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UNE COMMODE DE CONTE

Publié le par Patricia Gaillard

Vous vous souvenez, au début de l'été dernier, je venais ici de temps en temps vous présenter des objets que j'avais croisés et qui me rappelaient certains contes.

 

Regardez bien cette commode rouge, croisée aujourd'hui chez un brocanteur. Je la verrais bien dans le palais du Roi Vistlav, père de Vassili, Dimitri et Yvan, ses fils, chargés l'un après l'autre de guetter le voleur qui subtilise chaque nuit une pomme d'or à l'arbre de leur père.
Bien sûr c'est Yvan qui réussira, car c'est le plus jeune, le plus faible, celui que ses frères traitent comme un idiot. Le conte aime mettre en avant celui qui, précisément, n'y est  jamais. Et il n'est pas le seul à procéder ainsi, souvenez-vous de cette parole d'évangile "les derniers seront les premiers..."

Prince Yvan a surpris le voleur, c'est l'oiseau de feu. Il le tient, mais la bête s'envole, ne laissant qu'une de ses plumes dans les mains d'Yvan. Le Roi prend la plume, la pose sur cette commode, justement (c'est en tout cas mon avis, et je suis conteuse, ces choses-là ne m'échappent pas ;-)

Et le Roi Vistlav se met à rêver, obsessionnellement, à cet oiseau de feu et il promet son royaume à celui de ses fils qui le lui amènera.

C'est Yvan qui le rapportera, vous le savez, après de splendides et terribles aventures, qui méritent d'être lues.

J'aime les contes russes. Ils ont une force à la fois grave et magnifique, tout comme ce peuple singulier.
Ces histoires parlent d'hiver, de neige, de gel, de vraie froidure blanche, ce que nous avons de moins en moins chez nous. Je suis une femme du nord, les rigueurs de l'hiver me manquent, aucun paysage ne m'émeut autant que le givre du petit matin, quand il enrobe parfaitement chaque feuille, chaque brin d'herbe et que l'aube naissante révèle sa gracieuse luminescence. Merveilleux instant.

Pour moi le diamant lui-même n'arrive pas à la cheville du gel... 
Je ne suis pas une croqueuse de diamants, mais une brodeuse de gel !
C'est mon époux qui est content...

Passez une belle journée !

 

 

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Pluie

Publié le par Patricia Gaillard

Le poète a souvent comparé la pluie aux larmes de son coeur.

Nous maudissons la pluie en ce début d'année  sans froid et sans gel, mais mouillé sans cesse, humide partout et qui peint tout en tons de gris.

Quelles larmes coulent donc ainsi que nous n'avons pas versées et qui s'entassent dans le bassin cloîtré de la mémoire ? Et ce ciel qui ne cesse de s'épancher sans retenue, quand nous retenons sévèrement le flot qui est en nous. C'est qu'on nous a appris l'héroïsme, qui d'ailleurs ne sert à rien, qu'à être acclamé, la belle affaire, quand on aurait du nous apprendre l'amour. L'amour de soi, des autres, de la terre et l'amour de la pluie. Car enfin, elle est un miroir à toute l'eau que nous avons en nous ! Nous sommes essentiellement eau et craignons la pluie comme si nous étions sucre.

Bien sûr nous nous battons à longueur de vie pour avoir le meilleur et nous attendons carrément des éléments qu'ils nous le donnent aussi ! Comment, il pleut ? Il fait gris ? Froid ? Venteux ? Tout ce qu'on aime pas... quelle horreur... alors l'enfant gâté que nous sommes devenus - ou restés - râle et devient triste, car il n'a pas le meilleur.

Les dieux doivent souvent nous trouver drôles. C'est peut-être ce qui nous vaut d'être encore là.

On dit que les larmes rincent l'âme, n'a-t-elle pas grand besoin d'être rincée, l'âme du monde... ?

Allez, je vous emmène chanter sous la pluie, avec Gene Kelly https://www.youtube.com/watch?v=D1ZYhVpdXbQ

j'adore !!!

 

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IL EST TEMPS

Publié le par Patricia Gaillard

Et voilà que l’année se termine. L’année, une de nos mesures du temps. Ères, millénaires, siècles, ans, mois, semaines, jours, heures, minutes, secondes. Et j’en passe…

Nous avons capturé le temps et l’avons classé en diverses tranches régulières. Et nous sommes contents. Nous avons inventé du même coup le retard, l’avance, la perte et le gain de temps, l’avoir ou pas, le perdre ou le donner. Le temps-prise de tête.

Posons-nous un instant, regardons l’insouciance de l’oiseau, la patience du germe, celle de la pierre, le calme de l’arbre, la paix de l’âne qui broute. Comme elle les laisse beaux et infiniment présents, leur ignorance du temps, pendant que nous courons, en tout sens, comme des vents.

Devenir parfois oiseau, germe, pierre, arbre, âne, nous ferait grand bien et nous ramènerait dans notre part intemporelle, une part de choix…

N’est-ce pas cela qu’il serait bon de se souhaiter pour « l’année » qui vient ?

Bonne intemporalité !e

Patricia Gaillard, la gaillarde conteuse...

 

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NOTRE ENFANT LUMIÈRE

Publié le par Patricia Gaillard

L'enfant que nous avons été porte une lumière qui nous manque.
Où est-il ?
Il erre dans les couloirs de la mémoire, retenu par des portes qui ouvrent sans cesse sur des événements qui l'ont tué, blessé, marqué, peiné ou qu'il n'a pas compris.
Tant qu'il demeurera là-bas, sa part d'âme manquera à la nôtre et nous resterons incomplets. Sans lui nous ne trouverons pas le chemin qui mène à la totalité, sans lui la carte vers la Source sera toujours incompréhensible, sans lui nous resterons perdus dans le labyrinthe de nos pensées épineuses.

Il faut entreprendre le voyage, pour le rejoindre, le consoler, l'aimer, le ramener ici et maintenant. Nul autre que nous ne peut le faire. Puis, définitivement riche de sa présence et lui de la nôtre, nous pourrons reprendre ensemble la route vers la connaissance de nous-même à la lumière cette fois, de l'émerveillement. 

Voyez ce Noël qui approche par cet enfant divin. Même Dieu revient sans cesse à l'enfant qu'il est !

Sans cette part de lumière il ne serait pas "un"

 

Que ce Noël soit celui de l'enfant que vous avez été.
Il a sa place ici et maintenant.

Ainsi entiers et beaux, allez, je vous embrasse...

Patricia Gaillard... la gaillarde conteuse

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