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LA BOULE DE CRISTAL 3

Publié le par Patricia Gaillard

LA BOULE DE CRISTAL
3ème partie
Conte collecté par les frères Grimm
Version de Patricia Gaillard

...Il entre et traverse de nombreuses salles obscures, désertes, qui font une espèce de labyrinthe dont on sent qu’il mène à un lieu secret… c’est là qu’il arrive, une femme s’y tient. Elle a la peau comme de la cendre, les yeux éteints et gris, les cheveux rouges incandescents…
Et notre héros se dit : c’est le diable, mon Dieu, que je viens délivrer...
"Êtes-vous la prisonnière du château du soleil d’or, que l’on dit si belle, qui est si convoitée ?
- Je suis la prisonnière. Mon père est l’enchanteur, son amour me retient et m’interdit la vie, aucun homme jamais ne saura me défendre , rechercher ma beauté, ma jeunesse, mes désirs… ! Tant de mélancolie déguise mon visage, mais, vois mon miroir, il dit la vérité… »
Dans le miroir au mur, le reflet de la fille est un portrait parfait.
- « Je te délivrerai, la belle, dis-moi, que dois-je faire ? 
- Trouver la boule de cristal qui seule brisera le pouvoir de l’enchanteur et me rendra mon vrai visage. Hélas, tant d’hommes sont partis dans cette quête mortelle et aucun revenu. Je ne veux pas de ta mort, il faut renoncer. »

Mais le fils de la magicienne ne renonce pas…

« Au pied de la montagne de verre est un sentier d’aubépines, de trèfles et d’églantiers où chante un roitelet. Il mène près d’un rocher et d’une source dont le cristal court dans l’ombre d’un noisetier. Un auroch est son gardien. Il repose sous le soleil noir. Il faut tuer l’auroch pour libérer l’oiseau de feu qui porte en lui un œuf rougeoyant, car le jaune de cet œuf est la boule de cristal. Mais si l’œuf tombe sur le sol, la boule de cristal se consume et consume tout autour d’elle, et tout sera perdu, à jamais… »

 

à demain, chercheurs de merveilles !

 

 

 

 

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LA BOULE DE CRISTAL 2

Publié le par Patricia Gaillard

LA BOULE DE CRISTAL 
2ème partie
Conte collecté par les frères Grimm
Version de Patricia Gaillard

Il vit une forêt, silencieuse et douce, son ombre était tentante, il y entra. Dans le silence des bois il entendit des voix tonnantes.  Deux hommes, des géants, se disputaient tout près de là. Ils se battaient pour un chapeau laid, abîmé, aplati…
« Quelle drôle d’idée de vous battre pour un vieux chapeau, si ordinaire ! »
- Alors aide-nous, vous les hommes petits vous êtes bien plus rusés que nous. Sache que ce chapeau n’est pas banal, il est magique et chacun de nous deux le désire… 
(Ah lala, pensa le garçon, plus la tête est grosse, plus minuscule est la cervelle, un chapeau magique n’a sûrement pas cette allure-là !)
- J’ai bien une idée, leur dit-il. Je vais le mettre sur ma tête et m’éloigner un peu. Quand je sifflerai, vous courrez, le premier arrivé l’empochera. »

Il posa le chapeau sur sa tête et prit un chemin au hasard, pendant que les deux autres, appuyés sur des chênes, tenaient leurs yeux fermés comme au jeu de cache-cache. Mais le pauvre garçon avait la tête si prise par cet introuvable château du soleil d’or, qu’il oublia de siffler…
( sûrement que les deux autres attendent encore, rassis, enracinés et durcis par le temps comme de vieux arbres…)

 Et voilà que le garçon soupire : « Si je pouvais trouver le château du soleil d’or… »
Aussitôt, happé par je ne sais quelle force surnaturelle, il traverse les airs comme le ferait la foudre et se retrouve assis au sommet d’une montagne de verre, devant un château inondé de soleil, dont les larges pierres lisses et rutilantes semblent des lingots d’or. Semblent…? Sont.

La porte est ouverte.
Il entre et traverse de nombreuses salles obscures, désertes, qui font une espèce de labyrinthe dont on sent qu’il mène à un lieu secret…

 

à demain, chers visiteurs...

 

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LA BOULE DE CRISTAL partie 1

Publié le par Patricia Gaillard

LA BOULE DE CRISTAL
1ère partie
Un conte collecté par les frères Grimm
Version de Patricia Gaillard

C'était une vieille femme magicienne, de celles qui laissent un voile sombre derrière elles. Elle possédait une baguette creuse où dormaient les restes secs de quelque créature fabuleuse. Elle avait un pouvoir très grand, c'était une inquiétante. Si elle était magicienne, elle était mère aussi, mais bien moins. D'ailleurs sa grande crainte était que ses trois fils puissent lui voler un jour son art. Et à mesure qu'ils grandissaient, cette inquiétude en elle grandissait. Elle se décida donc à prendre des précautions.

Elle partit un matin, c'était à peine l'aube et chercha son fils aîné qui déjà chassait. Elle se cacha derrière un arbre, proféra de curieuses paroles, tout en faisant avec sa baguette des mouvements précis. Alors le garçon sentit tout son corps se répandre comme une pâte molle, puis se remodeler et devenir un aigle qui s'éleva tout là-haut, où nous n'irons jamais.
Contente de ce succès, elle se mit en recherche de son second fils et le vit, sur une barque fragile, qui pêchait dans la mer. De quelques incantations ficelées comme il faut, elle fit de lui une baleine dans le profond des eaux.
L'un était tout là-haut, noble mais dans l'air, l'autre était tout en bas, puissant mais dans l'eau... Pour le troisième, encore jeune, elle attendrait un peu, mais elle savait déjà qu'elle en ferait un loup. Mais celui-ci avait tout vu, tout entendu et épouvanté d'avoir vu ses frères propulsés ainsi dans des mondes étrangers, il craignit pour son humanité.
Il lui fallait fuir absolument, il s'en alla donc, de nuit, secrètement. Mais il lui fallait décider d'une route à prendre...

Soudain quelque chose lui revint en mémoire, une histoire, une belle histoire, qu'il avait entendue. Elle parlait d'un château, le Château du Soleil d'or, où une femme prisonnière espérait un sauveur. On disait que plus de vingt jeunes hommes étaient partis pour cette quête et que tous y avaient trouvé la mort.
Mais lui, qui venait de sauver sa vie de la métamorphose, ne fut pas  effrayé de la mettre en péril. Il chercha, chercha, suivit tous les vents, essaya toutes les directions, ne trouva jamais rien. Les gens à qui il demandait sa route n'avaient jamais entendu parler de ce château. Il finit par douter, il était épuisé, il vit une forêt silencieuse et douce, son ombre était tentante, il y entra...

à demain...

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Printemps

Publié le par Patricia Gaillard

Il n'y a pas de suite à l'histoire du trésor de l'ange, du moins pas de suite à raconter. N'est-ce pas à chacun d'écrire sa propre suite et de chercher ce trésor en lui ?

C'est le printemps, la lumière, les vergers fleuris de rose et de blanc, les feuilles qui arrivent partout, poussées par une énergie neuve, irrésistible. On annonce un changement de temps ? Qu'importe, le printemps est là et bien là, il ne se laissera pas intimider. Soyons comme lui et laissons monter en nous une énergie neuve, irrésistible !

 

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une histoire...

Publié le par Patricia Gaillard

Notre trésor

Dès notre conception au ventre maternel, un ange vient à nous. Nous lui faisons une place, il s’installe pour les trois saisons de l’attente, nous ne sommes pas seul.

Et l’ange raconte. Il nous raconte l’origine du monde et le sens de toute chose. Il raconte pendant que se construit ce corps qu’il nous faut pour habiter la terre et la vie. Cette connaissance transmise par l’ange est notre trésor, posé dans notre mémoire, bien au fond, pour laisser la place à tout ce qui viendra s’y loger.  

Puis, quand arrive le moment de naître, quand l’énergie s’apprête à nous pousser hors de la demeure tiède, l’ange referme délicatement sur le trésor la porte de la mémoire, il nous sourit et nous dit « vas-y ! » puis il s’envole, sa douceur disparaît et nous voilà petit et faible, jaillissant dans un monde de lumière blanche, de bruits, d’odeurs, d’incertitudes et de complications où il va falloir  grandir. Le trésor est là, caché mais là, de moins en moins palpitant, de plus en plus enfoui sous les connaissances transmises par nos semblables, jusqu’à ne plus briller dans la nuit.
C’est ainsi, c’est le jeu, il nous faut perdre le trésor de l’ange, car il nous faut le retrouver, la couche qui le recouvre est épaisse et tenace. Nous creusons, cherchons, nous nous perdons mille fois, mille fois nous y revenons. Nous avons la nostalgie de ce trésor qui est le nôtre, mais nos chemins nous en éloignent et nous demeurons encore et encore exilés.
Jusqu’au jour où…

 

 

 

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un escalier de mousses et de lierres

Publié le par Patricia Gaillard

Voici ce blog rénové. Vous remarquerez qu'il n'y a pas de liens vers les réseaux que l'on dit sociaux. Ici est un petit lieu confidentiel, discret, silencieux, un coin de forêt. Écoutez ces chants d'oiseaux, montez lentement cet escalier de mousses et de lierres, vous y êtes...

à bientôt...

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RENCONTRE

Publié le par Patricia Gaillard

Un matin de décembre, devant mon supermarché, une femme vient vers moi et me dit «  j’avais rdv avec une amie ici pour lui remettre cette petite bouture, ça fait un moment que j’attends elle ne vient pas. Ça vous dit une bouture ? » 

J’aime bien les situations inattendues, j’ai accepté la petite tige avec ses trois feuilles timides, en disant bien merci. 

Rentée chez moi, je l’ai installée dans un pot en grès alsacien, contre une fenêtre de ma cuisine, l'ai considérée comme une invitée, lui ai parlé. Depuis elle a fait 10 feuilles, luisantes, pleines de vie, elle semble être bien et j'en suis honorée. Nous avons probablement un chemin à faire ensemble toutes les deux, pour qu'elle soit venue ainsi à moi.

Accueillir ce que l’existence nous amène à croiser et poser dessus un oeil ouvert, nous éviterait de labyrinthiques et vaines recherches. 

Tout vient à nous… et nous qui cherchons souvent ailleurs, plus grand, plus brillant...

 

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LA FEMME SQUELETTE (conte inuit) 4ème et dernière partie

Publié le par Patricia Gaillard

 LA FEMME SQUELETTE  (conte inuit)  4ème et dernière partie  (version de Patricia Gaillard)

Elle n'a rien vu, rien entendu, rien pensé bien sûr, elle n'avait que ses os, mais elle a ressenti quelque chose, comme un battement, dans la profondeur de ses os. Elle s'est mise à ramper jusqu'à l'homme et elle a posé ses phalanges sur sa poitrine. Elle a senti un battement dans ses os, elle a ouvert la poitrine avec ses doigts coupants et elle a sorti le coeur qui battait, comme un tambour. Son tambour, où l'avait-elle laissé ? Au fond de la mer ? Elle a pris ce coeur chaud, humide, dans ses deux mains d'os et elle s’est levée, s'est mise à danser, à danser, à danser...
À danser, à danser, à danser...
Pendant qu'elle dansait sa chair doucement s'est recomposée, des yeux lui sont venus et enfin elle a vu ce coeur, elle a entendu son battement et elle l'a senti dans ses doigts, elle l'a senti dans tout son corps comme son propre coeur, son tambour, qui battait et elle a su que ce coeur dans ses mains n'était pas le sien. Alors elle s'est mise à genoux, a remis le coeur dans la poitrine ouverte de l'homme. La femme s'est étendue contre le corps de l'homme qui se réveillait...
On dit qu'ils ont été heureux longtemps, qu'ils sont descendus souvent tout au fond de la mer, qu'ils sont montés souvent dans les étoiles du septième ciel, qu'ils se sont donné de la chair toute leur vie. Et on dit aussi que quand son tambour à elle s'est tu, son tambour à lui s'est tu aussi...

Au revoir, chers passants, maintenant je vous en ai dit assez, je vais me taire, mais permettez que je vous embrasse...
Patricia

 

 

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LA FEMME-SQUELETTE (conte inuit) 3ème partie

Publié le par Patricia Gaillard

LA FEMME-SQUELETTE  (conte inuit)   3ème partie
(version de Patricia Gaillard)

...Le jeune homme tirait, tirait, la femme-squelette avançait, avançait et elle est sortie de la mer, au bord, sur la plage. Quand l'homme a vu ça, lui qui n'avait pas peur des esprits, il a eu peur de ce squelette. Alors, tout en gardant sa ligne en main, il s'est mis à courir, à courir, et plus il courait, plus elle le suivait, plus elle le suivait, plus il courait, plus il courait, plus elle le suivait... ça ne s'arrêterait donc pas. Arrivé à son igloo, il est entré et a glissé la peau de phoque devant l'ouverture. Il y a eu un grand silence, puis il a allumé la lampe à graisse. La femme-squelette était là, assise par terre, au fond de l'igloo, elle ne bougeait pas, elle était toute emmêlée, une phalange de pied dans une oreille, un coude dans le bassin, la tête vissée vers l'arrière. Il l'aurait trouvée drôle, même touchante, si elle n'avait pas été si effrayante.
Au bout d'un moment, il a commencé à s'habituer. Après tout un squelette c'est humain. Lui aussi était humain, il avait de la chair, elle n'en avait pas, et voilà, Après tout, qu'est-ce qu'elle aurait bien pu lui faire ?
Il s'est approché, doucement, progressivement, surveillant sa réaction, dans la lumière douce de la lampe à graisse, et avec ses doigts, qui avaient l'habitude de démêler les noeuds de fil, il a défait patiemment tout cette cordelette translucide, emberlificotée d'un os à l'autre. Il a fait ça précautionneusement, en chantonnant doucement. Ensuite il a remis les os en place, tous, elle était mieux comme ça. Elle ? Oui, La mâchoire était petite, les hanches arrondies, elle avait sûrement été une femme. Il a même posé une pelisse de phoque sur ses épaules.

Cette invraisemblable fin de journée l'avait fatigué. Il s'est déshabillé, complètement, et s'est engouffré sous une épaisse couverture en fourrure d'ours. Il a soufflé la lampe à graisse près de lui et, très vite, s'est endormi...

À demain, pour la suite.... et fin
Bonne fin de journée !
Patricia


 

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LA FEMME-SQUELETTE (conte inuit) 2ème partie

Publié le par Patricia Gaillard

LA FEMME-SQUELETTE  (conte inuit)  2ème partie
(version de Patricia Gaillard)

Is ont marché, marché comme ça jusqu'à la mer. Devant la mer il y avait une immense crevasse, ils sont descendus dans cette crevasse, descendus jusqu'au fond de la mer. Une fois arrivés là, les deux hommes-ours ont abandonné la fille et ils sont remontés. Elle est restée là, au fond de la mer, comme prisonnière de la mer...
Alors la mer l'a prise, comme une mère, et elle l'a bercée comme elle sait faire, avec son rythme, son souffle, sa respiration de mer. Elle l'a gardée ainsi longtemps. Elle l'a conservée. Et puis, avec sa patience sans fond et toutes ses petites bêtes, lentement, elle a défait tous les os de leur chair. Un jour la fille n'était plus qu'un squelette. Elle était devenue la femme-squelette.
Elle était toujours tournée vers une partie de la mer qui était plus lumineuse, alors la mer un jour l'a soulevée, l'a poussée et la femme-squelette s'est mise à marcher, à marcher, jusqu'à l'endroit lumineux, où il y avait une multitude de poissons brillants au ventre roux, au dos couleur d'émeraude. Puis elle est restée là, assise, dans la lumière de la mer.
Près de la surface il y avait une crique. Aucun pêcheur ne venait jamais y pêcher car un vieux savoir disait qu'il y avait des esprits dans cette crique. Un jeune pêcheur, beau et fort, qui aimait manger ces poissons au ventre roux et au dos couleur d'émeraude et qui n'avait pas peur des esprits, avait pris l'habitude de venir pêcher là, chaque jour, un peu avant la nuit. Il lançait sa ligne, très loin, la ligne se posait, l'hameçon descendait, descendait. Et ce soir-là, la ligne s'est posée, l'hameçon est descendu, descendu, jusqu'à la femme-squelette, qui était assise là, au fond de l'eau, dans les derniers rayons de la lumière... En arrivant sur ce squelette, l'hameçon a fait comme une aiguille, il est passé sous un os, puis sur un autre, puis sous le reste et à force il a tissé une espèce d'embrouillaminis invraisemblable entre tous ces os. 
Le pêcheur a cru qu'il avait une touche, une grosse touche, pour un pêcheur une grosse touche c'est tellement important. Il imaginait déjà un très gros poissons au ventre roux, au dos couleur d'émeraude, alors il a tiré, tiré, le noeud de fil a commencé à soulever la femme-squelette qui s'est mise à avancer, avancer et le jeune homme tirait, tirait, et la femme-squelette avançait, avançait...

À demain pour la suite...

Que ce jour vous soit doux, vous qui passez ici

 

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