De belles histoires 11
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Elle se nomme Sakura, qui veut dire cerisier.
Nous sommes au printemps japonais, dans un grand parc de cerisiers qui offrent leurs tutus roses et touffus à la brise tiède d'un début d'après-midi. Sakura est assise sur un banc, près d'un couple âgé aux cheveux de nuages blancs. Ils contemplent. Tous les trois pourraient parler un peu, faire connaissance. Non, ils se taisent et contemplent. Ils contemplent les fleurs de cerisiers, cette splendeur provisoire, cette beauté pure, ce calme souverain. Sakura s'appelle cerisier. Elle se sent chez elle ici, elle se sent bien sur ce banc, à contempler ses frères. La contemplation est telle qu'elle finit par devenir le cerisier, par se fondre en lui, par se parer de sa couleur, par frissonner légèrement.
Sakura devient Sakura
Sakura est Sakura
Sakura contemple les fleurs des cerisiers
Sa mère est morte il y a deux jours
Mais il y a les fleurs des cerisiers
Son amour l'a quittée il y a six mois
Mais il y a les fleurs des cerisiers
Son fils est parti vivre en France
Mais il y a les fleurs des cerisiers
Sa solitude est triste et nue
Mais il y a les fleurs des cerisiers
Peu à peu son cœur devient rose, léger,
Rien ne pèse à une fleur de cerisier
Sakura est Sakura
Elle flotte au-dessus de la vie
Aussi aérienne que le rire
Aussi neuve que la saison
Aussi Sakura que Sakura
la gaillarde conteuse