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Le jardin du 22 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 22 Juillet

Les fleurs… tout le potager en est bordé. Certaines sont des gardiennes, comme les capucines, grimpantes ou non, elles attirent à elles les pucerons. Les œillets d’Inde, petits, frisés, tout en tons de jaune et d’orange et les soucis, repoussent ensemble certains insectes indésirables, tout en ornant les bords des plates-bandes. Les zinnias, dont le nombre des coloris semble sans fin, remportent la médaille de la tenue, rien ne les intimide. Les glaïeuls, un peu raides mais chargés de grandes fleurs, ont des teintes parfois étonnantes, presque fluorescentes. Les cosmos, au feuillage aérien et très fin, ont une fleur très sobre, rose ou blanche, tout simplement. Les phacélies sont les chouchous des abeilles, leur  hampe mauve aux étamines mauves est originale. Les dahlias sont des cocardes qui parfois ressemblent aux fraises d’Henri IV, tant leurs pétales sont roulés, les uns contre les autres, avec une régularité impressionnante. D’autres ont des pétales pointus et d’un rose si doux qu’il enchante les petites filles. Et par-dessus tout cela il faut parler des fleurs des haricots, petites gueules de loups, rosées, violacées et prometteuses… 

la gaillarde conteuse

Le jardin du 21 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 21 Juillet

Je voudrais évoquer les lichens, ces petits mondes à part auxquels nous n’accordons le plus souvent que peu d’attention, alors qu’ils sont des organismes très singuliers, curieux mélangés de champignons et d’algues. Ils se développent un peu partout sur la terre et peuvent supporter des conditions vraiment extrêmes. Même totalement secs, ils savent revenir à la vie avec un peu d’humidité. Leur croissance est très lente, certains peuvent vivre plusieurs siècles !
La variété cetraria islandica est utilisée en pharmacopée car elle combat les tumeurs, les inflammations et le fameux Helicobacter pylori - si, si - responsable des ulcères de l’estomac. Cette même cetraria islandica donne, en Iran, une farine dont on fait un pain que les paysans iraniens appellent shirsad. 
En période de famine, les Canadiens du Grand Nord consommaient  la variété umbilicaria pustulata (c’est comme je vous le dis) surnommée « tripes de roches. » 
Les Japonais la consomment encore, crue ou cuite.
Ajoutons que la chouette chevêchette se cache dans nos bois, contre les arbres couvert de lichens où elle passe, bien sûr, inaperçue. Plusieurs espèces d’oiseaux en garnissent fréquemment leur nid car les lichens isolent du froid.
Beaucoup de qualités ces jolis lichens, et encore je ne vous en ai dévoilé qu’un peu. Reconnaissez que ça valait bien de s’arrêter un instant sur eux. 
Si vous en voyez chez vous - maintenant que d’en parler vous a ouvert l’œil – sachez que leur présence est signe de pollution.
N’empêche, ils sont jolis ! 

Allez, aujourd’hui je vous embrasse 

La gaillarde conteuse 

 

Le jardin du 20 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 20 Juillet

 

L’eau limpide quitte la source et ses fougères ruisselantes, pour devenir rivière bordée d’arbres, qui offrent une ombre fraîche où le soleil, filtré, pose des taches scintillantes. Il y a là des noisetiers, des aulnes, des frênes et des érables. Ces derniers ont de petites feuilles qui deviennent jaune moutarde à l’automne. Je leur trouve un charme particulier. L’érable est symbole de liberté. Pour les druides cet arbre était un des messagers des dieux. Ils lui voyaient un langage, véhiculé par le souffle du vent dans ses branches. Ces mêmes prêtres utilisaient sa sève pour calmer les esprits agressifs. Près de la fontaine dans laquelle Merlin puisait son eau, il y avait un érable. Si vous méditez un instant près de cet arbre vous serez nettoyés des marques que laissent les épreuves de l’existence.

Pour atteindre les noces d’érable il vous faudra être marié depuis 58 ans ! Patience...

L’érable à sucre - ou érable franc Acer saccharum - est celui dont la feuille à 11 pointes figure sur le drapeau du Canada depuis 1965. C’est bien sûr avec la sève de celui-ci que l’on fait le fameux sirop d’érable qui fait merveille dans bien des recettes. 
Et puis le fameux été indien se colore des teintes de feu de l’érable. On voit de plus en plus cet arbre dans nos paysages européens, en compagnie du Liquidambar qui, quoi que l’on dise, n’est pas un érable mais en porte les couleurs en automne, ainsi que le chêne américain... mais j’aurai le plaisir, l’automne prochain, de vous parler de ceux-là car ils font partie de nos beaux compagnons d’octobre. 

 

la gaillarde conteuse

Le jardin du 19 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 19 Juillet de nuit...

3h40
Le chêne sommeille
Le frêne veille
La fraîche nuit
Enrobe tout

Le foisonnement de la nature est remarquable, il invite à l’émerveillement dans la simplicité et au repos de la contemplation. 
Le foisonnement des productions humaines épuise et aspire nos forces vives. Le besoin d’avoir nous tient esclaves de l’inanimé et de l’inutile. Les possessions sont des prisons qui tiennent notre vastitude captive. Se dépouiller est l’unique issue vers la grâce. Un chemin long, voire douloureux, mais nous pourrons, ainsi seulement, nous approcher de l’être, de l’oiseau, de l’arbre, de l’eau, du rocher, et des dieux qui y sommeillent, pour réentendre le chant du monde qui parle à l’âme. 

la gaillarde conteuse... dans les étoiles 🌟  

Le jardin du 18 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 18 Juillet

Autour du village les gros rouleaux de paille blonde et brillante sont disséminés sur les champs moissonnés. Des maïs montent les fleurs beiges, élancées, et les tournesols peaufinent leur floraison d’un éclatant jaune d’œuf. Les maisons sont fleuries de teintes vives et les moustiquaires barrent les portes aux insectes volants, bourdonnants, bedonnants, insolents, vrombissants, énervants, piquants ! On jardine tôt le matin, sous le toit de paille du chapeau et les après-midi ont un fort parfum de sieste, ce même chapeau posé sur nos yeux clos. On entend juste les cris de la buse qui tournoie, le bourdonnement impressionnant des abeilles, qui font leur camp dans les framboisiers et dans les innombrables fleurettes crème du fusain doré. Quelle concentration chez ces bêtes. Pour une abeille qui butine, le reste du monde n’existe plus et nous pourrions leur gratter la nuque sans qu’elles n’en sentent rien. Mais ne dérangeons pas ces besogneuses ouvrières et pendant qu’elles font, ne faisons rien…

La gaillarde conteuse 

Le jardin du 16 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 16 juillet
 
Ça y est, j’ai soigné, taillé le petit chêne et taillé du même coup quelques végétaux alentour qui L’envahissaient un peu. Qu’il est beau. Je vais le suivre au jour le jour pour voir comment il se comporte dans sa convalescence. Nous ignorons trop souvent à quel point les plantes sont sensibles à nos attentions. Une visite, quelques mots, du respect et de la considération sont, entre elles et nous, des clefs d’amitié. Ce n’est pas parce qu’elles ont une manière différente de ressentir et de s’exprimer qu’elles ne ressentent et ne s’expriment pas. Élargissons un peu notre petite pensée et cessons de croire que nous sommes les seuls à être merveilleux sur cette terre ! 
Le jardin ce matin a été très généreux en tomates et courgettes. Beaux légumes, sans défauts, brillants, colorés et mûrs. À cette heure ils sont déjà conservés, d’une manière ou d’une autre. Les cornichons du jour, brossés et couchés sous une couverture de sel rejoindront leurs semblables demain, dans le vinaigre du bocal où trempotent échalote, ail, romarin, laurier, graines de coriandre et grains de poivre noir. Mon cher jardinier a semé des salades, comme il fait tous les vingt jours, afin qu’elles se succèdent sans faute, car vivre sans salade… bien sûr que non. Le dessert du jour, de mûres et de fraises était divinement goûteux. Les grosses limaces orange nous attendaient sur la terrasse de la cuisine tôt ce matin et un peu plus loin, au bord de l’étang, un magnifique monticule de terre nous narguait sans retenue.
Je vous le dis, ici y’en a qui bossent pendant que d’autres dorment...

La gaillarde conteuse 

 

Le jardin du 15 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 15 Juillet

« Mais que vois-je, un très joli pot bleu, haut comme un mirador pour chat, avec de la terre sèche et chaude, où rien ne pousse… je vais m’y installer, oh mais qu’est ce que j’y suis bien. Que j’aime dégoter de nouveaux petits endroits où me poster pour somnoler et surveiller les environs sans en avoir l’air, des fois que passerait un loir ou quelqu’un de sa famille.»

ici on cultive du chat...

Aujourd’hui le jardinier taille les lauriers-cerises. Depuis un certain temps nous avons découvert les tailles en vert. Toutes les trois semaines, environ, durant toute la belle saison, nous taillons la trentaine de cm des dernières pousses des arbustes. Ils demeurent ainsi petits, ronds, touffus et plus beaux que jamais. Cette taille régulière évite l’allongement souvent maigre et hirsute des arbustes, et la grande corvée des tailles d’hiver. Et puis surtout depuis que nous procédons ainsi ils sont tous magnifiques. Leurs feuilles sont plus nombreuses, plus petites, plus luisantes et de ton de verts plus vifs. Peu à peu nous allons peut-être obtenir des genres de bonzaïs de jardin. En tout cas ça nous plaît et à eux aussi, vu leur éclatante santé. 
J’ai acheté du lait. Demain je vaporise le petit chêne. Et d’ailleurs je songe à le tailler aussi. Rond, touffu, il sera beau et se distinguera de ses congénères.

J’ai un faible pour qui sait sortir du lot…

La gaillarde conteuse . 

Le jardin du 14 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 14 Juillet ! 

Nous entrons dans le temps de la conservation. Le potager produit, de plus en plus, il s’agit maintenant de faire la fourmi, même si par ailleurs je suis aussi cigale. Et la fourmi s’affaire, séchage, congélation, fermentation, conservation dans le vinaigre ou le sel. L’hiver se prépare en été et nous avons là un bon rythme biologique, actifs l’été et tranquilles l’hiver, quand nous faisons notre marché quotidien dans la réserve. Cette vie de campagne, c’est ce que nous aimons. Le goût subtil des légumes frais cueillis, le plaisir de suivre, au jour le jour, la vie de la plante, de la graine semée à la récolte, suprême récompense des soins patients. À l’instant de déguster la salade de tomates à l’huile d’olive fruitée et au basilic ciselé, ou le haricot vert surmonté d’une noisette de beurre aillé et persillé, c’est le jardin qui fait son cadeau aux yeux, aux papilles et aux cœurs. 

Jardinier et jardinière
Deux fourmis ouvrières 
Allons fourmis, avant d’écrire
Ou de chanter, travaillez
Mais sachez qu’il y a pire
C’est de jeûner ! 

Ah ça, pas question…

La gaillarde conteuse 

Le jardin du 13 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 13 Juillet

 

J’ai cherché, j’ai trouvé : le petit chêne souffre de mildiou. Le meilleur remède serait, semble-t-il, de le vaporiser avec un mélange de lait et d’eau. Soigner le petit chêne avec du lait me plaît, symboliquement. Mon côté mère, sûrement. Curieusement ce jeune arbre se couvre en ce moment de pousses garnies de feuilles nombreuses et minuscules. Peut-être un réflexe de survie ?
Ce matin je lui ai parlé du Royal, un chêne de la forêt de Chaux, près du village de Courtefontaine, dans notre Jura. D’après les gens de là-bas il aurait été planté en 1678, lorsque la Franche-Comté, alors espagnole, a été rattachée à la France. Il a donc toujours été symbole de la paix enfin revenue, après de nombreuses années de guerre, de famine et de peste. Quant aux Celtes des temps anciens, ils voyaient, dans les très nombreux chênes de cette même forêt, les piliers du temple où ils honoraient la déesse-mère.
L’évocation de ses grands frères ne peut qu’encourager le petit chêne à résister à cette maladie au demeurant bénigne, sauf pour les individus très jeunes…
Et il est bien jeune, le petit chêne…

 

la gaillarde conteuse...

 

Le jardin du 12 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 12 juillet

Quand le soleil s’est levé ce matin, il faisait douze degrés. Les tomates ont cru être au pôle Nord.
La taupe avait œuvré. Celle-ci est une sacrée besogneuse, ses monticules sont grands, malgré notre terre lourde. Et puis le ragondin avait sectionné un roseau de plus. Ah la la, pas de trêve le dimanche pour les bêtes. Le jardinier est souvent patient, sinon il ne serait pas jardinier. Et puis il n’oublie jamais que, même si cette terre est à lui d’un point de vue humain, aux yeux de la nature elle est à tous. Une bête ne vole donc jamais rien, elle prend simplement dans l’abondance du monde. Pas facile de défendre un potager avec toutes ces considérations philosophiques ! Cependant que ces deux-là n’aillent tout de même pas trop loin, car poussé à bout, cet homme pacifique pourrait bien s’énerver…
Maintenant deux geais se disputent dans le verger du voisin et leurs cris désordonnés déchirent la lumière dorée du soir. 
Aujourd’hui le thème du jour : doigts de pieds en éventail ! 

La gaillarde conteuse 

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