De belles histoires 11

Publié le par Patricia Gaillard

Elle se nomme Sakura, qui veut dire cerisier.

Nous sommes au printemps japonais, dans un grand parc de cerisiers qui offrent leurs tutus roses et touffus à la brise tiède d'un début d'après-midi. Sakura est assise sur un banc, près d'un couple âgé aux cheveux de nuages blancs. Ils contemplent. Tous les trois pourraient parler un peu, faire connaissance. Non, ils se taisent et contemplent. Ils contemplent les fleurs de cerisiers, cette splendeur provisoire, cette beauté pure, ce calme souverain. Sakura s'appelle cerisier. Elle se sent chez elle ici, elle se sent bien sur ce banc, à contempler ses frères. La contemplation est telle qu'elle finit par devenir le cerisier, par se fondre en lui, par se parer de sa couleur, par frissonner légèrement.

Sakura devient Sakura

Sakura est Sakura

Sakura contemple les fleurs des cerisiers

Sa mère est morte il y a deux jours

Mais il y a les fleurs des cerisiers

Son amour l'a quittée il y a six mois

Mais il y a les fleurs des cerisiers

Son fils est parti vivre en France

Mais il y a les fleurs des cerisiers

Sa solitude est triste et nue

Mais il y a les fleurs des cerisiers

Peu à peu son cœur devient rose, léger,

Rien ne pèse à une fleur de cerisier

Sakura est Sakura

Elle flotte au-dessus de la vie

Aussi aérienne que le rire

Aussi neuve que la saison

Aussi Sakura que Sakura

 

la gaillarde conteuse 

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