Mon cher jardinier, qui n'est pas rancunier, admirait ce matin un mini-gastéropode trouvé sur la poubelle. Ne nous fions pas à son air innocent car ce jeunot, comme la limace, est grand amateur de pousses tendres. Reconnaissons cependant que sa fine coquille dessinée apporte à l'escargot grâce et prestance, contrairement à sa flasque et gluante cousine.
Et, posé sur la main, l'animal se dit :
"Diantre, sur quel désert strié et fendu ai-je donc atterri ???"
Pas de panique, le désert a été provisoire car mon cher jardinier a déposé l'escargot sur l'herbe pleine de rosée et lui a dit "Va, mon garçon..."
J'aime le charme des rencontres au petit domaine...
Un gastéropode sans coquille de l'ordre des stylommatophores. Wouaouh ! Ça claque...
Je parle ici de la limace. Cette espèce met mon cher jardinier hors de lui, dans son joli potager printanier. Elles étaient si belles les petites salades qu'il avait semées sous la serre. Il les visitait chaque jour depuis un mois, les hydratait délicatement avec sa poire d'arrosage, leur parlait quasiment. Il y a huit jours il les a plantées en pleine terre. Puis il a plu. Aubaine. Si l'on peut dire... car le lendemain il en manquait neuf sur douze ! Et le jour suivant elles avaient toutes disparues. Je vous fais grâce des noms d'oiseaux auxquels les limaces ont eu droit !
Mon cher jardinier met une belle patience dans son art. Chaque fois il finit par se calmer, range les insultes dans le fond de sa poche, sachant fort bien qu'elles resserviront.
Puis il ré-sème, re-visite, ré-arrose, re-plante.
Vous allez me dire "il y a sûrement des choses à faire pour éloigner les limaces ???"
Mon cher jardinier s'est fort bien renseigné : rien ne marche ! Rien de rien !
Et encore nous avons de la chance, il y a, ailleurs, des variétés qui font trente centimètres ! Gloups
Cueillie au jardin au petit matin pluvieux, cette tulipe semble s'être étirée d'aise une fois posée dans l'eau du vase. Son rose délicat et son fin tissu de soie vont bien à cette journée pascale. Résurrection, renouveau, renaissance, ces mots nous invitent à une promenade en nous où bien des choses peuvent renaître et se renouveler. Œuvre passionnante.
Agneau pascal, lapins en chocolat
Et puis des œufs cachés par-ci par-là
Sous les grands arbres en fleurs
Belles Pâques, lectrices, lecteurs !
Jamais je ne me lasserai de lire Cyrano de Bergerac. Cyrano fait tout avec panache. Chanter, rêver, rire, passer, être seul, être libre... Panache, un mot qui manque tellement à presque tous ceux qui pourtant gouvernent ou qui rêvent de gouverner. Écoutez-le...
Non, merci ! Travailler à se construire un nom Sur un sonnet, au lieu d’en faire d’autres ? Non, Merci ! Ne découvrir du talent qu’aux mazettes ? Être terrorisé par de vagues gazettes, Et se dire sans cesse : « Oh, pourvu que je sois Dans les petits papiers du Mercure François ? »… Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême, Préférer faire une visite qu’un poème, Rédiger des placets, se faire présenter ? Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais… chanter, Rêver, rire, passer, être seul, être libre, Avoir l’œil qui regarde bien, la voix qui vibre, Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers, Pour un oui, pour un non, se battre, – ou faire un vers ! Travailler sans souci de gloire ou de fortune, À tel voyage, auquel on pense, dans la lune ! N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît, Et modeste d’ailleurs, se dire : mon petit, Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles, Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles ! Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard, Ne pas être obligé d’en rien rendre à César, Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite, Bref, dédaignant d’être le lierre parasite, Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul, Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !
Panache... son dernier mot. Quelle œuvre !
Généreuse, audacieuse, délicate et sensible... à lire, à relire
J'adore 💚