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Pluie

Publié le par Patricia Gaillard

Le poète a souvent comparé la pluie aux larmes de son coeur.

Nous maudissons la pluie en ce début d'année  sans froid et sans gel, mais mouillé sans cesse, humide partout et qui peint tout en tons de gris.

Quelles larmes coulent donc ainsi que nous n'avons pas versées et qui s'entassent dans le bassin cloîtré de la mémoire ? Et ce ciel qui ne cesse de s'épancher sans retenue, quand nous retenons sévèrement le flot qui est en nous. C'est qu'on nous a appris l'héroïsme, qui d'ailleurs ne sert à rien, qu'à être acclamé, la belle affaire, quand on aurait du nous apprendre l'amour. L'amour de soi, des autres, de la terre et l'amour de la pluie. Car enfin, elle est un miroir à toute l'eau que nous avons en nous ! Nous sommes essentiellement eau et craignons la pluie comme si nous étions sucre.

Bien sûr nous nous battons à longueur de vie pour avoir le meilleur et nous attendons carrément des éléments qu'ils nous le donnent aussi ! Comment, il pleut ? Il fait gris ? Froid ? Venteux ? Tout ce qu'on aime pas... quelle horreur... alors l'enfant gâté que nous sommes devenus - ou restés - râle et devient triste, car il n'a pas le meilleur.

Les dieux doivent souvent nous trouver drôles. C'est peut-être ce qui nous vaut d'être encore là.

On dit que les larmes rincent l'âme, n'a-t-elle pas grand besoin d'être rincée, l'âme du monde... ?

Allez, je vous emmène chanter sous la pluie, avec Gene Kelly https://www.youtube.com/watch?v=D1ZYhVpdXbQ

j'adore !!!

 

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IL EST TEMPS

Publié le par Patricia Gaillard

Et voilà que l’année se termine. L’année, une de nos mesures du temps. Ères, millénaires, siècles, ans, mois, semaines, jours, heures, minutes, secondes. Et j’en passe…

Nous avons capturé le temps et l’avons classé en diverses tranches régulières. Et nous sommes contents. Nous avons inventé du même coup le retard, l’avance, la perte et le gain de temps, l’avoir ou pas, le perdre ou le donner. Le temps-prise de tête.

Posons-nous un instant, regardons l’insouciance de l’oiseau, la patience du germe, celle de la pierre, le calme de l’arbre, la paix de l’âne qui broute. Comme elle les laisse beaux et infiniment présents, leur ignorance du temps, pendant que nous courons, en tout sens, comme des vents.

Devenir parfois oiseau, germe, pierre, arbre, âne, nous ferait grand bien et nous ramènerait dans notre part intemporelle, une part de choix…

N’est-ce pas cela qu’il serait bon de se souhaiter pour « l’année » qui vient ?

Bonne intemporalité !e

Patricia Gaillard, la gaillarde conteuse...

 

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NOTRE ENFANT LUMIÈRE

Publié le par Patricia Gaillard

L'enfant que nous avons été porte une lumière qui nous manque.
Où est-il ?
Il erre dans les couloirs de la mémoire, retenu par des portes qui ouvrent sans cesse sur des événements qui l'ont tué, blessé, marqué, peiné ou qu'il n'a pas compris.
Tant qu'il demeurera là-bas, sa part d'âme manquera à la nôtre et nous resterons incomplets. Sans lui nous ne trouverons pas le chemin qui mène à la totalité, sans lui la carte vers la Source sera toujours incompréhensible, sans lui nous resterons perdus dans le labyrinthe de nos pensées épineuses.

Il faut entreprendre le voyage, pour le rejoindre, le consoler, l'aimer, le ramener ici et maintenant. Nul autre que nous ne peut le faire. Puis, définitivement riche de sa présence et lui de la nôtre, nous pourrons reprendre ensemble la route vers la connaissance de nous-même à la lumière cette fois, de l'émerveillement. 

Voyez ce Noël qui approche par cet enfant divin. Même Dieu revient sans cesse à l'enfant qu'il est !

Sans cette part de lumière il ne serait pas "un"

 

Que ce Noël soit celui de l'enfant que vous avez été.
Il a sa place ici et maintenant.

Ainsi entiers et beaux, allez, je vous embrasse...

Patricia Gaillard... la gaillarde conteuse

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UNE VRAIE CONTEUSE

Publié le par Patricia Gaillard

JOSETTE a la clef !

Quand elle a commencé à raconter, je l'ai reconnue d'emblée, la vraie conteuse. Une petite femme, mince, avec un minois de souris, discrète et gentille, qui parle simplement, avec des mots courants, sans littérature, sans manières, sans jamais prendre un ton autre que le sien. Une désarmante simplicité, qui vous happe, vous tient, et qui pourrait durer des heures. Josette n'est pas professionnelle, elle ne sait même pas qu'elle conte bien, quand on lui en fait le compliment, elle semble penser qu'on parle de quelqu'un d'autre. Une vraie, je vous dis, une vraie. Et puis dans ses contes, le mal et le bien ont chacun une place, elle ne prend pas parti. Là où on tue, elle tue, là où on sauve, elle sauve, et puis voilà. Le conte sait ce qu'il fait, elle le suit, elle n'a pas d'états d'âme, ce que le conte dit est aussi sacré que simple, hop, elle ne se pose aucune question. Elle a la clef. C'est très fort, très fort, cette simplicité. Celui qui y arrive, sait-il seulement qu'il y est ?
Merci, Josette, merci, je suis très honorée de te connaître et je vais essayer d'atteindre un jour ce lieu de la parole où tu te trouves, qui est, je crois, l'unique lieu de la parole.
Patricia

à Limoges, le 15 Octobre 2017...

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