Pour ce premier Dimanche de Mai, un bouquet champêtre cueilli durant la promenade de ce matin. Mai fleurit richement et ses graminées, au bord des chemins, sont nombreuses et variées. J'aime cette nature neuve, son charme vert, l'espoir qu'elle place en tout. Sa grande mission est la vie, sous toutes ses formes, dans une magnifique et désarmante simplicité.
beau Dimanche à vous !
la gaillarde conteuse
nouveauté : les commentaires sont désormais ouverts, si ça vous dit !
Un homme possédant il un très beau grenadier dans son jardin. Chaque automne, pendant longtemps, il mit ses grenades sur des plateaux d'argent, du côté de la route, avec une pancarte : "Prenez-en librement, vous êtes les bienvenus."
Les gens passaient et personne ne prenait de fruits. Un automne, il ne mit aucune grenade sur les plateaux d'argent, mais il y avait une pancarte : "Ici nous avons les meilleures grenades du pays, mais nous les vendons plus cher qu'ailleurs."
Eh oui, vous avez de la chance, car aujourd'hui vous avez deux bouquets. Celui que j'ai cueilli autour de l'étang, glissé dans une maisonnette en faïence et celui de mes filles, qui ont composé un bouquet de leur jardin dans une de mes théières ancienne qu'elles ont récupérée. C'est sous le charme de ce double bouquet que se déroulera notre dernier dimanche d'Avril
La mythologie juive nous raconte qu'enfant, dans le ventre maternel, nous ne sommes pas seul. Un ange vient nous rejoindre, et durant tous ces mois de maturation il nous raconte et nous enseigne, lentement, tranquillement, délicieusement, tout ce qui fait le monde. Peu à peu un grand savoir se tisse qui demeurera en nous à jamais. Quand arrive le moment de la naissance, nous n'avons pas envie de partir, de quitter l'ange et ses récits merveilleux. Mais il faut naître, c'est l'heure de jaillir dans la vie du dehors, il le faut. Alors l'ange nous regarde, nous encourage de toute sa tendresse, puis il dit "chut" en posant son doigt blanc sur notre bouche rose et soudain l'immense savoir qu'il nous a transmis s'endort. Son doigt laisse alors ce petit sillon que nous avons tous entre la bouche et le nez. Puis il nous pousse doucement, avec grâce. Nous souffrons, nous avançons, nous crions, mais nous naissons.
La vie qui ensuite se déroule suffira-t-elle à retrouver un jour ce savoir enfoui ?
C'est notre travail. Un trésor à déterrer, dans la terre originelle de notre profonde mémoire.