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LA BOÎTE DE PANDORE 2ème partie

Publié le par Patricia

LA BOÎTE DE PANDORE 2ème partie
une histoire de la mythologie grecque
Version Patricia Gaillard

...Héphaïstos, qui avait pris plaisir à cette tâche de créateur, languissait de s’y remettre et il accueillit cette demande avec bonheur. Il pétrit donc la créature, la modela joliment, la fit cuire dans son creuset secret. Puis il appela quelques dieux qui se firent parrains et marraines pour la circonstance et qui parèrent cette femme de tous les dons nécessaires. C’est ainsi qu’elle reçut à parts égales : la beauté d’Aphrodite, le sens de la musique d’Apollon, l’adresse aux travaux du fil d’Athéna, l’art de la persuasion d’Hermès et la terrible curiosité d’Héra. Quant à Zeus , il lui offrit une des deux boîtes de terre rouge, lui disant, solennel : « Prends cette boite, c’est un présent de mariage, pour toi et pour l’époux qui te viendra. Elle est scellée, c’est un secret divin, surtout ayez bien soin de la laisser ainsi. » Et tous ensemble ils appelèrent cette créature neuve du nom de Pandore, qui signifie « parée de tous les dons. » C’était un temps où on ne négligeait rien et où chaque vie était riche de mille présents jaillis de la bonté des dieux. Puis, après l’avoir contemplée un instant, Zeus envoya la femme chez Prométhée, pressenti, on le devine, pour tomber sous son charme. Mais Prométhée, méfiant, se garda de ce piège magnifique et il conseilla à son frère Epiméthée d’en faire tout autant. Mais celui-ci s’éprit de Pandore à en perdre la raison et dès le lendemain ces deux-là s’épousèrent…

à demain, où la boîte sera ouverte en votre présence !

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LA BOÎTE DE PANDORE 1ère partie

Publié le par Patricia

LA BOÎTE DE PANDORE 1ère partie
une histoire de la mythologie grecque
Version Patricia Gaillard

Cette histoire nous vient d’un temps lointain, où les divinités encore nombreuses et variées possédaient les pouvoirs, les forces et les secrets. Zeus, le plus puissant d’entre eux, cachait dans sa demeure divine, deux boîtes de terre rouge. La première contenait les biens, la seconde renfermait les maux… La marche du monde était encore simple et ces deux boîtes scellées tenaient notre univers à l’abri des misères. Ce jour-là Zeus dans son Olympe fulminait, ce qui était banal, car il avait une houleuse nature. Cependant la raison cette fois était de taille : Prométhée, fils des Titans - celui-là même qui avait suggéré à Zeus de créer les hommes en un temps où seuls les dieux peuplaient l’univers - Prométhée s’était montré ingrat, car il avait volé le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Et Zeus fulminait. Sa dense barbe brune et bouclée lançait des éclairs et ses yeux très profonds envoyaient sa divine colère en flèches assassines. L’Olympe entier en était tout secoué ! Une fois ressaisi, son esprit se mit à mijoter une vengeance. Il alla trouver Héphaïstos, le dieu-forgeron, lui demandant de créer une femme, de la même manière qu’il avait fabriqué d’innombrables humains d’argile, pétris longuement, fondus dans sa forge sacrée et surgis, vivants, de son antre clair-obscur de magicien, pour s’en aller peupler le monde...

je vous donne rdv demain, dans la forge d'Héphaïstos !

 

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MENSONGE ET VÉRITÉ 4ème et dernière partie

Publié le par Patricia Gaillard

MENSONGE ET VÉRITÉ
4ème et dernière partie
Conte traditionnel
Version de Patricia Gaillard
Parue dans la revue Auteurs Comtois n°7

gravure collection personnelle

...Ils s’envolèrent tous d’un coup dans un bruissement de plumes fripées, leurs rires résonnant dans l’obscurité, comme des lames coupantes.

Quand l’aube se leva, si rose, si calme, Vérité se pencha vers la source. Celle-ci lui offrit son eau, dans un flacon de cristal ciselé qui avait le don de ne jamais se vider. Vérité alors, dans sa large cape rosée, s’en retourna au monde.
Très vite elle entendit parler d’une princesse qu’un mal secret et mystérieux tenait depuis longtemps recroquevillée au fond d’un lit. Elle se fit conduire au chevet de la pauvrette, sortit de sous sa cape la fiole mystérieuse,  en versa quelques gouttes sur la jeune moribonde. Le mal aussitôt s’extirpa du corps comme une sombre vapeur.
Vérité en quelques jours devint célèbre, vénérée, couverte d’honneur et d’or, pour tout vous dire elle devint reine.

Un jour, le destin, qui non seulement a de l’humour, mais aussi une indéfectible mémoire, fit à nouveau se rencontrer Mensonge et Vérité. Quand Mensonge vit le regard vivant de Vérité et ses vêtements de reine, il s’effraya. Vérité lui raconta simplement la vérité : la force, la source, le chêne, les esprits de la nuit, le flacon de cristal. Mensonge ne perdit rien de ces précieux renseignements. Il se rendit plus tard dans le lieu décrit, puis attendit la nuit, perché sur le grand chêne. Il ne fut pas déçu : de grands oiseaux très noirs, avec de larges ailes, se posèrent par dizaines sur les branches feuillues des arbres d’alentour. Et comme chaque nuit, ils se racontèrent tous leurs tristes récits de noirs tourmenteurs.
Il parait que Mensonge manqua de discrétion, qu’on entendait bien trop sa respiration, qu’il avait une forte odeur de saucisson, qu’un bout de son manteau bleu nuit pendait le long du tronc. Bref, il fut remarqué, attrapé, tourmenté, tué, dépecé, dévoré de la belle manière, par toute cette horde hurlante de bêtes maléfiques.

Mensonge avait mis bien du temps, mais il s’était défait, de lui-même.

Vérité, qui était reine, le resta. Et l’on dit, vous l’avez sûrement entendu, qu’elle triomphe toujours…

Merci de m'avoir suivie jusque là, je reviens bientôt avec d’autres histoires. Que cette journée vous soit douce. Patricia 

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MENSONGE ET VÉRITÉ 3ème partie

Publié le par Patricia

MENSONGE ET VÉRITÉ 3ème partie
Conte traditionnel
Version de Patricia Gaillard

gravure collection personnelle

...Mensonge, qui était prévoyant et qui connaissait les besoins de ce corps qu’il occupait, sortit de son manteau une miche de pain et un vrai saucisson. Il prit place sur une large pierre plate et moussue et cassa tranquillement la croûte.

La vérité, naïve, qui n’avait rien prévu, ressentait douloureusement la faim qui tenaillait ce corps qu’elle avait emprunté. 
« Mensonge, je t’en prie, donne-moi un peu de ton pain. »

« Je veux bien, dit l’autre, mais que me donnes-tu en échange ?

« Ce que tu veux.

« Alors donne-moi un de tes yeux. »

Mais diable, dans les visages qu’ils avaient, un œil sur deux c’était beaucoup, c’était carrément la moitié ! Mais ventre qui a faim n’a pas tendance à réfléchir. Vérité accepta. Mensonge lui extirpa un œil et envoya un bout de pain de la même taille que la mirette, ce qui n’est pas bien gros. Vérité se trouva aussi affamée après qu’avant, elle avait pourtant payé cher ce festin minuscule. Mensonge lui proposa de faire encore le même échange, au même prix, alors elle donna son deuxième œil. Il l’arracha, avec la pointe brillante de l’opinel graissé de saucisson, jeta à l’aveugle une miette de pain et s’en alla tout seul, les deux yeux dans ses poches.

Vérité, à quatre pattes, trouvant son bout de nourriture, s'en délecta, ce qui fut très vite fait. Puis elle s’en alla, trébuchant sur chaque pierre, chaque touffe d’herbe, chaque racine crochue, jusqu’à se laisser tomber, découragée, anéantie. C’est alors qu’une espèce de force bienveillante la releva, lui prit la main, la conduisit sur le sentier, l’assit près d’une source qu’on entendait chanter.

« Bois cette eau, lave tes yeux, et quand ton regard sera à nouveau vivant, monte sur ce chêne, qui est juste au-dessus de toi et écoute attentivement les paroles des êtres malfaisants qui errent par ici, dans les ténèbres… » Sur ces paroles énigmatiques, la force se retira. Vérité était seule. Elle but à même la source et lava son visage à l’eau miraculeuse. Des yeux lui repoussèrent qui s’ouvrirent à nouveau. Alors, voyant qu’elle gagnait tout à suivre les instructions reçues, elle se tint cachée dans les fourrés d’épines, près de l’arbre et de l’eau, grappillant leurs baies brillantes, rubis, grenat. Bien plus tard dans la nuit, de grands oiseaux très noirs, avec de larges ailes, se posèrent par dizaines sur les branches feuillues des arbres d’alentour. Ils parlaient notre langage et leurs conversations donnaient des frissons crus. Ils racontaient les mauvais sorts qu’ils avaient jetés avec délice à des femmes, des hommes et même des petits enfants, des victimes nombreuses, choisies au hasard et dont les tourments les avaient régalés. L’un d’eux était très fier d’avoir ainsi atteint une princesse de ces fines tortures. La pauvre, d’ailleurs, devait à cette heure se mourir lentement. Mais dans leurs bruyants et noirs bavardages, Vérité les entendit évoquer un très précieux secret : « Si elles savaient, toutes nos malheureuses victimes, qu’au pied de ce chêne coule une source vénérable qui a le don de guérir tous les maux ! Mais heureusement, nous seuls la connaissons !.........

à demain !

 

 

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