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11 -

Conte extrait de mon ouvrage : LA BELLE AU BOIS et autres histoires
éditions le pré aux clercs - 2007   (tous droits réservés)

  BLANCHE-NEIGE (le miroir de vérité)

 

 

Aussi profond que le nadir sous nos pieds et presque aussi haut que le zénith sur nos têtes, le royaume de cette histoire est pire que loin. Il se tient pourtant dans le chaud de nos cœurs. Il y avait là-bas un roi et une reine qui s’aimaient d’amour vrai. Au bois noir de leur lit, derrière les rideaux lourds qui les cachaient du monde, ils partageaient souvent le voyage béni des sens bien accordés. Le reste du temps, car il en restait, le roi était très pris aux affaires du royaume et la reine, en secret, espérait un enfant. Tant d’années de semailles joyeuses et pas un germe de vie nouvelle.

Par un matin d’hiver, la neige avait posé partout en quelques heures son immense manteau d’ange. Un soleil très pur jouait dans ces miroirs éparpillés.

La reine était tout près de sa fenêtre ouverte. D’une aiguille d’argent et d’un long brin de soie elle brodait patiemment un paysage roux de feuillages et de fruits, où se tenait une licorne. D’un geste maladroit elle se piqua un doigt. Trois gouttes de sang tombèrent au rebord de la fenêtre, à l’endroit où la neige faisait un ourlet scintillant. Enchantée par ce rouge sur ce blanc et ce blanc sur ce noir, la reine  demeura un instant immobile, contemplative…

« Comme j’aimerais que me vienne un enfant, à la peau blanche comme cette neige, aux lèvres rouges comme ce sang et aux cheveux noirs comme ce bois d’ébène ».

Puis elle se remit à son ouvrage lent.

A l’automne suivant elle accoucha d’une fille. Au creux du berceau tiède la reine contemplait l’enfant qui portait exactement toutes les marques du vœu. Les bébés, la plupart, sont fripés et rougis. Mais là, sur ce corps neuf, le blanc, le rouge et le noir si nets sortaient de l’ordinaire, c’était  merveille à voir.

Mais avant la tombée de la nuit la reine perdit son sang qui emporta sa vie.

La toute petite est restée seule dans son nid de dentelles. Et le temps est passé en faisant son ouvrage de temps.

 

Le roi, après une année de deuil, trouva la chasteté extrêmement ennuyeuse. Il était mûr à séduire. Une femme belle et adroite se glissa dans sa vie, avec de noirs desseins et de noirs dessous. Elle lui mit tous ses sens dessus dessous avec une indécence qu’il trouva délicieuse. Au bout de quelques nuits de savants jeux de lit, elle lui soutira sans peine la couronne de reine…

Elle vint aussitôt s’installer au château, très fière sur un beau cheval noir, suivie de six carrosses bondés.

Dans le premier toutes sortes de robes.

Dans le second, toutes sortes de bijoux.

Dans le troisième toutes sortes de crèmes, d’onguents et d’antiques poisons.

Dans le quatrième, toutes sortes de servantes trop maigres ou trop grasses, laides de diverses manières et simples d’esprit, pour ne pas lui faire de l’ombre.

Dans le cinquième toutes sortes de choses mystérieuses et dans le sixième, couché sur un lit de coussins, un miroir très précieux auquel elle tenait beaucoup. C’était le Miroir de vérité.

Elle avait exigé qu’on lui donne, dans les souterrains immenses de ce château, une  salle pour mettre ses affaires. Elle avait posé là des tas d’objets extravagants et le miroir au mur qui lui donnait un grand savoir et un grand pouvoir.  

Parfois, en pleine nuit, sur la plus haute tour, dans une robe bleue ample et longue qui lui donnait l’allure d’un mage, elle fouillait du regard les étoiles, longuement. Rompue aux choses du ciel par un père astronome, elle connaissait des cycles l’écriture difficile, y lisait couramment.

C’était presque toujours ces nuits-là après ses méditations célestes, qu’elle descendait au souterrain, s’y enfermait toute seule et allait au miroir.

 L’objet, quand elle s’y penchait, semblait éteint. Il était gris, patiné  comme l’étain et ne reflétait rien. Elle le réveillait de sa question …

 « Miroir, mon Miroir,

Dis-moi que Je suis la plus belle… »

  La surface se polissait d’elle-même, s’illuminait progressivement, montrait d’abord le ciel, celui du dehors, du dessus de nos têtes, le vrai, peut-être encore plus beau. Puis il montrait la reine et lui répondait …  

 « Reine, grande reine,

tu es très belle

tu es la plus belle des femmes de ce royaume … »

Elle se nourrissait de cette vérité dans un murmure de gourmandise voluptueuse, pendant que dans le miroir le reflet lentement s’éteignait. Le roi ne savait rien, ne voyait rien. Cette femme était habile à rendre aveugle les rois.

Blanche Neige était élevée par les meilleures nourrices. La reine ne prêtait aucune attention à l’enfant, elle y était indifférente. Quand la petite eut sept ans, le blanc, le noir et puis le rouge de son visage devinrent un paysage parfait et pur. Chacun en la voyant était frappé de grâce.

Un soir, c’était l’automne, la reine à son miroir rendait une visite.

« Miroir, mon Miroir,

Dis-moi que Je suis la plus belle… »

« Reine, grande reine,

tu es très belle

mais la  jeune princesse

qui vit dans ce château

est tellement plus belle que toi… »

« Cette petite gamine ! Mais que peut-elle donc avoir que je n’ai pas ! ! Miroir, mon Miroir, tu regretteras ta parole insolente. »

L’image était méchante avec le poing levé, la belle bouche amère. Elle appela son chasseur, un homme bon et fort, habile plus qu’aucun autre à la servir en mille petits gibiers dont elle était si friande.

« Emmène dans les bois la petite princesse. Tue-la sans réfléchir et rapporte-moi d’elle, le foie et les deux reins. Va, et obéis-moi ! »

Le chasseur s’en alla pour les bois. Blanche Neige glissa sa menotte dans la large main rude. Elle souriait en perles fines sous les lèvres de sang. Sa robe était si mince et si verte, qu’on l’aurait crue faite du tissu des feuilles et ses cheveux très longs, très noirs lui faisaient tout autour comme un léger manteau. Le cœur de l’homme se serra dans sa large poitrine, à sa ceinture de cuir le couteau pesait lourd. Il regarda l’enfant pâle qui sautillait joyeuse, dans les fourrés. Elle était comme un agnelet blanc.

Il la poussa un peu d’une main rude mais paternelle… 

« Partez, petite princesse, fuyez au fond des bois, la reine vous veut morte, ne revenez jamais ! »

Il partit en courant, laissant l'enfant perdue dans sa terreur. 

La forêt la reçut avec des cris de chouettes, des frôlements de feuilles, des ronces déchirantes, des ombres menaçantes. Elle tomba à genoux dans des racines dures et pleura dans ses mains.

Le chasseur affolé tua un marcassin. Dans la bête fendue il fouilla vivement d’une main le sang chaud et arracha le foie et les deux reins qu’il porta à la reine. Celle-ci, dans la pénombre brune de sa chambre les mangea sans trembler.

A cet instant précis, autour de l’enfant, là-bas, au fond des bois, se fit soudain un silence doux et bienveillant. La nuit était tombée, la lune était montée, elle était bien claire et montrait une porte dans les feuillages. Blanche Neige se leva, y frappa doucement, la porte entrouverte semblait dire : « Entre donc », alors elle entra sans manière.

Une maisonnette l’accueillit chaudement. Là, tout était à sa taille, des meubles tout autour, des lits contre le mur, une table bien mise avec sept assiettes garnies, sept gobelets d’or remplis, sept chaises juste faites pour elle. C’était comme les histoires de ces braves nourrices où se trouvent des fées qui offrent des merveilles. Elle s’amusa beaucoup à cette dînette, mangea dans chaque assiette, but dans chaque gobelet et se trouva fatiguée … En allant vers les lits elle se prit le pied dans un sac qui traînait allongé sur le parquet. Il se vida un peu de pépites grossières mais sûrement précieuses car certaines brillaient comme l’or et l’argent qu’elle avait vu un jour dans le trésor de son père. Son père … ! Elle tomba d’un grand coup dans une tristesse affreuse, se jeta sur les lits, pleura amèrement, s’endormit comme un ange.

Elle fit un rêve. Deux ailes mordorées lui poussaient dans le dos, elle volait comme font les oiseaux, là-haut, dans le ciel lointain. Elle croisait des planètes qui lui murmuraient à l’oreille le secret de leurs noms. Elle dansait, légère dans sa robe fine, ses cheveux sombres derrière elle comme une queue d’étoile soyeuse. Comme elle était heureuse et si loin des morsures de la reine !

 

Une lueur la réveilla. Elle vit une lanterne, la poussière y dansait en miettes d’étoile et dans sa clarté jaune se tenaient plusieurs personnages tout à fait minuscules et crasseux qui semblaient des charbonniers. Ils avaient des mentons pointus comme les diables des gargouilles et des couronnes de cheveux sombres, posés comme des nids de pies, qui leur faisaient des auréoles hirsutes. On aurait dit de  vieux saints rabougris oubliés sur la terre… Dans leurs faces noircies, leurs regards archaïques avaient des couleurs que jamais on ne croise chez les gens d’ici-bas. Ils étaient si étonnants que l’enfant pensait rêver encore…

Mais l’un d’eux lui parla d’une voix bien réelle.

« Qui es-tu ? »

Blanche neige leur raconta son malheur de princesse.

 

Ils trouvèrent tous ensemble une manière de vivre. Elle resterait ici, travaillerait pour eux de son savoir de femme et eux continueraient à descendre sous terre où leur travail était d’extraire des trésors. Ils seraient pour elle des veilleurs attentifs. L’un d’eux, qui sûrement connaissait des sciences particulières, disait même se réjouir beaucoup, puisque ainsi ils ne seraient plus sept mais huit, qui était, disait-il, le nombre de l’harmonie profonde et du grand équilibre… Blanche Neige fut émue de compléter ainsi cette  troupe singulière. Ils ajoutèrent une chaise, une assiette, un gobelet d’or et se poussèrent un peu en toute simplicité.

 

Au premier matin de cette nouvelle vie, les nains en s’en allant firent à la petite une solennelle recommandation, sur un ton grave qu’elle ne leur connaissait pas encore. 

 

« Ferme bien la porte au monde,

Blanche Neige,

n’oublie pas ! »

 

Ils firent ainsi longtemps, des jours, des mois. L’enfant se trouva mille utilités pour ne pas être un poids. Elle ne savait même pas qu’elle éclairait leur existence. Les soirs ramenaient les nains dans la demeure tiède, dans leurs poches des cailloux exposés sous la lampe, dévoilaient des chambrettes anguleuses, irisées. L’enfant contemplait  ces fruits de l’ombre que la terre patiente fabriquait lentement dans son ventre de mère, et qui savaient retenir et multiplier les rayons de lumière dans les recoins géométriques de leurs miroirs. N’en connaissant pas la valeur, elle en savourait purement la merveille.

Sans rien lui en dire, les nains jour après jour lui en composaient  un trésor, caché dans un gros pli de roche, près d’une source dans les bois d’alentour.

La petite princesse n’attendait pourtant rien, tout lui paraissait doux dans ce lieu retiré.

 

Mais rien sur cette terre, enfant, ne doit rester tranquille, le conte est là pour ça, pour piquer de son dard nos sommeils figés. Il faut marcher vers notre étoile, et c’est loin …

 

La reine revint à son image.

 

« Miroir, mon  Miroir,

dis-moi que Je suis la plus belle … »

 

« Reine, tu es très belle,

mais la jeune princesse

qui  nourrit sa jeunesse

aux miroirs déterrés

des sept mineurs célestes

là-bas, au fond des bois,

est bien plus belle que toi »

 

Elle resta des semaines dans son souterrain obscur, réfléchit longuement, fit de noires affaires. Elle partit une première fois cameloter de ces fantaisies qui éblouissent les femmes. Elle frappa de l’ongle à la porte entrouverte … L’enfant ne s’effraya même pas, elle n’était pas méfiante. Dans les rubans et les frous-frous elle vit un joli lacet de corsage. La reine serra de toutes ses forces autour de la jeune poitrine, jusqu’à bleuir ce petit corps qu’elle haïssait. Puis elle s’éloigna en riant, le sac de fanfreluches dansant à son épaule.

Le lacet incrusté dans la peau se détendit de lui-même, juste un peu, juste de quoi nourrir d’air les lèvres de sang. Les nains à leur retour la sauvèrent de quelques tisanes secrètes et d’un rubis posé sur la bouche qui redevint vermeille.

 

 « Mais ferme bien la porte au monde, Blanche Neige, n’oublie pas ! »

 

Le miroir au château disait la vérité.

La reine partit une seconde fois tuer l’enfant d’un peigne empoisonné.

Une belle coiffeuse qui propose de lisser les cheveux, « ils sont si longs, si emmêlés ! » quelle chance ! Et avec un peigne tout en argent incrusté dans le haut d’un cygne de nacre, un cygne c’est si doux.

Les dents acérées, empoisonnées, enfoncées dans la tête, tachèrent le blanc du cygne d’une giclée de sang. La reine, contente de son ouvrage, abandonna l’enfant au sol. Les lèvres pâles devinrent dures et les yeux entrouverts se firent troubles comme une eau remuée.

Le soir, les nains, d’une fiole penchée entre les lèvres sèches, versèrent sur la langue quelques gouttes d’un fluide dont aucun pharmacien, médecin, herboriste ou savant ne pourrait approuver la recette saugrenue. Mais l’histoire se passe de leur bénédiction car ce remède rattrapa la vie qui s’en allait. On posa même un couple de diamants identiques sur les deux joues livides. Ils redonnèrent la lumière à l’esprit trépassé. La science tord son nez, je le sais, mais le conte n’est pas la science…

Sur les joues, dans les yeux, dans le rire, le lendemain déjà, la vie était tout entière revenue à sa place, l’enfant était sauvée.

 

  « Ferme bien la porte au monde, Blanche Neige, n’oublie pas ! »

 

Bien sûr un jour la reine revint au miroir, nous le savons. Bien sûr elle se fâcha. Elle resta plusieurs jours sans manger, sans dormir, sans monter au château. Du bout de ses ongles translucides et pointus elle tournait inlassablement des pages épaisses,  pelucheuses, dans de très vieux livres tout enluminés de dessins incompréhensibles et de signes biscornus. Elle cherchait ardemment. Il lui fallait trouver la vraie chose mortelle.

Une pomme !

Les enfants aiment tant les pommes.

« Rouge d’un côté et blanche de l’autre, qui pourrait résister à croquer dedans. Rouge de poison pour elle, blanche et sucrée pour moi… »

 

Elle fit une pomme véritable, appétissante. On l’aurait crue juste cueillie au verger de l’époux. Un mince serpent y était enroulé et veillait en expert le trésor venimeux car dans la moitié rouge, la moitié la plus belle, circulait un poison invisible et mortel.

La reine se fit vieille paysanne, prit l’allure innocente d’une cueilleuse et partit dans les bois, un panier de quelques pommes pendu à son bras maigre.

Les  nains depuis l’aurore étaient au ventre de la terre.

La porte cette fois était tenue fermée.

Blanche Neige reprisait des chaussettes, tout près de sa fenêtre ouverte.

La vieille montra le fruit, si rond, si mûr.

L’enfant salivait…

Dans ces bois on trouvait bien des fruits, prunelles, merises,  sorbes, myrtilles, framboises, mûres, fraiselettes sucrées, que sais-je encore, mais aucune pomme ! La dernière qu’elle avait mangée était du jardin de son père. Le goût lui en restait encore dans sa mémoire blessée, elle était rouge aussi !

 

Mais elle pensa qu’il fallait peut-être se méfier. Même l’innocence finit par se fêler. 

 

Mais la vieille paysanne prit la pomme, parmi d’autres, y planta ses quelques dents, le jus coulait sur le menton, c’était bien une preuve que le fruit était bon !

« C’est vrai, se dit Blanche Neige, il ne faut rien exagérer, partager une pomme ne peut pas me tuer… ! »

 

Mais si, enfant, la reine a réussi, te voilà morte. Les nains, rentrés trop tard, ne pourront rien pour toi car de ce poison-là ils ignorent tout…

 

C’était l’automne. Dans le paysage roux de feuillages et de fruits ils firent un grand cercueil de verre et y couchèrent doucement l’enfant sans mère. Ils la laissèrent là, dans son abri limpide, posée près de la source qui chantait et près du trésor qui  grandissait malgré tout. 

Au château le miroir disait la vérité.

La reine rajeunie et embellie encore, organisa des fêtes que nos  divagations les plus riches ne pourraient concevoir. La somptuosité envoûtante de son épouse gomma au cœur du roi le moindre souvenir.

Là-bas, dans la profondeur des bois, près de la source, sur le verre lisse du cercueil, passèrent de nombreux automnes. Jamais pourtant les lèvres n’avaient été si rouges.

Un jour d’hiver, la neige avait déroulé son  tapis, le cercueil  et la source seuls étaient nus au soleil. Un homme chassait dans les parages. Il entendit la source, la regarda courir dans le bleu de la neige, en bandeaux argentés. Puis il vit cette femme au visage parfait, qui paraissait vivante dans sa tombe de vitrail. Il ne put se défaire de sa contemplation.

Quand les nains revinrent de leurs labeurs souterrains, ils trouvèrent un roi à genoux près de sa dame silencieuse. L’amour fou qui est le seul amour l’avait là, empoigné. Il voulait dans son château lointain mettre la sépulture.

Les petits hommes soulevèrent le cercueil et marchèrent à sa suite. Mais l’un d’eux partit du pied sur une motte glissante, le cercueil se pencha tant que la morte en tomba. Le morceau de pomme alors quitta sa bouche en emportant sa mort…

Et tous virent une femme aux lèvres rouges, à la peau blanche, aux cheveux noirs, assise, vivante et souriante, dans le fossé neigeux.

Blanche Neige devint la reine de ce roi.

Les nains sortirent le trésor de sa grotte froide contre la source. C’était un large sac de lin, tout rempli de rubis, de diamants et de milliers de pépites d’un or inconcevable. Ils en firent leur présent de mariage.

 

Mais un bout de chemin manque à cette histoire. Il nous faut le prendre et il mène au Miroir. La reine terrassée par son propre pouvoir inspecte le reflet, l’invoque, le supplie :

« Donne-moi un mensonge qui me redonne vie ! »

 

« Miroir, mon miroir,

dis-moi que Je suis la plus belle… !

 

« Reine, tu es vaincue,

la reine nouvelle est  reconnue,

un roi ceint d’une couronne

la neige de son front

et ce grand roi lui donne

absolue perfection,

rien ne peut s’ajouter

à cette vérité .»

 

La reine devint folle, empoigna le miroir et le brisa au sol.

Entendez … De ses débris montent encore ces vers d’Hérodiade 

 

Ô miroir, eau froide,

 par l’ennui de ton cadre,

 gelée

que de fois et pendant des heures,

désolée

je m’apparus à toi comme une ombre

lointaine

mais horreur ce soir dans ta sévère fontaine

j’ai de mon rêve épars

connu la nudité.

 

Les troubadours du monde qui content les histoires, mille fois ont chanté cette reine déchue aux débris de miroir, cette reine nouvelle à la peau blanche, aux lèvres rouges, aux cheveux noirs, ces planètes rondes qui veillent comme des pères ces paysages roux de feuillages et de fruits où marche une Licorne, ces trois gouttes de sang et cette neige blanche.

 

Il monte encore ce chant

Il est toujours ici

Sur nos lèvres de sang

diamants, rubis

Sur nos lèvres de sang.

 

 

L’une était magicienne

l’autre enfant de Reine

l’une avait noir savoir

l’autre la peau blanche

 

entre elles

pomme rouge sang

 

l’une était fille des gloires

l’autre fille des sages

l’une avait le miroir

l’autre l’aile de l’Ange

 

entre elles

pomme rouge sang

 

le miroir est tombé

le pouvoir est brisé

dans le berceau de neige

un trésor est caché

cherchez

cœur blanc

pomme rouge sang

 

 

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