Les nains de jardin 1
Me voici pour vous annoncer que les héros de ce blog de Janvier seront... les nains de jardin !
Ne vous raidissez pas, ne prononcez pas tout de suite le mot kitsch.
N'oubliez pas que vous avez sûrement réveillé votre don d'enfance, endormi depuis... trop longtemps.
J'ai passé mon enfance à Mulhouse. Ma courte rue Voltaire, qui partait du canal pour mener à la grande église de grès rose, était bordée de petits immeubles anciens, de trottoirs irréguliers et de becs de gaz. Elle ne manquait pas de charme, mais elle manquait de jardins !
Un quartier voisin, que l'on appelait "la cité ouvrière," était entièrement composé de jolies maisonnettes avec, chacune, un minuscule jardin. Un lieu charmant, où mes grandes sœurs m'emmenaient, dans une large poussette dont je me souviens encore. Et surtout j'ai conservé intacts, dans la vieille armoire de ma mémoire, les nains de jardin disséminés partout dans les herbes et les fleurs. Ceux-là n'étaient pas en plastique et en teintes vives comme on le voit maintenant, ils étaient alors en terre cuite, en faïence, en pierre et les saisons avaient un peu éteint leurs couleurs. Ils étaient tous des esprits de la nature, comme ceux des contes que ma mère me lisait le soir. Et je m'en régalais ! Mon cœur se souvient encore bien de sa joie.
La poussette faisait halte devant chaque jardinet car mes sœurs, bien que plus âgées, aimaient voir elles aussi ces êtres merveilleux éparpillés.
Nous sommes alors en 1954, période où le cynisme n'avait pas encore entamé sa bataille. Même si quelques esprits forts voyaient ces lieux comme des ornements de gens simplets. Ceux qui jugent ainsi ont perdu leur enfance et c'est fort dommage.
à demain pour la suite, il y a tant à en dire...
la gaillarde conteuse