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HIVER

Publié le par Patricia Gaillard

HIVER

Il me semble l'avoir déjà dit ici en d'autres temps, j'aime l'hiver. Quand je vois le givre irisé sur l'herbe, tôt le matin, je ressens une espèce de transcendance. Mon enfance alsacienne y est probablement pour quelque chose. Nous dormions,ma soeur Gisèle et moi, dans une chambre sans chauffage - en ce temps-là les chambres étaient ainsi - et l'on sait la rigueur des vieux hivers alsaciens. Nous nous glissions le soir, sous le gros édredon de plumes, où ma mère avait pris soin de placer une brique chauffée longtemps sur l'unique poêle. Cette sorte de bouillotte rendait le coucher bien plus agréable et nous permettait de nous endormir délicieusement. On redécouvre actuellement les bienfaits d'une chambre froide sur la qualité du sommeil, nous n'étions donc pas si mal loties...
Au matin, quand le gros réveil sonnait  brusquement à nos petites oreilles, je filais, dans ma petite chemise de nuit, pour regarder, fascinée, les belles arabesques de glace que le grand froid avait lentement dessinées, à l'intérieur des vitres de la fenêtre ! Chaque matin le dessin était autre et je vivais cela comme une surprise et un cadeau. Ai-je jamais vu quelque chose de plus beau que cet art, mariage entre la nuit et l'hiver. J'en ai conservé un amour du gel, sous toutes ses formes.
Je vais donc, tous les deux ou trois jours, venir ici vous raconter un conte où le gel a une belle place. Ces récits seront alsaciens, russes, sibériens, danois, en tout cas du Nord, car là-bas le gel règne souvent. En russie, on dit qu'il est roi, qu'il galope durant les longues nuits d'hiver sur un cheval blanc, qu'il porte couronne blanche et manteau blanc... vous imaginez ?

Allez, je me fais conteuse du gel, et je reviens...
À demain pour entamer ces récits glacés qui réchauffent !

 

 

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L’an vieux... l’an neuf

Publié le par Patricia Gaillard

Bien sûr nous avons peu à peu donné au temps un sens probablement éloigné de ce qu’il est. S’il est.

Est ce une raison pour fuir nos traditions et nos embrassades sous le gui ? Je ne le pense pas, voici pourquoi je viens, avec grand plaisir, vous souhaiter tout simplement une bonne année. Une bonne année est une année qui contient dans son giron plus de joies que de peines, plus de rires que de larmes. C’est celle-ci que je vous souhaite, de tout cœur. Je voudrais aussi, ici, rendre hommage à ma chère amie conteuse Fiona MacLeod, qui a quitté cette terre le 31 décembre. Femme généreuse, attentionnée, gaie et facétieuse. Je n’arrive pas à parler d’absence et je dirais même qu’elle m’est plus proche que jamais.

Songez que nos morts ont quitté ce que la vie a de lourd, de confus et d’insaisissable, pour entrer soudain dans la grande conscience, la grande cohérence. Comment ne pas le percevoir, en visite gracieuse, au-delà de ce que l’on nomme la tristesse.

Voici ce que m’inspire la mort.

Je vous embrasse, vous tous que je souhaite gais et vivants !

Patricia

L’an vieux... l’an neuf
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REVENONS À YGGDRASIL

Publié le par Patricia Gaillard

Revenons à Yggdrasil, arbre du monde..

L’arbre du monde, ou arbre cosmique, est présent dans de très nombreuses mythologies. Il relie le monde céleste, le monde terrestre et le monde souterrain. Chez les chamanes de Sibérie cet arbre est ancré dans la terre-mère, il est donc la voie qui mène d’un monde à l’autre. L’arbre du monde est très souvent un chêne. C’est un axe vertical qui relie la terre et le ciel, le haut et le bas.

 

Yggdrasil est un frêne ou un if. Ses branches touchent les cieux et ses racines s’enfoncent jusqu’au plus profond des mondes souterrains. Trois racines le supportent et maintiennent l’harmonie et l’ordre du cosmos.
Yggdrasil porte les neuf mondes qui forment l’univers

Ásgard : royaume des dieux Ases, dirigé par le puissant dieu Odin. Àsgard est entouré d’un grand mur construit par un géant. C’est dans ce monde qu’est maintenu le loup Fenrir. On y trouve le Valhalla, lieu où se retrouvent les guerriers au moment de leur mort.

Alfheim : monde situé tout près d’Àsgard, où vivent les elfes beaux et gracieux de la lumière. Leur roi est Freyr, dieu de la fertilité.
Muspelheim : monde infernal de lave et de flammes. C’est le domaine du géant Surtr et de son épée de feu qui engloutit les mondes.
Niflheim : monde de glace où règne le froid. La source d’eau qui maintient Yggdrasil est là, gardée par le dragon Nidhögg.
Helheim : Domaine obscur et froid de la déesse des morts. Ce monde accueille les morts de vieillesse ou de maladie.

Svartalfheim : monde obscur recouvert de montagnes riches en minéraux, où vivent les nains.  Grands forgerons, les nains fabriquent les objets magiques des dieux.

Jötunheim :  monde de forêts denses et d’immenses rochers où vivent des géants. On peut y voir  Utgard, une citadelle de neige et de glace, dont on ne peut apercevoir le sommet. C'est sur ce monde que règne Loki, roi des géants.

Midgard : le monde des humains, entouré par l’océan cosmique où se trouve le serpent Jörmungardr.

Vanaheim : monde des dieux van. Puissants et associés à la nature et à la fertilité.

 

À bientôt pour la suite et merci de votre visite !

 

 

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LE FRÊNE YGGDRASIL

Publié le par Patricia Gaillard

Je vous avais promis de revenir pour en dire un peu plus sur Yggdrasil, le frêne sacré.
Yggdrasil est l’arbre du monde de la mythologie nordique. Il est au centre du cosmos et ses frondaisons s’étendent sur l’ensemble de l’univers. Trois de ses racines plongent au plus profond de la terre. La première va jusqu’aux dieux, la seconde jusqu’aux géants et la troisième chez les nains.

Un serpent vit dans les racines du frêne Yggdrasil et les ronge, un autre serpent vit dans ses branches et deux cerfs broutent son feuillage.
Sous l’arbre est le puits d’Urd, le puits du destin, si sacré que nul n’ose y boire. Chaque jour les dieux se réunissent sous l’ombrage éternellement vert du frêne pour y juger les actes des hommes. Les nornes, trois vierges très puissantes, règlent le destin des habitants des neuf mondes de la cosmogonie nordique. Leur arrivée a mis fin à l’âge d’or des dieux, car elles peuvent les soumettre aussi aux lois du destin, ils deviennent donc ainsi mortels. Urda est gardienne du passé, Verdandi veille sur le présent et Skuld garde l’avenir. Elles vivent sous la protection de l’arbre Yggdrasil et chaque jour elles arrosent ses racines avec l’eau sacrée du puits d’Urd. Elles gravent le destin de chaque enfant sur des bâtonnets de bois avec, dit-on, l'alphabet des runes.
Je reviendrai pour la suite

à bientôt

 

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JARDIN MAGIQUE

Publié le par Patricia Gaillard

Ah les synchronicités... je venais d'écrire un nouvel article, sur ma découverte du château d'Ussé - que Perrault avait choisi en décor au conte de la Belle au Bois Dormant - et au moment de l'éditer, wouf il avait disparu !
Consternation... à cet instant-là mon époux rentre du jardin et me tend une des dernières pommes qu'il vient de cueillir à l'arbre. Eh bien, vous allez voir cela, ce fruit incroyable remplace dignement mes écrits sur la Belle Endormie. Je ne dis rien... découvrez... je sais que les tatouages sont à la mode, mais je n'ai jamais vu ça...

Mon jardin est décidément magique !
 

 

 

 

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DES POMMES !

Publié le par Patricia Gaillard

Les histoires, vous savez, vont de bouches à oreilles, de maison en maison et de village en village, de pays en pays et d’un monde à l’autre. Au royaume des contes les choses deviennent autre chose, ainsi une pomme peut être le symbole du soleil, de l’amour,  de l’immortalité, de la sagesse, elle peut même être d’or pur, symbole alors de richesse et de pouvoir, dont il convient de se méfier…


Parlons un peu de la fameuse pomme de notre mythologie chrétienne. L’image de la pomme est liée à la femme : la rondeur, la peau lisse et satinée, la chair tendre et parfumée,  mais elle est liée aussi à la tentation et à la culpabilité ! Mais cet arbre du paradis, de la connaissance du bien et du mal est il un pommier ? Pas sûr du tout ! Car ce n’est qu’au Vème S. qu’on a introduit cette pomme dans les textes, tout cela pour faire rimer pommum avec malum, la pomme et le désastre.

Pour assurer leur immortalité, les dieux nordiques boivent une espèce d’élixir de pommes

Dans la mythologie roumaine, un enfant devient le roi du ciel car il a jeté deux pommes qui sont devenues le soleil et la lune

Les celtes pensaient qu’il y avait un autre monde, dans les îles imaginaires, où se trouvait le jardin de l’éternelle jeunesse. Dans ce jardin était une source de jouvence et un pommier de cristal qui guérissait toutes les douleurs...


Nous allons nous quitter, mais n’oubliez pas,


une pomme le matin chasse l’ennui

Une pomme le soir chasse l’insomnie

 

Chaque soir mangez une pomme et ses pépins

Ensuite vous dormirez comme un saint

 

Une pomme par jour éloigne le médecin pour toujours…

Surtout s’il s’appelle Dr de profundis !!

 

Je vous salue et vous remercie bien…

Bel automne et belle vie à vous…

 

 

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LE FRÊNE

Publié le par Patricia Gaillard

Dans mon jardin, entre l'étang et la rivière, on peut voir un grand frêne qui s'étire au-dessus de l'eau. Hier après-midi il faisait si bon que l'envie m'est venue d'aller lire près de lui. Je me suis donc installée devant, presque contre, dans la mousse, avec l'ouvrage que je lis en ce moment : L'intelligence des plantes* ...voilà qui tombait très bien.
Plus tard, quand j'ai quitté cet arbre, j'avais la sensation d'avoir pris un calmant, j'étais même un peu chancelante. Sacré frêne... et frêne sacré ! puisque Yggdrasil, l'arbre du monde de la mythologie scandinave était un frêne. Tout en me disant cela, je décide de le prendre en photo et, chose curieuse, un rayon de soleil s'en est mêlé, apportant une note irréelle à ce tableau.
Irréelle et merveilleuse, bien sûr, pour une conteuse, rien d'étonnant.
Je crois qu'il va me voir plus souvent, ce frêne, il faut que nous fassions plus ample connaissance.
Je reviendrai donc vous parler de lui, et puis d'Yggdrasil aussi,  coeur de la fascinante mythologie nordique...

* L'intelligence des plantes - Stefano Mancuso et Alessandra Viola - Albin Michel

 

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CONTEUSE-ÉCOUTEUSE

Publié le par Patricia Gaillard

Quelqu'un m'a appelée, pour raconter à des personnes âgées. Ce jour-là, comme par une soudaine intuition, je me suis dit "et si au lieu de raconter, j'écoutais ?"
Et c'est aussi simplement que cela que cette aventure a commencé.
Je ne savais pas alors que les anciens avaient tant de choses à dire, qu'ils rajeunissaient quand ils évoquaient le temps jadis, qu'ils pouvaient avoir les yeux tellement rieurs et pétillants à l'évocation des farces de leur jeune temps.
Je ne savais pas alors à quel point tout ce que l'on a vécu est là, que tous les souvenirs sont pliés et rangés dans l'armoire de la mémoire et qu'un mot, un objet, une odeur en réveille un, puis deux, puis cent.
Quels bons moments nous passons ensemble à causer de ce qui a été. Leur parole est si vivante et si précise que parfois, quand je repense à leurs récits, il me semble que ce sont des images qu'on m'a montrées.
Ils racontent le beau et le laid presque avec le même ton, avec juste une pointe de joie ou de tristesse et ils disent souvent cette petite phrase qui n'a l'air de rien, mais qui est sûrement une sagesse simple : "C'est la vie..."
Lorsqu'on se quitte, ils semblent se réveiller de quelque chose. Eh oui, il faut bien revenir ici et maintenant.
N'empêche, ce petit voyage en arrière, ça requinque !

La jeune femme et le jeune homme qu'ils ont été ne sont pas restés dans le temps, ils sont toujours là, toujours jeunes, cachés derrière ces visages vieillis.
La vieillesse n'est sûrement qu'une apparence...

Patricia la conteuse-écouteuse

 

 

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AOÛT EN POÉSIE

Publié le par Patricia Gaillard

L’été est une femme verte qui fatigue vers la fin d’août, sa chaleur lâche prise, se fait douce, devient courte, la nuit en profite pour rallonger un peu  sa course que l’aube termine par une rosée douce.

Plus de mouches agaçantes pour se poser sur tout, les guêpes gavées de fruits trop mûrs dorment au hasard, où elles se posent. On sent peu à peu l’énergie qui s’épuise, tout est plein, rond, mûr, tout est généreux, un autre temps va pouvoir venir. Mais plus tard, plus tard seulement, car la femme verte refuse l’échéance, elle freine des deux pieds, elle a encore à faire, elle n’a pas dit ses derniers mots, elle a encore des jours à tisser avant d’abandonner la place devant l’automne orange et rouge qui achèvera le travail. Quand les noix rouleront sur les chemins, quand les brumes auréoleront les matins, quand on verra, posés dans les jardins, en tas, les rondeurs flamboyantes des potirons, quand les figues se feront violettes et lourdes de leur miel grenat, quand les noisettes tomberont dans l’herbe, s’entrechoquant comme des grelots, quand les pommes rouges et jaunes parfumeront les granges, alors cette dame verte se retirera, dignement.

Elle ira dans ce monde où dorment les saisons, où elles reprennent vigueur, où elles préparent sans cesse leur éternel recommencement, pour le grand bien du monde.

Patricia Gaillard

Août 2018

 

 

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ABSENCE...

Publié le par Patricia Gaillard

Revoici la conteuse après une longue absence. Fertile, tout de même, son absence. Fertile en choses inédites jamais faites encore. On dit qu'il faut sortir de sa zone de confort. Voilà qui est fait. Elle est heureuse de revenir de cet exil, qui la rapproche - un peu - des exilés.
Faire quelque chose qui ne nous ressemble pas, c'est sortir de soi. On apprend beaucoup de soi quand on en sort. C'est douloureux mais cependant intéressant.
La conteuse a découvert par exemple que depuis longtemps déjà elle fréquente plusieurs dimensions et non pas seulement celle qui se voit. Se trouver emprisonnée dans la dimension qui se voit, par une trop grande charge de tâches matérielles, l'a coupée de l'universel et son âme s'est resserrée.
Mais la voici revenue dans la clairière où dansent les esprits invisibles. Sous leurs plumes, poils, écorces, cornes, auréoles, mousses, lumières, énergies, joies, folies, ils l'attendent.
Que serait la vie sans eux ? 
Un buisson de questions...

 

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