De belles histoires 2
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ARACHNÉE
Athéna, déesse grecque des travaux de filage, de tissage, de broderie, était connue pour être généreuse et pas du tout jalouse. Sauf une fois. Elle avait entendu parler de la fille d’un teinturier de pourpre, dans la ville de Colophon, qui filait et tissait magnifiquement. Elle s’appelait Arachnée. On disait qu’aucun tissu au monde ne pouvait être aussi beau que son travail. Alors Athéna, qui était la meilleure tisseuse de l’univers, par un procédé magique, se transforma en vieille femme pour aller rendre visite à la jeune et remarquable tisserande.
Les tissus qu’elle faisait étaient d’une teinte rouge qu’on n’avait jamais vus nulle part ailleurs, et de plus les dessins du tissage étaient d’une incomparable perfection.
Athéna, très sûre d’elle, proposa un concours. « Fabriquons chacune un ouvrage qui représentera les dieux de l’olympe. Et nous verrons alors qui de nous deux sera la meilleure… les dieux choisiront… »
Quelques temps plus tard, les deux femmes montrèrent leurs ouvrages. Si celui d’Athéna frappait par sa qualité divine, sa finesse éblouissante, celui de la jeune fille le surpassait pourtant et son tissu fut choisi par les dieux.
Athéna ne supporta pas ce terrible affront de mortelle.
Elle empoigna la tapisserie et la déchira, cassa le métier à tisser d’Arachnée et écrasa les navettes…
la jeune fille blessée dans son âme, se pendit avec son fil.
Mais Athéna, revenue de sa colère, ne permit pas à Arachnée de mourir. Elle la transforma en araignée.
Et c’est depuis ce temps-là que l’araignée est la magnifique tisserande que nous connaissons, qui présente à nos regards ses travaux géométriques remarquables où pendent, comme des diamants, les gouttes de rosée du petit matin…
la gaillarde conteuse