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Votre calendrier de l’Avent - 9 Décembre

Publié le par Patricia Gaillard

Me voici donc pour vous parler du sapin, cet arbre que nous plaçons au centre de cette fête de Noël. Qu’il soit grand ou petit, véritable ou non, on peut dire qu’il est dans tous les foyers, toutes les écoles et toutes les villes de notre civilisation occidentale. Il est devenu de nos Noëls le symbole premier.

Le sapin était déjà sacré chez les celtes. Pour eux chaque essence d’arbre était liée à un mois lunaire et Décembre était le mois de l’épicéa, arbre de l’enfantement, de l’espoir sans cesse renouvelé, de la victoire de la lumière sur les ténèbres, de la victoire de la vie sur la mort. Les celtes considéraient le 24 Décembre comme jour de la renaissance du soleil.

Dans le culte gaulois, la déesse Druntia, qui séjournait dans les sapins, protégeait les druides.

Lors des naissances, les grecs eux, invitaient la déesse Artémis et son arc d’argent et ils brûlaient tout autour de la pièce des rameaux de sapin.

Chez les romains aussi, pendant les fêtes de Saturne du 17 au 24 Décembre, les maisons étaient décorées de branches de sapin et, coutume étrange et sympathique, les esclaves prenaient la place des maîtres et les maîtres la place de leurs esclaves.

Le sapin, arbre de vie, rappelle Adam et Eve en paradis. L’histoire dit qu’en quittant cet Éden avec sa compagne, Adam a ramassé trois graines de sapin. À sa mort, son fils Seth a enterré ces semences avec le corps de son père. Un arbre en est né, c’est son bois qui a donné le bâton de Moïse, et la croix du Golgotha.

 

Cet arbre  pris une place importante dans nos maisons à l’époque de Noël. Et cela perdure encore de nos jours, bien qu’il soit remplacé, de plus en plus souvent par le sapin en plastique, symbole, lui aussi, en quelque sorte, de notre triste séparation d’avec la nature.

Autrefois, en Alsace, le sapin était placé dans la maison deux ou trois jours avant Noël et il était surtout religieux. À la pointe du sapin on mettait la plus belle pomme rouge du verger, cette fameuse pomme de la tentation. Puis on accrochait des hosties blanches au bout des branches, pour rappeler qu’il y a un pardon pour tout, finalement. On continuait avec de nombreuses pommes minuscules, rouges et frottées, qui devaient faire un bel effet à la lueur des feux de cheminée. On terminait ces décorations avec des fils d’argent, cheveux des anges, puis avec des étoiles et des lunes de sucre.

Le firmament tout entier se trouvait alors là, au cœur de la maison. Et c’est près de lui, chaque soir de Décembre, après le repas familial et avant le coucher des enfants, que le père de famille prenait le livre des saints, parfois enluminé, et lisait l’histoire de celui du jour, dont le récit faisait faire à chacun un beau voyage, pendant que le vent du dehors mugissait et poussait le froid sous les fentes des portes.


Mon beau sapin, roi des forêts, que j’aime ta parure...

 

Que cette journée de Décembre vous soit douce

 

la gaillarde conteuse

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Votre calendrier de l’Avent - 8 Décembre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Pour avancer vers cette nuit de Noël préparons nos demeures, garnissons-les de végétaux et de leurs symboles forts : le lierre qui signifie l’éternité et l’attachement jusqu’à la mort, les fruits des rosiers, rouges et ronds ou les baies d’églantiers et leur joyaux ovales de grenat, car la rose est le symbole de l’amour envoyé du ciel à la terre. Les noix, qui symbolisent l’essentiel caché dans le superflu et notre vie intérieure à découvrir. Le gui, symbole d’immortalité et de prospérité et le houx qui rappelle le sang sur la couronne d’épines, tragique prémonition pour l’enfant qui va naître.

Tous ces décors plein de charme sont à portée de nos mains au détour des forêts et des haies de la campagne environnante. Tressés en couronnes, bouquets, guirlandes, ils font d’inégalables parures, participation naïve et forte de la nature. Et il y a ce sapin, qui symbolise lui aussi l’éternité, comme le buis, le laurier, le genévrier, l’if et le lierre qui restent verts tout l’hiver même par le plus grand froid. Ces plantes restent vertes, présentes, éveillées, comme si elles veillaient sur nous, qui sommes enfants de la nature, abandonnés durant un temps à des forces mystérieuses.

Je vous parlerai demain du sapin, car j’ai sur lui beaucoup de choses à vous dire, il est tout de même le roi de Noël et vous verrez que ce n’est pas pour rien...


Portez-vous bien

 

la gaillarde conteuse

 

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Votre calendrier de l’Avent - 7 Décembre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Votre calendrier de l’Avent - 7 Décembre

 

Très tôt ce matin, je me suis levée dans la nuit. J’aime, à ces heures silencieuses, m’affairer dans ma maisonnette à mille tâches tranquilles et douces, pendant que tout dort encore. Plus tard le jour s’est levé sur un ciel déjà assombri par de gros nuages lourds et une pluie fine et froide s’est mise à tomber.

Hiver...

Notre petit domaine sommeille, on sent bien sa vie ralentie, son énergie contenue, réservée pour les jours féconds de l’avenir. Ne ressentons-nous pas la même chose ? Avec des besoins de silence, de quiétude, de chaleur, pendant qu’invisible et secrète notre énergie se recharge. Viennent parfois même la nostalgie, la mélancolie, peut-être un manque d’entrain ou de joie. Laissons faire... ce sont eux sûrement les esprits obscurs des vieilles croyances dont je vous parlais. Ils ont prise sur nous pour un temps, ça ne durera pas, sachez-le, les esprits lumineux du solstice viendront nous en libérer.

Ayons juste une tranquille confiance. Cette confiance des arbres.

 

Tiens, la voiture du voisin prend la ruelle qui monte

Et puis son chien aboie de le voir s’en aller

Le jour est là

Le jour commence

Qu’il vous soit paisible et doux


Jardin d’Hiver, chanson de Henri Salvador

https://youtu.be/U0juImDeSNI

 

la gaillarde conteuse

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Votre calendrier de l’Avent - 5 Décembre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Demain 6 Décembre c’est la St-Nicolas. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est qu’on le fête souvent aussi le soir du 5, et donc ce soir. 

Le bon st-Nicolas était jadis un évêque au grand cœur. On connaît un peu son origine: né en Lycie, dans le sud de la Turquie, au IIIè siècle de notre ère, il fut très vite orphelin de parents morts de la peste. Ses ossements, demeurés à Myre jusqu’au XIè  siècle, furent finalement rapatriés en Italie. Et de son tombeau - dit-on - suinte une huile précieuse et souveraine qui guérirait les rhumatismes.

Ce qui caractérise st-Nicolas est sans nul doute sa bonté. On lui a attribué des miracles nombreux qui lui ont valu quelques oratoires. À Ballersdorf on raconte que chaque année, le soir du 5 Décembre, saint-Nicolas nous vient du ciel par un très long fil d’argent et qu’il s’en va récompenser les enfants. On murmure que certains soirs, on le voit près d’un feu magnifique en compagnie de saint-Martin. Ils forgent ensemble l’argent des pauvres.
Le plus connu de ses prodiges est celui des trois enfants, sauvés d’un saloir de boucher où ils marinaient, découpés en morceaux. Ce fameux récit est devenu une légende puis une chanson.

En Alsace on fête Saint-Nicolas le 6 décembre, et dignement. Ce soir-là les enfants reçoivent des  pains d’épices à l’image du saint et la famille réunie mange des brioches en forme d’enfants que l’on appelle des manalas, trempés dans de grands bols de chocolat chaud.

Quand j’étais toute petite, ce fameux soir, j’entendais à Mulhouse dans les rues de mon quartier, le son aigrelet d’une clochette. Je savais, comme tous les enfants, que c’était saint-Nicolas avec son manteau blanc qui circulait par les rues pour récompenser ceux qui avaient été sages. J’étais une enfant somme toute agréable, mais comment pouvais-je être tout à fait sûre d’avoir été sage comme il le fallait ? Je me souviens très bien de l’inquiétude enveloppée de fascination qui m’étreignait alors, car l’existence de ce personnage ne faisait pour moi aucun doute ! De plus on le disait accompagné du père fouettard, qu’on appelait le Hans Trapp. Celui-ci était une vieille figure de cruauté venu du fond du XVe siècle. On le disait mauvais, voleur et sorcier, tant et si bien qu’il s’en trouva excommunié. Alors, comme pour achever cette déchéance, il devint dévoreur d’enfants. Mais devant tant de noirceur l’au-delà s’en mêla, ce qui est rare, et le foudroya. Il entra alors dans la légende sous la forme de cet ogre sombre, soumis à ce saint voyageur, et qui, dans les croyances, terrifie les enfants, qui soudain trouvent absolument terrible de n’avoir pas été toujours gentils.

Pauvres craintes enfantines qui demeurent dans nos mémoires...

En Alsace, la phrase der Hans trapp kommt ! ( le Hans Trapp arrive ! ) résonnait comme un tonnerre et  faisait trembler les plus insolents.

 

Je ne pourrais pas dire

de tous ces souvenirs

si c’est leur charme ou ma peur

qui me reste dans le cœur

 

la gaillarde conteuse

 

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