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Le thé des fourmis

Publié le par Patricia Gaillard

Hier, en préparant mon thé sur l'égouttoir de l'évier, je n'ai pas remarqué les petites gouttes tombées près de la tasse. Mais d'autres les ont remarquées et pendant que je me rendais dans mon atelier de raconteuse, emportant la tasse avec moi, elles sont arrivées. Revenant à la cuisine, pour chercher quelque chose que j'avais oublié, j'ai vu deux fourmis qui sirotaient tranquillement les gouttes de thé. Je ne savais pas que ces êtres minuscules, qui circulent souvent par ici à la recherche d'un butin, aimaient le thé. J'ai cherché ma tasse, et j'ai bu mon thé en compagnie des deux fourmis. C'est cela que j'aime dans ma nature et dans ma vie. Je suis capable de prendre le thé avec des fourmis... et d'en être honorée... 

la gaillarde conteuse 

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Votre bouquet du Dimanche 8 Mars

Publié le par Patricia Gaillard

La tendre délicatesse des fleurs de myosotis est touchante. "Ne m'oubliez pas" murmurent-elles si doucement que seule l'oreille subtile les entendra. Ne sont-elles pas dans le jardin les discrètes gardiennes de la légèreté et de la douceur ? 

Légèreté et douceur, voici donc ce que je vous souhaite pour cette journée féminine...

la gaillarde conteuse 
 

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Beau printemps

Publié le par Patricia Gaillard

Et voilà soudain le printemps. Le vert tout neuf partout, les bêtes qui se réveillent, qui bourdonnent, qui s'affairent. Les fleurs qui pointent, les bourgeons qui s'ouvrent. La chasse est close, je suis si heureuse de savoir les animaux des bois en paix et occupés à leurs amours. 
Mon cher jardinier prépare, sème, plante, prévoit, réfléchit, œuvre. Il fait plaisir à voir. C'est un homme de la terre, qui subit l'hiver et renaît à présent. 

Peut-on imaginer les fracas du monde, quand chacun sur cette terre devrait pouvoir être simplement  heureux, le nez au vent léger et le regard dans les étoiles.
Quel long chemin à parcourir encore pour être une humanité sage... 

Que le printemps vous bénisse et vous enchante

la gaillarde conteuse 

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De belles histoires 8

Publié le par Patricia Gaillard

Image JACLOU-DL - Pixabay


Jeanne la sotte

Ce paysan avait sa paysanne. Elle s’appelait Jeanne. Elle était gentille, douce, travailleuse, mignonnette, mais elle était  un peu… simplette. Un jour qu’elle se trouvait seule au logis, un vagabond, qui passait, supplia pour un bout de pain, car sa route était encore terriblement longue.
- Où vas-tu donc ? questionna Jeanne.
- Je vais au paradis, répliqua ce compère, comme si c’était banal.
- Oh, mais ça tombe très bien, pourrais-tu porter ce gros pain à ma sœur et cette brassée d’habits, car depuis le temps qu’elle y est, elle doit manquer.
- Je veux bien m’en charger. 

Jeanne fait un gros sac avec la fripe et le pain noir. Mais le sac est bien lourd. Comme il a compris à qui il a à faire, l’homme discute.
- C’est bien lourd, oh et puis la route est longue, et puis ça grimpe, et puis ce soleil, et puis ce vent. Ce qu’il faudrait, c’est un cheval.
- Vous n’avez qu’à prendre la Grise, vous la ramènerez bien.
- Dans trois jours, c’est promis, répond-il, sans rougir.
Il grimpe sur la jument, prend le sac devant lui et s’en va, content de son ouvrage.

Le paysan rentre un peu plus tard et ne voit pas la Grise. Où donc est la jument ? Il dit ça avec inquiétude, c’est leur seule richesse.
- Ne t’en fais pas, mon homme, elle est au paradis.
- Au paradis ?
- Elle sera revenue dans trois jours. 
- Dans trois jours ?? 
- Oui, figure-toi qu’un homme passait là, qui allait au paradis. Moi, pas bête, j’en ai profité pour lui confier des provisions pour ma sœur. Ce brave homme reviendra dans trois jours.
Le paysan n’est pas content, vous l’imaginez bien. Pourtant il ne dit rien, il attend les trois jours.
Au soir du troisième jour, il dit à sa Jeanne :
- Viens, on va chercher la Grise.
Ils cherchent, ils cherchent, dans toute la contrée. Ils cherchent, ils cherchent, des jours, des jours, des jours. Les voilà dans un endroit où la terre est remuée, un cheval est enterré, y’a même un bout de patte avec un sabot qui dépasse.
- Regarde, mon bonhomme, voilà not’ Grise qui commence à ressortir du paradis !

Là son mari l'attrape,
- Viens, retournons au logis, quand on épouse une sotte, ça se paie.

il est furieux et la Jeanne a bien peur. Elle court devant, arrive à la chaumière, ramasse le bâton et le brûle. Sur ce le paysan arrive, cherche le bâton, ne le trouve pas, il arrache la porte, court après sa femme, elle sort, elle s'enfuit, dans la nuit, il la suit, ils entendent des bruits. Jeanne grimpe sur un arbre, son homme aussi, avec la porte. C'est une bande de voleurs, ils s'installent sous l'arbre, avec une lanterne et comptent leur butin du jour à la lueur de la chandelle qui fait danser l'or et l'argent des pièces qui coulent dans leurs mains. 
Le paysan se penche tellement pour mieux voir ce trésor, qu'il lâche la porte. Elle tombe sur les voleurs qui s'enfuient dans tous les sens comme des oiseaux de malheur. 

Et les voici tous les deux, le paysan et sa Jeanne, seuls dans la nuit grise, ramassant tous ces sous.
Le tablier de la Jeanne est plein.
On ne cherche plus la grise, on n'en a plus besoin,
le bâton est en cendres et comme ça il est bien,
En tout cas si vous croyez au paradis
Vous faites bien !

La gaillarde conteuse   

 

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