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Le jardin du 3 Septembre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 3 Septembre

 

Je suis Marinette la courgette, six kilos cinq pour vous servir. J’aurais pu encore rester accrochée à mon pied, mais franchement ça commençait à me demander un sacré boulot d’aspirer chaque jour ma subsistance. Et puis j’aurais continué à grossir, ce qui de nos jours, avec tout ce que l’on sait, n’est pas souhaitable. J’ai donc prié la jardinière et le jardinier de couper ce cordon ombilical piquant et creux qui me reliait à la terre. Et me voici, un peu surprise et fatiguée, mais contente. De plus, étant donné ma grande taille ils ne vont pas me manger, je vais donc échapper à la casserole. Chouette. Je vais décorer le devant de la maison, paraît-il, c’est une belle vocation ! Pour l’instant on m’a proposé chapeau et lunettes, j’ai demandé aussi ces boucles d’oreilles en lanternes japonaises, elles ont une couleur orange si fascinante. Ça me va bien au teint, non ? Tout cela c’est pour la photo, je me sens comme une star ! Après tout n’est-ce pas ce que je suis ? Ravie de faire l’expérience de votre monde, il a l’air si intéressant. Pourtant, au moment de quitter définitivement le pied de courgette, le thym - qui n’est pas loin - m’a dit :
« Ma pauvre, ne te réjouis pas trop, le monde des humains, tu sais... »

Je ne sais pas ce qu’il a voulu dire, il n’a pas eu le temps de terminer sa phrase que déjà j’étais coupée du langage végétal, pour rejoindre le vôtre...
Je verrai bien

Quelle aventure...

 

Marinette la courgette

et la gaillarde conteuse

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Le Jardin du 2 Septembre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 2 Septembre

 

Les paysages changent…

Dans les champs, les feuilles des maïs jaunissent

En bordure de forêt, les fougères roussissent et se racornissent

Dans le jardin, les figues grossissent, leur vert vire au violet, elles mûrissent

Le jardinier dans l’allée paillée fait trois pas, puis six, puis dix

Le papier dans sa poche crisse

Il contient les graines du jour :

navet, radis noir,

mâche, épinard,

ses doigts enfouissent

dans la terre

ces futurs plats d’hiver.

Il faut qu’ils germent, qu’ils grandissent,

qu’ils verdissent et qu’ils puissent

nous régaler jusqu’au prochain solstice,

que dis-je, jusqu’à Pâques !

(Voilà qu’une rime en âques s’immisce)

 

Quant à moi sur un transat je glisse

Mes deux yeux se plissent

Le soleil de septembre est un délice

Et je ponds ce verset en «isse »

 

la gaillarde conteuse

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Le jardin du 1er Septembre

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 1er Septembre

 

Premier jour de brouillard. Le paysage semble pris dans un rêve. Le végétal frissonne, il y a peu il souffrait de trop grande chaleur et voilà qu’il fait presque froid. Les treize degrés du thermomètre ne laissent plus de doute, la saison change, même si elle s’appelle encore l’été...

j’imagine les enfants, partout dans les maisons, avec leurs jambes brunies par les jeux d’eau, et dans tous leurs gestes encore cette liberté délicieuse de l’été. Et il faut enfiler un pantalon, mettre une veste, soulever ce fameux cartable, ils avaient oublié qu’on pouvait être engoncé comme ça. Les pauvres, ils me font toujours de la peine ce jour de rentrée. Un sérieux qui ressemble peu à l’enfance. Pourtant, je me souviens, j’aimais, enfant, retrouver ce découpage régulier du temps, les cahiers neufs, l’odeur de l’encre, ce groupe d’enfants besogneux que nous formions et qui n’était pas la famille. Un autre monde.

 

Hier soir j’ai fait cuire trois grosses betteraves rouges. Je les brosse, sans les éplucher, je les emballe dans du papier cuisson (que je choisis écologique) et les place, serrées les unes contre les autres, dans un plat qui va au four, à 130/140 degrés, durant quatre heures. Les betteraves conservent ainsi toute leurs précieuses substances. On peut ensuite les garder une bonne dizaine de jours au frigo. De bonnes salades en perspective ! Deux nous suffisent et la troisième sera offerte à l’amie(i) de passage, avec quelques tomates, quelques courgettes et un bouquet de persil. Elle (il) pourra aussi prendre des pommes et enrichir sa demeure du parfum inégalable des compotes qui mijotent.

Un potager déborde vers les autres, c’est une de ses belles vocations.

 

Si vous passez par ici vous pourrez être cette amie(i)-là.

À tout à l’heure ?

 

la gaillarde conteuse

 

Cette fameuse betterave rouge

 

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Le jardin du 31 Août

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 31 Août 

Hier soir nous avons mangé la première soupe de la saison. La porte de la cuisine, légèrement entrouverte, laissait entrer une fraîcheur nouvelle. Ce repas était très bien venu, la soupe était bonne comme une soupe au caillou !
Comment ? vous ne connaissez pas la soupe au caillou ?
Vite, je vais arranger ça. 
 

C’était un soir gris d’hiver, la nuit tombait, le vent sifflait, un temps à ne pas mettre un chien dehors. Il n’y avait pas de chien, mais il y avait un homme, il marchait, courbé en avant, tenant son chapeau d’une main et de l’autre serrant son col autour de son cou. Sa silhouette était celle d’un homme jeune et il était habillé bien légèrement pour la saison. Il s’arrêta devant une maisonnette de pierres. Près de la porte il vit un caillou, un simple caillou, gros comme une petite pomme. Il le ramassa, le fourra dans sa poche, puis frappa à la porte qui s’entrouvrit en grinçant. Une petite vieille avec un fichu bleu montra sa tête et demanda à l’homme ce qu’il pouvait bien vouloir, à cette heure et par ce temps. Il se disait perdu, cherchait un endroit pour préparer sa soupe et prétendait qu’il avait tout pour la faire. La vieille termina d’ouvrir sa porte et fit entrer ce visiteur, après tout s’il avait de quoi faire une soupe, elle pourrait sûrement en profiter. Elle n’était pas pauvre et sa réserve abritait bien des nourritures, mais elle était pingre et craignait sans cesse les profiteurs. Celui-ci était tout le contraire, elle allait même pouvoir en tirer quelque chose !

Il demanda une casserole et de l’eau, qu’elle lui donna. Il jeta l’eau dans la casserole, sortit le caillou de sa poche, le glissa dans l’eau, puis ils mirent tout sur le feu. Au premier bouillon le garçon goûta et trouva qu’un peu de sel serait bien, mais qu’on allait faire sans. La vieille en avait, elle en donna. il re-goûta et dit queparfois il y mettait des légumes, dont le goût va si bien avec le caillou, mais qu’il allait faire sans. Des légumes, la vieille en avait, elle en donna. Il re-goûta et dit qu’on approchait de la perfection et que parfois un bout de jambon faisait merveille, mais qu’on allait faire sans...  Du jambon, la vieille en avait, elle en donna. Elle trouvait cette recette de plus en plus intéressante, tout de même faire une soupe avec un caillou... elle riait et applaudissait des deux mains de plaisir et d’impatience. 
Elle mit la table, il y posa la soupière, ils s’installèrent, il goûta, elle aussi... Elle était tout à fait enchantée du résultat. Comment une soupe au caillou pouvait-elle être si bonne !  
Le garçon prit un air solennel, pêcha, avec la louche, le caillou dans la casserole, puis il l’offrit à la vieille, pour la remercier de lui avoir si gentiment ouvert sa porte et prêté sa casserole. 
Elle versa une larme devant tant de bonté. 

Cette histoire, chez nous les conteurs, est connue comme le loup blanc et chacun en tricote sa propre version. Mais Ce matin je vais vous confier une nouvelle incroyable, la soupe au caillou existe pour de vrai ! Si si 
Suivez plutôt ce lien, vous verrez...  https://fr.wikipedia.org/wiki/Soupe_au_caillou

J’aime bien vous étonner...

la gaillarde conteuse 

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