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De belles histoires 2

Publié le par Patricia Gaillard

 


ARACHNÉE

Athéna, déesse grecque des travaux de filage, de tissage, de broderie, était connue pour être généreuse et pas du tout jalouse. Sauf une fois. Elle avait entendu parler de la fille d’un teinturier de pourpre, dans la ville de Colophon, qui filait et tissait magnifiquement. Elle s’appelait Arachnée. On disait qu’aucun tissu au monde ne pouvait être aussi beau que son travail. Alors Athéna, qui était la meilleure tisseuse de l’univers, par un procédé magique, se transforma en vieille femme pour aller rendre visite à la jeune et remarquable tisserande.
Les tissus qu’elle faisait étaient d’une teinte rouge qu’on n’avait jamais vus nulle part ailleurs, et de plus les dessins du tissage étaient d’une incomparable perfection.

Athéna, très sûre d’elle, proposa un concours. « Fabriquons chacune un ouvrage qui représentera les dieux de l’olympe. Et nous verrons alors qui de nous deux sera la meilleure… les dieux choisiront… »

Quelques temps plus tard, les deux femmes montrèrent leurs ouvrages. Si celui d’Athéna frappait par sa qualité divine, sa finesse éblouissante, celui de la jeune fille le surpassait pourtant et son tissu fut choisi par les dieux.

Athéna ne supporta pas ce terrible affront de mortelle.
Elle empoigna la tapisserie et la déchira, cassa le métier à tisser d’Arachnée et écrasa les navettes…
la jeune fille blessée dans son âme, se pendit avec son fil.
Mais Athéna, revenue de sa colère, ne permit pas à Arachnée de mourir. Elle la transforma en araignée.
Et c’est depuis ce temps-là que l’araignée est la magnifique tisserande que nous connaissons, qui présente à nos regards ses travaux géométriques remarquables où pendent, comme des diamants, les gouttes de rosée du petit matin…

la gaillarde conteuse 

 

 

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De belles histoires 1

Publié le par Patricia Gaillard

Nous allons entamer ce Février tout neuf avec des histoires. Parce que je suis conteuse, parce que c'est l'hiver, parce que si on ne raconte pas d'histoires on perd de vue l'essentiel, les contes sont là pour nous tendre des clefs. 
Voyez plutôt...


LE MULOT CONTEUR
Version de Patricia Gaillard

Trois petits mulots, un jour d’automne, reniflent autour d’eux… mmmm l’hiver n’est pas loin. Jusque là ils squattaient un vieux nid dans la haie d’églantiers. Mais là, il faut être sérieux, ils se font un terrier, profond, avec une chambre et un grenier.
Dans la chambre on met de la mousse, des feuilles, des herbes sèches, le tout finement haché, ça fait une moquette odorante et confortable.
Il s’agit maintenant de remplir le grenier.
Deux d’entre eux, du genre courageux, actifs et prévoyants, s’en vont chercher de quoi : des graines, des noix, des fruits secs, des champignons, des mousses, des escargots, des vers de terre, même secs, des mûres, ah oui les mûres, ils adorent…
Ils roulent, portent, traînent, roulent, poussent tout ça jusqu’au terrier, de nuit, tout en se méfiant des hiboux et des chouettes, des chats et des blaireaux, qui croquent très volontiers les festins minuscules d’une vingtaine de grammes, qu'ils sont. 
Le troisième compère se prélasse, rêvasse, sur un épais tapis de mousse, au pied d’un pommier sauvage dont les rares àpetits fruits ronds brillent sous la lune. Il contemple le turban du ciel bleu sombre piqué d’étoiles, il écoute les chants des nocturnes, il renifle les parfums de l’automne. Rien ne lui échappe de tous les frôlements, frissonnements, frémissements de la nuit. Il rêve, il médite, c’est un poète, un artiste.
Les deux autres, courageux, actifs, prévoyants, lui disent : t’es paresseux, t’es un lâcheur, t'es la cigale de la fourmi, tu ne mériteras pas de manger quand viendront la bise et les gelées ! Aide-nous !!
Il ne peut pas. C’est plus fort que lui.
Voilà l’hiver. Ils sont contents tous les trois d’avoir un bon abri. Le grenier est plein. Ils pourront même se permettre d’inviter parfois des mulotes à dîner.
Dans ce terrier, si on mange très bien, par contre on s’ennuie ! Les nuits sont longues. On sort un peu, mais on revient vite. Houla, trop de vent, de la neige et tous ces hiboux qui ont faim, c’est dangereux ! Heureusement on leur échappe souvent, on saute haut, on grimpe aux arbres, on abandonne dans leurs becs acérés le petit bout de sa queue et on est sauvé !
Alors on revient, on est content d'être en vie. Mais on s’ennuie !
C’est là que le mulot-poète-conteur se met à raconter le ciel, les étoiles, les pommes luisantes, les chants, les parfums, les frôlements, les frémissements, les frissonnements… toutes les choses qu’il a pris le temps d’entendre et de voir. Toutes ces histoires…
On l’écoute, à demi-couché, les yeux mi-clos, avec délice, les  pattes croisées sur les ventres bien pleins.

Et à ce moment-là, à ce moment-là seulement, on se dit :
On a besoin de rêve, tout autant que de pain.


N'hésitez pas à prendre cette histoire pour la raconter, car elle dit bien l'importance des rêveurs...

la gaillarde conteuse 

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Votre bouquet du Dimanche 1er Février

Publié le par Patricia Gaillard

En Alsace on dit que Février est un mauvais garçon. C'est un mois-surprise où il peut faire un vrai soleil d'or, comme il peut geler à pierre fendre. Pour ce dernier mois vers le printemps, j'ai composé un petit jardinet d'hiver. Un très grand pot, quelques bûchettes de bois dans le fond, recouvertes d'un gros nid de longues feuilles sèches dans lequel j'ai inséré des pots de plantes grasses, de primevères et une hellébore offerte par une amie. Une pierre moussue, deux galets longs et une petite bonne femme rigolote en terre cuite, et voilà un régal pour les yeux.
Il sera donc votre bouquet pour ce Dimanche

la gaillarde conteuse 

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