Fées répandez partout la rosée sacrée des champs - Shakespeare
Les déesses tempestaires, les dames d’hiver et les taties de Noël, l’Avent, Noël, l’Epiphanie, sont autant de portes du « Grand Royaume » - Angelus Milhauser
Il y a un chant endormi dans toutes choses qui rêvent sans fin, et le monde se mettra à chanter si tu trouves le maître-mot - Eichendorff
À travers le mince miroir de l’eau, les esprits de l’air et de l’eau se confondent - Jaylee
La vaste nuit allume toutes les étoiles - Tagore
Reconnaissez qu’il y a là de quoi passer une belle journée ⭐️
Je viens à vous avec ma petite branche de houx. Rien à voir avec le gui d’hier, sinon que ces deux plantes sont présentes dans les traditions de ce cher Décembre qui nous occupe.
Le houx - vous allez être étonnés -était considéré comme le jumeau du chêne dans la mythologie celtique, car si le chêne règne sur les mois clairs, le houx règne sur les mois sombres et il est le symbole de la persistance du végétal même au creux de l’hiver.
Brave houx...
On le sait peu, mais le houx est utilisé comme le buis et l’if, dans l’art topiaire.
Son bois est très apprécié des marqueteurs, ainsi que des tourneurs qui fabriquent dans son bois les pièces claires des jeux d’échecs. C’est un bois serré, lourd, au grain fin, blanc ou légèrement rosé.
Joli houx...
J’ai lu quelque part que la canne de Goethe était en bois de houx et que Victor Hugo évoquait cette plante dans son poème à sa fille Léopoldine, morte noyée à dix-neuf ans :
« Et quand j’arriverai je mettrai sur ta tombe, un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur… »
Houx des poètes...
Avec ses fleurs blanches il paraît que l’on fait même un élixir qui apaiserait la jalousie, lamalveillance et l’esprit de vengeance.
Vive le houx...
Recherchés par Hérode, Marie, Joseph et Jésus se cachèrent dans un buisson de houx qui lessauva. Il reçu alors cette vertu de rester toujours vert et devint le symbole de l’immortalité.
Sacré houx...
Je vais en surprendre plus d’un avec cette révélation : il existe une eau de vie de baies de houx, récoltées en hiver, puis macérées et distillées. Cette eau-de-vie au goût de sous-bois accompagne fort bien, assurent les producteurs, les poissons fumés et le sorbet au citron.
Eau-de-houx...
Il échappe en quelque sorte à la marche du temps
Peut-être pourrait-il nous enseigner cette magie ?
Houx mage...
Mettez-en dans vos demeures, rien n’est plus beau pour le temps de Noël, mais gare aux pointes acérées de ses feuilles
Il est comme nous, gentil, joli, parfois piquant !
Le gui, plante fascinante, d’un vert plutôt jaune, est piquetée dès le mois de décembre deboules blanches translucides. Les celtes le vénéraient, convaincus que cette plante sacrée était un présent de la lune. Pendant le solstice d’hiver, au sixième jour de la nouvelle lune, un druide vêtu d’une toge blanche coupait le gui d’un chêne avec une serpe d’or. Les précieuses branches, qui ne devaient en aucun cas toucher la terre, tombaient sur un grand tissu, toujours blanc. Les branches de ce gui étaient ensuite distribuées et pendues dans les demeures, comme symbole de paix et de protection.
Le chêne, par sa force est associé au soleil, alors que le gui est associé à la lune.
Le gui du chêne est rare et c’est celui qui a le plus de vertus. Hippocrate évoquait déjà le gui car malgré sa toxicité il a de très nombreuses propriétés. Je n’en parlerai pas car ce n’est pas là le propos, c’est son sens symbolique et sa fonction de fétiche qui nous intéresse aujourd’hui.
On lui a toujours attribué un pouvoir divin et il repousserait les mauvais esprits, ce qui en fait un allié de Décembre et de l’Avent, inutile donc d’attendre le saut de l’an pour en parer nos portes !
Ce serait une erreur...
S’embrasser sous une branche de gui porterait bonheur et l’expression « au gui l’an neuf » nous vient du moyen-âge. Les gens prononçaient cette phrase tout en s’offrant des branches de gui, censées protéger toute la maisonnée.
Son abondance sur les arbres de nos vergers et de nos bois a rendu le gui banal, courant. Mais observez-le avec une réelle attention. Il est vraiment unique dans son genre. Ses baies laiteuses, qui arrivent précisément en décembre, ne ressemblent pas du tout aux autres baies sauvages. Ses feuilles, toujours par deux, longues, très arrondies au bout et d’un vert singulier, semblent être d’un autre monde. Son port est toujours sphérique, donc rond, encore, comme ses baies et ses feuilles. Reconnaissez que si la lune voulait nous offrir un présent de l’Avent, elle ne pourrait choisir mieux, dans l’univers entier !
Allez, je me range du côté des druides, car il faut poétiser la vie, c’est absolument ES-SEN-TIEL !
En Alsace, la confection des petits gâteaux de Nöel (bredala) reste une tradition incontournable. Nos aïeules ont même créé, lors des années de guerre et de pauvreté, des recettes à partir de pommes de terre ou de flocons d’avoine. Aucun Noël, jamais, ne s’est déroulé sans ces fameux gâteaux !
PETITS GÂTEAUX AUX POMMES DE TERRE
2 œufs - 100gr de sucre - 50gr de beurre fondu - 125gr de farine - 125gr de pommes de terre, cuites à l’eau et écrasées - 50gr de chocolat noir - 50gr de noix moulues - 3cc de cannelle - 1/2 paquet de poudre à lever
pour le glaçage : 100gr de sucre glace - 2,5cl de kirsch - 1cc de jus de citron
Battre en mousse le beurre et le sucre. Ajouter le beurre, la farine, les pommes de terre, le chocolat, les noix moulues, la levure et la cannelle. Étaler la pâte dans un moule beurré, rectangulaire ou carré. Faire cuire au four, th. 5-6 durant 20mn.
dès la sortie du four, poser le glaçage et couper la pâte en petits carrés.
et je terminerai par un dicton alsacien Isch e Müetter noch so arm, gibt sie doch de Kinder warm
une mère, même dans la pauvreté, donne de la chaleur à ses enfants