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L’an neuf

Publié le par Patricia Gaillard

L’AN NEUF !

Chères visiteuses, chers visiteurs, 

j’ai eu grand plaisir toute l’année passée à venir quotidiennement sur ce blog vous parler des milles choses qui me passionnent. Mais je suis actuellement penchée sur plusieurs travaux d’écriture, auxquels je veux accorder plus de temps, mes interventions ici seront donc un peu plus espacées. Mais, plus rares, elles n’en seront pas moins chargées des merveilles que je cueille dans l’existence et que j’aime à partager. 
Que cet an tout neuf nous éclaire et nous guide !
je vous embrasse
Patricia, la gaillarde conteuse

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Les trois mages terminent leur mission

Publié le par Patricia Gaillard

Les trois mages terminent leur mission

 

Plus que des rois, ces trois hommes sont des mages, c’est à dire des savants venus d’un lointain Orient, probablement la Perse (l’actuel Iran) où de nombreux savants pratiquaient l’astronomie, qui en ce temps-là, mère de l’astrologie, était censée dessiner l’avenir des hommes. En vieux Perse, mage signifie homme de religion et de science. Les trois mages avaient vu dans l’étoile double (voire même triple) Spica, dans la constellation de la vierge, le signe qui annonçait un grand évènement. L’apparition d’une étoile ou d’une comète était alors un signe suffisamment rare pour que ces rois se soient mis en route. On les appelle rois, car les présents qu’ils ont apportés à l’enfant divin étaient très précieux et rares étaient ceux qui les possédaient. 
On dit que chaque nuit du 24 décembre, les trois mages sortent de leur tombeau, à Cologne, pour refaire chaque fois le voyage. 

Nous sommes demain le 6 Janvier et à cette date ces trois rois vont sacrifier à des rites qui valent bien la peine d’être dits. Nous dévorons avec bonheur des galettes qui désignent certains d’entre nous comme étant dignes de la couronne, mais savons-nous seulement les belles croyances qui dorment dans la succulente frangipane ?

Les voici...
 

Le premier, Melchior, est un noble vieillard à la longue barbe blanc de neige. Il tient dans sa main une poignée de poudre d’or (métal précieux et pur, symbole de royauté spirituelle) qu’il envoie dans les airs. Le vent s’en empare, la porte vers les cieux et voici les étoiles allumées pour l’année. Puis arrive Gaspard aux yeux bridés qui jette une poignée d’encens (résine utilisée pour purifier l’air, elle est symbole d’élévation vers les cieux) Elle devient nuage, brume et pluie bienfaisante que les champs recevront tous les mois à venir. Enfin, Balthazar, astrologue et devin à la peau sombre, jette une poignée de myrrhe (autre résine, utilisée pour embaumer les corps, elle annonce la mort tragique de Jésus.) La myrrhe qui se disperse partout sur le sol, rendra la terre fertile. 

Prélevées des trésors offerts à l’enfant divin, ces trois poignées miraculeuses sont données aux hommes. À présent, les étoiles sont rallumées, les terres fertilisées, les temps placés. Pour finir, les esprits bienfaisants reprennent leur ronde protectrice.

Vous pouvez à présent reprendre vos rouets, déposés le 25 Décembre, car maintenant la roue de l’univers s’est remise à tourner et ce, pour toute une année ! Merveille

 

la gaillarde conteuse

je vous conseille cette vidéo courte et claire sur l’étoile des mages
https://youtu.be/miQyldG7laQ

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Bonne Année

Publié le par Patricia Gaillard

matin des étrennes

Ah ! quel beau matin, que ce matin des étrennes !

Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes

Dans quel songe étrange où l'on voyait joujoux,

Bonbons habillés d'or, étincelants bijoux,

Tourbillonner, danser une danse sonore,

Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !

On s'éveillait matin, on se levait joyeux ,

La lèvre affriandée, en se frottant les yeux ...

On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,

Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,

Et les petits pieds nus effleurant le plancher,

Aux portes des parents tout doucement toucher ...

On entrait ! ...puis alors les souhaits ... en chemise,

Les baisers répétés, et la gaieté permise !

Arthur Rimbaud

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Les trois rois sont en route

Publié le par Patricia Gaillard


Et nous voici au 29 Décembre. On pourrait penser que, cette fois, les forces ténébreuses sont calmées et que tout est bien qui finit bien. Loin de là ! Nous entrons à présent dans la période des douze jours d’effroi. Les esprits noirs sont déchaînés, ils vont tout tenter pour combattre cette lumière et ce n’est pas ce petit, couché sur la paille et encore si vulnérable, qui va les intimider ! Ces douze nuits sont souvent venteuses. Nous avons pu le constater !

Durant ces jours-là Frau Berchta, cette vieille fée sauvage autrefois traversait le ciel, suivie de la troupe innocente des enfants mort à leur naissance, qui n’avaient donc pas eu de baptême et à qui la religion refusait une âme. J’ai entendu dire que dans la troupe de ces petits, endormis douillettement dans les plis laiteux et accueillants de la cape de brouillard bordée d’étoiles de Frau Berchta, se glissaient silencieusement les âmes perdues des suicidés, des assassins et des mendiants qu’aucune bénédiction ne sauvera jamais et que nulle famille ne réclame. Elle n’était pas avare de place en son manteau, cette bonne fée, et elle les emmenait tous au paradis, mais directement, sans aucun de ces juges intermédiaires trop humains ! Les mères éplorées avaient au moins cette consolation.

Et c’est durant ces douze jours que nos trois rois marchent sans relâche pour participer, eux aussi, à sauver la lumière. On dit qu’en volant dans les airs ils auraient lâché malencontreusement sur un moulin une cassette d’or qui fit la belle fortune de son meunier, lequel vendit tous ses biens et s’en alla quelque part dans le monde jouir de sa tranquille opulence. Le nouveau propriétaire de ce moulin, qui avait, bien sûr, entendu cette étonnante histoire, paressait tout le jour, couché sur les sacs vides, son bonnet blanc pointu enfoncé jusqu’au nez. Il attendait, clamait-il en riant, que la fortune lui tombe du ciel ! Oui, mais il attendit longtemps, de décembre en décembre, des années durant... Il finit par être pauvre comme une souris d’église. Pris de folie, il tira alors un coup de fusil sur les trois rois volants. Mais l’arme sauta de ses mains et c’est lui qui périt. Personne ne vint le voir, ni le chercher, ni le veiller avec des prières, ni même l’enterrer. Les braves gens ne se mêlent pas de ces histoires maudites, ils laissent les ténébreux rejoindre les ténèbres, quand ils en font le choix. Et l’homme devint maudit, comme le moulin, d’ailleurs... Ils tombèrent ensemble en ruine, doucement. Ils y sont encore pris, jusqu’à la fin des temps...

Et c’est durant ces douze jours que nos trois rois, extirpés de leur tombeau, marchent sans relâche pour participer, eux aussi, à sauver la lumière.
 

Nous les rejoindrons dans quelques jours, pour la fin de cet Avent dans le sillage duquel je vous ai invités. À tout bientôt donc...

Restez au coin des âtres, les vents sont fous et tourmenteurs

la gaillarde conteuse 

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