quitte jamais sa poche de tablier.

A peine entrée elle chante, heureuse de retrouver bientôt ses deux meilleures complices. Elle se cale tranquille, dans un fauteuil d’osier, cligne des yeux une fois ou deux, pour qu’un feu de saison naisse dans la cheminée. Puis elle pointe son bâton sur un balai debout qui se secoue et se met aussitôt à frotter ardemment, ramassant tout sur son passage, poussières, moisissures et toiles d’araignées. Pendant ce temps, Arie ôte ses pantoufles, ses chaussettes et déplie délicieusement ses pieds en éventail devant l’âtre brûlant. Elle rit toute seule des recettes neuves qu’elles vont s’échanger, comme elles font chaque année. Pour elle, sa recette précieuse est celle qui fait rétrécir. Elle n’a cessé de l’affiner depuis la nuit des temps et ces derniers mois elle arrive à rivaliser de petitesse avec des moustiques ou même des pucerons ! D’ailleurs elle sort de sa poche un animal gros comme un haricot. C’est son âne. Il était fatigué après sa tournée de Noël, elle l’a réduit pour l’emporter. Elle souffle sur lui et le voici tout regonflé sur le plancher. Arie le mène à l’écurie où un panier sans fond lui donne de l’avoine à foison… le plus heureux des ânes est un âne de Fée ! Dans un petit recoin de cette étable obscure, le lutin de Bellefontaine, sommeille profondément. Il a été longtemps le servant d’une demeure du village. Ceux qu’il a honorés de ses discrètes tâches nocturnes, ont toujours remercié sa bonté. Petits bonbons emballés de papiers brillants, miettes de gaufres et de crêpes, tasses de crème véritable et lait au chocolat… maintenant les hommes regardent très tard une espèce de caisse où sont enfermés plusieurs de leurs pareils, cette caisse est bruyante et les fait parfois rire, quand elle ne les endort pas, vautrés dans leurs fauteuils… et de plus les miettes qu’ils vous laissent alors, sont grasses et trop salées et trimballent des senteurs pas très sûres… difficile maintenant de travailler concentré, tranquille et heureux dans toutes ces maisons ! Il s’est retiré pour de bon. Les trois fées lui ont proposé de devenir gardien de leur demeure. Il en était content. Il a choisi ce coin, car c’est son préféré. Il a un grand amour pour le foin parfumé et tiède des écuries. Arie pousse la porte, doucement, pour ne pas le déranger.

En revenant elle secoue juste un peu ses jupes sur le devant de la maison. Aussitôt mille flocons tourbillonnent et saupoudrent le paysage. Ça l’enchante chaque fois. Dernière fille des druides, elle a hérité des éléments, la belle obéissance qu’ils avaient pour ses pères.

Berthe la fileuse vient d’arriver. Reine à son origine, l’âge n’arrive pas à la défaire de sa souveraine dignité et de ses longues robes. Depuis que les quenouilles restent en décoration dans les fermes « retapées », où les charrettes et les charrues deviennent des pots de fleurs, Berthe ne sort plus guère, sauf pour ce rendez-vous sacré. Les deux Fées s’embrassent joyeusement. Berthe brandit sa quenouille et croit que son amie a oublié la sienne. Arie, de sa poche, sort un bâtonnet petit et pointu comme un cure-dent, souffle dessus, sa quenouille précieuse est revenue ! La Fée des Tisanes, Sauge, frappe trois coups. On lui ouvre la porte. Elle entre dans des effluves printanières. Toujours ses fines robes vertes avec quelques fraisiers et des touffes de tilleul qui débordent des poches. Toujours ces sacs d’écorce au dos, remplis de bouquets serrés d’herbes sèches et toujours,  pendus à la ceinture de lierre, les fins ciseaux, les cuillères à thé, les bouilloires ventrues, le grimoire millénaire… elle n’a pas changé ! Tous les savants mélanges des herboristes, des naturopathes, des phytotérapeutes de la planète sortent de ce manuel des origines… Dernière descendante d’Isis, elle a hérité le très antique savoir de cette magicienne.

Et la porte se ferme.

Chacune a emporté de vieilles nourritures que depuis tant de temps elles aiment partager. Elles s’attablent et le premier soir elles ont mille nouvelles à se donner, quelques recettes à s’expliquer,  deux ou trois histoires à se dire. La nuit est là, elles ont le temps, ce sont des éternelles, simplement.

Comment l’imaginer…

Dès le lendemain elle prendront leurs quenouilles, et pendant que leurs doigts fileront doucement l’or de nos destinées, elles siroteront par instants, les philtres élaborés que Sauge leur aura préparé, pour huiler les articulations, éclaircir la vue, rafraîchir l’esprit, nettoyer les filtres de leurs corps mille et mille fois rajeunis.  Elle plaideront pour nous auprès des arbres, des rochers, des sources et des bêtes, convaincues sont-elles et c’est beau, que la sagesse est notre accomplissement prévu et qu’un jour  nous y arriverons.

Elles restent ainsi les trois, le temps nécessaire pour qu’au temple des jours elles puissent raccommoder de ce fil ténu et fort les trous amers qui déchirent le monde. Puis elles se quittent, sans regret, sans tristesse. Ce sont des Fées. Elle savent bien depuis toujours que pour toujours, dans ce coin de sapins, tout près des « trois commères », à Belles Fontaines, elles se reverront chaque année.

Je ne vous dirais pas où et quand exactement.

C’est mon secret.
         Il en faut !

(Patricia Gaillard - Contes et Légendes du Jura - éditions  De Borée - 2007)
 

 

La gaillarde conteuse

 

 

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Le jardin sucré du 19 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin sucré du 19 octobre

 

Cet après-midi je fais de la confiture de figue–pomme–noix. Nous avons cueilli les figues tout à l’heure et ce sont probablement les dernières, mais quelle beauté ! Leur violet tire vers le bordeaux, elles sont satinées, leur peau est épaisse et leur chair de miel.

Pour faire cette confiture, on peut ôter la première peau, qui se décolle facilement, puis couper les fruits en petits dés, ainsi que quelques belles pommes et quelques noix grossièrement concassées.

Il faut approximativement le même poids de figues que de pommes et 500g de sucre pour 1kg de fruits. La quantité de noix est à l’appréciation de chacun. Bien mélanger et faire macérer pendant 24h dans un plat en porcelaine ou en faïence en remuant de temps en temps.

Le lendemain verser le tout dans une bassine à confiture et faire cuire d’abord à feu vif jusqu’aux gros bouillons, puis à feu doux, pendant tout le temps qu’il faut pour une consistance de confiture...

Remplir les pots sans tarder.

Pour les confitures je suis coquette, un petit chapeau fait avec le quart d’une serviette en papier, imprimée de feuilles d’automne.

Et une petite étiquette traditionnelle pour terminer !

 

Ne me dites pas que vous ne salivez pas

Même ceux qui n’aiment pas les figues fraîches

Apprécient ce merveilleux mélange

 

la gaillarde conteuse

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Les Dimanches d’Alexandrine De Césure

Publié le par Patricia Gaillard

Je vous offre la cueillette de ce Dimanche matin


 

Aujourd’hui, Dimanche 18 Octobre

la parole bien sûr 

à Alexandrine de Césure...

 

 

Alexandrine de césure se trouve des chaussures...

 

Bonjour Madame,

Bonjour, qu’est-ce que vous désirez ?

Je voudrais des chaussures pour habiller mes pieds

Vous désirez en somme une paire de souliers

Vous ne savez pas comme je me trouve gênée

Car de souliers madame, il m’en faut bien six paires.

Vous êtes sûrement femme à en changer souvent !

Oh non c’est pour les mettre tous en même temps.

Il faut que je vous dise, je suis une rimeuse

Et je suis possédée par un esprit-chanteur

Qui me jette à la bouche les pieds par lot de douze

Ce qui me fait poète dans tout ce que je dis

Oh oui c’est bien ma tête, mais tous les pieds, c’est lui !

Donc si vous voulez bien, une douzaine de souliers.

Oh moi je le veux bien, quelle pointure vous avez !

Trente-six, trente-sept, enfin jusqu’à présent.

C’est un pied bien petit, un petit pied charmant !

Oh oui le pied ça va, c’est la cheville qui enfle

À être poétesse, comme ça, tout le temps

Que je parle de fesses, d’amour, de bêtises

Je dis tout en césure, c’est vraiment inquiétant.

Dites-moi, les chaussures, vous les voulez comment ?

Vraiment toutes pareilles ou toutes différentes ?

Différentes ! Quelle merveille je vais être pimpante

Avec douze souliers chacun d’une paroisse

Ça va être joyeux ma douzaine de godasses

Montrez-moi vite là tout ce que vous avez

Que je fasse mon choix, allez-y, proposez.

Peut-être - c’est très fille - un long talon aiguille

Avoir le pied coquin dans la rime c’est bien

Alléger un instant cette lourdeur du temps.

Donc j’opte pour l’aiguille, en voilà un choisi !

Mais noir j’aime autant, c’est bien plus inspirant.

Noir, oui, le voilà, il faudra mettre en bas...

Au deuxième je propose peut-être un soulier blanc

Le blanc oui, je suppose, c’est sacré en-dedans

C’est la couleur de Dieu et puis aussi des anges

Je parle parfois d’eux, l’esprit-chanteur étrange

Les connais mieux que moi, allons-y pour le blanc.

Au troisième, peut-être, un tout petit vernis

Élégant, habillé, presque aristocratique.

Aucun milieu doit n’être par ma rime banni

Bien que bassement née, voyez-vous je me pique

De servir la noblesse aussi bien que le gueux

Il me sont sympathiques, à vrai dire, tous les deux

Va donc pour le vernis, ça nous en fera trois.

–Un petit soulier vert, en fin cuir québécois ?

Chanter dame nature, ça me va bien je crois

Alors ni une ni deux, optons pour celui-là.

Et un petit tout rouge, comme un rubis profond ?

Oh oui un rouge, pour toutes les passions.

Qui prennent de la place partout dans nos maisons

Dans les Alexandrins, faisons-leur un lieu bon

Où leur feu souverain trouvera un giron.

 

Pour le sixième, je crois, il faudra essayer

Une jolie babouche, soulier pas ordinaire.

Oh la, à ma bouche montent des voluptés

Les tapis, les turbans, l’orient, les déserts

Acceptons la babouche, soulier pas ordinaire.

Et puis que pensez-vous d’une chaussure d’enfant ?

Mais vous pensez à tout et pour mes pieds vraiment

Vous êtes une marraine, vous prenez tant de peine

Pour les parer de dons, mais continuez donc

la chaussure d’enfants donnera à mes pieds

Cette fraîcheur qui fend les cœurs les plus fermés

Marraine pour le huitième que me proposez-vous ?

Une botte de Modène en beau cuir fin et mou

Des bottes vous croyez ? Pour la boue des fossés ?

Pour les combats menés ? Pour l’ogre du Poucet ?

Allons y pour la botte, moi je vous fais confiance…

L’inspiration me porte, pour faire un peu de danse

Ce soulier qui me semble être celui d’une fée.

Une fée dites-vous, voilà tout l’invisible

Qui va entrer du coup dans mes pieds enchantés !

Que mon esprit-chanteur se sent bien honoré

De recevoir ces dames dedans ses douze pieds !

Le dixième j’en ai peur est vraiment délabré

Une vieille sandale d’homme, qui a beaucoup marché.

Pourquoi peur ma bonne dame c’est le soulier affreux

Et du pauvre et du moine, un soulier courageux

C’est lui qui me dira les grands jours de désert

« Continue, marche, avance, ne pleure pas, tais-toi »

La sandale je la prends, il me la faut je crois

Pour les jours de silence, de mauvais savoir-faire.

L’avant-dernière, déjà ! À vrai dire je pensais

Qu’une simple pantoufle ne serait pas de trop.

Une pantoufle voilà ! Pour que mes douze pieds

Soient vraiment à leur aise et poussent un chant bien beau

À l’oreille de tous ceux qui écoutent mes fables

Et au cœur amoureux de qui les aimera.

Pour le douzième, voyez, je n’ai plus une idée…

Le douzième, marraine, ira très bien nu pied

Il portera la mort, le sans-rien, le maudit

Et qui vont, eux aussi, être chantés ici.

Car si il y a douze pieds de longueur dans ma rime

C’est une scène ouverte aux cieux comme aux abîmes

Chacun par son soulier y prendra la parole

Il pourra la garder, que ce soit triste drôle

Maintenant bonne dame, il me faut vous payer

Annoncez donc le drame à ma bourse trouée

Moi, marraine de vos pieds, vous me croyez capable

De tirer des deniers à cet art respectable ?

Vous êtes une rimeuse et moi je suis la vie

Que je sois votre muse, c’est tout ce que je dis

 

Et ne m’oubliez pas…

 

Alexandrine de césure

auteure unique et définitive 

des éditions « Le pied qui pense »

 

la gaillarde conteuse !

 

 

 

 

 

 

 

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Le jardin dormant du 17 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin dormant du 17 Octobre

 

Nous entrons dans la saison de sommeil du jardin potager. Voilà pourquoi ce « potager dormant. »

Ce n’est pas qu’il ne s’y passe rien, mais à présent il n’y aura plus de semis ni de plantations. Les légumes racines, céleris, betteraves, persil tubéreux, navets, carottes, vont être recouverts d’une couche de feuilles, dès que celles-ci seront tombées. Ils seront ainsi protégés du gel et pourront être sortis de terre au fur et à mesure de l’hiver, selon nos besoins. Le persil lui, résiste bien et puis j’en ai fait sécher, car sec il conserve la quasi totalité de ses vitamines. Les tomates, dahlias et autres fleurs arrivent à leur fin, ils freinent des deux pieds, mais bon... Les tubercules des dahlias seront sortis de terre et resserrés dans notre cave voûtée, de terre battue... pas loin du vin... qui vieillit tranquillement en attendant des temps meilleurs.

La phacélie restera en place jusqu’au printemps et grâce à elle le sol ne restera pas nu, puis elle épousera la terre et l’enrichira de ses substances.
En novembre nous taillerons arbres, arbustes, vivaces et plantes aromatiques. 

La salade et la roquette sont encore belles, et bonnes, mais elles craignent le froid. La mâche, qui les remplacera, n’a pas bien germé cette année, il y en a peu. Tant pis. Nous mangerons d’autres choses. Les épinards sont clairsemés, mais il y en a. 

Aléatoire... voilà le mot qui définit bien un potager.

Aléatoire... il nous apprend ainsi à faire avec ce qu’il y a et à nous passer de ce qu’il n’y a pas.

Une leçon de vie en somme.

Le petit chêne pousse bien, bien qu’il soit encore malade. Avec ses taches blanches, il manque juste de vert et de brillant. Qu’importe, il est beau et vivant. 

 

Et le frêne Yggdrasil, immense et noble au bord de la rivière, veille, comme les gargouilles, sur le petit domaine qui lentement s’endort...

 

la gaillarde conteuse

 

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