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Votre bouquet du Dimanche 15 Février

Publié le par Patricia Gaillard

Et voici le milieu de Février. Sur la petite montagne là-bas, on peut voir des versants enneigés. Ici il fait plutôt pluvieux et une pinçante froidure. Dans mes petits jardins d'hiver, la gaulthérie a des fruits ronds d'un rouge pimpant près des feuilles joliment vertes. 
J'aime cette plante aux vertus reconnues et largement utilisées, car devant elle arthrite et arthrose n'ont qu'à bien se tenir ! 
Que ce Dimanche vous soit doux

la gaillarde conteuse 

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De belles histoires 4

Publié le par Patricia Gaillard

 

Image Pixamio - Pixabay

Poule rouge et le loup

Une poule rouge surgit, affolée, du portillon ouvert entre le potager et la ferme. Ses yeux exorbités cherchent la chèvre et la truie pour qui elle a une terrible nouvelle.

« Oh, mes amies, voici la fin des douces nourritures, des siestes sous le pommier, des grains au creux des herbes. Le fermier et la fermière ce soir, cueillant les haricots, ont parlé de la foire où ils iront tantôt, vendre la rouge, la noire, la blanche… c’est nous !  Il faut faire quelque chose. Moi, la cocotte-cercueil, avec la gerbe de thym-laurier, je refuse. Net. »

La chouette, dans le pommier, hulule gravement : « les bêtes de ferme finissent ainsi. »
La poulette répond : «Chèvre la blanche, gorette la noire, redevenons, sauvage, comme cette vieille chouette sage »

Poule rouge devant, en meneuse de troupe, sort de la ferme, fièrement, suivie de la truie noire au groin rosé et de la chèvre blanche. Elles sont décidées. Mais si à la ferme la foire est une menace, dans les grands bois, cette menace est un loup. C’est la chouette qui le dit, pour prévenir le trio que rien pourtant ne décourage. Il faudra cependant trouver un abri, un pour chacune, car si leur amitié est vraie, leur vie n’est pas la même. Du tout.

La truie est grosse et un peu paresseuse. Elle voit bientôt quelques buissons de prunelliers qui forment ronde autour d’une terre moelleuse, un peu humide, presque boueuse… elle n’hésite pas un instant, d’autant plus qu’elle est déjà fatiguée : « Je reste là, cachée »

Les deux autres commères continuent leur chemin. L’œil de la chèvre tombe sur une cabane en bois, un peu miteuse. Mais grande et adroite, elle pense réparer l’endroit et s’y installe avec plaisir.

Notre poule rouge s’enfonce au bois, inquiète. Elle a déjà croisé renard et la chouette dit que le loup est un peu son cousin. Prudence… prudence. Elle cherche longtemps un abri honorable quand elle voit dans un gros chêne une ouverture ronde, qui donne sur un logis spacieux et confortable. Elle y pond trois œufs. Ouf, ça fait du bien, la chose pressait !

Pendant cet accouchement, le loup qui de loin les avait suivies, arrive chez la truie. Par quelques politesses chuchotées, il essaie d’inviter la belle à un bal, à un thé, à quelque chose qui la ferait sortir de sa maison de branches. Mais rien ne l’intéresse, elle se repose et comme le loup menace d’entrer, elle rit.  Il entre pourtant, trois piquants de prunelles n’ont jamais retenu un loup et la pauvre gorette vivement dévorée, lui tient l’estomac heureux plusieurs jours…

Après quoi, un matin, il frappe doucement à la porte de la cabane où la chèvre déguste un pot de sel. La blanche fait la sourde. Ce sel est délicieux. Il insiste, elle persiste. Le loup se jette contre la porte. Fragile, cette porte.

La jeune viande de chèvre un peu salée, vaut le détour. Notre loup est content, il digère, dans une clairière, ce beau festin de roi.

 

Pendant ce temps, ignorant tout de ces carnages, notre poule échange ses œufs contre une boîte d’épingles et deux trois planches de bois puis elle fait à son logis une porte finement hérissée que nul n’oserait forcer, à moins d’être un peu fou !

Le loup a gardé la poule pour un reste de faim. Cette proie est bien petite, mais on dit que sa chair est tendre, savoureuse et bien grasse. Un dessert pour lui je crois.
Oula ! Les piquants d’épingles sont plus méchants que ceux des prunelliers !
Sa pauvre patte en tremble. Ce n’est pas grave, il va souffler, il a le poumon sain et vigoureux.
Mais cette porte hérissée est épaisse comme celle d’un pont-levis ! Alors il tourne autour du chêne et cherche une autre entrée, mais il n’y a rien qu’un trou de cheminée dont sort une fumée blanche. « Et si je m’essayais dans ce trou ? Oh, il a juste ma taille… » dit le gourmand en léchant ses babines. Il se laisse glisser les bras en l’air et arrive le derrière dans une cocotte, où bout une gerbe de thym-laurier…
Il n’y reste pas longtemps, l’horreur donne des ailes même aux loups et celui-ci s’envole par cette même cheminée. Il court, court, dans les bois, il se passera de dessert.

La poule je crois est encore dans le gros chêne. Le soir, quand notre lune monte, elle entrouvre sa porte et la chouette s’y glisse. Elles devisent longuement des choses de la vie, des bêtes, des gens.

Pendant ce temps notre loup ronfle,
le derrière chauve, mais vivant.
Il rêve de festins, de ripailles,
pendant que la nature, maille par maille,
Tricote les feuilles neuves du printemps

la gaillarde conteuse 

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De belles histoires 3

Publié le par Patricia Gaillard

Image Darkmoon_Art - Pixabay

     

             Le loup, le renard et le roi

Au temps où les hommes avaient des dieux, les bêtes avaient des rois.
Dans les forêts de nos régions, ce roi était un ours. Choisi pour sa force, sûrement, pour sa sagesse, peut-être, je ne sais.
               En tout cas, chaque animal sauvage pliait devant lui le genou. Même le loup.
               Au jour dont je vous parle, l’ours, roi des forêts, était vraiment malade. C’est une chose qui arrive même aux rois.
            Il était là, couché, sur un grand lit de feuilles, visité tout le jour par de nombreux sujets. Abeilles, tourterelles, écureuils malicieux, hiboux, souris et hérissons du lieu et cent autres encore que je ne dirai pas, car vous les voyez bien. Loup lui-même y allait, courant de taillis en taillis. Ours l’avait parfois aidé, contre les ruses de renard, et sauvé de justesse ! A ne pas oublier. Un loup n’est pas ingrat.
             Il arriva bien vite, présenta ses hommages, tapota l’oreiller, chercha de l’eau de source, chanta même, m’a-t-on dit, de douces mélodies pour réduire le malaise. Mais rien ne soulageait. Il était encore là quand renard arriva. C’était presque la nuit et la lune qui montait, ronde et argentée donnait un éclairage étrange à ce grand corps souffrant, étendu là, misérablement
          « Tu viens bien tard », dit l’ours au renard, avec toute la rage qui lui était possible.
 « Tu négliges ton roi »!
                 Le loup parut content de ce reproche, il jetait au renard un regard amusé. Renard le remarqua. Peu de choses lui échappent. Il dit alors au roi :
               « Si je ne suis pas venu plus tôt,  c’est que je n’avais pas le temps. Et si je n’avais pas le temps, c’est que je parcourais tout le pays alentour, à consulter rebouteux et leveurs, sorcières et guérisseurs.  Je cherchais un remède, un remède pour te guérir, te guérir à coup sûr… mon roi. »
                  Aucune nouvelle ce soir-là ne pouvait être plus grande.
                  « Renard, dis-moi, ce remède, quel est-il ? »
Le museau fin relevé et l’œil d’or pointé vers le loup, le renard souffla à l’ours :
« Revêtir la peau encore  chaude d’un loup mort… mon roi » L’ours empoigna le loup, le tua d’un coup de patte et sans attendre lui ôta sa peau.
                  C’est comme je vous le dis. Celui qui ne me croit pas, qu’il aille voir, l’écorché gît encore à l’ombre  des ronciers, dans cette forêt-là, quelque part, dans ce pays.

la gaillarde conteuse 

 

 

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Votre bouquet du Dimanche 8 Février

Publié le par Patricia Gaillard

Bien sûr, avec le soleil déjà tiède, certaines plantes poussent au jardin. Quelques fleurs de tulipes et de jonquilles montent en bouton, c'est tôt, le gel est encore d'actualité, Février ne fait que commencer. Dans la maison aussi, devant une fenêtre, le chamaedorea a fait une fleur. Pour l'instant les boules sont vertes et minuscules, mais elle vont grossir et devenir jaunes. Je vous inviterai à suivre sa maturité. J'aime bien les fleurs des plantes d'intérieur. Elles sont parfois inattendues, on hésite même alors à les appeler "fleurs."
Pourtant...

je ne vous souhaite pas forcément un Dimanche inattendu, mais un beau Dimanche tranquille et heureux

la gaillarde conteuse 

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