Eh oui, vous avez de la chance, car aujourd'hui vous avez deux bouquets. Celui que j'ai cueilli autour de l'étang, glissé dans une maisonnette en faïence et celui de mes filles, qui ont composé un bouquet de leur jardin dans une de mes théières ancienne qu'elles ont récupérée. C'est sous le charme de ce double bouquet que se déroulera notre dernier dimanche d'Avril
La mythologie juive nous raconte qu'enfant, dans le ventre maternel, nous ne sommes pas seul. Un ange vient nous rejoindre, et durant tous ces mois de maturation il nous raconte et nous enseigne, lentement, tranquillement, délicieusement, tout ce qui fait le monde. Peu à peu un grand savoir se tisse qui demeurera en nous à jamais. Quand arrive le moment de la naissance, nous n'avons pas envie de partir, de quitter l'ange et ses récits merveilleux. Mais il faut naître, c'est l'heure de jaillir dans la vie du dehors, il le faut. Alors l'ange nous regarde, nous encourage de toute sa tendresse, puis il dit "chut" en posant son doigt blanc sur notre bouche rose et soudain l'immense savoir qu'il nous a transmis s'endort. Son doigt laisse alors ce petit sillon que nous avons tous entre la bouche et le nez. Puis il nous pousse doucement, avec grâce. Nous souffrons, nous avançons, nous crions, mais nous naissons.
La vie qui ensuite se déroule suffira-t-elle à retrouver un jour ce savoir enfoui ?
C'est notre travail. Un trésor à déterrer, dans la terre originelle de notre profonde mémoire.
Souvenez-vous, il y a deux ou trois étés je vous avais proposé des lectures de courts passages de romans de ma chère Colette* qui pour moi est vivante chaque fois que l'on ouvre un de ses livres. Il en est un autre, qui par son amour de la campagne la rejoint, c'est Henri Vincenot. Je vais donc partir me promener ces prochains temps dans Le pape des escargots, la Billebaude, les Étoiles de Compostelle, le Maître des abeilles et je viendrai ici vous offrir des petites siestes-lectures, à l'ombre d'un Juin, d'un Juillet et d'un Août trop chauds. Vous n'aurez qu'à vous laisser bercer... je prépare tout cela et nous passerons des moments d'été ensemble, si vous le voulez bien, à l'ombre des mots d'Henri Vincenot
la gaillarde conteuse
* Vous pouvez retrouver ces lectures si vous le désirez, en écrivant "Colette" dans la barre de recherche en haut de cette page
L'exquise délicatesse et l'incroyable géométrie de cette fleur de pissenlit en graines a attiré mon regard. Du coup je l'ai fixée avec mon portable, preuve que cet appareil discutable est également merveilleux puisqu'il me permet de partager avec vous cette belle apparition !
Et puis ce pissenlit, que mon cher jardinier, il faut le dire, n'aime pas beaucoup, doit avoir aujourd'hui la vedette, même si ses graines, nombreuses, se disperseront bientôt dans tout le potager !