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Les Dimanches d’Alexandrine De Césure

Publié le par Patricia Gaillard

Je vous offre la cueillette de ce Dimanche matin


 

Aujourd’hui, Dimanche 18 Octobre

la parole bien sûr 

à Alexandrine de Césure...

 

 

Alexandrine de césure se trouve des chaussures...

 

Bonjour Madame,

Bonjour, qu’est-ce que vous désirez ?

Je voudrais des chaussures pour habiller mes pieds

Vous désirez en somme une paire de souliers

Vous ne savez pas comme je me trouve gênée

Car de souliers madame, il m’en faut bien six paires.

Vous êtes sûrement femme à en changer souvent !

Oh non c’est pour les mettre tous en même temps.

Il faut que je vous dise, je suis une rimeuse

Et je suis possédée par un esprit-chanteur

Qui me jette à la bouche les pieds par lot de douze

Ce qui me fait poète dans tout ce que je dis

Oh oui c’est bien ma tête, mais tous les pieds, c’est lui !

Donc si vous voulez bien, une douzaine de souliers.

Oh moi je le veux bien, quelle pointure vous avez !

Trente-six, trente-sept, enfin jusqu’à présent.

C’est un pied bien petit, un petit pied charmant !

Oh oui le pied ça va, c’est la cheville qui enfle

À être poétesse, comme ça, tout le temps

Que je parle de fesses, d’amour, de bêtises

Je dis tout en césure, c’est vraiment inquiétant.

Dites-moi, les chaussures, vous les voulez comment ?

Vraiment toutes pareilles ou toutes différentes ?

Différentes ! Quelle merveille je vais être pimpante

Avec douze souliers chacun d’une paroisse

Ça va être joyeux ma douzaine de godasses

Montrez-moi vite là tout ce que vous avez

Que je fasse mon choix, allez-y, proposez.

Peut-être - c’est très fille - un long talon aiguille

Avoir le pied coquin dans la rime c’est bien

Alléger un instant cette lourdeur du temps.

Donc j’opte pour l’aiguille, en voilà un choisi !

Mais noir j’aime autant, c’est bien plus inspirant.

Noir, oui, le voilà, il faudra mettre en bas...

Au deuxième je propose peut-être un soulier blanc

Le blanc oui, je suppose, c’est sacré en-dedans

C’est la couleur de Dieu et puis aussi des anges

Je parle parfois d’eux, l’esprit-chanteur étrange

Les connais mieux que moi, allons-y pour le blanc.

Au troisième, peut-être, un tout petit vernis

Élégant, habillé, presque aristocratique.

Aucun milieu doit n’être par ma rime banni

Bien que bassement née, voyez-vous je me pique

De servir la noblesse aussi bien que le gueux

Il me sont sympathiques, à vrai dire, tous les deux

Va donc pour le vernis, ça nous en fera trois.

–Un petit soulier vert, en fin cuir québécois ?

Chanter dame nature, ça me va bien je crois

Alors ni une ni deux, optons pour celui-là.

Et un petit tout rouge, comme un rubis profond ?

Oh oui un rouge, pour toutes les passions.

Qui prennent de la place partout dans nos maisons

Dans les Alexandrins, faisons-leur un lieu bon

Où leur feu souverain trouvera un giron.

 

Pour le sixième, je crois, il faudra essayer

Une jolie babouche, soulier pas ordinaire.

Oh la, à ma bouche montent des voluptés

Les tapis, les turbans, l’orient, les déserts

Acceptons la babouche, soulier pas ordinaire.

Et puis que pensez-vous d’une chaussure d’enfant ?

Mais vous pensez à tout et pour mes pieds vraiment

Vous êtes une marraine, vous prenez tant de peine

Pour les parer de dons, mais continuez donc

la chaussure d’enfants donnera à mes pieds

Cette fraîcheur qui fend les cœurs les plus fermés

Marraine pour le huitième que me proposez-vous ?

Une botte de Modène en beau cuir fin et mou

Des bottes vous croyez ? Pour la boue des fossés ?

Pour les combats menés ? Pour l’ogre du Poucet ?

Allons y pour la botte, moi je vous fais confiance…

L’inspiration me porte, pour faire un peu de danse

Ce soulier qui me semble être celui d’une fée.

Une fée dites-vous, voilà tout l’invisible

Qui va entrer du coup dans mes pieds enchantés !

Que mon esprit-chanteur se sent bien honoré

De recevoir ces dames dedans ses douze pieds !

Le dixième j’en ai peur est vraiment délabré

Une vieille sandale d’homme, qui a beaucoup marché.

Pourquoi peur ma bonne dame c’est le soulier affreux

Et du pauvre et du moine, un soulier courageux

C’est lui qui me dira les grands jours de désert

« Continue, marche, avance, ne pleure pas, tais-toi »

La sandale je la prends, il me la faut je crois

Pour les jours de silence, de mauvais savoir-faire.

L’avant-dernière, déjà ! À vrai dire je pensais

Qu’une simple pantoufle ne serait pas de trop.

Une pantoufle voilà ! Pour que mes douze pieds

Soient vraiment à leur aise et poussent un chant bien beau

À l’oreille de tous ceux qui écoutent mes fables

Et au cœur amoureux de qui les aimera.

Pour le douzième, voyez, je n’ai plus une idée…

Le douzième, marraine, ira très bien nu pied

Il portera la mort, le sans-rien, le maudit

Et qui vont, eux aussi, être chantés ici.

Car si il y a douze pieds de longueur dans ma rime

C’est une scène ouverte aux cieux comme aux abîmes

Chacun par son soulier y prendra la parole

Il pourra la garder, que ce soit triste drôle

Maintenant bonne dame, il me faut vous payer

Annoncez donc le drame à ma bourse trouée

Moi, marraine de vos pieds, vous me croyez capable

De tirer des deniers à cet art respectable ?

Vous êtes une rimeuse et moi je suis la vie

Que je sois votre muse, c’est tout ce que je dis

 

Et ne m’oubliez pas…

 

Alexandrine de césure

auteure unique et définitive 

des éditions « Le pied qui pense »

 

la gaillarde conteuse !

 

 

 

 

 

 

 

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Le jardin dormant du 17 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin dormant du 17 Octobre

 

Nous entrons dans la saison de sommeil du jardin potager. Voilà pourquoi ce « potager dormant. »

Ce n’est pas qu’il ne s’y passe rien, mais à présent il n’y aura plus de semis ni de plantations. Les légumes racines, céleris, betteraves, persil tubéreux, navets, carottes, vont être recouverts d’une couche de feuilles, dès que celles-ci seront tombées. Ils seront ainsi protégés du gel et pourront être sortis de terre au fur et à mesure de l’hiver, selon nos besoins. Le persil lui, résiste bien et puis j’en ai fait sécher, car sec il conserve la quasi totalité de ses vitamines. Les tomates, dahlias et autres fleurs arrivent à leur fin, ils freinent des deux pieds, mais bon... Les tubercules des dahlias seront sortis de terre et resserrés dans notre cave voûtée, de terre battue... pas loin du vin... qui vieillit tranquillement en attendant des temps meilleurs.

La phacélie restera en place jusqu’au printemps et grâce à elle le sol ne restera pas nu, puis elle épousera la terre et l’enrichira de ses substances.
En novembre nous taillerons arbres, arbustes, vivaces et plantes aromatiques. 

La salade et la roquette sont encore belles, et bonnes, mais elles craignent le froid. La mâche, qui les remplacera, n’a pas bien germé cette année, il y en a peu. Tant pis. Nous mangerons d’autres choses. Les épinards sont clairsemés, mais il y en a. 

Aléatoire... voilà le mot qui définit bien un potager.

Aléatoire... il nous apprend ainsi à faire avec ce qu’il y a et à nous passer de ce qu’il n’y a pas.

Une leçon de vie en somme.

Le petit chêne pousse bien, bien qu’il soit encore malade. Avec ses taches blanches, il manque juste de vert et de brillant. Qu’importe, il est beau et vivant. 

 

Et le frêne Yggdrasil, immense et noble au bord de la rivière, veille, comme les gargouilles, sur le petit domaine qui lentement s’endort...

 

la gaillarde conteuse

 

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Le jardin du 16 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 16 Octobre

 

L’horreur m’étreint car ici la pendule annonce dix huit heures trente

Et moi qui ai oublié de poster un article sur mon blog ! Et je me vante

d’être d’une fidélité que rien jamais ne saurait ébranler

Vite j’empoigne ma tablette, réfléchis trois minutes, très petites

Et soudain me revient la demande de Marinette, courgette préférée,

« Une couverture et un bonnet, jardiniers, et de laine brute 

Car je ne saurais survivre à une nouvelle nuit sévère

Sans perdre ma santé, ma rondeur et mon vert ! »

Et me voilà partie aussitôt sans manière la couvrir

Prendre une photo, ou deux, et très vite revenir

Et voilà que le post de ce vendredi va partir

Ouf !

 

la gaillarde conteuse

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Le jardin du 15 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 15 Octobre

 

Le vent est frais, il fait cinq degrés le matin, sous sa triste housse de plastique notre table de jardin n’a pas accueilli nos repas depuis maintenant longtemps, il faut s’y faire, nous approchons plus de l’hiver que de l’été ! Mais au lieu de regretter ce qui n’est plus, considérons le charme de ce qui est... la chaleur délicieuse de nos demeures, la soupe de potiron aux châtaignes, la tarte de pommes fondantes parfumées de cannelle, la tisane d’automne, les physalis lumineux près de la fenêtre, le groupe de cyclamens sous un arbuste - droits comme des soldats mais rosés comme des fées - notre courgette Marinette qui troquerait volontiers ses lunettes de soleil et son chapeau contre une couverture de laine et un bonnet, la pauvre ne savait pas que le froid existait ! Eh bien la voilà renseignée. Du coup elle semble bougonne. Ses congénères les tomates, dans les serres, sont un peu protégées, la preuve en est qu’elles mûrissent encore, même si elles sont un peu moins savoureuses, nous les apprécions cependant car n’oubliez pas qu’une fois celles-ci passées, nous passons neuf mois sans la moindre tomate ! Pas question d’infidélité...

Il faudra songer à placer les deux citronniers sous une serre. Cet arbuste supporte jusqu’à -5 degrés, mais plus bas le risque est grand. Et bien que les serres ne soient pas chauffées, la température n’y descend pas trop bas, car le moindre rayon de soleil y dispense sa chaleur.

Au petit domaine, on tâche de respecter les besoins de chacun

C’est un petit monde heureux

 

la gaillarde conteuse

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