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Le jardin du 10 Septembre

Publié le par Patricia Gaillard

 

Le jardin du 10 Septembre

 

Voici doucement la fin des pêches, mais ce sont les figues qui commencent. Et puis les pommes sont ramassées chaque jour, triées, puis conservées pour les plus belles. Les noisettes, qui ont été à la fois belles et nombreuses, nous ont charmés. Mais, déception, la grosse chaleur d’août les a cuites et la noisette, à l’intérieur, est racornie et desséchée. Les courgettes se sont un peu calmées, mais méfions-nous de celles qui ont réussi à se cacher sous une grande feuille, on les retrouve soudain qui font un kilo, ou deux, voire trois... les tomates donnent moins maintenant, mais bien suffisamment pour se régaler encore de salades, et pour un certain temps puisque, grâce aux serres, nous pourrons prolonger ce plaisir jusqu’en novembre, comme chaque année.

Août et septembre sont des mois très besogneux, au jardin. Nous arrivons cependant à accorder leur place aux transats, mais il faut bien s’organiser. Mais grâce à tout ce travail, les réserves se constituent et des réserves de produits faits-maison sont une très grande richesse.

Travail de fourmis. Besogneuses, les fourmis, on le sait bien.

Après tout nous vivons là le rythme biologique originel : préparer l’hiver en été.

Quand à notre chatte, pas du tout concernée par ces travaux, elle se hisse sur chaque mirador possible, et observe, l’air de rien, les allées et venues des rongeurs qui cherchent une planque hivernale. Je pense que ses journées sont, on va dire, criminelles...

Chacun a son travail dans le petit domaine...

 

la gaillarde conteuse

 

Le jardin du 9 Septembre

Publié le par Patricia Gaillard

Photo de scutigère empruntée sur le site ABLAT extermination
Photo d’araignée empruntée sur le site Anticimex


 

Le jardin du 9 Septembre

 

Avec les nuits fraîches et les jours beaux, certains prévoyants commencent à chercher un abri. Pendant que les loirs courent dans les greniers, installant pour l’hiver un habitat tranquille, araignées et mille-pattes se planquent dans les plantes grimpantes, qui ne manquent pas de tous côtés et guettent les portes ouvertes pour s’infiltrer discrètement. Ils s’arrangeront d’un coin sombre de mur, d’un dessous de meuble, ou même d’un haut de fenêtre pour ceux qui aiment la lumière. La maison est grande, avec des tas de recoins obscurs, il y a de quoi faire, ils n’ont que l’embarras du choix. Seulement voilà, j’ai peur ! Je sais bien que c’est idiot, viscéral, irréfléchi, mais la vue de ces bestioles me fait pousser de grands cris ridicules dont je suis moi-même étonnée. Heureusement, comme tout ce qui est vivant, ces bêtes ne peuvent se passer... d’eau. Elles investissent alors éviers, lavabos et baignoires et n’en savent plus ressortir. C’est ainsi que chaque matin je hurle, que mon époux empoigne le gobelet de plastique rose qu’il obstrue d’une plaque de carton fort, pour attraper la bestiole et la remettre dans le jardin où la pauvre a tout le parcours du combattant à refaire. Et je me demande, de l’araignée et du scutigère, quel est celui qui me terrorise le plus. C’est bien simple, ils sont moches !!

Je me souviens, petite, alors que j’étais déjà affolée à la vue des araignées - qui pourtant en ville étaient bien plus petites - ma mère me demandait pourquoi j’en avais peur et je lui répondais que c’était parce qu’elles étaient moches. Alors elle me faisait remarquer que l’araignée, en me voyant, devait me trouver moche aussi... je lui en voulais pour son objectivité !

Ma mère et mon époux m’ont sauvée toute ma vie de la présence glaçante de ces monstres.
Wouaouh comment ferais-je seule ?????
Je n’ose même pas y songer...

 

De toute façon je ne suis pas seule 

Alors...

 

 

la gaillarde conteuse

Le jardin du 8 Septembre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 8 septembre

 

Il est 15 heures, pas d’idée pour mon article d’aujourd’hui ? 

N’allez pas imaginer que je vais rester coite, ce n’est pas du tout ainsi que ma plume fonctionne. Sécher devant la feuille blanche je n’ai jamais connu cela car j’ai, à ce sujet, un secret que je vais vous confier car il pourrait vous être utile.
Quand je cherche une idée - dans quelque domaine que ce soit - je m’installe dans un siège confortable et je prie mon inspiration de me visiter. Puis j’attends, en tâchant de ne penser à rien et de ne pas douter pas de mon inspiration. Et soudain l’idée arrive dans mon esprit comme si elle germait. Vous voyez c’est très simple, le plus dur étant de faire confiance.

Et cette après-midi, après une matinée bien chargée, me voilà dans mon transat couleur corail, près du potager, dans une ombre savoureuse, légèrement tachée de soleil et traversée par une brise très douce. J’attends la visite de mon inspiration...

Tout près de moi il y a deux zinnias, rose fuchsia, qui rendent hommage à l’été finissant. Leur couleur intense retient le regard. C’est cette couleur justement qui me glisse une idée : nous arrêtons-nous encore à la couleur des fleurs et à leurs messages ? Il fut un temps où celui qui les offrait exprimait par elles les sentiments et les émotions que sa pudeur l’empêchait de dire. On n’était pas alors dans la logorrhée qui sévit dans le monde. Celui qui offrait connaissait le langage des fleurs, et celle qui recevait le connaissait aussi. Eh oui, c’était toujours « lui » qui offrait et « elle » qui recevait. Un autre temps. Quoique, avez vous déjà, mesdames, offert des fleurs à un homme ? Qu’est ce qui vous en empêche donc ? 

 

Et je vais, au sujet de ce langage des fleurs, agrandir ici votre savoir...

 

Le rouge exprimera l’ardeur, la chaleur, la passion, voire la violence d’un amour

Le jaune parlera de lumière, de soleil, d’harmonie, d’amour réciproque et de joie d’être

Le rose vous dira la douceur et la tendresse d’une amitié ou d’un amour 

Le blanc honorera la pureté, la virginité, mais aussi la beauté, la perfection, l’élégance. Il pourra exprimer un amour platonique, qui est aussi amour...

Le violet vous parlera de sentiments délicats et profonds

 

Il y a donc bien des façons de dire, ne vous limitez pas aux mots, ce serait grand dommage.  D’ailleurs, à communiquer sans mots, vous apprendrez peu à peu à communiquer avec les mondes dont ils ne sont pas le langage... 

 

je ne vous dis que cela...

 

la gaillarde conteuse 

Le jardin du 7 Septembre

Publié le par Patricia Gaillard

Le ciel un soir de septembre


 

Le jardin du 7 Septembre

 

Le petit chêne est à nouveau malade. Cette fois je crois que je vais laisser faire la nature... elle fait son tri, et c’est grâce à cela qu’il n’y a pas sept chênes dans notre jardin, ou dix noisetiers, ou cent aulnes ! après tout j’ai, en ce qui concerne le petit chêne, une réaction humaine : faire l’impossible pour le soigner. Voici pourquoi nous sommes, nous, sept milliards et demi sur la terre.

Je me suis attachée à lui, du coup je ne veux pas le perdre, du coup j’empêche sa mort, alors que c’est peut-être son destin car là où il est placé il faut bien reconnaître que son développement est compromis, ou alors il va compromettre celui d’un autre arbre.

Ça me rappelle une anecdote qui vaut d’être ici contée.

Nous avions des canards colverts sur l’étang. Chaque printemps les canes faisaient des nids dans les joncs et les iris et très peu de naissances avaient lieu, car les mangeurs d’œufs étaient nombreux... et ceux qui ne dévoraient pas les œufs dévoraient les canetons nouveaux-nés qui disparaissaient un à un au fil des heures. Choqués par tant de défaites, nous avions emprunté dans le village un piège à trappe, qui prend sans tuer, pour prélever au fur et à mesure les prédateurs et protéger ainsi les couvées. Nous allions vider la cage dans les bois d’alentour, bien sûr... nous avons pris ainsi corbeaux, hérissons, rats... et nous étions fiers de protéger les belles couvées de nos canes.
Oui mais... il y a eu cette année-là, grâce à notre vigilance, une quarantaine de petits canetons ! En comparaison des trois ou quatre qui restaient les autres années, le plan avait très bien marché.

Mais les canards - alors bien trop nombreux pour le lieu - n’ont plus trouvé à se nourrir, il a fallu y subvenir. Nous étions devenus ainsi les nourrisseurs et dès que nous mettions un pied dehors, tous les canetons nous suivaient en troupeau grouillant, cancanant duveteux et excrémentant ! 
Oh après nous être extasiés quelques jours devant ces si jolis tout mignons, comme nous avons vite trouvé qu’ils étaient envahissants, collants, exigeants ! Pas moyen de leur échapper, nous étions repérés dès que nous faisions un pas dans le jardin. Nous avons réalisé alors la stupidité de notre réaction et avons regretté de n’avoir pas laissé la nature faire son travail de régulation des naissances, qu’elle fait si bien.

Dès que l’humain se mêle de gestion de la nature, les choses se compliquent.

Nous le voyons bien

Je vais donc laisser le petit chêne à sa destinée...

il guérira, ou pas

Mais ce sera sa vraie vie

Pas celle que j’aurai décidé pour lui

 

la gaillarde conteuse

Le jardin du 6 Septembre

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 6 Septembre

 

Aujourd’hui c’est jour de pêches. Elles sont tombées hier, et parfument les alentours. Oh l’odeur délicieuse ! Il faut les ramasser vite, c’est un fruit fragile. Elles sont très belles et bien sucrées cette année. Il y a bien des choses à en faire : des confitures bien sûr, pour les petits-déjeuners des dimanches, je leur laisse alors leur peau, je les lave et les coupe en tranchettes fines, puis je fais macérer une douzaine d’heures avec la moitié du poids en sucre, avant de les cuire jusqu’à l’épaississement souhaité. Je vais aussi préparer un mélange pomme-pêche en compote sans sucre, que je mettrai dans des pots en verre, remisés au congélateur, dans des paniers en plastique, ça marche très bien et dans un contenant en verre la compote conserve parfaitement toute sa saveur d’origine. Petite précaution : je ne remplis qu’à deux bons centimètres du haut et je ne couvre le pot qu’une fois qu’il est congelé, car le contenu se dilate et peut briser le pot. Je congèle ainsi aussi des coulis, des herbes fines, des purées de légumes et des soupes. Il faut être bien précautionneuse, mais c’est une excellente façon.

Et puis je fais aussi des pêches cuites, coupées en oreillons épluchés et cuits à feu doux une quinzaine de minutes dans un peu d’eau additionnée de vanille ou de cannelle ou simplement nature. Un vrai régal. Ce seront nos desserts des jours à venir. Septembre est généreux et il faut s’appliquer à ruser pour conserver ses trésors tout le long de l’année. Astucieux, les jardiniers ! Et besogneux, car tout cela demande de la rigueur et un respect des récoltes obtenues.

Que ce dimanche vous soit très agréable

 

la gaillarde conteuse

Le jardin du 5 Septembre

Publié le par Patricia Gaillard

Au bord de l’étang les grandes marguerites jaunes semblent absorber littéralement le soleil encore chaud. Le ciel bleu et pur au-dessus d’elles s’accorde parfaitement à leur couleur.
Ils nous invitent tous deux à un instant de contemplation.
Un instant délicat de miel et de douceur...

la gaillarde conteuse 

 

Le jardin du 4 Septembre

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 4 Septembre

 

Visite, toujours un peu étrange, d’une mante religieuse. Bonne occasion de parler d’elle, car des bruits courent qui la présentent comme une cruelle créature. Que nenni, car Bernard Werber, dans son excellent ouvrage L’encyclopédie du savoir relatif et absolu, rétablit à son sujet une vérité fort intéressante. Je vous résume la chose :

Il est dit que la mante religieuse, plus grande que le mâle, dévore celui-ci après la copulation. C’est une chose que l’on a observé maintes fois, au sein des vivariums, et que nous répétons tous - sans l’avoir même observé de visu - à qui veut l’entendre. Erreur... c’est là une observation scientifique car dans la nature notre mante ne se tient pas du tout ainsi. Il est vrai qu’après cet acte qui demande, vous ne le nierez pas, un certain effort, cette bête a grand faim. Cette faim réclame des protéines, et la protéine la plus proche est le mâle, coincé pour son malheur dans le vivarium avec madame. Celle-ci, pressée et sans en avoir conscience, dévore la source de protéines qu’il représente.
Mais dans la nature, le scénario n’est plus le même. Car le mâle - pas idiot car fort de son expérience en la matière - se tire immédiatement après leurs ébats et se cache sous n’importe quelle feuille ou branche, pendant que sa compagne, affamée, attrape le premier insecte qui passe pour soulager la faim qui la tiraille. Dans ces conditions, plus personne ne va songer à la traiter comme une criminelle, car dévorer autrui est tout bonnement sa vocation.

Et puisque nous parlons de protéines, pouvons-nous, si nous sommes carnassiers, prétendre ne pas être criminels ? Houla le sujet est brûlant ! De plus, contrairement à la mante religieuse, nous en avons conscience...

 

Mais je voulais parler ici de la mante religieuse, plus religieuse qu’on ne le croit et qu’on ne le dit.

Ne dit-on pas trop de choses... ?

je vais donc me taire !

 

la gaillarde conteuse

 

 

Le jardin du 3 Septembre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 3 Septembre

 

Je suis Marinette la courgette, six kilos cinq pour vous servir. J’aurais pu encore rester accrochée à mon pied, mais franchement ça commençait à me demander un sacré boulot d’aspirer chaque jour ma subsistance. Et puis j’aurais continué à grossir, ce qui de nos jours, avec tout ce que l’on sait, n’est pas souhaitable. J’ai donc prié la jardinière et le jardinier de couper ce cordon ombilical piquant et creux qui me reliait à la terre. Et me voici, un peu surprise et fatiguée, mais contente. De plus, étant donné ma grande taille ils ne vont pas me manger, je vais donc échapper à la casserole. Chouette. Je vais décorer le devant de la maison, paraît-il, c’est une belle vocation ! Pour l’instant on m’a proposé chapeau et lunettes, j’ai demandé aussi ces boucles d’oreilles en lanternes japonaises, elles ont une couleur orange si fascinante. Ça me va bien au teint, non ? Tout cela c’est pour la photo, je me sens comme une star ! Après tout n’est-ce pas ce que je suis ? Ravie de faire l’expérience de votre monde, il a l’air si intéressant. Pourtant, au moment de quitter définitivement le pied de courgette, le thym - qui n’est pas loin - m’a dit :
« Ma pauvre, ne te réjouis pas trop, le monde des humains, tu sais... »

Je ne sais pas ce qu’il a voulu dire, il n’a pas eu le temps de terminer sa phrase que déjà j’étais coupée du langage végétal, pour rejoindre le vôtre...
Je verrai bien

Quelle aventure...

 

Marinette la courgette

et la gaillarde conteuse

Le Jardin du 2 Septembre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 2 Septembre

 

Les paysages changent…

Dans les champs, les feuilles des maïs jaunissent

En bordure de forêt, les fougères roussissent et se racornissent

Dans le jardin, les figues grossissent, leur vert vire au violet, elles mûrissent

Le jardinier dans l’allée paillée fait trois pas, puis six, puis dix

Le papier dans sa poche crisse

Il contient les graines du jour :

navet, radis noir,

mâche, épinard,

ses doigts enfouissent

dans la terre

ces futurs plats d’hiver.

Il faut qu’ils germent, qu’ils grandissent,

qu’ils verdissent et qu’ils puissent

nous régaler jusqu’au prochain solstice,

que dis-je, jusqu’à Pâques !

(Voilà qu’une rime en âques s’immisce)

 

Quant à moi sur un transat je glisse

Mes deux yeux se plissent

Le soleil de septembre est un délice

Et je ponds ce verset en «isse »

 

la gaillarde conteuse

Le jardin du 1er Septembre

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 1er Septembre

 

Premier jour de brouillard. Le paysage semble pris dans un rêve. Le végétal frissonne, il y a peu il souffrait de trop grande chaleur et voilà qu’il fait presque froid. Les treize degrés du thermomètre ne laissent plus de doute, la saison change, même si elle s’appelle encore l’été...

j’imagine les enfants, partout dans les maisons, avec leurs jambes brunies par les jeux d’eau, et dans tous leurs gestes encore cette liberté délicieuse de l’été. Et il faut enfiler un pantalon, mettre une veste, soulever ce fameux cartable, ils avaient oublié qu’on pouvait être engoncé comme ça. Les pauvres, ils me font toujours de la peine ce jour de rentrée. Un sérieux qui ressemble peu à l’enfance. Pourtant, je me souviens, j’aimais, enfant, retrouver ce découpage régulier du temps, les cahiers neufs, l’odeur de l’encre, ce groupe d’enfants besogneux que nous formions et qui n’était pas la famille. Un autre monde.

 

Hier soir j’ai fait cuire trois grosses betteraves rouges. Je les brosse, sans les éplucher, je les emballe dans du papier cuisson (que je choisis écologique) et les place, serrées les unes contre les autres, dans un plat qui va au four, à 130/140 degrés, durant quatre heures. Les betteraves conservent ainsi toute leurs précieuses substances. On peut ensuite les garder une bonne dizaine de jours au frigo. De bonnes salades en perspective ! Deux nous suffisent et la troisième sera offerte à l’amie(i) de passage, avec quelques tomates, quelques courgettes et un bouquet de persil. Elle (il) pourra aussi prendre des pommes et enrichir sa demeure du parfum inégalable des compotes qui mijotent.

Un potager déborde vers les autres, c’est une de ses belles vocations.

 

Si vous passez par ici vous pourrez être cette amie(i)-là.

À tout à l’heure ?

 

la gaillarde conteuse

 

Cette fameuse betterave rouge

 

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