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ÊTRE SOI

Publié le par Patricia Gaillard

ÊTRE SOI

Chacun de nous est une clairière dans la forêt du monde. Pour s’y tenir il faut se défaire du vêtement que l’on porte, qui a été filé, tissé, cousu, brodé par l’éducation et les habitudes, les peurs, les conventions et les certitudes. Le tissu est épais, lourd, trop laid ou trop beau, « trop » de toute façon. Il recouvre ce que nous sommes en vérité. C'est à se demander pourquoi on le conserve ainsi. L’ôter, l’accrocher à une branche, c’est risquer d’avoir froid, au début, c’est inconfortable. Oui, mais l’inconfort réveille !
Être réveillé permet de sentir la douceur de la clairière, d’entendre son silence. Autour, dans la forêt du monde des voix courent, nous appellent, nous disent que tout a besoin de nous, que nous manquons au monde.
Ta ta ta, attention, c’est le ver secoué pour agacer la truite.
Demeurer ici un peu seulement, ne sert pas à grand-chose. Si, tout de même, ça nous permet de savoir que le lieu existe, qu'il nous attend. Parfois nous repartons très vite, et nous mettrons des années à revenir, alors que nous étions convaincus de ne pas tarder à nous installer ici. Ce n’était pas encore le moment, sûrement. D’ailleurs il ne s’agit pas d’y rester sans cesse, mais d’y être présenté à nous-même, de prendre le temps de se refaire un vêtement, mais le nôtre cette fois, pas ce prêt-à-porter que nous endossons tous.
Lorsque nous l’avons fait, le monde change de couleur, car nous avons changé.
Et puis dans la forêt du monde on nous regarde, on est intrigué.
Celui qui ose tisser son vêtement lui-même étonne, charme, réveille...

Patricia Gaillard

 

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PUBLIC DE RÊVE

Publié le par Patricia Gaillard

Sur mon agenda pas de dates de racontées. Croyez-vous ? Ne vous fiez pas aux apparences et voyez de plus près ce sacré paysage...

Le matin une rosée gelée croustille, puis un soleil vif se lève d'un coup et la dévore rapidement. Un peu plus tard la conteuse sort, dans la douceur inattendue, elle conte aux sapins, aux herbes, aux buissons, à la source, à ce public qui vibre, qui frémit, qui s'étire, c'est un bonheur de le connaître, de le reconnaître, c'est une communion subtile et divinement simple. N'est-ce pas alors que la conteuse est dans l'essence même de sa fonction ?

Et puis ce roman qui continue sa route, qui parle d'une femme déjà âgée dont le coeur veuf palpite soudain sous l'oeil unique d'un rebouteux. Attention, la renaissance n'a pas d'âge.
L'ouvrage sera publié cette année, aux éditions De Borée.

Et puis un autre livre, secret pour l'instant, chut, vous en saurez un peu plus, un peu plus tard...

Mais si vous avez besoin de moi, si vous voulez venir me voir, écrivez-moi, appelez-moi, vous aurez votre place dans ce joli programme,

Car celui qui vient est roi

 

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Deux jours avec les contes, près du feu

Publié le par Patricia Gaillard

Autour d'un feu de cheminée, qu'Hervé entretenait consciencieusement, avec dehors le grand froid et le givre, nous avons conté, chanté, dit des poèmes, échangé, rit, mangé de succulentes nourritures, bu de bons vins, des thés parfumés, des tisanes rassurantes.

 

 

Et nous avons travaillé, pour tâcher de pénétrer dans les mystères des contes et des curieux voyages qu'ils nous proposent, pour tâcher d'en soulever le voile, d'en voir le coeur, d'en toucher la substantifique moelle, pour tâcher de sentir la sagesse simple qui y sommeille et que l'on gagne à réveiller.

 

Nourrissant le corps et nourrissant l'esprit, ces deux jours ont été une parenthèse, nous avons laissé dehors le froid et le monde, pour entrer un peu en nous, là où dort le trésor de l'origine, où il convient de puiser pour revenir plus fort, avec des lumières dans le ciel de nos nuits.

 

Merci à vous, chercheurs de merveilles, d'avoir pris le temps de former cercle près du feu, merci pour vos histoires, pour votre gaieté, pour cette promenade à la rencontre des "poulets aux pieds bleus" que nous n'avons jamais pu voir. Ne sont-ils pas plus beaux de n'avoir pas été vus !

 

 

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L'HIVER

Publié le par Patricia Gaillard

L'hiver est là, avec son blanc, sa froidure, le rose timide des aubes, le soleil argenté.
Me reviennent des poèmes d'Émile Verhaeren, qui ont bercé mon jeune temps et qui me bercent encore.
La poésie nous ramène à nous-même, à cette essence qui nous fait frères de ce qui est.
La fréquenter nous ramène chez nous, dans cette humanité première.
Quand le trésor était ouvert...

Belle journée à vous...


 

Le sol trempé se gerce aux froidures premières,

La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs,

Et met, au bord des toits et des chaumes branlants,

Des coussinets de laine irisés de lumières.

Passent dans les champs nus les plaintes coutumières,

A travers le désert des silences dolents,

Où de grands corbeaux lourds abattent leurs vols lents

Et s’en viennent de faim rôder près des chaumières.


Mais depuis que le ciel de gris s’était couvert,

Dans la ferme riait une gaieté d’hiver,

On s’assemblait en rond autour du foyer rouge,


Et l’amour s’éveillait, le soir, de gars à gouge,

Au bouillonnement gras et siffleur, du brassin

Qui grouillait, comme un ventre, en son chaudron d’airain.


Émile Verhaeren

 

 

 

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