Et voilà que nous dépassons la mi-Décembre. L’Avent est bien avancé.
Et toujours ce couvercle de brume froide au-dessus de nos têtes. Nous bravons tout de même la paresse pour longer le matin les chemins de notre campagne, et nous rentrons humides et glacés. Qu’importe, nous prenons l’air !
Au retour, mon cher jardinier a cueilli de la salade, du persil et il a transplanté en pleine terre trois chrysanthèmes qui étaient encore dans leur jardinière.
Nos pauvres écureuils n’ont pas cette année trouvé beaucoup de noix et de noisettes dans les parages. -L’un d’eux a découvert récemment la maisonnette garnie chaque jour pour les oiseaux de graines de tournesol. Il s’y installe en maître et fait bombance, pendant que les mésanges, de loin, le grondent avec des petits cris nerveux, indignés et perçants.
Les poules faisanes, le foulque, le ragondin, les merles, les pies, guettent quant à eux les graines de blé cuit et le pain, lancés aux poissons, et dont une bonne partie tombe (le jardinier s’arrange en tout cas pour qu’il en tombe) dans l’herbe de la rive.
Chaque vivant du petit domaine doit être heureux, c’est important.
Aujourd’hui vous avez droit, en avant-première, au fagot de Noël confectionné pour garnir le centre de table de nos repas de fêtes. Il est composé de sapin frais, de branches rouges de cornouiller, de houx bicolore, de pommes de mélèze, de pommes de sapin, de lanternes japonaises, de baies d’églantier et de bogues de châtaignes. Vous allez me dire qu’il est trop tôt pour conserver cette brassée de végétaux. Eh bien non, car notre grange est très froide. J’y pose ce fagot au sol, sur une feuille de plastique et je le vaporise légèrement tous les deux jours. Je peux vous assurer qu’il reste frais longtemps, j’en fais l’expérience chaque année.
Je mets habituellement, pour tous les repas de cette période, une nappe unie, vert foncé ou rouge et sachez que ce fagot naturel posé au beau milieu est du plus bel effet. Nous recevons ainsi enfants, petits-enfants, et après chaque repas le fagot retourne à la grange, où il reçoit l’humidité nécessaire à sa bonne conservation.
Je viens de le prendre en photo pour vous, et hop, le voici déjà à la grange, au frrrrrrrrroid !