Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le jardin du 1er Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 1er juin
Les buissons de feuilles sombres des pommes de terre portent maintenant leurs fleurs mauve pâle au pistil drapé et jaune. Je n’ai jamais vu ma mélisse aussi grosse et aussi ronde ! La sauge est belle, avec ses feuilles allongées, plutôt grises, mates. Quelles vertus cette simple ! Je l’utilise pour ma part une fois par semaine où je frotte mes dents avec une de ses feuilles. Elle détartre l’émail, renforce et apaise les gencives et son suc avalé favorise la digestion et donne le moral. Tout ce trésor dans une petite feuille ! Si le goût de cette plante est particulier, avec le temps il m’est devenu familier.
Petit mystère au jardin… les groseilliers n’ont fait aucun fruits. Du jamais vu. Peut-être ont-ils pris une année sabbatique ? C’est à la mode… 
Il faut surveiller sévèrement les jeunes dahlias, car une limace qui s’y installe les dévore au fur et à mesure qu’ils poussent. Il faudrait dormir au jardin pour le défendre. Mais rappelons la devise de mon époux : « il faut que tout le monde mange. » Ce à quoi j’ajouterai : « mais aucun ne doit tout manger. »
Soyons vigilants.
Il faut aussi un peu de ruse au jardin.

À bientôt !

La gaillarde conteuse…

Partager cet article
Repost0

Le jardin du 31 Mai

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 1er juin

Découvrir les fraises, rouge rubis sous les feuilles rondes dentelées, est toujours un émerveillement. La ligne commence par quelques pieds de Mara des bois et continue avec une très vieille variété, dont nous ignorons le nom et dont les fruits, rouge et vert, sont immenses. Cette fraise est quelconque crue mais divine en confiture. La vieille dame qui m’a donné cette variété de son vieux jardin était d’un proche village. Elle n’est plus de ce monde, aussi j’ai quelques douces pensées pour elle chaque fois que je les cueille. 
Vers le soir le jardin nous attire une dernière fois. Le soleil est couché et le jour s’amenuise. Étrangement nous baissons les voix et même la tourterelle, dans le sapin, déroule son roucoulement avec délicatesse. La fin du jour ressemble au grand âge, dans sa sobriété, sa simplicité. 
Deux plants de poivrons, un jaune et un rouge, que notre fille nous a procurés puis conservés durant cette période d’éloignement forcé, semblent heureux d’avoir enfin rejoint les places qui sont les leurs dans la serre à tomates. N’y a-t-il pas soudain dans l’air un parfum de ratatouille ? 
Mais non, c’est un effet de mémoire… ou prémonitoire…
En rentrant, je contemple un instant les branches gracieuses du mûrier et la blancheur de ses fleurs délicates.
Un petit arrosoir pour les jeunes pousses avec l’eau tiède du tonneau.
Une abeille passe, sa journée est finie.
Quiétude de la vie du jardin.

À bientôt ! 

la gaillarde conteuse...


                     

Partager cet article
Repost0

Le jardin du 30 Mai

Publié le par Patricia Gaillard

 

Dans ce qui est vivant il y a un cœur. Le cœur de ce jardin est un arbre. Les arbres sont nombreux ici, bouleaux, érables, chênes, charmes, sapins, osiers, cornouillers, aubépines, noisetiers, sureaux, sans compter les fruitiers. Nous vivons dans une sorte de petite forêt. Mais c’est au fond du jardin, tout au bord de la rivière qu’il surplombe majestueusement, que se tient le frêne. Et je vous le dis, le frêne est le cœur du jardin. Je le sais car un jour, m’apprêtant à lire près de lui, je lui ai vu une très singulière lumière. Et le livre de ce jour était était L’intelligence des plantes...

Je l’ai photographié ce jour-là et j’ai compris. Depuis il est devenu un ami, que j’étreins chaque matin. Ma petite fille, à qui je racontais cette histoire m’a dit : 
« Grand-mie, tu es quand même un peu bizarre… » 
Ce à quoi j’ai répondu :
 « C’est pourtant ce qui est juste, le monde s’en rendra compte plus tard… »
Entre cet arbre et moi il y a une communication et moi qui suis si éprise des mots, de leur ordonnancement subtil, je suis capable maintenant de communiquer sans un seul mot, par d’autres canaux, que nous avons et que nous ignorons, comme beaucoup d’autres trésors.
Essayez, vous avez sûrement dans vos relations un arbre que vous aimez bien. Allez plus loin, entamez la conversation, ne soyez pas timide. Il y a tant d’échanges à établir sur notre terre, ne les négligeons pas, ne continuons pas à croire qu’il n’y a que nous.

À bientôt ! 

La gaillarde conteuse…              

 

Partager cet article
Repost0

Le jardin du 29 Mai

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 29 mai


Dans la serre les gros choux-fleurs dorment au cœur de leurs larges feuilles épaisses et bleutées. Près d’eux, les tomates ont maintenant leurs fleurs jaunes. Ah les parfums d’une serre au matin ! Au potager, contre le carré d’aromatiques, se dressent en lignes pois et fèves, cette fois couverts de fleurs épanouies et de cosses naissantes. Les pousses des dahlias se déploient à vue d’œil, les soucis s’arrondissent, les jeunes cosmos étirent leur fine chevelure. Le grand cerisier est couvert de cerises noires alors que le petit griottier peaufine encore la teinte de ses joyaux. Le merisier, lui, se tient plus loin, près de la rivière, pour bien préciser son indépendance. Ses fruits font les meilleures confitures, est-ce le goût de la sauvagerie ? Les navets nouveaux sont durs, pas très bons et parcourus de galeries. Tout jardin qui se respecte a ses déboires. Nous nous rattrapons sur les brocolis, qui sont magiques, car vert émeraude quand ils sont crus, les voilà vert jeune mousse quand ils sont cuits… 
En revenant vers la maison, les pieds dans la rosée, je croise le tapis étoilé de campanules bleu-mauve. Une tuerie ! diraient mes petits-enfants…

À bientôt

La gaillarde conteuse…

Partager cet article
Repost0