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Le jardin du 5 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard

Illustration : site Larousse, cliquez sur l’image pour y accéder


 

Le jardin du 5 Octobre

 

Nous avons, au petit domaine, la très discrète présence d’une poule d’eau, qui n’est pas le foulque, bien qu’il y ait entre eux des ressemblances. Celle-ci est bien une poule d’eau, avec du rouge vermillon au-dessus du bec et les ailes légèrement frangées de blanc. Elle est haut sur pattes et sa démarche chaloupée est rigolote. On la voit toujours sur la petite bande d’herbes et de joncs entre l’étang et la rivière dont elle ne s’éloigne pas, toujours prête à se cacher au moindre bruit. Parfois on en voit deux, probablement madame et monsieur, certains étés on peut même les voir en compagnie de deux ou trois petits.

La poule d’eau est une bête discrète, prudente, qui se nourrit de bourgeons, pousses, feuilles, fleurs, petits fruits et graines, de plantes aquatiques ainsi que de larves, vers, têtards, escargots et limaces, parfois même de petits poissons.

Les couples sont fidèles l’un à l’autre jusqu’à la mort, la femelle bâtit le nid et le mâle lui fournit le matériel.

Organisée, la galinette !

Quand la poule d’eau vit en groupe elle a des mœurs vraiment tranquilles, dont nous pourrions bien nous inspirer. Les femelles peuvent pondre sans problème dans les nids des autres, ou adopter d’autres poussins que les leurs, les poussins sont élevés par deux parents, peu importe lesquels. Les jeunes de la première couvée aident les parents à élever ceux de la couvée suivante...

Quel équilibre de vie

Quelle souplesse d’esprit

À méditer

 

la gaillarde conteuse

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Le jardin du 4 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 4 Octobre

 

Me voici avec les réponses aux questions que vous vous posez peut-être encore après ce texte émaillé de mots disparus. Vous en avez sûrement trouvé beaucoup, mais certains restent mystérieux.
Voilà de quoi vous sauver !

 

Bredi-breda : trop vite

Convolvulus : liseron

Amentacées : genre des ormes, des bouleaux, des saules...

Aphylle : dépourvu de feuilles

Bon-henri : épinard sauvage

Avant-courrière : se dit en poésie en parlant de l’aurore - l’avant-courrière du jour

Attrapoir : piège

S’acagnarder : s’habituer à une vie oisive

Accortise : humeur douce et complaisante

Brigandeau : fripon

Aîtres : les êtres d’une maison

Aduste : brûlé par le soleil, hâlé

Buvotter : boire à petits coups et fréquemment

Cruchée : contenu d’une cruche

Déconforter : décourager

Arrosement : action d’arroser

Brouillasser : commencer à tomber en parlant du brouillard

Brouir : se dit de l’action nuisible du soleil sur les végétaux attendris par une gelée blanche

Chancissure : moisissure

Cogne-fétu : qui se donne beaucoup de mal et s’agite pour ne rien faire

Compasser : disposer symétriquement, compasser un jardin, ses phrases...

Conjoindre : unir en parlant de mariage

Argoter : couper l’extrémité d’une branche morte

Crossette : jeune branche avec un morceau de vieux bois, qui sert à faire des boutures

Brout : pousse de jeune arbre

Acéteux : qui a le goût du vinaigre

Brandevin : eau-de-vie

Cacade : entreprise folle suivie d’échec

Chanteau : morceau coupé à un grand pain

(Mots extraits de l’ouvrage Les mots disparus de Pierre Larousse aux éditions... Larousse ! )

 

Notre langue, qui s’appauvrit et s’enrichit sans cesse est, vous en conviendrez, une langue vivante. Je l’adore, elle me passionne. Est-ce pour cela que je n’ai jamais réussi à en parler une autre ?
Une vie entière ne suffit pas pour connaître une langue 

j’en entamerai donc une autre...

dans une autre vie !

 

Passez un très bon dimanche

 

la gaillarde conteuse

 

 

 

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Le jardin du 3 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 3 Octobre

 

Un vent fort secoue les arbres, les branches se balancent comme des voiles et les feuilles se plient en tous sens. Les nuages défilent dans le ciel où le soleil apparaît et disparaît sans cesse. On dirait que la nature a pris une grosse cuillère de bois et qu’elle brasse sans s’arrêter le contenu d’une casserole d’air, de verdure et de soleil. Et nous voici plongés dans une soupe méli-mélo d’octobre...

 

En lisant le texte qui va suivre, vous allez me dire  

« Voilà des mots qui n’existent pas. »

Ce à quoi je vous répondrai

« Ce sont des mots qui n’existent plus, qui ont disparu de notre langue car nous les avons peu à peu abandonnés derrière nous. »

Je vous laisse aujourd’hui avec un jeu qui consiste à tâcher d’en deviner le sens, et je viendrai demain vous dire ce qu’il en est.

 

Je ne vais pas vous conter cela bredi-breda, il vous faudra patienter. Voilà donc le jeu commencé ! Malgré le vent, nous voici dehors. Nous passons d’abord devant le convolvulus, qui commence à se tâcher de brun, puis nous longeons l’amentacée, dont certains éléments sont déjà aphylles, puis le bosquet de Bon-Henri, tout à fait indifférent aux actuelles intempéries. À l’avant-courrière du jour, j’avais aperçu un ragondin près de l’étang. Nul besoin d’y poser un attrapoir, la bête s’acagnarde et probablement aussi la considérons-nous avec accortise et le brigandeau en profite bien ! Ne fait-il pas, à présent, partie des aîtres de ce lieu ?

Nous sommes à présent sortis du temps où, adustes, nous revenions buvotter à la cruchée, puis repartions sans nous déconforter, faire un arrosement ou d’autres travaux. À présent il brouillasse certains matins et nous craignons qu’octobre n’aille vite brouir nos plants de fleurs et que la chancissure ne gagne tous les fruits. 

Rentrons vite au bercail, car au jardin nous devenons cogne-fétu, le vent défaisant de sa hargne tout ce qui fut si soigneusement compassé. Mais tenons bon car n’est-ce pas pour cela que l’on se conjoint ? Dans un mois nous irons argoter, récupérer deux ou trois crossettes et vérifier les brouts. Mais pour l’instant, nous allons partager tous les deux un vin doux pas acéteux du tout et quelques biscotins. Nous n’irons tout de même pas jusqu’au brandevin, ce serait une cacade !

Et ce soir, quand la nuit aura recouvert tout de son manteau, dans le chaud doux de la demeure, nous disposerons belles et bonnes charcuteries sur un chanteau, le tout accompagné des noix neuves que le vent - pour le coup bien utile - a décroché par dizaines...

 

Pour l’heure amusez-vous

Demain vous saurez tout 

 

la gaillarde conteuse

 

 

 

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Le jardin du 2 Octobre

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 2 Octobre

 

« Il a plu toute la journée. Je me penche sur l’eau et tends la main pour saisir un diamant de la grande ourse, une pâle émeraude de Mars. Mon coeur bat. J’ai de nouveau vingt ans et le droit, le devoir de faire la vie. Une flaque de pluie, et voilà que se remet en marche au fond de moi la vieille machine du rêve. Pinçant un scintillement entre mes doigts, je pense : « Quelle étrange place nous tenons dans l’univers, où nous sommes à la fois indispensables et de trop... »

Espèces en voie de disparition - Robert Lalonde

 

« Voici une petite pluie : vous êtes dans la rue, vous ouvrez votre parapluie, c’est assez. À quoi bon vous dire « Encore cette sale pluie ! » Cela ne leur fait rien aux gouttes d’eau, ni aux nuages, ni au vent. Pourquoi ne dites-vous pas aussi bien : « Oh la bonne petite pluie ! » Je vous entends, cela ne fera rien aux gouttes d’eau, c’est vrai, mais cela sera bon pour vous. Tout votre corps se secouera et véritablement d’échauffera, car tel est l’effet du plus petit mouvement de joie. Et vous voilà comme il faut être pour recevoir la pluie sans prendre un rhume. »

Alain - 4 novembre 1907

 

la gaillarde conteuse

 

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