Il n'y a pas de suite à l'histoire du trésor de l'ange, du moins pas de suite à raconter. N'est-ce pas à chacun d'écrire sa propre suite et de chercher ce trésor en lui ?
C'est le printemps, la lumière, les vergers fleuris de rose et de blanc, les feuilles qui arrivent partout, poussées par une énergie neuve, irrésistible. On annonce un changement de temps ? Qu'importe, le printemps est là et bien là, il ne se laissera pas intimider. Soyons comme lui et laissons monter en nous une énergie neuve, irrésistible !
Dès notre conception au ventre maternel, un ange vient à nous. Nous lui faisons une place, il s’installe pour les trois saisons de l’attente, nous ne sommes pas seul.
Et l’ange raconte. Il nous raconte l’origine du monde et le sens de toute chose. Il raconte pendant que se construit ce corps qu’il nous faut pour habiter la terre et la vie. Cette connaissance transmise par l’ange est notre trésor, posé dans notre mémoire, bien au fond, pour laisser la place à tout ce qui viendra s’y loger.
Puis, quand arrive le moment de naître, quand l’énergie s’apprête à nous pousser hors de la demeure tiède, l’ange referme délicatement sur le trésor la porte de la mémoire, il nous sourit et nous dit « vas-y ! » puis il s’envole, sa douceur disparaît et nous voilà petit et faible, jaillissant dans un monde de lumière blanche, de bruits, d’odeurs, d’incertitudes et de complications où il va falloir grandir. Le trésor est là, caché mais là, de moins en moins palpitant, de plus en plus enfoui sous les connaissances transmises par nos semblables, jusqu’à ne plus briller dans la nuit.
C’est ainsi, c’est le jeu, il nous faut perdre le trésor de l’ange, car il nous faut le retrouver, la couche qui le recouvre est épaisse et tenace. Nous creusons, cherchons, nous nous perdons mille fois, mille fois nous y revenons. Nous avons la nostalgie de ce trésor qui est le nôtre, mais nos chemins nous en éloignent et nous demeurons encore et encore exilés.
Jusqu’au jour où…
Voici ce blog rénové. Vous remarquerez qu'il n'y a pas de liens vers les réseaux que l'on dit sociaux. Ici est un petit lieu confidentiel, discret, silencieux, un coin de forêt. Écoutez ces chants d'oiseaux, montez lentement cet escalier de mousses et de lierres, vous y êtes...
Un matin de décembre, devant mon supermarché, une femme vient vers moi et me dit « j’avais rdv avec une amie ici pour lui remettre cette petite bouture, ça fait un moment que j’attends elle ne vient pas. Ça vous dit une bouture ? »
J’aime bien les situations inattendues, j’ai accepté la petite tige avec ses trois feuilles timides, en disant bien merci.
Rentée chez moi, je l’ai installée dans un pot en grès alsacien, contre une fenêtre de ma cuisine, l'ai considérée comme une invitée, lui ai parlé. Depuis elle a fait 10 feuilles, luisantes, pleines de vie, elle semble être bien et j'en suis honorée. Nous avons probablement un chemin à faire ensemble toutes les deux, pour qu'elle soit venue ainsi à moi.
Accueillir ce que l’existence nous amène à croiser et poser dessus un oeil ouvert, nous éviterait de labyrinthiques et vaines recherches.
Tout vient à nous… et nous qui cherchons souvent ailleurs, plus grand, plus brillant...