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LE VIN N'EST QUE DU VIN

Publié le par Patricia Gaillard

Jadis vivait un homme très riche et très fier du vin de sa cave. Il possédait une jarre de vin vieux et rare, gardé pour une grande occasion.
Un jour le gouverneur lui rendit visite
"Cette jarre ne peut être ouverte pour un simple gouverneur..."
Un évêque lui rendit visite
"Il n'apprécierait pas sa valeur et son bouquet n'atteindrait pas ses narines"
Le prince lui rendit visite
"Ce vin est trop royal pour un simple principicule..."
Son neveu se maria
"Les invités ne sont pas dignes de cette jarre..."

Les années passèrent. Il mourut vieux. Il fut enterré comme chaque graine et chaque gland. Le jour où il fut enterré, on ouvrit la vieille jarre, on partagea ce vin avec tous les gens du voisinage. Aucun ne connut son âge et sa valeur.
Ce qui est versé dans une coupe n'est que du vin.

K.Gibran


 

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LA PERLE

Publié le par Patricia Gaillard

Une huître dit à sa voisine
"J'ai une très grande douleur en moi, c'est lourd, c'est rond et je suis en détresse."
Et l'autre huître répondit
"Loués soient les cieux et la mer, moi je suis en bonne santé, je n'ai pas de douleur et je vais bien."
À ce moment-là un crabe passa par là et entendit la conversation. Il dit à l'huître saine
"La douleur que porte ta voisine est une perle d'une excessive beauté."

Khalil Gibran - L'errant

Petite cette histoire, c'est vrai, mais est-il besoin de parler long pour en dire long ?

Je vous souhaite une douce fin de journée
Dans ma cuisine mijotent une soupette de chou-fleur à l'échalote et des pommes à la fleur d'oranger
Aucun festin ne peut valoir les repas chaleureux des soirées automnales

à bientôt !

la gaillarde conteuse...



 

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LA PAGE BLANCHE

Publié le par Patricia Gaillard

 

LA PAGE VIDE

Une feuille de papier, blanche comme neige, dit :
« Pure je fut créée et pure je resterai à jamais. Je préfère être brûlée et me changer en cendres blanches plutôt que de souffrir que l’obscurité me touche ou que la saleté s’approche de moi. »
L’encre entendit ce que le papier disait et elle rit dans son cœur noir. Mais elle n’osa jamais s’approcher et la feuille de papier, blanche comme neige, resta pure et chaste pour toujours.
Pure et chaste et vide… 

Khalil Gibran – Le précurseur

à bientôt !

la gaillarde conteuse...

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LE SEL

Publié le par Patricia Gaillard

 

PAYER LE SEL

Au cours d’une chasse, on rôtit un beau quart de viande pour Anushirvân le juste. Mais on manquait de sel. Anushirvân dit au serviteur, qui partait chercher une poignée de sel dans un village alentour :
« Achète, achète à son prix cette poignée de sel que tu vas chercher. »
Mais le serviteur dit au roi
- « Quel mal peut donc sortir de si peu de sel ? »
Anushirvân répondit :
« Le fondement de l’oppression dans le monde fut peu de chose à l’origine. Mais chacun à son tour y a ajouté, jusqu’à ce qu’il devint ce qu’on voit.
Si un roi s’empare d’une pomme dans le verger d’un paysan, ses serviteurs déracineront l’arbre.
Pour cinq œufs que le sultan se permettra de gober, ses troupes mettront à la broche mille poulets.

SA’ADI  (Poète et conteur persan né vers 1200)

Ces vers de Sa'adi sont inscrits à l’entrée du siège de l’Organisation des Nations unies à New York.
« بنی آدم اعضای یک پیکرند
که در آفرينش ز یک گوهرند
چو عضوى به درد آورد روزگار
دگر عضوها را نماند قرار
تو کز محنت دیگران بی غمی
نشاید که نامت نهند آدمی
Les hommes sont membres les uns des autres
et créés tous de la même matière,
si un membre est affligé les autres s’en ressentent :
Celui qui n’est touché du mal d’autrui
ne mérite d’être appelé homme.

( Saadi, trad. André du Ryer - Source Wikipedia)

à bientôt !

la gaillarde conteuse...

 

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LES TROIS TAMIS DE SOCRATE

Publié le par Patricia Gaillard

LES TROIS TAMIS DE SOCRATE

Un jour un homme vint trouver Socrate pour lui répéter ce qu’un ami avait dit de lui.
« Attends, lui dit l’homme sage, as-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?
- Les trois tamis ? Dit l’autre.
- Oui mon ami, les trois tamis. Examinons si ce que tu veux me dire passe par les trois tamis. Le premier est celui de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me répéter est bien vrai ?
- Non, je l’ai entendu dire et…
- Bien, bien. Mais au moins l’as-tu fait passer à travers le deuxième tamis, celui de la bonté ? Ce que tu veux me dire, est-ce quelque chose de bon ?
- Non, ce n’est pas bon, c’est…
- Le troisième tamis c’est l’utilité. Ce que tu veux me dire, est-ce utile ?
- Oh, pas vraiment…

Eh bien, dit le philosophe, en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir. Quant à toi, oublie-le !

Socrate, philosophe de l'antiquité grecque, philosophe de tous les temps

à bientôt !

la gaillarde conteuse...

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LE BOUTON BLANC

Publié le par Patricia Gaillard

J'ai entendu cette histoire de la bouche d'un vieux conteur juif…

« Lorsque j'étais petit, mon père était tailleur et nous étions très pauvres. Un jour ma mère nous fit du thé, à ma petite soeur et à moi. Le thé de ma soeur était sucré, le mien non.
« Le sucre est très cher dit ma mère, toi tu es grand, tu peux comprendre, elle non. »
J'ai insisté, je voulais absolument du sucre, tant que ma mère est partie pleurer à la cuisine. Mon père s'est levé de sa table, il s'est assis près de moi.
« Regarde ce que tu as fait, ta mère pleure maintenant. »
Il sortit de sa poche un tout petit morceau de sucre et me dit :
«Ta mère et toi vous serez toujours pauvres, parce que vous manquez d'imagination... Regarde ce petit bout de sucre, il peut sucrer des centaines de verres de thé. »
Il le plaça tout au coin de ses lèvres et but le thé, puis il reprit le bout de sucre entre ses doigts et le remit dans sa poche.
« Le jour où il ne te reste plus qu'une miette de sucre tu prends ton verre de thé, tu tiens le bout de sucre dessous et tu bois du thé sucré, c'est une question d'imagination. Et le jour où tu n'as même plus la miette de sucre, tu prends ton verre de thé, tu tiens dessous un petit bouton blanc et tu bois du thé sucré, c'est une question d'imagination. Tu peux sucrer comme ça des milliers de verres de thé. Ainsi tu ne seras jamais pauvre mon fils. »

Quoique nous puissions croire dans notre monde,  ce n'est pas les richesses qui manquent à notre bonheur, mais c'est bien l'imagination et la sagesse. Cultivons-les, c'est alors seulement que tout changera

Je vous souhaite la journée douce et belle
Ici le soleil est en train de traverser patiemment la brume glacée, un ballet d'oiseaux volète autour des graines posées dans une maisonnette du jardin et un thé m'attend sur la table de ma cuisine

à bientôt !

la gaillarde conteuse...

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ORIENT DE NOVEMBRE

Publié le par Patricia Gaillard

Devant ce petit matin brumeux et hivernal, me vient curieusement un souffle d’Orient et d’épices. Voici donc une histoire de Nasrudin, cet homme dont on ne saura jamais s’il est fou ou sage

LE PAIN

Philosophes, sages, docteurs de la loi et autres savants du royaume furent appelés à la cour pour juger Nasrudin. Ils étaient nombreux. L’accusation était grave : Nasrudin était allé sur les places des villages, dire à la population que  tous ceux qu’on leur présentait comme de grands sages n’étaient en fait que de grands ignorants et des indécis. L’intégrité de l’état était donc menacée.
Le juge donna d’abord la parole à Nasrudin, alors celui-ci demanda du papier et des plumes. On fit apporter du papier et des plumes que Nasrudin distribua à sept des savants présents.
Puis il leur demanda d’écrire leur réponse à cette question : Le pain, qu’est-ce que c’est ?
Chacun des sept écrivit sa réponse à cette simple question.

Le juge recueillit tous les feuillets et lut à voix haute :
Le pain est un aliment
Le pain c’est de la farine et de l’eau
Le pain c’est un don de Dieu
Le pain c’est de la pâte cuite au four
Le pain ça dépend de ce qu’on entend par pain
Le pain est une nourriture
Le pain, je ne saurais vraiment dire

« Quand ils seront d’accord sur ce qu’est le pain, dit Nasrudin, ils pourront décider de bien des choses, comme de savoir si j’ai raison ou si j’ai tort. Peut-on sérieusement faire confiance à leur jugement ? Ne trouvez-vous pas curieux qu’ils n’arrivent pas à s’entendre sur la nature d’une chose  qu’il mangent chaque jour et qu’ils soient pourtant tous d’accord pour dire que je suis coupable ? »

Nasrudin s’en sort, évidemment
Il s’en sortira juqu’à la fin des temps
Et de plus il laisse derrière lui
Bien des questions dans les esprits

Bon dimanche à vous, en compagnie de Nasrudin !

Je vous embrasse

la gaillarde conteuse…

 

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PAROLE, IDÉE !

Publié le par Patricia Gaillard

Voici une réflexion qui me plaît et qui nous fait prendre conscience des limites de la parole...

TENTATIVE

Entre...

Ce que je pense

ce que je veux dire

ce que je crois dire

ce que je dis

ce que vous avez envie d'entendre

ce que vous croyez entendre

ce que vous entendez

ce que vous avez envie de comprendre

ce que vous croyez comprendre

ce que vous comprenez

il y a 10 possibilités pour que nous ayons des difficultés à communiquer
essayons quand m
ême !

(Bernard Werber - Encyclopédie du savoir relatif et absolu)


Pour suivre, voici une recette simple et qui mérite d'être essayée !

POUR TROUVER UNE IDÉE

Technique pour trouver une idée ou une solution à un problème compliqué. (Utilisé par Salvador Dali, lui-même s'étant inspiré d'un outil de réflexion cher à des moines d’un monastères cisterciens)

s'asseoir sur une chaise

munie de deux accoudoirs

prendre une assiette à soupe

et une petite cuillère

retourner l'assiette vers le sol

tenir mollement la cuillère du bout du manche

entre le pouce et le majeur

au-dessus de l'assiette

commencer à s'endormir

en pensant aux problèmes à résoudre

lorsque la cuillère tombe sur l'assiette

et vous réveille

l’idée est trouvée... !

(Bernard Werber - Encyclopédie du savoir relatif et absolu)

 

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LES MULES D'ANTIOCHE

Publié le par Patricia Gaillard

Le roi Séleucide Antiochos II (261-246 av.J.C)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Antiochos_II

Bonjour à tous,

Je propose une saison de contes de sagesse. Le conte de sagesse est un récit particulier et on dit qu'il faut avoir expérimenté ce qu'on raconte, qu’il faut l’avoir incarné.
J'en ai une petite collection que je vais partager avec vous au fur et à mesure des jours, car elles sont autant d'occasions de se poser des questions sur soi-même, ce qui n'est jamais dommage, non pas que nous ayons des choses à nous reprocher, mais bien au contraire parce que nous nous jugeons trop souvent nous-mêmes, ce qui fait que nous jugeons le reste du monde.
Et dans le jugement, il n'y a pas d'avancée intérieure.

Mais je vais arrêter là mon discours, car les contes en disent bien plus et bien mieux que je ne saurais le faire, voilà pourquoi je suis conteuse…

Laissons-leur la parole

À Antioche, où la rivière Assi se jette dans la mer, un pont fut construit pour rapprocher une moitié de la ville et de l'autre moitié. Il fut bâti avec d'énormes pierres descendues des collines sur le dos des mules d’Antioche. Quand le pont fut terminé, sur un de ses piliers, une inscription fut gravée en grec et en araméen : « Ce pont fut bâti par le roi Antiochus II »
Tout le monde traversait le pont sur la large rivière Assi. Un soir, un jeune homme, jugé par certains comme un peu fou, descendit jusqu'aux piliers où les mots étaient gravés, il recouvrit l'inscription de charbon et par-dessus il écrivit : « Les pierres de ce pont ont été descendues des collines par les mules. En l'empruntant vous chevauchez le dos des mules d'Antioche, bâtisseuses de ce pont... »
Les gens riaient en voyant ce qu'avait écrit le pauvre fou. Mais une mule dit en riant à une autre : « Tu te souviens quand nous transportions ces lourdes pierres ? Et pourtant jusqu'à présent il était dit que ce pont avait été construit par Antiochus II... »

Khalil Gibran – L’errant

 

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HISTOIRE DE CADET ROUSSEL

Publié le par Patricia Gaillard

 

CADET ROUSSEL EST BON ENFANT

En avril 1743, naquit à Orgelet, Guillaume Joseph Roussel, qui deviendra le fameux Cadet Roussel de la chanson, nous allons découvrir comment.

 A dix-neuf ans il se retrouve seul à la mort de son père et cherche à se placer comme domestique. Il devient valet à Auxerre.

 Nous disions que le chiffre  trois était signe de réussite… après quelques années passées dans cet état de valet il devient clerc d’huissier. Guillaume joseph est une très heureuse nature et son excellent caractère le fait aimer de tous. Dans ses habitudes et ses tenues vestimentaires, c’est un original ! Il se fait ainsi remarquer et on rit volontiers de lui.

Puis il fait un mariage intéressant. Elle a seize ans de plus que lui, mais sa dot est rondelette et voilà que très vite Roussel devient huissier lui-même. Sa situation s’arrange de jours en jours. Il achète donc une maison biscornue qu’il fait surmonter d’une construction étrange. (voilà donc la maison de la chanson !)

Nous disions que le chiffre trois était un signe d’intelligence… Roussel est un homme jovial et « bon enfant » qui ne se pique pas de ce qu’on rit derrière lui. Cela lui vaut de très nombreuses sympathies.

Un jour, Gaspard Chenu, auteur auxerrois de chansons satiriques, écrit à l’exemple d’une très vieille chansonnette « Jean de Nivelle », quelques couplets qui se moquent gentiment de Guillaume Joseph, qui devient pour le coup  « Cadet Roussel » !

Cette drôle de ritournelle qui  se répand dans la ville, était prévue pour y rester. Mais des volontaires de la région, partant aux armées pour aller défendre les frontières, l’emportèrent avec eux. En peu de temps elle sera connue dans tous les coins et tous les milieux de France. Son portrait est même dans les vieilles images d’Epinal, et sur la place Charles Surugue à Auxerre, on peut admirer une statue qui le représente…

Nous disions que le chiffre trois était signe d’énergie…

Veuf en 1803, il se remarie avec une dame qui cette fois est plus jeune que lui de 23 ans !

En 1807, il meurt sans descendance.

Son portrait est dans les vieilles images d’Epinal et sur la place Charles Surugue à Auxerre, on peut admirer une statue qui le représente…

 

La chanson lui survit.

Deux cents ans après sa mort,

Nous la chantons encore.

Les petits autour de nous la savent aussi.

Mais savent-ils que ce Cadet est né ici ?

Voici l’occasion de leur dire son histoire,

Et de les endormir un soir

Avec le refrain que voici…

 

CHANSON DE CADET ROUSSEL

(D’après Gaspard Chenu - 1792)

 

Cadet Roussel a trois maisons (bis)

Qui n’ont ni poutres, ni chevrons (bis)

C’est pour loger les hirondelles,

Que direz-vous d’Cadet Roussel ?

 

Refrain : Ha, ha, ha oui vraiment,

Cadet Roussel est bon enfant !

 

Cadet Roussel a trois habits, (bis)

Deux jaunes, l’autre en papier gris (bis)

Il met celui-ci quand il gèle,

Ou quand il pleut ou quand il grêle

Refrain

 

Cadet Roussel a trois chapeaux (bis)

Les deux ronds ne sont pas très beaux (bis)

Et le troisième est à deux cornes

De sa tête il a pris la forme

Refrain

 

Cadet Roussel a trois beaux yeux (bis)

L’un r’garde à Caen, l’autre à Bayeux (bis)

Comme il n’a pas la vue bien nette

Le troisième c’est sa lorgnette

Refrain

 

Cadet Roussel a trois gros chiens (bis)

L’un court au lièvre, l’autre au lapin (bis)

L’troisième s’enfuit quand on l’appelle

Comme le chien de Jean de Nivelle

Refrain

 

Cadet Roussel a trois beaux chats (bis)

Qui n’attaquent jamais les rats (bis)

Le troisième n’a pas de prunelle

Il monte au grenier sans chandelle

Refrain

 

Cadet Roussel a trois garçons (bis)

L’un est voleur, l’autre est fripon (bis)

Le troisième est un peu ficelle

Il ressemble à Cadet Roussel

Refrain

 

Cadet Roussel a marié (bis)

Ses trois filles dans trois quartiers (bis)

Les deux premières sont moins que belles

La troisième n’a pas de cervelle

Refrain

 

Cadet Roussel a trois deniers (bis)

C’est pour payer ses créanciers (bis)

Quand il a montré ses ressources

Il les resserre dans sa bourse

 

Ha, ha, ha oui vraiment,

Cadet Roussel est bon enfant !

 

Bon enfant d’Orgelet…

 

À bientôt !

la gaillarde conteuse...

 

 

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