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LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES (danemark) 3ème et dernière partie

Publié le par Patricia Gaillard

LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES   (danemark)  3ème et dernière partie
(version de Patricia Gaillard)

Le feu de l’allumette couvre d’un coup le mur d’une curieuse lumière puis le mur entier devient transparent, il montre une table bien mise, avec une nappe blanche, des assiettes de fine porcelaine au liseré d’or, des verres cristallins, des couverts argentés. Au beau milieu de la table une oie rôtie, dorée, juteuse, est entourée d’oignons et de pommes. Et voici que la bête fumante se lève de son plat, se met à danser sur la nappe, glissant gracieusement entre les assiettes et les verres. Elle tient dans ses deux pattes un couteau et une fourchette qu’elle tend à la pauvre fillette. Mais l’allumette s’éteint et tout disparaît d’un coup, comme un mirage. Sans réfléchir cette fois, la petite craque une troisième allumette. Elle est immédiatement transportée près d’un arbre de Noël qui resplendit de bougies, de fines décorations de nacre et de verre, de cœurs de sucre rose. L’enfant, émerveillée, tend sa main pour en décrocher un, l’allumette s’éteint, l’arbre monte vers le ciel et toutes ses lumières deviennent des étoiles. Une de ces étoiles redescend vers la terre, déroulant dans son sillage une longue traîne d’or. Sa grand-mère chérie, qui l’avait tant aimée, disait souvent qu’une étoile filante annonçait une mort. La quatrième allumette craque fort et voilà que l’enfant voit sa grand-mère devant elle…
« Grand-mère, tu es revenue, emmène-moi, car tu vas disparaître quand l’allumette s’éteindra, comme le poêle, comme l’oie, comme le sapin ! Emmène-moi ! » Elle allume l’une après l’autre toutes les allumettes qui lui restent, pour voir encore et encore sa chère grand-mère, puis elle fouille dans sa poche, il ne reste plus rien. Cette fois toute lumière est perdue...
Grand-mère alors prend sa petite-fille dans ses bras, tout contre elle, avec une grande douceur et elle l’emmène très haut, loin du froid, loin de la faim et bien loin du chagrin.

Le lendemain, quelques passants s’arrêtent devant le triste spectacle d’une petite fille, morte dans une encoignure de mur. On peut voir, près de sa menotte, un fagot d’allumettes consumées. Les gens trouvent étranges ces joues bien roses et ce sourire alors que le corps est raide et gelé sous la neige.
Comment pourraient-ils donc imaginer le voyage paisible d’une vieille femme et d’une enfant, main dans la main, au-delà des misères de la terre, dans un monde très doux nimbé de tiède lumière…

Que la journée vous soit douce et légère

 

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LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES (danemark) 2ème partie

Publié le par Patricia Gaillard

LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES (danemark) 2ème partie
(version de Patricia Gaillard)

Elle grelotte mais ne peut retourner chez elle, elle n'a pas récolté la moindre piécette et craint la colère de son père. Le froid vaut mieux que lui. Ses mains lui font mal jusque sous les ongles. De délicieux parfums  sortent des demeures autour d'elle, des fumets de viandes qui mijotent, des odeurs de gâteaux au four, qui torturent son ventre creux.
Elle aperçoit une encoignure, entre deux maisons, elle s'y glisse et s'y accroupit, peut-être y sentira-t-elle moins le froid. La neige a fait sur sa jolie chevelure et sur ses épaules comme un châle blanc, de cristaux légers, la rendant pareille à une fée de l'hiver. La nuit maintenant est bien noire, les réverbères sous la neige éclairent mal la ruelle, les vitrines s'éteignent peu à peu, les gens sont rentrés chez eux. Il ne reste que quelques passants qui avancent, penchés, sous la neige. Qui pourrait remarquer cette fillette, blottie dans ce coin de mur obscur...
Elle met ses mains dans ses poches et sent les allumettes. Si elle en craquait une, juste une ? Elle imagine déjà la bonne chaleur de la flamme. Alors elle n'hésite plus, en prend une entre ses doigts et la frotte contre le mur. Aussitôt une belle flamme jaune surgit dans un craquement, s'allonge, s'affine et brille comme un soleil dans l'ombre noire. Et cette chaleur soudaine et minuscule, quelle joie, quel bonheur ! Il lui semble maintenant voir devant elle un bon poêle en fonte noire, où trône une grosse bouilloire de cuivre. Elle étend ses pieds, pour les chauffer un peu contre le poêle, mais celui-ci disparaît et elle se retrouve dans le froid et le noir, un restant d'allumette noirci entre ses doigts... Cette fois elle n'hésite pas et prend une seconde allumette. Celle-ci craque avec panache, sa belle flamme éclairant tout alentour ! 

À demain pour la suite, passez une bonne journée...

la photo viendra plus tard dans la journée. Il a fait  -5 ce matin ici, je m'en vais à l'instant prendre des photos du gel !

la voilà !!

 

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LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES (danemark) 1ère partie

Publié le par Patricia Gaillard

La petite fille aux allumettes  (danemark)  1ère partie
(version de Patricia Gaillard)

Elle venait des faubourgs de la ville, ces lieux obscurs, malpropres, où traîne la misère. La mère était partie, le père était souvent pris de vin, et il y avait deux enfants dont un tout-petit. La gamine était l’aînée et  devait mendier, mais elle arrivait toujours, avec son petit air maigre et pâlot, à toucher assez de cœurs pour rapporter quelques piécettes de cuivre.

On était en plein hiver et c’était la dernière nuit de l’année. Un froid tenace s’était installé depuis plusieurs jours. Dans les rues de la ville les gens marchaient vite, crispés, les cols relevés, les mains dans les poches. La vieille neige avait commencé à fondre un peu, puis ce froid intense et soudain l’avait gelée, on aurait cru que tout était recouvert d’une grosse couche de verre lisse et brillant.
La petite était venue par ici car le quartier était cossu. De belles boutiques, aux vitrines éclairées, montraient toutes sortes de merveilles. Fourrures, soies et châles de laine, ou jambons, saucisses et poulardes enrubannées. Chacun cherchait à se faire un doux et bon réveillon. Les gens entraient et sortaient des boutiques, puis filaient, d’un pas pressé, pour retourner dans leurs logis où sûrement un bon feu les attendait. Elle s’était installée sous un réverbère qui était tout vernis par le gel et elle tendait ses allumettes. Mais les passants ce soir-là n’avaient pas besoin d’allumettes et recroquevillés par le froid, le paquet de leurs achats sous le bras, ils remarquaient à peine cette enfant en guenilles, avec une seule chaussure trop grande, les doigts et le visage douloureux, rougis et raidis par le grand froid. Elle se traîna ainsi de rue en rue, puis la nuit et la neige se mirent à tomber en même temps…

À demain pour la suite
Je vous souhaite une bien bonne journée

La photo ci-dessous a été prise dans ma voiture, dont le pare-brise était fortement gelé. Admirez ces arabesques, exactement ce que j'aime !

 

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LE CYGNE (Alsace) 2ème et dernière partie

Publié le par Patricia Gaillard

LE CYGNE (Alsace)  2ème et dernière partie
(version de Patricia Gaillard)

Le bel animal, prodigieux tout d'abord, devint peu à peu habituel, puis banal, puis même un peu encombrant. Jusqu'au jour où la dame, dont le coeur guérissait, trouva cette présence constante vraiment exagérée. Elle se souvint qu'au village voisin il y avait une ferme, où son époux, qui aimait tant les cygnes, en possédait beaucoup. Elle confia donc la brave bête blanche à une servante. Quand celle-ci arriva à la ferme, elle ouvrit le panier à volaille et l'animal en surgit comme un diable et s'enfuit dans un bois proche. Nul jamais ne le revit.

À partir de ce jour la dame fut frappée d'une langueur mauvaise. Ses affaires, peu à peu, tournèrent mal, et sa vie se termina dans une triste misère...
On ne voit pas un ange, s'il prend les traits d'une bête.

"Puis quand les bords de l'eau ne se distinguent plus
À l'heure où toute forme est un spectre confus
Où l'horizon brunit rayé d'un long trait rouge
Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge
Que les rainettes font dans l'air serein leur bruit
Et que la luciole au clair de lune luit
L'oiseau dans le lac sombre où où sous lui se reflète
la splendeur d'une nuit lactée et violette
Comme un vase d'argent parmi des diamants
Dort, la tête sous l'aile, entre deux firmaments."

Sully Prud'homme - Le Cygne

 

 

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