Voici une réflexion qui me plaît et qui nous fait prendre conscience des limites de la parole...
TENTATIVE
Entre...
Ce que je pense
ce que je veux dire
ce que je crois dire
ce que je dis
ce que vous avez envie d'entendre
ce que vous croyez entendre
ce que vous entendez
ce que vous avez envie de comprendre
ce que vous croyez comprendre
ce que vous comprenez
il y a 10 possibilités pour que nous ayons des difficultés à communiquer
essayons quand même !
(Bernard Werber - Encyclopédie du savoir relatif et absolu)
Pour suivre, voici une recette simple et qui mérite d'être essayée !
POUR TROUVER UNE IDÉE
Technique pour trouver une idée ou une solution à un problème compliqué. (Utilisé par Salvador Dali, lui-même s'étant inspiré d'un outil de réflexion cher à des moines d’un monastères cisterciens)
s'asseoir sur une chaise
munie de deux accoudoirs
prendre une assiette à soupe
et une petite cuillère
retourner l'assiette vers le sol
tenir mollement la cuillère du bout du manche
entre le pouce et le majeur
au-dessus de l'assiette
commencer à s'endormir
en pensant aux problèmes à résoudre
lorsque la cuillère tombe sur l'assiette
et vous réveille
l’idée est trouvée... !
(Bernard Werber - Encyclopédie du savoir relatif et absolu)
Le roi Séleucide Antiochos II (261-246 av.J.C) https://fr.wikipedia.org/wiki/Antiochos_II
Bonjour à tous,
Je propose une saison de contes de sagesse. Le conte de sagesse est un récit particulier et on dit qu'il faut avoir expérimenté ce qu'on raconte, qu’il faut l’avoir incarné.
J'en ai une petite collection que je vais partager avec vous au fur et à mesure des jours, car elles sont autant d'occasions de se poser des questions sur soi-même, ce qui n'est jamais dommage, non pas que nous ayons des choses à nous reprocher, mais bien au contraire parce que nous nous jugeons trop souvent nous-mêmes, ce qui fait que nous jugeons le reste du monde.
Et dans le jugement, il n'y a pas d'avancée intérieure.
Mais je vais arrêter là mon discours, car les contes en disent bien plus et bien mieux que je ne saurais le faire, voilà pourquoi je suis conteuse…
Laissons-leur la parole
À Antioche, où la rivière Assi se jette dans la mer, un pont fut construit pour rapprocher une moitié de la ville et de l'autre moitié. Il fut bâti avec d'énormes pierres descendues des collines sur le dos des mules d’Antioche. Quand le pont fut terminé, sur un de ses piliers, une inscription fut gravée en grec et en araméen : « Ce pont fut bâti par le roi Antiochus II »
Tout le monde traversait le pont sur la large rivière Assi. Un soir, un jeune homme, jugé par certains comme un peu fou, descendit jusqu'aux piliers où les mots étaient gravés, il recouvrit l'inscription de charbon et par-dessus il écrivit : « Les pierres de ce pont ont été descendues des collines par les mules. En l'empruntant vous chevauchez le dos des mules d'Antioche, bâtisseuses de ce pont... »
Les gens riaient en voyant ce qu'avait écrit le pauvre fou. Mais une mule dit en riant à une autre : « Tu te souviens quand nous transportions ces lourdes pierres ? Et pourtant jusqu'à présent il était dit que ce pont avait été construit par Antiochus II... »
En avril 1743, naquit à Orgelet, Guillaume Joseph Roussel, qui deviendra le fameux Cadet Roussel de la chanson, nous allons découvrir comment.
A dix-neuf ans il se retrouve seul à la mort de son père et cherche à se placer comme domestique. Il devient valet à Auxerre.
Nous disions que le chiffre trois était signe de réussite… après quelques années passées dans cet état de valet il devient clerc d’huissier. Guillaume joseph est une très heureuse nature et son excellent caractère le fait aimer de tous. Dans ses habitudes et ses tenues vestimentaires, c’est un original ! Il se fait ainsi remarquer et on rit volontiers de lui.
Puis il fait un mariage intéressant. Elle a seize ans de plus que lui, mais sa dot est rondelette et voilà que très vite Roussel devient huissier lui-même. Sa situation s’arrange de jours en jours. Il achète donc une maison biscornue qu’il fait surmonter d’une construction étrange. (voilà donc la maison de la chanson !)
Nous disions que le chiffre trois était un signe d’intelligence… Roussel est un homme jovial et « bon enfant » qui ne se pique pas de ce qu’on rit derrière lui. Cela lui vaut de très nombreuses sympathies.
Un jour, Gaspard Chenu, auteur auxerrois de chansons satiriques, écrit à l’exemple d’une très vieille chansonnette « Jean de Nivelle », quelques couplets qui se moquent gentiment de Guillaume Joseph, qui devient pour le coup « Cadet Roussel » !
Cette drôle de ritournelle qui se répand dans la ville, était prévue pour y rester. Mais des volontaires de la région, partant aux armées pour aller défendre les frontières, l’emportèrent avec eux. En peu de temps elle sera connue dans tous les coins et tous les milieux de France. Son portrait est même dans les vieilles images d’Epinal, et sur la place Charles Surugue à Auxerre, on peut admirer une statue qui le représente…
Nous disions que le chiffre trois était signe d’énergie…
Veuf en 1803, il se remarie avec une dame qui cette fois est plus jeune que lui de 23 ans !
En 1807, il meurt sans descendance.
Son portrait est dans les vieilles images d’Epinal et sur la place Charles Surugue à Auxerre, on peut admirer une statue qui le représente…
Si si, je vous assure, Cadet Roussel à vécu à Orgelet, je vais vous parler de lui
mais d'abord vous présenter un peu cette contrée...
Dans un passé lointain, une forêt immense, épaisse et ténébreuse s’étendait d’ Orgelet à Lons le Saunier. Les druides s’y réunissaient pour accomplir leurs sacrifices. Les druidesses en longues robes blanches y pratiquaient leurs mirobolants pouvoirs. Elles savaient déchaîner les vents et les orages, de quelques incantations secrètement murmurées, elles étaient capables de guérir toutes sortes de maladies, de prédire l’avenir et de se métamorphoser en simples bêtes des bois. Quand on peut tant de prodiges, l’immortalité n’est sûrement pas chose impossible ! Qui sait si nos Dames blanches ne sont pas ces druidesses, dont la vie éternelle se passe en danses nocturnes et en farces joyeuses envers ces amusants mortels que nous sommes, si lourds et si sourds à leurs subtiles connaissances.
La Vouivre cette autre fée, a surgi de la terre tout juste formée. Ce serpent éternel trouve ses logis dans les ruines de notre passé médiéval. Château de Présilly, celui d’Orgelet qu’elle rejoint quand elle revient de la Tour du Meix, château de Cressia, qu’elle quitte la nuit tombée pour aller baigner ses ailes dans la source de Belle Brune et sa chère colline de Pellapucin, quand elle va boire à la fontaine de Feur.
Sa lumière fait écho à celle des follets invisibles autour de Rothonay, dont jamais personne n’a vu le moindre petit morceau, mais leurs rires moqueurs résonnent aux buissons et les tours qu’ils nous jouent sont d’un goût discutable.
L’éclat de la Vouivre répond à celle des Dames blanches quand la lune les enrobe toutes de ses longs cheveux blancs de très vieille gardienne. Près d’Orgelet, sur le mont de la fâ, se rencontraient trois fées, aux visages de vieilles, habillées de blanc très blanc, et de très longues chevelures qui faisaient autour de leurs épaules comme des capelines en fils d’argent.
Trois fées, toujours trois…
Au pied de ce mont de la Fâ apparaît la source d’argent. Elle monte d’un souterrain où le précieux métal est partout, dans la roche souterraine, en pépites resplendissantes, pures et vierges comme la lune et cachées à nos yeux.
Trois vieilles fées, cheveux d’argent et robes blanches,
Toujours trois…
Trois comme dans cette chanson, vous savez, celle de Cadet Roussel ?
« Cadet Roussel a trois maisons, qui n’ont ni poutres ni chevrons… »
Le chiffre trois est signe d’énergie, de souplesse, d’intelligence et de réussite… !
Ouvrez vos oreilles à cette histoire car je viens vous la raconter bientôt !