Cet après-midi je fais de la confiture de figue–pomme–noix. Nous avons cueilli les figues tout à l’heure et ce sont probablement les dernières, mais quelle beauté ! Leur violet tire vers le bordeaux, elles sont satinées, leur peau est épaisse et leur chair de miel.
Pour faire cette confiture, on peut ôter la première peau, qui se décolle facilement, puis couper les fruits en petits dés, ainsi que quelques belles pommes et quelques noix grossièrement concassées.
Il faut approximativement le même poids de figues que de pommes et 500g de sucre pour 1kg de fruits. La quantité de noix est à l’appréciation de chacun. Bien mélanger et faire macérer pendant 24h dans un plat en porcelaine ou en faïence en remuant de temps en temps.
Le lendemain verser le tout dans une bassine à confiture et faire cuire d’abord à feu vif jusqu’aux gros bouillons, puis à feu doux, pendant tout le temps qu’il faut pour une consistance de confiture...
Remplir les pots sans tarder.
Pour les confitures je suis coquette, un petit chapeau fait avec le quart d’une serviette en papier, imprimée de feuilles d’automne.
Et une petite étiquette traditionnelle pour terminer !
Nous entrons dans la saison de sommeil du jardin potager. Voilà pourquoi ce « potager dormant. »
Ce n’est pas qu’il ne s’y passe rien, mais à présent il n’y aura plus de semis ni de plantations. Les légumes racines, céleris, betteraves, persil tubéreux, navets, carottes, vont être recouverts d’une couche de feuilles, dès que celles-ci seront tombées. Ils seront ainsi protégés du gel et pourront être sortis de terre au fur et à mesure de l’hiver, selon nos besoins. Le persil lui, résiste bien et puis j’en ai fait sécher, car sec il conserve la quasi totalité de ses vitamines. Les tomates, dahlias et autres fleurs arrivent à leur fin, ils freinent des deux pieds, mais bon... Les tubercules des dahlias seront sortis de terre et resserrés dans notre cave voûtée, de terre battue... pas loin du vin... qui vieillit tranquillement en attendant des temps meilleurs.
La phacélie restera en place jusqu’au printemps et grâce à elle le sol ne restera pas nu, puis elle épousera la terre et l’enrichira de ses substances.
En novembre nous taillerons arbres, arbustes, vivaces et plantes aromatiques.
La salade et la roquette sont encore belles, et bonnes, mais elles craignent le froid. La mâche, qui les remplacera, n’a pas bien germé cette année, il y en a peu. Tant pis. Nous mangerons d’autres choses. Les épinards sont clairsemés, mais il y en a.
Aléatoire... voilà le mot qui définit bien un potager.
Aléatoire... il nous apprend ainsi à faire avec ce qu’il y a et à nous passer de ce qu’il n’y a pas.
Une leçon de vie en somme.
Le petit chêne pousse bien, bien qu’il soit encore malade. Avec ses taches blanches, il manque juste de vert et de brillant. Qu’importe, il est beau et vivant.
Et le frêne Yggdrasil, immense et noble au bord de la rivière, veille, comme les gargouilles, sur le petit domaine qui lentement s’endort...