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un voyage pas ordinaire (jour 4)

Publié le par Patricia

JOUR 4
 

gravure collection personnelle

 

Nous allons continuer. Je vois que le parfum du lieu à présent vous inquiète.
Vous êtes tous là, aucun n'a donc péri dans ce funeste endroit ?
Vous devez avoir faim. Le roi à tout prévu dans ce panier d’osier : bouquets de ciboulette sauvage, ail des ours, beignets de fleurs d'acacia, fraises des bois. N’y cherchez pas de viandes, ni de poissons, ici les bêtes parlent, aident les voyageurs, sont des êtres vivants tout comme vous et moi, on ne les dévore et ils ne nous dévorent que symboliquement...
Ce repas sera accompagné d'un vin d'aubépine de la cave royale, cuvée 1271, s'il vous plaît. Ne soyez pas surpris, le temps ici n'est rien... Buvons à l’aventure, compagnons, car la région survolée est la région des fées et comme vous le savez, elles sont de tous les genres.
De celles, radieuses et douces, penchées sur les berceaux à celles, du genre Carabosse, qui tordent les destins, ces belles créatures sont nombreuses et variées et vous pourrez suivre l’une ou l’autre, pour partager un peu leur étrange fonction.
C’est là que vous verrez des fées lavandières, qui entraîneront les hommes, ne les relâchant qu'au petit matin, échevelés et hagards, (à vous de voir...) Les fées marraines aussi, en robe de feuilles, de neige, de vent, qui vous combleront de dons. Les fées fileuses, nornes scandinaves, moires grecques, parques romaines, qui créent, déroulent et coupent le fil de nos vies et qui gravent dans l’airain nos destins humains. Les fées-sorcières, comme cette reine, belle-mère de Blanche-Neige, aux noirs desseins et aux noirs dessous (les voici donc !) qui vous lira un secret kamasutra, capable de séduire même les rois. Et toutes ces dames vertes et blanches, même noires parfois,  qui courent dans les légendes. Merveilleuses, redoutables, enjouées, magnifiques, magiciennes, dansantes, légères, elles sont toutes fées, esprits de notre nature, esprits de la nature...
Filez vite, voyageuses, voyageurs, mais revenez-moi quand même, je serais très ennuyée de vous perdre par ici, ça ferait très désordre, on ne démêlerait plus l’ici de l’ailleurs...
Dans les contes on passe, on ne demeure pas !
Et la conteuse est responsable de votre retour...

À DEMAIN...

la gaillarde conteuse

 

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un voyage pas ordinaire (jour 3)

Publié le par Patricia

JOUR 3

L’atmosphère est douce, nous fendons l’air avec la délicatesse promise. Voyez, là-bas, cette porte végétale, toute emberlificotée de lierres et de ronces, c’est l’entrée de ce sanctuaire païen où je vous emmène. Et hop, nous y pénétrons et quittons le monde, où pèsent tant de conditionnements.
Détendez-vous, cette forêt ne vous est pas du tout étrangère, elle vous est même très intime, je vous dirai cela plus tard.
Tiens, notre tapis descend, nous voilà à présent à un mètre à peine de hauteur.
N’ayez pas peur, car la peur fait surgir des cerbères, hydres et autres dragons menaçants. Pratiquez l’innocence, elle est un rameau d’or, avec lequel rien ne peut ici vous nuire. Mais à voir certaines de vos têtes, et les grosses bêtes noires qui grouillent sous nos pieds, la peur n’est pas absente de ce radeau textile ! Nous avons vous et moi du travail sur la planche pour tâcher d’échapper à ça...
Mais dites donc, que peuvent bien représenter ces bêtes inquiétantes, de l’ombre et de l’obscurité ?
J’aimerais beaucoup connaître votre avis. Sachez que les démasquer, les fera déguerpir...
À vous de jouer...

À DEMAIN...

la gaillarde conteuse

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un voyage pas ordinaire (jour 2)

Publié le par Patricia

JOUR 2
 


Je vous sens prêts pour le voyage... Voyez dessous mon bras ce tapis magnifique, rapporté de Syrie où j’ai conté un jour lointain. Le voici déroulé. Reconnaissez que sa teinte jaune-orange est digne des plus purs safrans. Ces inscriptions noires qui courent ici et là, sont des symboles sacrés, ou plutôt de sacrés symboles.
Prenez place, je vous prie, choisissez votre endroit. Ce tapis est bien plus vaste que ce que vous voyez et que vous n’imaginez. Votre hésitation vient du manque d’habitude et justement ce voyage va vous initier. Pas de ceintures, pas de sièges, la douceur du vol ne nécessite rien de plus qu’une véritable envie de partir. Avant de “décoller” je vais vous remettre à chacun un cadeau de la part de ce beau roi dont je vous parlais tantôt : une petite fiole longue, de verre ciselé, remplie de l’eau de la Fontaine de Jouvence. Attention, une goutte chaque jour suffira amplement pour vous donner une jeunesse disons... idéale, qui sera, en fait, celle que vous désirez. Une goutte, une seule, au-delà serait trop, ne faisons pas de cette aventure une colonie de vacances, ou pire, une nurserie volante !
Ah, voilà que nous partons... Vous voyez, pas même le plus petit tressautement, je vous l’avais promis...


À DEMAIN...
la gaillarde conteus
e

 

 

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un voyage pas ordinaire (jour 1)

Publié le par Patricia

 

Je me souviens avoir un jour proposé un voyage
sur tapis volant à une troupe d'alchimistes
Il me vient l'envie de vous le proposer ici
car il n'est pas ordinaire
et sûrement vous plaira
Prêts ?
Allons-y


JOUR 1

Ce jour-là comme souvent, j’allais, l’inspiration bavarde, avec l’idée de fourrer mon nez dans une histoire à raconter et voir un peu ce que j’en allais dire pour la servir au mieux. Je ne me souviens même plus quelle était cette légende, et cela n’a ici pas la moindre importance, quand soudain j’ai vu, comme je vous vois, ou presque, une espèce de vieux beau roi couronné d’une belle dignité. Il me vit étonnée, sourit de ma surprise et me dit simplement “Je suis le conte”. “Lequel ?”, lui demandai-je, “tous !” lança-t-il, rieur.
Il me tendit la main et me proposa un voyage chez lui, forêt, château, royaume, tout ça...
Un peu aventurière, un peu crâneuse et conteuse avant tout, je l’ai tout simplement suivi. Amis, jamais voyage ne m’aura autant plu et je n’en ai plus jamais oublié le chemin. Ce qui fait qu’aujourd’hui, veinards qui êtes là, je peux vous proposer son parcours véritable, et en tapis volant, avec boissons de jouvence, fraîcheur de petit bois et même repas pas du tout ordinaires. Ceux qui ont un penchant pour la magie ne seront pas déçus, car j’y ai croisé deux sorcières et une reine, aux noirs desseins et aux noirs dessous, qui feuillètent depuis des siècles des grimoires sulfureusement créatifs, qui devraient mettre les amateurs à l’abri de l’ennui...

À DEMAIN...

la gaillarde conteuse

 

 

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LA BOÎTE DE PANDORE 3ème et dernière partie

Publié le par Patricia

LA BOÎTE DE PANDORE 3ème et dernière partie
une histoire de la mythologie grecque
version Patricia Gaillard

...Une nuit, après d’enivrants ébats, planant encore dans le tourbillon d’or de leur extase, ils virent la lune pleine éclairer leur demeure d’une vive argenture et la boîte de Zeus, sur une table de bois, qui soudain semblait luire de l’intérieur. Pandore se leva, enroba son joli corps blanc d’un fin vêtement de lin tissé. Epiméthée la suivit, ils se dirigèrent tous deux vers la petite table de bois précieux. Un oiseau au dehors chantait divinement dans le silence doux de la nuit. Pandore était torturée par la curiosité et elle possèdait, souvenez-vous, l’art de la persuasion. Epiméthée lui-même aurait bien aimé savoir - la curiosité n’étant pas réservée au genre féminin - il hésitait, elle argumentait, il craignait, elle souriait, on aurait dit Eve et Adam dans cette autre histoire, qui est un peu la même… Comme cette boîte était aisée à ouvrir ! Comme la lumière contenue était attirante ! Un secret qu’on découvre est délectable, croit-on, mais voilà que les maux par milliers surgirent de la boîte, tourbillonnant dans l’air tels des souffles damnés, poussant de sinistres mugissements de mégères, puis ils s’enfuirent par toutes les ouvertures vers le monde, comme vers une pauvre proie assurée. Pandore, anéantie, reposa vivement le couvercle, pour arrêter le grand flot noir de cette malédiction.
Mais tout était dit, tout était lancé, tout était perdu, le mal s’était répandu sur le monde…
L’espoir seul est demeuré sous le couvercle. Il reste le secret des dieux, mais il nous est prêté. Heureux celui qui sait en faire bon usage et sage celui qui sait le partager. C’est depuis cette nuit-là qu’il nous faut combattre nos maux. Mais dans cette tâche difficile, nous découvrons notre propre dignité et notre propre grandeur. Pandore, tout comme Eve, a libéré le monde de l’ignorance et elle lui a révélé un secret gardé par les dieux.
Elle a projeté l’humanité sur le chemin de l’accomplissement.

Je vous remercie de votre compagnie et vous dis à très bientôt, pour d'autres contes fabuleux !

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LA BOÎTE DE PANDORE 2ème partie

Publié le par Patricia

LA BOÎTE DE PANDORE 2ème partie
une histoire de la mythologie grecque
Version Patricia Gaillard

...Héphaïstos, qui avait pris plaisir à cette tâche de créateur, languissait de s’y remettre et il accueillit cette demande avec bonheur. Il pétrit donc la créature, la modela joliment, la fit cuire dans son creuset secret. Puis il appela quelques dieux qui se firent parrains et marraines pour la circonstance et qui parèrent cette femme de tous les dons nécessaires. C’est ainsi qu’elle reçut à parts égales : la beauté d’Aphrodite, le sens de la musique d’Apollon, l’adresse aux travaux du fil d’Athéna, l’art de la persuasion d’Hermès et la terrible curiosité d’Héra. Quant à Zeus , il lui offrit une des deux boîtes de terre rouge, lui disant, solennel : « Prends cette boite, c’est un présent de mariage, pour toi et pour l’époux qui te viendra. Elle est scellée, c’est un secret divin, surtout ayez bien soin de la laisser ainsi. » Et tous ensemble ils appelèrent cette créature neuve du nom de Pandore, qui signifie « parée de tous les dons. » C’était un temps où on ne négligeait rien et où chaque vie était riche de mille présents jaillis de la bonté des dieux. Puis, après l’avoir contemplée un instant, Zeus envoya la femme chez Prométhée, pressenti, on le devine, pour tomber sous son charme. Mais Prométhée, méfiant, se garda de ce piège magnifique et il conseilla à son frère Epiméthée d’en faire tout autant. Mais celui-ci s’éprit de Pandore à en perdre la raison et dès le lendemain ces deux-là s’épousèrent…

à demain, où la boîte sera ouverte en votre présence !

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LA BOÎTE DE PANDORE 1ère partie

Publié le par Patricia

LA BOÎTE DE PANDORE 1ère partie
une histoire de la mythologie grecque
Version Patricia Gaillard

Cette histoire nous vient d’un temps lointain, où les divinités encore nombreuses et variées possédaient les pouvoirs, les forces et les secrets. Zeus, le plus puissant d’entre eux, cachait dans sa demeure divine, deux boîtes de terre rouge. La première contenait les biens, la seconde renfermait les maux… La marche du monde était encore simple et ces deux boîtes scellées tenaient notre univers à l’abri des misères. Ce jour-là Zeus dans son Olympe fulminait, ce qui était banal, car il avait une houleuse nature. Cependant la raison cette fois était de taille : Prométhée, fils des Titans - celui-là même qui avait suggéré à Zeus de créer les hommes en un temps où seuls les dieux peuplaient l’univers - Prométhée s’était montré ingrat, car il avait volé le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Et Zeus fulminait. Sa dense barbe brune et bouclée lançait des éclairs et ses yeux très profonds envoyaient sa divine colère en flèches assassines. L’Olympe entier en était tout secoué ! Une fois ressaisi, son esprit se mit à mijoter une vengeance. Il alla trouver Héphaïstos, le dieu-forgeron, lui demandant de créer une femme, de la même manière qu’il avait fabriqué d’innombrables humains d’argile, pétris longuement, fondus dans sa forge sacrée et surgis, vivants, de son antre clair-obscur de magicien, pour s’en aller peupler le monde...

je vous donne rdv demain, dans la forge d'Héphaïstos !

 

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MENSONGE ET VÉRITÉ 4ème et dernière partie

Publié le par Patricia Gaillard

MENSONGE ET VÉRITÉ
4ème et dernière partie
Conte traditionnel
Version de Patricia Gaillard
Parue dans la revue Auteurs Comtois n°7

gravure collection personnelle

...Ils s’envolèrent tous d’un coup dans un bruissement de plumes fripées, leurs rires résonnant dans l’obscurité, comme des lames coupantes.

Quand l’aube se leva, si rose, si calme, Vérité se pencha vers la source. Celle-ci lui offrit son eau, dans un flacon de cristal ciselé qui avait le don de ne jamais se vider. Vérité alors, dans sa large cape rosée, s’en retourna au monde.
Très vite elle entendit parler d’une princesse qu’un mal secret et mystérieux tenait depuis longtemps recroquevillée au fond d’un lit. Elle se fit conduire au chevet de la pauvrette, sortit de sous sa cape la fiole mystérieuse,  en versa quelques gouttes sur la jeune moribonde. Le mal aussitôt s’extirpa du corps comme une sombre vapeur.
Vérité en quelques jours devint célèbre, vénérée, couverte d’honneur et d’or, pour tout vous dire elle devint reine.

Un jour, le destin, qui non seulement a de l’humour, mais aussi une indéfectible mémoire, fit à nouveau se rencontrer Mensonge et Vérité. Quand Mensonge vit le regard vivant de Vérité et ses vêtements de reine, il s’effraya. Vérité lui raconta simplement la vérité : la force, la source, le chêne, les esprits de la nuit, le flacon de cristal. Mensonge ne perdit rien de ces précieux renseignements. Il se rendit plus tard dans le lieu décrit, puis attendit la nuit, perché sur le grand chêne. Il ne fut pas déçu : de grands oiseaux très noirs, avec de larges ailes, se posèrent par dizaines sur les branches feuillues des arbres d’alentour. Et comme chaque nuit, ils se racontèrent tous leurs tristes récits de noirs tourmenteurs.
Il parait que Mensonge manqua de discrétion, qu’on entendait bien trop sa respiration, qu’il avait une forte odeur de saucisson, qu’un bout de son manteau bleu nuit pendait le long du tronc. Bref, il fut remarqué, attrapé, tourmenté, tué, dépecé, dévoré de la belle manière, par toute cette horde hurlante de bêtes maléfiques.

Mensonge avait mis bien du temps, mais il s’était défait, de lui-même.

Vérité, qui était reine, le resta. Et l’on dit, vous l’avez sûrement entendu, qu’elle triomphe toujours…

Merci de m'avoir suivie jusque là, je reviens bientôt avec d’autres histoires. Que cette journée vous soit douce. Patricia 

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MENSONGE ET VÉRITÉ 3ème partie

Publié le par Patricia

MENSONGE ET VÉRITÉ 3ème partie
Conte traditionnel
Version de Patricia Gaillard

gravure collection personnelle

...Mensonge, qui était prévoyant et qui connaissait les besoins de ce corps qu’il occupait, sortit de son manteau une miche de pain et un vrai saucisson. Il prit place sur une large pierre plate et moussue et cassa tranquillement la croûte.

La vérité, naïve, qui n’avait rien prévu, ressentait douloureusement la faim qui tenaillait ce corps qu’elle avait emprunté. 
« Mensonge, je t’en prie, donne-moi un peu de ton pain. »

« Je veux bien, dit l’autre, mais que me donnes-tu en échange ?

« Ce que tu veux.

« Alors donne-moi un de tes yeux. »

Mais diable, dans les visages qu’ils avaient, un œil sur deux c’était beaucoup, c’était carrément la moitié ! Mais ventre qui a faim n’a pas tendance à réfléchir. Vérité accepta. Mensonge lui extirpa un œil et envoya un bout de pain de la même taille que la mirette, ce qui n’est pas bien gros. Vérité se trouva aussi affamée après qu’avant, elle avait pourtant payé cher ce festin minuscule. Mensonge lui proposa de faire encore le même échange, au même prix, alors elle donna son deuxième œil. Il l’arracha, avec la pointe brillante de l’opinel graissé de saucisson, jeta à l’aveugle une miette de pain et s’en alla tout seul, les deux yeux dans ses poches.

Vérité, à quatre pattes, trouvant son bout de nourriture, s'en délecta, ce qui fut très vite fait. Puis elle s’en alla, trébuchant sur chaque pierre, chaque touffe d’herbe, chaque racine crochue, jusqu’à se laisser tomber, découragée, anéantie. C’est alors qu’une espèce de force bienveillante la releva, lui prit la main, la conduisit sur le sentier, l’assit près d’une source qu’on entendait chanter.

« Bois cette eau, lave tes yeux, et quand ton regard sera à nouveau vivant, monte sur ce chêne, qui est juste au-dessus de toi et écoute attentivement les paroles des êtres malfaisants qui errent par ici, dans les ténèbres… » Sur ces paroles énigmatiques, la force se retira. Vérité était seule. Elle but à même la source et lava son visage à l’eau miraculeuse. Des yeux lui repoussèrent qui s’ouvrirent à nouveau. Alors, voyant qu’elle gagnait tout à suivre les instructions reçues, elle se tint cachée dans les fourrés d’épines, près de l’arbre et de l’eau, grappillant leurs baies brillantes, rubis, grenat. Bien plus tard dans la nuit, de grands oiseaux très noirs, avec de larges ailes, se posèrent par dizaines sur les branches feuillues des arbres d’alentour. Ils parlaient notre langage et leurs conversations donnaient des frissons crus. Ils racontaient les mauvais sorts qu’ils avaient jetés avec délice à des femmes, des hommes et même des petits enfants, des victimes nombreuses, choisies au hasard et dont les tourments les avaient régalés. L’un d’eux était très fier d’avoir ainsi atteint une princesse de ces fines tortures. La pauvre, d’ailleurs, devait à cette heure se mourir lentement. Mais dans leurs bruyants et noirs bavardages, Vérité les entendit évoquer un très précieux secret : « Si elles savaient, toutes nos malheureuses victimes, qu’au pied de ce chêne coule une source vénérable qui a le don de guérir tous les maux ! Mais heureusement, nous seuls la connaissons !.........

à demain !

 

 

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MENSONGE ET VÉRITÉ 2ème partie

Publié le par Patricia Gaillard

MENSONGE ET VÉRITÉ 2ème partie
Conte traditionnel
Version de Patricia Gaillard

gravure collection personnelle

Le premier être qu’ils virent arriver était un homme riche. Il lui posèrent ensemble leur  fameuse question :
« Qui est meilleur pour l’homme, Mensonge ou Vérité ? »
Celui-ci, ayant amassé de grands biens grâce au mensonge, le sélectionna sans hésiter.
Le second à passer était un homme pauvre. Ils lui posèrent la même question :
« Qui est meilleur pour l’homme, Mensonge ou Vérité ? »
Celui-ci, ayant perdu ses biens à cause de la vérité, décréta que le mensonge devait, tout compte fait, être d’une belle utilité. Il le choisit donc.
Le troisième était un religieux, à qui ils demandèrent, d’une seule voix :
« Qui est meilleur pour l’homme, Mensonge ou Vérité ? »
Celui-ci réfléchit un instant et pour se faire l’avocat des hommes, qu’il connaissait fort bien - mais aussi car l’occasion était belle de montrer son savoir – il débita quelques dictons bien choisis, qui avaient fait leurs preuves depuis la nuit des temps :
Savez-vous que… « toute vérité n’est pas bonne à dire ? » 
Et qu’« il y a de pieux mensonge. »
Que « même la vérité d’un menteur n’est point écoutée. »
Mes amis, « il faut qu’un menteur ait bonne mémoire ! »
Si « l’erreur agite, la vérité repose. »
Cependant… « la vérité est au fond d’un puits. »
Et trop souvent… « la vérité est dans le vin »
Ah bien sûr, « les menteurs sont les enfants du diable. »
Mais « il ne suffit point de nommer la vérité, il faut la peindre aimable. »
On sait bien qu’ « à menteur, menteur et demi. »
Mais je pense que… « ce qui est vrai à la lampe, n’est pas toujours vrai au soleil »
Et que « mensonge sans offense, n’oblige point à pénitence »
Je terminerai par cette maxime de saint – Jean : « Vérité vous rendra libre. »
Il se tut quelques minutes, très sûr de son effet sur ses deux auditeurs, puis termina son discours en disant qu’à la lumière de cette vraie sagesse populaire, il fallait reconnaître que si la vérité était toute indiquée, le mensonge était somme toute meilleur, en tout cas suffisamment utile pour être élu.

Comme si ces trois personnages étaient la multitude, on les fit juge. Mensonge avait gagné et il souriait, ravi, pendant que Vérité, consternée, se taisait.

À demain, chers visiteurs, pour la suite de cette fameuse histoire !

 

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