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L'OR ET LE FER

Publié le par Patricia Gaillard

photo P.Gaillard

L’or un jour s’en alla par le monde. Il marchait depuis longtemps quand il entendit, non loin de la route, des plaintes et des soupirs. Il s’approcha et découvrit une forge dans laquelle un forgeron frappait du fer chauffé à blanc. Le fer gémissait sous les coups et sa souffrance était sans fin.
« Pourquoi te lamentes-tu ainsi, demanda l’or au fer, tous les métaux sont frappés ! Même moi, qui suis si précieux et que les gens recherchent si ardemment, on me bat tout comme toi !
- Comment peux-tu comparer nos destins, soupira amèrement le fer, je suis certes un métal comme toi mais il y a une différence entre nous. Ce n’est pas l’or mais le fer qui te frappe et souffrir à cause d’un étranger est chose courante. Mais moi, c’est mon propre frère qui me bat et aucune douleur ne peut se comparer à celle-là.

Léo Pavlat – Contes Juifs

à bientôt !

la gaillarde conteuse...

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POUR QUOI FAIRE ?

Publié le par Patricia Gaillard

photo P.Gaillard

Un PDG en vacances est assis sur une plage. Il voit arriver un homme noir qui tient à la main un poisson magnifique.
« Tu devrais en pêcher d’autres…
- Pour quoi faire ?
- Tu gagnerais de l’argent
- Pour quoi faire ?
- Pour te payer un bateau
- Pour quoi faire ?
- Pour pouvoir aller au large, et pêcher plus de poissons
- Pour quoi faire ?
- Pour les vendre et gagner beaucoup d’argent
- Pour quoi faire ?
- Car alors tu seras riche et tu pourras partir en vacances
- Pour quoi faire ?
- Pour te reposer et dormir
- Mais c’est présentement ce que je vais faire… »

L’Abbé Pierre

à bientôt

la gaillarde conteuse

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LA CEINTURE D'OR

Publié le par Patricia Gaillard

photo P.Gaillard

Deux hommes, qui s’étaient rencontrés sur la route, marchaient vers Salamis, la cité des colonnes.
Ils arrivèrent à une rivière sans aucun pont. Ils se dirent :
« Nageons, après tout la rivière n’est pas si large. »
Et ils se jetèrent dans l’eau et nagèrent…
L’un d’eux, qui connaissait les rivières et nageait bien, commença à perdre ses forces et à être emporté par les courants rapides. L’autre, qui n’avait jamais nagé auparavant, traversa d’une traite et passa à l’autre berge. Puis, voyant l’autre qui dérivait, il sauta et le ramena. Celui-ci lui dit :
« Mais, tu m’avais dit que tu ne savais pas nager ! Comment as-tu traversé avec une si belle assurance ?
- Mon ami, vois-tu la ceinture que je porte ? Elle est pleine de pièces d’or que j’ai gagnées pour ma femme et mes enfants. Une année entière de travail. C’est le poids de cette ceinture d’or qui m’a porté à travers la rivière, vers ma femme et vers mes enfants. Et ma femme et mes enfants étaient sur mes épaules quand je nageais. »
Et les deux hommes marchèrent ensemble vers Salamis
.
Khalil Gibran – L’Errant

à bientôt !

la gaillarde conteuse...

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UN NOËL DU COEUR

Publié le par Patricia Gaillard

photo P.Gaillard

Nous voici presque au 24 Décembre, à la veille de Noël.
Je voudrais vous souhaiter un Noël du coeur, qui ne soit pas celui des cadeaux, ni des milliers de leds clignotants, ni des festins sans fin. Ça, c'est ce que Noël est devenu, au fil du temps, insidieusement.
Je voudrais vous souhaiter un Noël simple, simplement familial, simplement amical, simplement chaleureux.

Ma mère était née en 1912. Quand j'étais petite, chaque Noël immanquablement, elle me racontait la traditionnelle orange de sa jeunesse, rare et fascinant présent de Noël soigneusement enveloppé dans un fin papier d'aluminium. En ce temps-là ce n'était pas un fruit courant, on n'en voyait pas le restant  de l'année. Cette orange était donc un merveilleux symbole de Noël, un merveilleux cadeau.
"Et son parfum..." - disait ma mère, les yeux fermés pour y retourner - "un parfum comme aucun autre, un parfum unique ! Et son goût... sucré, juteux, un goût unique ! Et comme elle était belle, cette boule argentée qui brillait et renfermait le trésor."
En me disant cela elle y était car elle avait fait, en quelques secondes, quarante ou cinquante ans de chemin pour retourner au charme de l'instant. Et lorsqu'elle ouvrait à nouveau ses yeux, ils étaient jeunes, clairs, émerveillés. 

Notre vie sur cette terre, tout comme cette orange, est un rare et fascinant présent
Recevons-la comme les enfants recevaient l'orange des vieux Noëls
Savourons-la et retrouvons nos yeux jeunes, clairs, émerveillés

Je vous souhaite de tout mon coeur un Noël du coeur

Patricia
La gaillarde conteuse...

 

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