Dans le potager, nul ne peut être plus rond, plus beau, plus brillant, plus coloré, plus lisse, plus ventru, plus feuillu, plus volumineux, plus joufflu, plus fessu, que le potiron !
Les fascinantes courges aux mille vertus trônent en reines et sont déjà un régal pour les yeux, avant de glisser, l’automne venu, dans mille mets délicieux.
Contempler, jour après jour, potirons et citrouilles, rend véritablement heureux, je vous le dis…
Je n’ai pu résister, dans ce coin de potager fleuri de rouge, à photographier pour vous cette abeille besogneuse en plein soleil, sur ce zinnia parfaitement lumineux. Je suis sûre qu’avec un brin d’imagination, vous arriverez à entendre son bourdonnement de plaisir. Ce sera donc votre bouquet de ce dimanche d’Août.
Dimanche ensoleillé, qui semble annoncer un temps différent. Et de saison !
En tout cas cet après-midi je vais rester dehors, dans un transat, à paresser.
Un livre, un chapeau et surtout, surtout, la rêverie, la somnolence, la quiétude en ce Dimanche…
Ah, j’oubliais la boisson, dont voici la recette :
Dans une cruche de verre remplie d’eau, glisser quelques feuilles de mélisse, un brin de thym, quelques pousses de sauge et de romarin, trois tranches de citron, une pêche coupée en gros morceaux. Bien remuer et poser cette cruche avec un verre, près de votre transat, à l’ombre, dans l’herbe…
L’ail récolté a été remisé à la grange où il disperse généreusement son parfum. Dans la journée les tresses d’oignons les rejoindront. Les tresses ainsi pendues facilitent la surveillance des bulbes, parfois sujets au pourrissement. Et cette année l’ambiance constamment humide les aura rendus plus fragiles.
Un joli grillon s’installe dans cette même grange. Lassé je pense des soirées fraîches et des pluies, il a sûrement fini par se dire qu’il s’était trompé de saison et est venu s’installer pour l’hiver, dont nous sommes encore loin, malgré les apparences !
De temps en temps se coucher très tard ou se lever très tôt, c’est accéder à une autre dimension de la vie. Tout dort. Tout a lâché prise. Tout est absent. J’aime être face à la nuit, aux mystères, à cet ample silence fendu de temps en temps par le cri d’un nocturne ou le passage d’un camion, au loin, sur la nationale. Et puis cette discrète luminosité marbrée du ciel, et toutes ces étoiles comme des yeux d’or qui veillent. La surface de l’étang évoque soudain, je trouve, les romans de George Sand, parcourus d’esprits familiers. Et puis aussitôt voilà que nous rejoint Victor Hugo, et son poème Nuit qui se mêle à l’affaire, voyez comme les rencontres de la nuit sont des rêves…