TOUS LES ÉPISODES D’ALEXANDRINE DE CÉSURE

Publié par Patricia Gaillard


La parole à Alexandrine de Césure

JE PRÉSENTE ALEXANDRINE DE CÉSURE

Il y a, dans mon paysage intérieur, une femme singulière. Elle est vêtue de soie dans des verts mordorés et porte un grand chapeau orange foncé où flotte comme un fanion de fantaisie un ruban long de fourrure cuivrée. Elle est bavarde, précieuse dans ses manières, elle est pourtant légère, sa présence est…ingérable pour moi !

Elle est moi et ne l’est pas

D’où vient-elle ? De quand ? Est-elle un passé au parfum inaltérable ou est-elle à venir ?

Peut-être n’est-elle rien qu’un trop-plein…

Peut-être est-elle une vieille carcasse morte pleine de vers ? 
oui, mais ils ont douze pieds… ce n’est pas ordinaire

Bien sûr elle me susurre des phrases succulentes quand arpentant les routes je cherche mes histoires, c’est vrai. Mais elle exagère…

Lui donner la parole. Qu’elle la prenne et qu’elle la garde un moment pour s’éclater un grand coup !

Car tellement je la freine, tellement je lui dis « non », quand elle arrive fière avec ses tissages de mots, de pieds, de vers, que j’ai peur de la vexer

Cher lecteur permettez, j’ouvre la porte sur…

Alexandrine De Césure…


 

Une histoire en plusieurs épisodes 

ALEXANDRINE SUIT UN NAIN FACÉTIEUX 

 


ÉPISODE 1
J’allais les bras ballants, désœuvrée, ce matin

Sous les nuages blancs et le temps incertain

Les yeux sur la route, le cœur en dérive

Distraite sans doute, sans que ne me suive

La moindre question ou le moindre projet

Et voilà que soudain apparut sur la route

Une espèce de lutin, curieux sans doute

Qui n’avait jamais vu de l’aristocratie

Un exemple charnu, une image vernie

«Oh chère madame, d’où pouvez-vous tenir

Ce qui semble un drame, douze pieds qui tirent

Les uns et les autres, douze souliers de cuir !

– Vous êtes insolent autant que minuscule

Et vous dites ainsi sans une virgule

Tout ce que vous pensez, même le plus hardi

N’avez-vous pas appris que l’on pèse ses mots

Que l’on ne dit pas tout comme le fait un sot ?

–Sot je ne le suis pas et vous verrez bientôt

Qu’à être comme moi on gagne le gros lot

–Mais qui êtes-vous donc qui passez par hasard

Pour me donner leçon en parlant de panards ?

–Je viens d’un monde que vous ne voyez pas

Où liberté abonde, emboîtez-moi le pas

Venez chère dame, attrapez donc ma main

Entrez dans la ronde de l’invisible nain. »

 

Je n’ai pas insisté, ai tendu ma menotte

Et me suis retrouvée devant la porte

Du temps, de l’espace

 

J’ai perdu la trace

D’ici

J’ai ri

 

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ÉPISODE 2
Je vous ai raconté

Comment j’ai rencontré ce lutin effronté

Et comment il a su m’inviter impromptu

À le suivre chez lui, dans ce monde imprévu

Moi qui m’ennuyait fort juste à ce moment-là

L’aventure tendue m’a alléchée, ma foi

Hop j’ai couru, sauté, de mes douze pieds

En faisant des claquettes avec mes souliers

Nous avons circulé dans un tunnel tout gris

Des lampions vivants éclairaient des tapis

Les murs étaient de soie, le plafond de verre

Une sorte de serpent, ou de ver de terre

Qui ondulait, qui tremblotait et qui grinçait

J’angoissais, je me fâchais, mais le nain riait

Heureusement le jour tout au bout du parcours

montrait sa ronde lune, blanche, vive, « bonjour ! »

C’était un scarabée, tout bleu métallisé

Qui entrait à son tour dans ce boyau serré

Et là, amis lecteurs, quel spectacle de choix !

Un paysage roux qui semblait de velours

Des arbres aux feuilles d’or, des pommes et des noix

Des mousses mordorées et de très grandes tours

Où des lierres dorés sur des pierres vertes

Faisaient des couronnes, des couronnes de roi

Jamais je n’avais vu, moi qui suis pourtant moi

De pareilles beautés. Même la grande Berthe

En son château royal, n’a sûrement jamais

Vu un spectacle égal à ce tableau parfait

 

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ÉPISODE 3
Et là mes chers amis, dans ce décor ardent

J’ai bien suivi ce nain de plus en plus charmant

Pour ne pas me trouver tout à coup esseulée

Dans l’endroit étonnant où nous étions posés

Le nain ne disait rien, oui mais il souriait

Car il savait bien ce qui nous attendait

Soudain notre sentier se fit petit petit

Puis large à peine comme un trou de souris

Pourtant rien n’aurait pu à ce point m’arrêter

Mes douze souliers étaient bien décidés

Palsambleu, dis-je alors (comme mon aïeul François)

Devant ce château-fort qui se trouvait par là

Une clairière douce de huit bouleaux plantés

Un ciel tel une orange de miel mordoré

Des gargouilles soufflant à chaque coin de murs

Le chant de tous les vents des plus doux aux plus durs

Le nain s’arrêta net, me fit signe d’entrer

Et moi, fille curieuse, je n’ai pas hésité

Aussitôt je fus prise d’une envie de rimer

Devant le paysage qui m’était révélé

Sur un tronc de sureau, couché de tout son long

La troupe joyeuse de très petits fripons

M’accueillit en riant et en frappant des mains

N’avaient-ils jamais vu dans l’étrange contrée

Aucune créature qui n’ait ces douze pieds ?

« Ho, dame de la terre, où vas-tu de ce pas,

De ces soixante orteils qui courent sur la dalle ?

- Je ne suis pas chez moi, je suis ce galopin

Mais je suis enchantée et ne veux pas de mal

À ce monde joli que je ne connais pas »

Ils cessèrent de rire et se dirent à mi-voix

« Une humaine qui rime, sur douze pieds ma foi

Voilà qui n’est point vu depuis le temps jadis

Laissons-la pénétrer dans ce lieu de délices

Peut-être saura-t-elle sauver la parole

De ces pauvres humains dont la raison s’affole »

On ouvrit grand le mur donnant sur une salle

Mais je n’osais ici poser le moindre pied

Ni avancer d’un pouce vers le trône posé

Qui était, sachez-le, coquille d’escargot

Une petite personne grosse comme un haricot

Était juchée d’aplomb sur le colimaçon

Et fredonnait avec douceur une chanson

Elle s’adressa à moi de sa voix de flutiau

Pour savoir si mon pas était bien comme il faut

« Car le rythme des œufs, classés par douzaines

(Dit la petite dame qui sentait la verveine)

Est le rythme parfait pour parler à mon cœur.

- Mais qui êtes-vous donc, et à qui est ce coeur ?

- Je m’en vais vous dire une confidence ronde

Je suis reine de tout, je suis reine du monde »

Je suis restée sans voix 

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ÉPISODE 4
La dame minuscule

me parla gentiment 

m’invitant auprès d’elle

tout à fait simplement... 

 

« Je vous en prie venez, vous asseoir près de moi

Ne soyez pas stressée, je suis pleine d’émoi

De recevoir ici une humaine amie

Avancez jusqu’à moi, pas de timidité

Je suis prête je crois à vraiment discuter

Ça n’arrive jamais, qu’un de nos nains ose

Inviter au palais une femme qui pose

Ses douze pieds d’un coup sur mon carreau poli

Alexandrine c’est vous ? Quel petit nom joli

Posez-moi vos questions je répondrai à tout

Allez, entamez, osez, allez, à vous ! »

Et là je ne sais quoi de vraiment farfelu

Traversa de guingois mon crâne chevelu

Je m’entendis crier à ce haricot cuit

Cette reine couronnée, ce modèle réduit

« vous reine du monde ! Qu’est-ce que ça signifie ?

Êtes-vous Dieu en blonde, êtes-vous sa chérie ?

– Dieu… ? Pas tout à fait, mais ce n’est pas très loin

Car il m’a confié une grande mission

Je suis chargée en fait de veiller avec soin

Sur votre faculté de l’imagination

Chose importante à ses yeux clairvoyants

Car c’est par là qu’il hante vos rêves les plus grands

Et c’est par là aussi qu’il peut vous inspirer

Des contes et des récits qui peuvent vous aider

À comprendre bien mieux ce que vous ignorez. 

– Ces histoires auraient bien - ça se dit dans le monde -

Des pouvoirs médecins guérissant à la ronde?

– C’est bien ce qu’il m’a dit et il m’a demandé

De veiller tous ces dits pour vous les conserver

Je restais sans parler, étonnée, stupéfaite,

Devant cette chargée des paroles secrètes

Des symboles sacrés qui peuplent les récits

Propres à nous libérer de nos voies rétrécies. 

J’étais dans mes pensées quand la reine me dit

« Prenez ce narguilé, fêtons ma chère amie

La présence de vos pieds. Et voyez ce biscuit ! »

C’est alors que mon nain surgit comme un grand vent

Apportant sur sa main un gâteau étonnant

 

Ce goûter fut l’instant

Le plus ébouriffant

De ma drôle de vie

Vraiment je vous le dis

 

Je reviendrai dimanche

Vous dire ce qui suivit

 

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ÉPISODE 5

Le nain soigneusement posa le beau gâteau

Et là son vêtement me frappa comme il faut

De soie pure mordorée toute frangée d’argent

De beaux souliers moirés de velours chatoyant

Un bonnet qui semblait de poudre de cristal

Et un air qui était tout bonnement royal

Moi qui suis née au creux de l’aristocratie

Rien ne m’a échappé de son air adouci

Et quand j’ai reluqué cette petite reine

Elle portait sur elle un costume joyeux

Des bas de dentelle, un short court soyeux

Des talons aiguilles, une casquette à l’envers

Des lèvres qui brillent, un vrai beau pull over

Que leur arrivait-il à danser tout à coup

Et à battre des cils, et à crier au loup

Avais-je à faire ici à deux énergumènes

À quelques faux-esprits, à des clowns obscènes

La reine s’esclaffa en voyant ma mine

Puis elle m’invita dans cette dandine

Après tout me dis-je, trop de sérieux toujours

Me lasse et m’afflige et fait le temps trop lourd

Je me glissai entre eux, et soudain m’aperçus

Que je portais un vieux très très vieux pardessus

Oh visiteuse poète chantèrent-ils tous les deux

Dans les récits, les contes, on fait ce que l’on veut

Et ils avaient raison, l’imagination

Est bien faite pour ça, pour faire n’importe quoi

Tout ce qu’on n’ose pas, et j’ai dansé ma foi

Bien plus que de raison, mais la raison est trop

Souvent une prison, un carcan comme il faut

Dont il faut s’éloigner pour prendre son envol

Et courir dans les prés comme une fée bien folle

 

Je vous dis à dimanche, lorsque redescendue

De la rampe, des planches, je serais revenue

Que mes douze panards auront connu le pire

Et que les deux fêtards auront fini de rire

 

Alexandrine de Césure

Auteure unique des éditions « le pied qui pense »

 

La gaillarde conteuse

 

 

 

l’épisode suivant est prévu pour le dimanche 5 Décembre 

 

 

 

 

 

 

ALEXANDRINE DE CÉSURE SE TROUVE DES CHAUSSURES

 

Bonjour Madame,

Bonjour, qu’est-ce que vous désirez ?

Je voudrais des chaussures pour habiller mes pieds

Vous désirez en somme une paire de souliers

Vous ne savez pas comme je me trouve gênée

Car de souliers madame, il m’en faut bien six paires.

Vous êtes sûrement femme à en changer souvent !

Oh non c’est pour les mettre tous en même temps.

Il faut que je vous dise, je suis une rimeuse

Et je suis possédée par un esprit-chanteur

Qui me jette à la bouche les pieds par lot de douze

Ce qui me fait poète dans tout ce que je dis

Oh oui c’est bien ma tête, mais tous les pieds, c’est lui !

Donc si vous voulez bien, une douzaine de souliers.

Oh moi je le veux bien, quelle pointure vous avez !

Trente-six, trente-sept, enfin jusqu’à présent.

C’est un pied bien petit, un petit pied charmant !

Oh oui le pied ça va, c’est la cheville qui enfle

À être poétesse, comme ça, tout le temps

Que je parle de fesses, d’amour, de bêtises

Je dis tout en césure, c’est vraiment inquiétant.

Dites-moi, les chaussures, vous les voulez comment ?

Vraiment toutes pareilles ou toutes différentes ?

Différentes ! Quelle merveille je vais être pimpante

Avec douze souliers chacun d’une paroisse

Ça va être joyeux ma douzaine de godasses

Montrez-moi vite là tout ce que vous avez

Que je fasse mon choix, allez-y, proposez.

Peut-être - c’est très fille - un long talon aiguille

Avoir le pied coquin dans la rime c’est bien

Alléger un instant cette lourdeur du temps.

Donc j’opte pour l’aiguille, en voilà un choisi !

Mais noir j’aime autant, c’est bien plus inspirant.

Noir, oui, le voilà, il faudra mettre en bas...

Au deuxième je propose peut-être un soulier blanc

Le blanc oui, je suppose, c’est sacré en-dedans

C’est la couleur de Dieu et puis aussi des anges

Je parle parfois d’eux, l’esprit-chanteur étrange

Les connais mieux que moi, allons-y pour le blanc.

Au troisième, peut-être, un tout petit vernis

Élégant, habillé, presque aristocratique.

Aucun milieu doit n’être par ma rime banni

Bien que bassement née, voyez-vous je me pique

De servir la noblesse aussi bien que le gueux

Il me sont sympathiques, à vrai dire, tous les deux

Va donc pour le vernis, ça nous en fera trois.

–Un petit soulier vert, en fin cuir québécois ?

Chanter dame nature, ça me va bien je crois

Alors ni une ni deux, optons pour celui-là.

Et un petit tout rouge, comme un rubis profond ?

Oh oui un rouge, pour toutes les passions.

Qui prennent de la place partout dans nos maisons

Dans les Alexandrins, faisons-leur un lieu bon

Où leur feu souverain trouvera un giron.

 

Pour le sixième, je crois, il faudra essayer

Une jolie babouche, soulier pas ordinaire.

Oh la, à ma bouche montent des voluptés

Les tapis, les turbans, l’orient, les déserts

Acceptons la babouche, soulier pas ordinaire.

Et puis que pensez-vous d’une chaussure d’enfant ?

Mais vous pensez à tout et pour mes pieds vraiment

Vous êtes une marraine, vous prenez tant de peine

Pour les parer de dons, mais continuez donc

la chaussure d’enfants donnera à mes pieds

Cette fraîcheur qui fend les cœurs les plus fermés

Marraine pour le huitième que me proposez-vous ?

Une botte de Modène en beau cuir fin et mou

Des bottes vous croyez ? Pour la boue des fossés ?

Pour les combats menés ? Pour l’ogre du Poucet ?

Allons y pour la botte, moi je vous fais confiance…

L’inspiration me porte, pour faire un peu de danse

Ce soulier qui me semble être celui d’une fée.

Une fée dites-vous, voilà tout l’invisible

Qui va entrer du coup dans mes pieds enchantés !

Que mon esprit-chanteur se sent bien honoré

De recevoir ces dames dedans ses douze pieds !

Le dixième j’en ai peur est vraiment délabré

Une vieille sandale d’homme, qui a beaucoup marché.

Pourquoi peur ma bonne dame c’est le soulier affreux

Et du pauvre et du moine, un soulier courageux

C’est lui qui me dira les grands jours de désert

« Continue, marche, avance, ne pleure pas, tais-toi »

La sandale je la prends, il me la faut je crois

Pour les jours de silence, de mauvais savoir-faire.

L’avant-dernière, déjà ! À vrai dire je pensais

Qu’une simple pantoufle ne serait pas de trop.

Une pantoufle voilà ! Pour que mes douze pieds

Soient vraiment à leur aise et poussent un chant bien beau

À l’oreille de tous ceux qui écoutent mes fables

Et au cœur amoureux de qui les aimera.

Pour le douzième, voyez, je n’ai plus une idée…

Le douzième, marraine, ira très bien nu pied

Il portera la mort, le sans-rien, le maudit

Et qui vont, eux aussi, être chantés ici.

Car si il y a douze pieds de longueur dans ma rime

C’est une scène ouverte aux cieux comme aux abîmes

Chacun par son soulier y prendra la parole

Il pourra la garder, que ce soit triste drôle

Maintenant bonne dame, il me faut vous payer

Annoncez donc le drame à ma bourse trouée

Moi, marraine de vos pieds, vous me croyez capable

De tirer des deniers à cet art respectable ?

Vous êtes une rimeuse et moi je suis la vie

Que je sois votre muse, c’est tout ce que je dis

 

Et ne m’oubliez pas…

 

Alexandrine de césure

auteure unique et définitive 

des éditions « Le pied qui pense »

 

la gaillarde conteuse !

 

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Une autre aventure d’Alexandrine de Césure :

 

LE BÉNITIER DES FÉES 

 

Chaussée coquettement de ses douze souliers 

Alexandrine surgit dans la nuit étoilée

Sous ses pas les mousses tendres et lierres rampants

Font un tapis douillet tiède et murmurant

Et la belle  s'envole telle une mouche

Sans manière se pose sur une souche

Dans laquelle s'est creusé un bénitier de fée

Elle y ôte sa douzaine de souliers

Trempe ses pieds nus dans ce bassin sacré

Un têtard dérangé lui fait bien remarquer

Que jamais une fée n'a été insolente 

Au point de tremper là soixante doigts de pieds

"Ce bénitier est pur, madame, vous rêvez

À oser poser petons de mécréante

Dans l'eau qui vient des pluies et des rosées

Qui se voit réservée exclusivement aux fées"

Alexandrine, piquée... et mécontente

Rétorque à cet animal ridicule

"Vous n'êtes fée non plus, mais la fille hargneuse

D'une batracienne gluante et visqueuse

Qui a osé accoucher de sa virgule

Dans ce creux hautement mythologique

Un comble, un blasphème écologique !"

Mais voici que notre poétesse glisse

Et qu'un pied des douze écrase le têtard

Qui se retrouve à présent plat et lisse

Comme pourrait l'être un papier buvard

Soudain une fée, portant une serviette

Arrive par un sentier, guillerette

Alexandrine met ses douze souliers

Pêche entre deux doigts la bête inanimée

Et file vite sans attendre de suite 

 

Aristocrate, poète et artiste, oui

Mais devant l'autre monde sans aplomb, je le dis... 

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