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L'ÉTÉ DES MYTHOLOGIES - Egypte antique - 11

Publié le par Patricia Gaillard

L'ÉTÉ DES MYTHOLOGIES
Egypte antique
11

LES DEUX FRÈRES
suite

il se nourrissait de petite chasse et vivait seul...

Au bout de 77 jours, RÂ et KNOUM vinrent le trouver et ils souffrirent avec lui la peine de son coeur posé dans l'acacia. Puis RÂ dit à KHNOUM
"Modèle une beauté qui sera ma fille et qui sera sa compagne"
Alors KHNOUM, le dieu-potier modela soigneusement une exquise créature, et il est dit dans le papyrus que les sept Hator se penchèrent ensemble sur son corps tout neuf et firent ensemble cette prédiction navrante,
"Cette femme mourra d'une mort violente"
Savez-vous que dans les légendes égyptiennes les sept Hator ont le même rôle que les fées dans nos contes merveilleux ?
Sa compagne était belle, Bitiou la désirait beaucoup, beaucoup, mais...
En tout cas il lui montra son coeur au creux de l'acacia, posé là, vulnérable et fragile dans son berceau de feuilles. Et puis les mois passèrent, la femme trouva bien difficile de ne pouvoir toucher que le coeur...
Un jour Bitiou était parti à la chasse et sa compagne se promenait près de l'acacia. Le lac, fils du Nil, désira la toucher de son eau. Alors l'acacia, qui veillait, coupa une large boucle luisante et noire de ses cheveux, la jeta dans l'onde, qui l'étreignit et l'emporta comme un cadeau d'amour. Les eaux portèrent la mèche jusqu'aux rives où travaillaient les blanchisseurs du roi. Le parfum des cheveux se mêla au linge du roi, lin blanc éclatant.
Quand le roi découvrit ce parfum inconnu, il devint tout songeur...

À DEMAIN

la gaillarde conteuse...

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L'ÉTÉ DES MYTHOLOGIES - Egypte antique - 10

Publié le par Patricia Gaillard

L'ÉTÉ DES MYTHOLOGIES
Egypte antique
10

les yeux levés vers RÂ Bitiou hurla "mon maitre, c'est toi qui connaît le vrai"

RÂ fit alors apparaître un lac immense, fils du Nil, plein de crocodiles et de reptiles, pour séparer les deux frères qui se tenaient de part et d'autre du lac et se regardaient. Bitiou parla à son frère et lui dit sa vérité.
"Tu n'as rien vu de toute ma fidélité, aveuglé par cet unique mensonge, moi je ne serai plus avec toi, jamais, je ne serai plus dans les lieux où tu seras, je m'en vais dans la vallée de l'acacia. Un jour ta coupe de vin se troublera, le temps alors sera venu pour toi de me rendre mon coeur."
Puis il prit un couteau à couper les roseaux et coupa son phallus, qui avait été injustement accusé et le jeta dans le lac... un ornithorynque l'emporta au fond des eaux et le dévora goulûment. Bitiou tomba inanimé dans son sang - c'est comme je vous le dis, en tout cas c'est ainsi que l'a écrit le scribe Enanah.

Pas fier, Anoupou, de l'autre côté du lac. Il tomba à genoux, se frappa la poitrine, ramassa de la poussière et de la boue et s'en barbouilla le visage, c'était leur manière à eux, hommes d'Egypte, de montrer leur souffrance quand elle était trop grande. Puis il rentra, tua son épouse et sombra, seul, en silence, dans le deuil de son frère...

Mais là-bas, de l'autre côté du lac, Bitiou se releva de son sang. Il marcha longtemps, des jours, des mois, des années, pour arriver enfin au pied de l'acacia, qui le reçut. Bitiou ouvrit sa poitrine, sortit son coeur, celui-ci devint comme une petite pierre précieuse et rouge qu'il posa dans un panier de jonc. Il se construisit une maison parfaite dans les racines de l'arbre, puis il y vécut seul, se nourrissant de petite chasse.

À DEMAIN !

la gaillarde conteuse...

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L'ÉTÉ DES MYTHOLOGIES - Egypte antique - 9

Publié le par Patricia Gaillard

L'ÉTÉ DES MYTHOLOGIES
Egypte antique
9

elle posa sa main sur son torse puissant et bronzé...

"C'est vraiment une grande vaillance qui est en toi, moi je vois ta force chaque jour - dans le papyrus il est dit que "son coeur le désira" ;-) - viens, reposons ensemble une heure durant, si tu m'accordes ça je te ferai de beaux vêtements"  Mais Bitiou n'apprécia pas ces paroles car il la considérait comme une mère et Anoupou comme un père. Il prit donc la jarre sur son épaule et s'en alla aux champs. Elle le regarda s'éloigner, regrettant le plaisir qui partait avec lui, puis elle eut peur soudain des paroles qu'elle avait prononcées. Alors de femme effrayée elle devint femme fausse, c'est un choix que l'on fait parfois...

Quand les deux hommes rentrèrent, le plus jeune s'en alla, comme d'habitude, dormir avec ses bêtes, du même souffle chaud et fatigué. L'aîné, étonné de ne pas voir la lampe allumée, de ne pas être accueilli comme toujours par son épouse, la chercha, la trouva, choquée, presque mourante
"Oh Anoupou, c'est ton frère, en cherchant des semences, qui m'a trouvée seule et qui m'a désirée. Moi je lui ai dit je suis comme ta mère et Anoupou comme ton père, alors il m'a frappée pour me faire taire.
Anoupou, si tu permets qu'il vive encore, c'est moi qui vais mourir."
C'est une façon de faire...

Anoupou donna du fil à son couteau, mais - et c'est là que le conte devient conte, et merveilleux de plus ! - une vache du troupeau, dans un murmure humide et parfumé dit à Bitiou  "Voici ton frère qui se tient derrière toi, avec son couteau pour te tuer, sauve-toi !!"
Bitiou se mit à courir, à courir sans réfléchir. Anoupou derrière lui, fou de colère, l'accusait de tout ce qu'on lui avait dit. Alors Bitiou leva les yeux vers RÂ et hurla 
" Mon maître c'est toi qui sait le vrai !"

À DEMAIN !

la gaillarde conteuse...

 

 

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L'ÉTÉ DES MYTHOLOGIES - Egypte antique - 8

Publié le par Patricia Gaillard

L'ÉTÉ DES MYTHOLOGIES
Egypte antique
8

 

LES DEUX FRÈRES


Anoupou et Bitiou étaient frères, nés de la même mère et du même père. Anoupou, l'aîné, avait une épouse et une maison et Bitiou vivait près d'eux comme serviteur. Il faisait les vêtements, le pain, il préparait la terre pour les travaux des champs, dès qu'elle était "sortie de l'eau".
Bitiou était un excellent ouvrier et il avait un grand savoir. Anoupou, qui était à la fois son aîné et son maître travaillait en sa compagnie avec une grande confiance et une véritable joie.

Ce jour-là ils labouraient tous deux derrière leurs boeufs puissants. Quand vint le moment de l'ensemencement, Anoupou envoya son frère au logis chercher des semences. Quand Bitiou y arriva, sa belle-soeur était en pleine séance de coiffure, elle se faisait faire un superbe monticule de tresses finement et savamment ouvragées. 
-"Peux-tu me donner les grains à semer pour mon frère ?"
La dame, effrayée à l'idée de mettre en péril l'architecture sophistiquée qui poussait sur sa tête, demanda à Bitiou de se servir tout seul. Ce qu'il fit.
Il prit une jarre (grosse la jarre) y mit trois mesures d'orge et cinq mesures de froment - et quand je dis mesure, c'était du genre dix kilos la louche ! Le voyant passer avec un tel chargement sur son épaule, la dame lui dit
- "quelle quantité portes-tu Bitiou ? 
- Orge trois mesures, froment cinq mesures, voilà qui est sur mon épaule " répondit-il simplement.
Alors elle vint tout près de lui et, la voix soudain très douce, elle posa sa main tiède sur son torse puissant et bronzé et murmura...

hé hé, la suite demain !

la gaillarde conteuse...
 

 

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