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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 23:16

On fête saint Nicolas le 6 décembre, et dignement. Chaque famille mange, ce soir-là, des pains d’épices à son image et des brioches en forme d’enfants que l’on appelle des « manalas », trempés dans des bols de chocolat chaud. Quand j’étais toute petite, ce fameux soir j’entendais, à Mulhouse, dans les rues de mon quartier, le son d’une clochette… Je savais, comme tous les enfants, que c’était saint Nicolas avec son manteau blanc, qui circulait par les rues pour récompenser ceux qui avaient été sages. J’étais une enfant somme toute agréable, mais comment pouvais-je être tout à fait sûre d’avoir été sage comme il fallait ? Je me souviens très bien de l’inquiétude, enveloppée de fascination, qui m’étreignait alors, car l’existence de ce personnage ne faisait pour moi aucun doute ! On le disait accompagné du « père fouettard », qu’on appelait aussi le « Hans Trapp ». Celui-ci était une vieille figure de cruauté, venue du fond du xve siècle. Sa légende le raconte mauvais, voleur et sorcier, tant qu’il s’en trouva excommunié. Alors, comme pour achever cette déchéance, il devint dévoreur d’enfants. Mais l’au-delà, devant tant de noirceur, intervint, ce qui est rare, et le foudroya. Hans devint alors cet homme sombre, soumis à ce saint voyageur, et dont l’image d’ogre terrifie les enfants qui, soudain, trouvent bien terrible de n’avoir pas été toujours gentils. Pauvres craintes enfantines qui demeurent dans nos mémoires ! En Alsace, la phrase : « Der Hans Trapp kommt ! » Résonne comme un tonnerre et fait trembler les plus insolents.

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publié par Patricia Gaillard
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