Voici une fleur, qui fait au moins 1,20m de hauteur, qui a surgi d'un coup dans notre rocaille où nous n'avions planté que des plants bas, courts, couvre-sol. C'est une campanule medium carillon, que les anglais, nomment canterbury bells.
Ses très grandes cloches, qui ont la forme de celles du muguet, sont d'un blanc éclatant.
Nous sommes ravis d'accueillir cette plante-surprise qui ne dénote vraiment pas dans la rocaille et qui me permet de vous l'offrir pour ce Dimanche... pluvieux... eh oui...
Et voici Juin... il fait frais et le soleil est encore chiche de sa lumière, je pense donc qu'un bouquet pour ce Samedi vous fera chaud au cœur. Nous rentrons de promenade et bien sûr nous partons en vestes imperméables à capuchons et, dans ma poche, je trimballe toujours un minuscule sécateur à fleurs. La nature est luxuriante, verte comme rarement et les fleurs des bords de chemins sont très belles. J'ai choisi pour vous mon vase préféré, une grande vieille cafetière ornée d'un trèfle, ma fleur sauvage préférée. (avec la fleur du marronnier, bien entendu, vous le savez ! 😄)
Ce bouquet n'empêchera pas celui de demain, bien sûr, qui d'ailleurs ne sera pas banal...
Maroc, la place Djemaa El-fna, un soir dans ma mémoire...
Le soir ils s'endorment où ils sont. Leurs yeux entrouverts brillent du rouge chaud et vibrant du soleil qui s'en va. Ça sent l'huile, l'orange, le crottin de mulet et le thé à la menthe.
Ils sont bercés par les derniers couinements d'un singe en veston juché sur le ventre gras de son maître qui ronfle. Bercés par la respiration lente et douce de la petite, toute petite, qui s'endort, le bout du sein de sa mère dans sa bouche entrouverte. Son frère près d'elle, ses yeux noirs grands ouverts, suçote comme on tête, le sucre d'une datte brillante.
Bercés par le murmure de deux ou trois hommes qui font un jeu avec des fèves et qui, gagnant, perdant, ont le même sourire trop grand, trop blanc, comme un palais de porcelaine dans un fouillis de ruelles obscures.
Bercés par le chant priant et rauque du marchand de fruits qui déroule sa natte devant ses cageots usés. Il est sûr de ne dormir que d'un œil, pourtant l'autre n'a jamais vu et ne verra jamais la main discrète du voleur aux yeux brillants qui prend un fruit chaud, lourd, juteux, pour épouser sa faim.
Et dans ce bonheur sucré, Dieu qui passe par là, cueille une goutte mordorée qu'il glisse sous la paupière fermée du marchand, qui maintenant navigue dans un rêve de bienheureux.