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Le jardin du 5 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 5 Juillet 

Les tomates rougissent
les courgettes grossissent
les mûres mûrissent,
Un petit vent
les roseaux frémissent 
l’étang se plisse
les feuilles des pommes de terre 
rapetissent
jaunissent
noircissent
enlaidissent
dans ce jardin il n’y a pas de statice
ni de narcisse
et nous ne nous appelons pas Candice 
ni Maurice
C’est ballot
C’eût été rigolo
La paille des allées crisse
sous nos sabots qui surgissent
je vais tailler la mélisse 
le jardinier lui, ratisse
Nos joues rosissent
Les rayons palissent
La chaleur rapetisse
Voici un joli jour qui glisse
Vers le passé
J’avais envie de m’amuser
😊
La gaillarde conteuse 

 

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Le jardin du 4 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Nous avons le regret de vous annoncer le décès de madame Lataupe, survenue le 3 juillet à une heure imprécise, à la suite de trop d’insistance.  

Les obsèques se dérouleront dans l’intimité la plus réduite et dans la plus grande simplicité. La morte, de nature franchement païenne, ne voulait surtout pas d’office religieux. 

Et comme dit notre fille « Il faudrait la faire incinérer, après toute une vie sous terre elle a peut-être besoin de changement. »

je l’avais dit que ça finirait mal... mais, figurez-vous qu’à notre grande surprise, un nouveau monticule nous attendait ce matin... Elle n’était donc pas seule ! Ces jolies bêtes au poil si doux sont décidément tenaces. La chasse continue.

La gaillarde conteuse...

 

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Le jardin du 3 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 3 Juillet 

Bien sûr la majeure partie du temps les petits événements du jardin sont agréables. Des étonnements devant des semis germés, de jeunes fruits ou légumes qui arrivent, de belles feuilles luisantes et vert tendre. Mais il y a aussi les jours sans, et hier a été de ceux-là car mercredi soir le ciel s’était brusquement noirci, un noir lugubre, violet, menaçant. Puis un grand vent s’était levé. Les branches du grand noyer du voisin, avec leurs larges feuilles,  semblaient d’immenses voilures battues par un incroyable souffle et notre beau sapin était secoué de haut en bas, comme une simple brindille. Et puis de lourdes gouttes se sont mises à tomber, éparses, puis de plus en plus serrées, tombant fortement en plic-ploc éclaboussants. Ça n’a pas duré longtemps. Un gros orage. Mais hier matin au jardin, ouaille, que de surprises. Le plant le plus beau, qui portait trois petites courgettes, était cassé net à la base. Il n’en restait plus qu’un moignon misérable… Nos tendres salades étaient collées à la terre, tachées de boue brunâtre, en paquets. Les arbres secoués avaient perdu une multitude de feuilles, brindilles, graines, qui jonchaient le sol mouillé et sale. La passiflore, cette si gracieuse grimpante, était couchée sur la terre. Même avec une ficelle et de bonnes intentions, je n’ai jamais réussi à lui rendre sa grâce naturelle et elle semble maintenant un gros bouquet, pendu lourdement à un clou. 
Dans ce charivari, les limaces sont ravies, les bougresses ! 
Et puis un gros groupe de doryphores a réinvesti les charlottes. Mais si. 
Et puis madame la taupe n’a pas abandonné la place. Ça va mal finir… 
Le jardinier doit avoir dans sa poche, près du couteau et du mouchoir, une dose de constance pour accepter, sans perdre son sourire, les aléas du potager. 

La gaillarde conteuse 

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Le jardin du 2 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 2 Juillet

Dans la cuisine, l'odeur des confitures invite les quelques guêpes des alentours. De la cuillère de bois posée sur une assiette, coule un ruisselet sucré et rouge, translucide comme le vitrail. Une guêpe aspire cette délicieuse gourmandise et sa taille, plus que fine, frémit de plaisir. La voilà qui repart en bourdonnant et à son vol hésitant on dirait qu'elle regrette d'avoir quitté cette veine délicieuse. Elle oublie cependant aussitôt ce festin et ressort par la fenêtre ouverte...
Sur les pots, des chapeaux de papier rouge à pois blancs font songer aux coiffes des grands-mères de jadis et ils racontent des histoires. Les étiquettes annoncent le fruit choisi, celui-ci fera la grandeur du petit déjeuner des dimanches. Sur les étagères de la réserve, les pots sagement disposés seront, durant des mois, les témoins tranquilles de l'abondance du potager. Qu'il est heureux celui qui vit de son jardin et qui trouve, sur sa propre terre, sa subsistance.

la gaillarde conteuse...

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