Un thé fumant, un bouquet de jonquilles, le soleil entrant par la fenêtre, le vert de l’herbe qui brille, les forsythias, les prunus, fleurs jaunes, blanches ou roses, les violettes et les pervenches, tous les signes du printemps.
La serre abîmée par le grand vent de Janvier est réparée et abrite déjà les plants de choux-fleurs et de brocolis et leurs jolies feuilles neuves mates, couleur vert-de-gris. Pas loin de ces jeunes pousses fringantes ont été plantés aussi des pommes de terre, des échalotes et de l’ail blanc qui seront des primeurs appréciables lorsque les vieilles récoltes seront flétries car même de la grange obscure où elles ont passé les derniers mois, elles savent bien que l’hiver est fini et que leur existence se termine, alors elles germent, espérant, comme toute vie, se reproduire, s’enraciner, donner naissance, se perpétuer. Elles mettent toutes leurs dernières forces dans leur germe, leur sauveur, et nous les retrouvons flasques, ridées, vidées de leur substance et hérissées de pousses vives et nacrées. La vie !
Nous disons adieu aujourd’hui à un mois de Février très particulier. Figurez-vous qu’il avait quelque chose de spécial qui ne se verra plus durant les 823 années à venir. Eh oui, il a comporté quatre Dimanches, quatre Lundis, quatre Mardis, quatre Mercredis, quatre Jeudis, quatre Vendredis et quatre Samedis !
Il a fait très beau ce 28 Février, nous sommes allés aux Jonquilles dans les bois de st-Jean. Des jonquilles dans un bois semblent des étoiles tombées sur la terre.
Nous étions plusieurs, dispersés, penchés et heureux.
que cette fin de Dimanche vous soit douce
Que cette fin de Février vous soit prometteuse !
La Véronique de Perse est d’un bleu inégalable. Elle est aussi belle qu’elle est petite. Il faut se pencher un peu pour la voir tant elle est discrète. Sa fleur a la taille d’un ongle de petit doigt, mais petit le petit doigt !Elle a un cœur blanc, ourlé de violet et ses quatre pétales, délicieusement ronds et creux, sont striés de bleu plus sombre. La contemplation d’une Véronique de Perse est un enchantement et l’on peut s’y perdre, elle propose alors le voyage joueur d’un labyrinthe céleste. Est-elle de Perse cette Véronique ? Mais oui et elle s’est installée parmi nous voici seulement quelques siècles. Chance pour nous. Sans elle il manquerait quelque chose à coup sûr !