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HISTOIRE DE CADET ROUSSEL

Publié le par Patricia Gaillard

 

CADET ROUSSEL EST BON ENFANT

En avril 1743, naquit à Orgelet, Guillaume Joseph Roussel, qui deviendra le fameux Cadet Roussel de la chanson, nous allons découvrir comment.

 A dix-neuf ans il se retrouve seul à la mort de son père et cherche à se placer comme domestique. Il devient valet à Auxerre.

 Nous disions que le chiffre  trois était signe de réussite… après quelques années passées dans cet état de valet il devient clerc d’huissier. Guillaume joseph est une très heureuse nature et son excellent caractère le fait aimer de tous. Dans ses habitudes et ses tenues vestimentaires, c’est un original ! Il se fait ainsi remarquer et on rit volontiers de lui.

Puis il fait un mariage intéressant. Elle a seize ans de plus que lui, mais sa dot est rondelette et voilà que très vite Roussel devient huissier lui-même. Sa situation s’arrange de jours en jours. Il achète donc une maison biscornue qu’il fait surmonter d’une construction étrange. (voilà donc la maison de la chanson !)

Nous disions que le chiffre trois était un signe d’intelligence… Roussel est un homme jovial et « bon enfant » qui ne se pique pas de ce qu’on rit derrière lui. Cela lui vaut de très nombreuses sympathies.

Un jour, Gaspard Chenu, auteur auxerrois de chansons satiriques, écrit à l’exemple d’une très vieille chansonnette « Jean de Nivelle », quelques couplets qui se moquent gentiment de Guillaume Joseph, qui devient pour le coup  « Cadet Roussel » !

Cette drôle de ritournelle qui  se répand dans la ville, était prévue pour y rester. Mais des volontaires de la région, partant aux armées pour aller défendre les frontières, l’emportèrent avec eux. En peu de temps elle sera connue dans tous les coins et tous les milieux de France. Son portrait est même dans les vieilles images d’Epinal, et sur la place Charles Surugue à Auxerre, on peut admirer une statue qui le représente…

Nous disions que le chiffre trois était signe d’énergie…

Veuf en 1803, il se remarie avec une dame qui cette fois est plus jeune que lui de 23 ans !

En 1807, il meurt sans descendance.

Son portrait est dans les vieilles images d’Epinal et sur la place Charles Surugue à Auxerre, on peut admirer une statue qui le représente…

 

La chanson lui survit.

Deux cents ans après sa mort,

Nous la chantons encore.

Les petits autour de nous la savent aussi.

Mais savent-ils que ce Cadet est né ici ?

Voici l’occasion de leur dire son histoire,

Et de les endormir un soir

Avec le refrain que voici…

 

CHANSON DE CADET ROUSSEL

(D’après Gaspard Chenu - 1792)

 

Cadet Roussel a trois maisons (bis)

Qui n’ont ni poutres, ni chevrons (bis)

C’est pour loger les hirondelles,

Que direz-vous d’Cadet Roussel ?

 

Refrain : Ha, ha, ha oui vraiment,

Cadet Roussel est bon enfant !

 

Cadet Roussel a trois habits, (bis)

Deux jaunes, l’autre en papier gris (bis)

Il met celui-ci quand il gèle,

Ou quand il pleut ou quand il grêle

Refrain

 

Cadet Roussel a trois chapeaux (bis)

Les deux ronds ne sont pas très beaux (bis)

Et le troisième est à deux cornes

De sa tête il a pris la forme

Refrain

 

Cadet Roussel a trois beaux yeux (bis)

L’un r’garde à Caen, l’autre à Bayeux (bis)

Comme il n’a pas la vue bien nette

Le troisième c’est sa lorgnette

Refrain

 

Cadet Roussel a trois gros chiens (bis)

L’un court au lièvre, l’autre au lapin (bis)

L’troisième s’enfuit quand on l’appelle

Comme le chien de Jean de Nivelle

Refrain

 

Cadet Roussel a trois beaux chats (bis)

Qui n’attaquent jamais les rats (bis)

Le troisième n’a pas de prunelle

Il monte au grenier sans chandelle

Refrain

 

Cadet Roussel a trois garçons (bis)

L’un est voleur, l’autre est fripon (bis)

Le troisième est un peu ficelle

Il ressemble à Cadet Roussel

Refrain

 

Cadet Roussel a marié (bis)

Ses trois filles dans trois quartiers (bis)

Les deux premières sont moins que belles

La troisième n’a pas de cervelle

Refrain

 

Cadet Roussel a trois deniers (bis)

C’est pour payer ses créanciers (bis)

Quand il a montré ses ressources

Il les resserre dans sa bourse

 

Ha, ha, ha oui vraiment,

Cadet Roussel est bon enfant !

 

Bon enfant d’Orgelet…

 

À bientôt !

la gaillarde conteuse...

 

 

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Cadet Roussel est jurassien !

Publié le par Patricia Gaillard

Si si, je vous assure, Cadet Roussel à vécu à Orgelet, je vais vous parler de lui
mais d'abord vous présenter un peu cette contrée...

Dans un passé lointain, une forêt immense, épaisse et ténébreuse s’étendait d’ Orgelet à Lons le Saunier. Les druides s’y réunissaient pour accomplir leurs sacrifices. Les druidesses en longues robes blanches y pratiquaient leurs mirobolants pouvoirs. Elles savaient déchaîner les vents et les orages, de quelques incantations secrètement murmurées, elles étaient capables de guérir toutes sortes de maladies, de prédire l’avenir et de se métamorphoser en simples bêtes des bois. Quand on peut tant de prodiges, l’immortalité n’est sûrement pas chose impossible !  Qui sait si nos Dames blanches ne sont pas ces druidesses, dont la vie éternelle se passe en danses nocturnes et en farces joyeuses envers ces amusants mortels que nous sommes, si lourds et si sourds à leurs subtiles connaissances.

La Vouivre cette autre fée, a surgi de la terre tout juste formée. Ce serpent éternel trouve ses logis dans les ruines de notre passé médiéval. Château de Présilly, celui d’Orgelet qu’elle rejoint quand elle revient de la Tour du Meix,  château de Cressia, qu’elle quitte la nuit tombée pour aller baigner ses ailes dans la source de Belle Brune et sa chère colline de Pellapucin, quand elle va boire à la fontaine de Feur.

Sa lumière fait écho à celle des follets invisibles autour de Rothonay, dont jamais personne n’a vu le moindre petit morceau, mais leurs rires moqueurs résonnent aux buissons et les tours qu’ils nous jouent sont d’un goût discutable.

L’éclat de la Vouivre répond à celle des Dames blanches quand la lune les enrobe toutes de ses longs cheveux blancs de très vieille gardienne. Près d’Orgelet, sur le mont de la fâ, se rencontraient trois fées, aux visages de vieilles, habillées de blanc très blanc, et de très longues chevelures qui faisaient autour de leurs épaules comme des capelines en fils d’argent.

Trois fées, toujours trois…

Au pied de ce mont de la Fâ apparaît la source d’argent. Elle monte d’un souterrain où le précieux métal est partout, dans la roche souterraine, en pépites resplendissantes, pures et vierges comme la lune et cachées à nos yeux.

Trois vieilles fées, cheveux d’argent et robes blanches,

Toujours trois…

Trois comme dans cette chanson, vous savez, celle de Cadet Roussel ?

« Cadet Roussel a trois maisons, qui n’ont ni poutres ni chevrons… »

Le chiffre trois est signe d’énergie, de souplesse, d’intelligence et de réussite… !

 

Ouvrez vos oreilles à cette histoire car je viens vous la raconter bientôt !

la gaillarde conteuse...

 

 

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CHER FOURNEAU !

Publié le par Patricia Gaillard

LE FOURNEAU DE MA VIEILLE MARIA

 

Ma vieille voisine, presque centenaire, avait comme on dit « la tête entière ». Elle habitait à quelques pas de chez moi, une petite maison simple au bord d’un chemin qui grimpe sec. Sa porte vitrée, protégée la nuit d’un épais volet comme une lourde paupière de bois peint et le jour faisant office de fenêtre de plus, pour aider à l’éclairage le fenêtron serti dans l’épaisseur du mur de pierres blondes, donnait sans détour dans la cuisine, dans ce lieu chaud et odorant où se déroulait depuis des siècles la vie de chaque jour . Quand j’arrivais chez elle il faisait toujours trop chaud. Mais c’était son trop chaud à elle. Pour ses jambes devenues immobiles, pour la rivière de son sang devenue lente, pour les douleurs, les raideurs… c’était le trop chaud de son vieux fourneau. Les vieux, quand ils commencent  à prendre doucement le chemin de repartir, ils sont frileux comme le sont les tout-petits, les tout-tremblants. Les vieux sont frileux comme pour dire « il faut que je m’en retourne… ».

Je mettais pour aller la voir l’hiver, plusieurs épaisseurs pour le dehors et trois fois rien en dessous pour chez elle. Elle me regardait me défaire en souriant. Et je sentais que d’avoir la moitié de son âge j’étais malgré tout une enfant…

Un jour, un matin de gel serré et de soleil blanc, elle m’accueillit en disant, fière :

«  Mes enfants m’ont installé le chauffage central ! »

 Je n’ai pas eu à fouiller derrière ce sourire, derrière ce regard, car dans ses prunelles sombres et luisantes comme des marrons neufs, une lueur petite mais si vive avait disparu.

Nous avons bavardé près du fourneau éteint. Éteint un jour de gel serré et de soleil blanc. Éteint et froid comme peut l’être un mort. Ce jour-là, je m’en suis retournée, songeuse…

Quelques jours plus tard je lui rendis visite. Elle avait retrouvé son air espiègle et déterminé et dans le brun de son œil, la lueur était revenue. Derrière elle, ronflait son fourneau. Ça sentait l’écorce fumante, on entendait des craquements joyeux et la flamme léchait si haut qu’elle sortait comme un follet par le trou du couvercle rond et gris et il faisait dans cette cuisine une chaleur de forge !

« Je refuse de me passer de mon fourneau! »  me dit-elle. Elle était admirable et belle.

Et sur le ruban de cette intuition rose qui circule de cœur de femme à cœur de femme avec son mystère de velours, en un court instant j’ai senti ses méditations des jours derniers et je l’imaginais assise et silencieuse, toute rentrée dans sa mémoire qui disait : «  depuis toujours le feu a été là, le premier geste du jour, avant le lait du dernier-né presque éveillé, avant le café fumant, avant les bêtes de l’étable tiède, avant que ne se lèvent ceux que retenait encore un instant la couvaison délicieuse de l’édredon de plume. Le feu, avant tout, le feu. Le gilet de laine rude, les quelques marches de pierre lissée par les sabots, la grange, la panière vaste, le fagotin de brindilles, les bûchettes rondes et fines, et puis les bûches fendues qui éclataient sous la hache en grosses échardes blanches, le tisonnier, la cendre tiède de la nuit qui tombait et cédait la place, l’allumette et sa flamme miraculeusement contagieuse et soudain le crépitement, l’odeur, la tiédeur puis la chaleur, la vie qui reprenait… Le feu, avant tout le feu. Et tous ces fumets autour du fourneau : celui des luisantes châtaignes qui grinçaient dans leur poêle à trous, ceux de la marmite noire ronronnante posée sur le coin au fond à droite, là où la plaque est moins brûlante. Navets fondants, daube lente, soupe du potager, compote de ces petites pommes des moissons qui tombent si vite et qui sentent si bon au-dessus du bouillonnement épais, sucré et rose de la casserole.

Toutes ces odeurs encore là, toujours là, éternellement là dans les mémoires et dans la pierre des murs…

Allait-elle accepter, autour du coffre à bois, l’absence de ces miettes d’écorce et de mousse éparpillées qui s’échappaient immanquablement de la bûche empoignée ? Allait-elle accepter sur le carron rouge du sol l’absence des débordements poussiéreux de la cendre grise et légère ? Elle a dit non.

Elle a sauvé sans le savoir la belle lueur vive.

J’étais fière d’elle. De sa force fidèle.

 

Maria est morte quelques mois plus tard, à cette heure de la nuit où s’éteint doucement la dernière rougeur de la dernière braise. Elles se sont endormies toutes les deux de la même manière, au même instant. Quand je pense à Maria, je la vois monter un chemin, légère comme une plume avec sa tête entière, sa lueur vive dans l’œil, emportant sous son bras son feu avec toute sa vie de femme dedans comme une prière chaude…

 

Je ne dis plus à demain, c'est une mesure du temps et ces mesures-là sont des prisons,

je vous dis à bientôt, c'est tellement libre !

 

la gaillarde conteuse...

 

 

 

 

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LA VIEILLE QUI COURT PAR LE TEMPS

Publié le par Patricia Gaillard

LA VIEILLE QUI COURT PAR LE TEMPS

 

Chaque année, au printemps, Mars et Avril se servent, sans vraiment réfléchir, dans le sac plein de pluies, gelées, soleils, vents, grêles, chaleurs, j’en passe et des meilleurs. Quand le coucou lance ses premiers appels, (n’oubliez pas alors d’avoir en poche un sou de riche, pour que le restant de l’an n’en soit pas chiche) quand le gros froid revient après des heures chaudes où déjà on pouvait croire l’hiver tout trépassé, quand les gels revenus font périr les fruits au ventre des pistils, c’est la faute de la Vieille qui court par le temps. Une fée ancienne comme le monde, (elles le sont presque toutes) qui passe Mars et Avril près des eaux de la seille, pour le simple plaisir de jeter quelques poignées d’hiver en plein printemps. C’est mettre des glaçons dans une soupe au pois !

Elle est surtout féroce certains jours qui sont ses préférés,
les trois derniers de Mars, les trois premiers d’Avril
où elle puise au sac des intempéries

tout ce qui y peut, de nos jours, exister
il vaut bien mieux alors ne rien semer
car ces jours glacés sans soleil
sont « les jours de la vieille »

Et voici une collection
de dictons...

Avril tantôt pleure, tantôt rit
Mars pluvieux, an disetteux
La lune d’avril nouvel

          Ne passe pas sans gel

On n’est pas sorti de l’hiver

          Qu’avril ne soit resté derrière

          Des fleurs que mars verra, peu de fruits tu mangeras

          Quand mars fait avril, avril fait mars…

 

Mais je rêve, nous voilà complètement hors saison !
Wouaouh je réparerai cela demain… ;-)

 

Allez, je vous mets en plus une photo qui n'a rien à voir... mais qui est jolie !
Jour de fantaisie...

 

La gaillarde conteuse…

 

 

 

 

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