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fin d'un voyage pas ordinaire (jour 9)

Publié le par Patricia Gaillard

JOUR 9

la fin

Mes amis, vite, revenez à moi. Notre tapis est orange et brillant comme jamais.
C’est que cette dernière envolée sera celle de l’adieu, après nous ne reverrons plus notre chère monture.
Il faudra revenir à nos pieds, nos vélos, nos motos, nos voitures...
Ce matin nous partons pour ce château final, le roi nous y attend. Munissez vous bien vite de vos objets magiques, brossez vos chevelures, briquez votre minois, habillez-vous d’or et de soies, je vais vous présenter à un grand personnage, qui connaît de vos âmes le plus petit recoin, car c’est chez lui qu’arrivent vos rêves, vos désirs, vos fantasmes et vos projections. En grand ordonnateur, il tisse tout cela pour en faire des contes, propres à vous nourrir, à vous guider, à raconter au monde vos schémas intérieurs qu’il disperse sur terre comme des graines de blé.
Regardez ce château, chacun de vous le voit selon ses rêves et ses désirs, et regardez ce roi. Bien sûr il n’est pas grand, ni vêtu de velours et d’hermine, bien sûr la couronne de sa tête n’est pas faite d’or fin. Mais qu’attendiez vous donc, filles et fils de la terre ?
C’est un être sans âge, dont on ne peut même dire s’il est fille ou garçon, il est menu et pâle dans son vêtement de neige et de vent, sa couronne est une ronde de vers luisants et son sceptre une branchette d’aubépine. Mais allez le voir, surtout n’hésitez pas, car à le rencontrer on puise sacrément à la source de nos mythologies humaines et à celles de nos cœurs. De l’esprit aisément il sait défaire les nœuds et nous renvoie sur la terre un peu plus neufs à chaque fois.
Et pendant que vous irez à lui, je m’en irai. Il y a dans cette terre sacrée un trou dans le sol, caché à peine par quelque lierre fou. C’est par là que je pars, vous en ferez autant quand vous aurez fini. C’est un petit boyau en spirale, qui en quelques secondes vous ramènera ici, dans notre monde.
Une dernière chose, chers compagnons de ce voyage de printemps qui m’a fort amusée, n’oubliez pas que ce trou de voyage est praticable dans les deux sens et à tout moment. Il ne tiendra qu’à vous de revenir, même sans moi, comme des grands.
Merci d’avoir accepté de me suivre dans ce délire de conteuse, cependant moins délire qu’on ne croit...

À LUNDI, POUR UN DÉBUT DE CONTE, SACHEZ-LE ! 

je vous embrasse à la volée !

la gaillarde conteuse

 

 

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un voyage pas ordinaire (jour 8)

Publié le par Patricia

JOUR 8

Quelle force dans vos impressions durant cette traversée de la région des objets magiques et des animaux qui parlent. Cependant il va nous falloir encore repartir, car il se tricote sans cesse le tapis des jours.
Voyez, notre tapis volant qui se déroule, un peu plissé de sommeil.
Il a rêvé de fils, de nœuds, de filage, de tissage, de lin, de laine, de coton et autres chanvres rudes.
Il a rêvé des parques, des araignées aux œuvres fines bijoutées de rosée.
Il a rêvé des vieilles brodeuses, des veilles tisserandes et des conteuses-fileuses.
Savez-vous qu’au temps des fileuses on appelait les contes “la philosophie du rouet” ?
Savez-vous que les travaux de femmes sont autant de métaphores vers la pierre philosophale ?
 
Avant de monter sur notre tapis, je voudrais vous parer. Si.
Il y a dans ce coffre de bois bleu des vêtements et accessoires importants offerts par la région des objets magiques que nous quittons : Soie brodée d’or de Prince oriental, tenue de Reine, hardes de Sorcière, une longue barbe bleue, un chaperon bien rouge, une robe de soleil, une autre de lune, un fuseau-somnifère qui fait dormir cent ans, des bottes de sept lieues, un sac de cailloux blancs, une chevillette qui choit, la boîte de Pandore, un baiser de prince, un autre de grenouille, l’édredon de dame Holle, une baguette magique, une flûte enchantée, la lampe d'un génie et tous les trésors enfouis dans les contes du monde...
Choisissez votre objet, celui qui vous est proche, celui dont vous rêvez. Car là où nous allons, on vous attend impatiemment et surtout on a besoin de savoir vos fantasmes, et votre choix vous trahira, car vos fantasmes sont l’essence de ce monde éternel où nous sommes encore pour quelques jours.
C’est un Roi, sachez-le, qui nous attend, pas le premier venu, car c’est le Roi des contes ! 
Notre dernière envolée va durer quatre jours. Vous aurez le loisir de choisir, d’adopter l'objet, de le connaître, et surtout de vous faire connaître.
Vous arriverez mûrs au château, autre château celui-ci, château d’or des merveilles !
Veinards que vous êtes. Embarquons pour ces quatre jours de voyage !

à vendredi… 

la gaillarde conteuse

 

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un voyage pas ordinaire (jour 7)

Publié le par Patricia

JOUR 7


N’allez-vous pas conserver, de cette nuit au château des mystères, une impression forte ? Chacun à sa manière a abordé cette étrange demeure, moins étrange cependant que ce que nos esprits en ont fait ! Les choses deviennent souvent ce que nous voyons en elles, jusqu’à parfois, devenir magiques...
Et c’est précisément pour nous rendre dans la région des objets magiques et des animaux qui parlent, que nous allons refermer derrière nous la lourde porte du château, rejoindre notre tapis qui, déroulé depuis longtemps, a pris à l’aube un bain de rosée revigorante. Voyez comme sa teinte orange en est soudainement réveillée.
Montez sur ce radeau des merveilles, nous allons filer bien vite.
De région, en région, nous circulons dans le royaume de ce roi des contes, chez qui nous finirons par arriver, car je n’oserais pas vous priver de cette rencontre inoubliable. C’est un être qui a réponse à tout, plongé qu’il est par sa nature dans le tissage divers et compliqué de nos projections humaines. Mais nous verrons cela plus tard.
Voyez sous vos pieds ce grand pré verdoyant. Nous allons nous y poser, partez sans hésiter, faites des rencontres, il y a ici de quoi vous étonner grandement. Sachez que des conversations avec les bêtes nous ouvrent aussitôt ce cher cerveau limbique que nous brimons souvent et qui a bien trop peu la parole. Sachez que les objets ici sont magiques, et que les symboles dont ils sont les images opèrent fameusement sur nos esprits resserrés par les conditionnements du monde. Si vous savez pratiquer la simplicité, cette merveille difficile à toucher, vous vous amuserez royalement dans ce coin.
Voyez notre tapis qui se retire à l’orée d’un bois, il s’étend, ravi, et va relire avec délectation et une attention qui vous honore, vos proses et vos vers.
Je crois qu’il se pique au jeu et qu’il nous apprécie.
Reconnaissez qu’il est bien attachant et que, comme monture, on ne peut rêver mieux...
Maintenant filez...


À DEMAIN…
 

la gaillarde conteuse

 

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un voyage pas ordinaire (jour 6)

Publié le par Patricia

JOUR 6

 

Nous mangeons, nous parlons, nous rions, nous buvons, nous supposons, nous versifions magistralement... Mais voyez la nuit qui tombe doucettement. Notre tapis, tout à l’heure étendu devant la cheminée, s’est roulé dans un coin, il me semble qu’il dort... 
Je dois vous annoncer une nouvelle surprise, un rebondissement de choix : nous allons passer la nuit dans ce château.

Était-ce prévu ? Bien sûr ! Là-haut se trouvent de mystérieuses chambrettes, aux lits tirés de draps de lin, aux tapisseries fleuries de sombres paysages de forêts au cœur desquelles brillent de lourds rubis, ainsi qu’une troupe dispersée de salamandres, loups, aigles, corbeaux, lions, cygnes, chiens, serpents, qui semblent vouloir jaillir de cette lourde étoffe. Des vitraux colorés dessinent aux fenêtres des scènes où des dragons crachent sur de beaux chevaliers des flammes rouge sang. Choisissez votre chambre, selon la couleur, le style, l’ambiance. Si vous avez peur - et je comprends cela - des clefs noires et robustes peuvent clore les serrures. Vous pouvez aussi, s’il vraiment il le faut, vous y mettre à plusieurs, certaines ont des grands lits, qui ont jusqu’à sept places ! On dit que dans l’un d’eux ont dormi le Poucet et ses six frères et que l’ogre fréquente ce lieu chaque nuit, émoustillé encore à l’idée de les prendre. Il porte à sa ceinture trois clefs, une noire, une blanche, une rouge, savez-vous que ce sont les clefs qui ouvrent tout dans l’univers ? Et dans une fine et profonde poche de cuir de cette même ceinture, un long couteau d’argent se tient caché.
À vous de voir...
Promenez-vous, tâtez les matelas, caressez les dentelles, reniflez les atmosphères, arrêtez un peu de penser, simplifiez, simplifiez, cherchez l’inspiration, car c’est bien de cela qu’il s’agit ! Ce lieu est un lieu d’inspiration...
Vous découvrirez sûrement, au cours de la nuit, à qui est cette curieuse demeure et ce que nous faisons ici.
Dieu ? Diable ? De qui avez-vous peur ? Comment les créez-vous tous les deux dans vos esprits penseurs ? Religieux ou païens ? Ils se plient patiemment à vos interprétations, car ils sont là pour cela, comme tous les visages qui peuplent ce royaume. Ta ta ta, comprenne qui pourra…
Je resterai en bas, devant la cheminée, dans ce fauteuil de velours vert. J’aime la nuit et son cortège de silences, de courants d’air tièdes, d’esprits errants...
Vous pourrez toujours me rejoindre, après avoir longé de labyrinthiques couloirs obscurs et frémissants, si vous ne trouvez pas le sommeil.

 

À DEMAIN…

 

la gaillarde conteuse

 

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