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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 13:33

Être conteuse, c'est avant tout fréquenter les esprits de la nature. Avant de s'asseoir pour raconter, de travailler ses histoires, de s'inquiéter d'être engagée par des festivals ou des bibliothèques, il faut passer du temps avec les esprits des sources, des arbres, des oiseaux, des rochers, être poreuse à leur langage, communier avec tout ce qu'ils sont.

Être conteuse, c'est emprunter le plus souvent possible la petite porte invisible qui ouvre vers cette dimension non-ordinaire et cependant étonnamment cohérente.

Être conteuse, c'est sembler être toujours ailleurs mais être en réalité plus ici que la plupart des êtres, ou du moins d'une autre manière...

Si ces mots vous font sourire, allez vous promener dans un bout de nature, même minuscule, mais prenez soin de laisser votre raison dans votre demeure. N'y emportez que votre coeur et cette chair qui nous caractérise, ils savent bien plus de choses que n'en sait la raison.

 

Les esprits alors accepteront sûrement de converser avec vous et vous reviendrez lavé de beaucoup de choses. 

 

Essayez.

Vous me direz...

 

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publié par Patricia Gaillard - dans réflexions
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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 08:59

L'OISEAU DE FEU


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médaillon russe qui appartient à une amie conteuse CAROLINE SIRE

 

 

 

C'est une oeuvre connue. Tout d'abord un conte d'afanassiev, histoire du prince Yvan, du loup gris et de l'oiseau de feu. Très raconté en russie, où l'on peut croiser le thème de l'oiseau de feu sur bon nombre d'objets : médaillons, dés, bagues, boîtes laquées, illustrations, peintures. Mis en musique par Igor Stravinsky, l'oiseau de feu devient un jour un ballet, d'abord hué par le public russe, en 1910, pour sa trop grande modernité, il trouve un jour sa place dans le répertoire des ballets russes. On en trouve une seule version en DVD, où il figure en compagnie du Sacre du Printemps, oeuvre merveilleuse aussi, qui nous ouvre aux arabesques primitives d'un paganisme presque perdu. Cet oiseau de feu m'a cherchée, m'a trouvée, m'a prouvé par mille signes discrets autant qu'indiscutables, que nous entrions tous deux dans le temps de notre rencontre, car nous avons quelque chose à réaliser ensemble. Alors depuis des semaines je le fréquente, je l'écoute avec Igor Stravinsky, je le regarde dans tout l'art de cette chère Russie, dont j'ai toujours aimé le rude courage et la foi silencieuse. Je l'imagine surtout, cet oiseau de feu, je le mate, sur l'écran irremplaçable de mon imagination à moi, je me le peaufine, plume par plume, dans le creuset secret de ma créativité de conteuse. Savez-vous ce que c'est que de passer des heures et des heures avec une histoire, dans l'obscurité d'abord muette de son coeur, puis de l'apprivoiser à force de patience, de finir par y voir des choses qui ne se voient pas vite, par y entendre des choses inconnues qu'elle vous chuchote à vous car elle a vérifié la propreté de vos désirs ? Une histoire est vivante, elle a été créee par les psychés humaines, comme un pilier pour s'appuyer, quand le décor du monde devient étrangement mou... Ma dernière rencontre, c'est un oieau de feu, long et fin comme un paon. Sur ses plumes gracieuses palpitent des flammes minuscules et des yeux, bleu sombre et verts. Moi qui le vois, je ne peux que désirer partager cette vision miraculeuse, c'est ce que je vais faire ces prochains mois.

Se mettre un portrait pareil en bouche, amis, ça tient de l'exploit... !
Nous ne choisissons pas une histoire, c'est elle qui nous choisit.

 Gennady+Spirin+K.+(December+25,+1948)8 illustration de Gennadij Spirin

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publié par Patricia - dans réflexions
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